La Règle du jeu
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belo28
belo28

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4,5
Publiée le 28 mars 2011
Des acteurs avec des gueules des vrais! Une comédie de moeurs qui se veut loin des comédies de moeurs car elle n'étudie pas la réalité... En d'autre terme l'invention du style de Woody Allen plus de 30 ans avant le premier Woody allen!
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 juillet 2023
Quand il entame le tournage de “La règle du jeu” le 7 février 1939 soit presque exactement deux ans après celui de “La grande illusion”, la foi de Jean Renoir dans les vertus du pacifisme a pris un peu de plomb dans l’aile après qu’il a constaté que les accords de Munich signés le 30 septembre 1938 par la France et l’Angleterre signifient en réalité l’annexion des Sudètes par le IIIème Reich. Une soumission aussitôt interprétée par Hitler comme un engagement à poursuivre son expansion vers l’Est avant la suite que l’on connait et que Renoir qui n’est pas sot sent bien venir. Cette prise de conscience est concomitante à la fin de sa relation avec sa monteuse Marguerite Houllé qui l’avait rapproché du Parti Communiste auquel il n’adhérera jamais. Il a alors du vague à l’âme comme il l’exprime rétrospectivement dans son livre “Ma vie et mes films” datant de 1974. Il entend après “La bête humaine” s’éloigner du réalisme et dénoncer la déliquescence de la classe bourgeoise à travers un film aux contours légers prenant pour inspiration narrative “Les caprices de Marianne” (1833) d’Alfred de Musset et “Le jeu de l’amour et du hasard” (1730) de Marivaux. Si une citation de Beaumarchais sur l’amour léger ouvre le film, Renoir n’oublie certainement pas la tirade de Figaro (acte V scène 3) à l’encontre du comte Almaviva, prémonitoire de la Révolution à venir quelques années plus tard : « Parce que vous êtes un grand Seigneur, vous vous croyez un grand génie !... Noblesse, fortune, un rang, des places : tout cela rend si fier ! Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus... ». Jean Renoir semble prendre conscience que c’est à force de certitudes et de suffisance que l'aveuglement gagne des classes privilégiées rendues incapables de détecter bien avant l’embrasement, les mouvements souterrains qui d’abord à bas bruit secouent les classes populaires autrefois nommées laborieuses. Il a bien compris que tout occupées à leurs occupations souvent vaines et dérisoires, ces élites qui gouvernent ne voient jamais le danger venir qu’il soit de l’intérieur comme en 1789 ou de l’extérieur comme en 1918 ou 1939. C’est en exposant avec un savant mélange de légèreté et de gravité, la vacuité d’une certaine classe persuadée qu’elle échappera toujours aux événements en pactisant sans trop le dire avec le nouveau pouvoir en place ou en s’exilant si les choses prenaient un tour inattendu et fâcheux, que Renoir espère provoquer une réaction. Réaction il y aura car son film, sorti en première dans deux salles parisiennes (Colisée et Aubert-Palace) le 7 juillet 1939, sera très mal reçu par les spectateurs aisés fréquentant les cinémas à l’époque qui se sont trop bien reconnus dans les personnages moqués par le réalisateur. Les coupes et les différents montages n’y changeront rien. Le film jugé trop démoralisant sera interdit ne faisant sa réapparition qu’en 1945 après la Libération. Il faudra attendre l’arrivée de la Nouvelle Vague et sa projection en 1959 au Festival de Venise dans une version restaurée pour que le film soit enfin jugé à sa juste valeur et même porté au pinacle comme faisant partie des cinq plus grands films de tous les temps. Vu près d’un siècle après sa conception, “ La règle du jeu” s’avère être une dénonciation au vitriol d’une classe dirigeante ou aristocratique dont les préoccupations laissent songeur. En faisant le tour de chacun des personnages qui s’agitent dans la résidence de campagne située en Sologne du Marquis Robert de la Chesnaye (Marcel Dalio), rien n’est à sauver y compris chez les domestiques qui à force de côtoyer tant de vacuité et de suffisance sont comme contaminés. Le Marquis tout d’abord excellemment interprété par Marcel Dalio ne semble exister qu’en exerçant son pouvoir de manipulation. Ses élans de fraternité avec le braconnier et ses domestiques ne sont que surjoués et empreints d’une condescendance qu’il ne cherche d’ailleurs pas à cacher. Lors de sa présentation à l’écran, la manière dont Renoir le montre bavardant de sa vie intime devant son valet de pied en dit long sur l’idée qu’il se fait de lui-même et de son serviteur. Sans illusion sur la race humaine, il ne retrouve son âme d’enfant que devant les automates hors de prix qu’il collectionne. Son épouse Christine interprétée par une Nora Gregor au jeu mécanique dont Renoir regrettera de l’avoir choisie, brille par son inconstance qui la voit s’amouracher selon une humeur pouvant changer aussi vite qu’elle ouvre la bouche. André Jurieux, l’aviateur casse-cou, amoureux de Christine interprété par un Roland Toutain certes athlétique mais aussi très piètre acteur, Renoir en fait l’intrus dans un milieu qui n’accepte pas facilement tout ce qui pourrait changer un tant soit peu l’ordre des choses. Il le paiera d’ailleurs chèrement à la fin comme si son sort funeste avait pu être réglé dès le départ par un Marquis possiblement aux commandes d’une très malheureuse coïncidence. Ensuite, Octave le débonnaire qui voit un Jean Renoir plutôt convaincant dans un rôle qui n’est peut-être pas totalement de composition. Celui se qualifiant à qui veut l’entendre de raté mais qui voit tout, entend tout, comprend tout avant tout le monde. A la fois dedans et dehors. Toujours là où on l’attend mais aussi parfois là où on ne l’attend pas. Celui dont on sait que les renoncements ou les départs seront toujours facilement réversibles. En somme, l’opportunisme incarné. Enfin Geneviève, la maîtresse du Marquis, interprétée par l’excellente et très jolie Mila Parély, sans doute la seule qui semble s’assumer complètement et surtout pas dupe de la futilité de sa vie menée jusqu’à présent. Avec la profondeur de champ qu’il utilise à foison mais toujours à bon escient, Renoir s’inspirant de la grammaire théâtrale donne vie à cette oisiveté foisonnante qui plus prosaïquement, lui permet de masquer la platitude du jeu de certains de ses acteurs. Bizarrement les plans se resserrent quand sa caméra s’aventure à l’extérieur pour la partie de chasse qui constitue l'un des moments les plus forts du film mais aussi le plus signifiant, montrant avec ce massacre organisé, les domestiques et garde-chasse envoyer à l’abattoir tout le petit gibier qui peuple la forêt et marécages environnants pour que ces messieurs et ces dames se donnent sans trop d’effort l’impression d’être des chasseurs émérites. Renoir, avec son directeur de la photographie Jean Bachelet, est ici virtuose notamment dans le dernier plan de la séquence montrant au ralenti l’agonie d’un lapin et donnant ainsi la meilleure illustration de la déliquescence d’une caste qui toute à ses basses affaires ne fait plus la différence entre le bien et le mal. La meilleure explication nous est donnée ici aux soubresauts de l’Histoire, révolutions, guerres et famines provoquées par l’incurie et l’égoïsme de classes dirigeantes finissant immanquablement par vivre en autarcie. Jean Renoir avait dit à propos de son film qu’il avait été inspiré tout au long du tournage par l’expression « danser sur un volcan » prononcée par Narcisse-Achille Salvandy lors d’une fête au Palais Royal juste quelques semaines avant que n’éclate la Révolution de Juillet. Le réalisateur avait été cette fois-ci prophète, la catastrophe ayant suivi de peu la sortie de son film. Mais lui aussi faisant partie intégrante de la classe dont il vilipendait l’inaction dans son film, n’avait guère tardé à rejoindre Hollywood (en octobre 1940) ne revenant en France qu’en 1952 pour y tourner « Le Carrosse d’or » . Non sans avoir auparavant offert ses services à Vichy, faisant écrire au critique cinématographique Pascal Mérigeau dans son livre de 2012 sur le réalisateur : « Renoir ne s'est pas opposé au courant dominant, il l'a accompagné, s'exprimant et se comportant comme le pétainiste convaincu que probablement il n'était pas, au service de la seule cause qui lui importait, la sienne propre ». Quoiqu’il en soit , il délivre de manière brillante mais peut-être un peu tard un message sans équivoque sur la triste et sans doute éternelle raison qui amène les hommes à prendre les armes .Jean Renoir à la filmographie foisonnante était un grand réalisateur et il est toujours prudent de séparer l’homme de son œuvre. Son film “La règle du jeu” est sans conteste un grand film. L’un des cinq plus grands de tous les temps ? Cette affirmation qui encore aujourd’hui ne se dément pas, peut tout de même être soumise à débat.
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 juillet 2024
En découvrant « la règle du jeu » je me suis dit que Jean Renoir avait réussi ce que Ruben Ostlund essaie en vain de faire plus de 80 ans après. A savoir une film de mœurs qui lorgne vers la comédie noire, une description d un microcosme qui s apprête à exploser. Même si pour le coup ce n est pas mon film de Jean Renoir préféré j ai trouvé que le film avait de vrais temps morts. Mais en revanche dans ces moments forts comme dans l impressionnante partie de chasse le film s avère à la fois brillant et cruel.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 juin 2025
Avec une qualité HD, une image totalement restaurée, ce sont de sympathiques retrouvailles. Il faut resituer ce film à la fois dans son contexte historique , le début de la seconde guerre mondiale et dans l'histoire du cinéma qui à l'époque apprendra beaucoup de Jean Renoir . Pour un novice , ce film peut sembler bizarre, ringard, et que sais-je encore ? Mais sans " La règle du jeu", les joueurs ( réalisateurs, comédiens, techniciens ... ) auraient été moins nombreux, ou alors moins inspirés. Avis Bonus : Des suppléments, nombreux et instructifs qui s’adressent peut-être avant tout à des cinéphiles, tant les analyses, et informations techniques scrutent ce film à la loupe . En possession de ce blu ray, tout amateur de cinéma prendra quand même énormément de plaisir en découvrant l’histoire d'une aventure hors norme pour l’époque et qui aujourd’hui encore entretient de nombreuses discussions dans la grande famille du septième art : ces bonus en attestent.
Pour en savoir plus :
soulman
soulman

140 abonnés 1 401 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 avril 2025
Tout simplement sublime. Un chef-d’œuvre que je ne me lasse pas de revoir, qui fait du cinéma un art, au même titre que la peinture ou la littérature.
Peinture réaliste d'un milieu aisé à l'aube de la 2ème guerre, "La Règle du Jeu" dresse le portrait parfois amusé, souvent cruel, de personnages déconnectés de leur époque, pour qui seul le sentiment amoureux semble avoir de l'importance. En écho, la vie des employés de maison est croquée avec la même justesse faite de légèreté et de frustration (les personnages de Lisette et du garde-chasse, admirablement interprétés par Paulette Dubost et Gaston Modot).
C'est aussi le sommet de la carrière de Dalio, second rôle de génie, qui trouve ici un rôle exceptionnel à la mesure de son jeu, d'une finesse infinie, auquel répond tout aussi brillamment Carette, autre figure majeure du cinéma de cette époque.
Un modèle qui aura inspiré bien des cinéastes (évidemment, Altman pour "Gosford Park").
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 895 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 avril 2025
Voir et revoir Renoir, comprendre quelles sont les règles du jeu dans cette période cruciale d'avant-guerre.
On danse et on s'amuse légèrement, de même que l'orchestre continuait à jouer sur le Titanic.
Le film n'est pas aguicheur et certaines voix nasillardes de l'époque peuvent rebuter la première fois qu'on le voit.
Il faut se forcer un peu, et découvrir pourquoi il est une inspiration pour tant de cinéastes.
La critique sociale est générale, et ne vise pas que la classe aisée. La femme du chasseur est aussi volage, et ne fait que suivre l'exemple de sa maitresse.
Et pourtant quelle modernité cette déclaration de Jurieux devant les micros: "celle que j'aime n'est pas là", la puissance des médias, aujourd'hui des réseaux sociaux ne ferait pas mieux.
Comédie vaudevillesque ou tragédie, Renoir virevolte avec facilité de l'un à l'autre, passant de la partie de chasse-nous sommes en 1939!- à la fête avec théâtre de mascarade, déguisements et bagarres entre invités ou employés. L'action part en vrille complète, comme un jour de Carnaval, quand tous les codes sont renversés.
On règles ses comptes, on fait semblant de pardonner, d'aimer pour la vie, d'être prêt à se suicider en cas d'échec.
Dalio, d'origine juive, en Robert est insupportable de suffisance, mais que dire de son autrichienne de femme Christine, de Geneviève et de Octave, joué par Renoir, l'ami d'enfance, qui attend son heure déguisé en ours!
spoiler: Allons-nous coucher dit Robert en conclusion, ce n'est rien, un petit accident avec mort d'homme ( de celui qui courtisait ma femme!). Il n'y a plus de guerre entre nous deux.

Renoir est dans la désillusion et ne nous offre aucun héros à qui s'identifier sans retenue. Et pourtant qu'ils sont tous humains derrière leur air de jouer au théâtre.
TV4 - avril 25
Acidus

872 abonnés 3 937 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 décembre 2016
Une poignée d'années auparavant, Jean Renoir avait marqué les esprit avec "La grande illusion". Le cinéaste renouvelle l'exploit avec "La règle du jeu" qui, malgré un accueil plutôt froid à sa sortie, se voit auréoler d'un statut culte aujourd'hui.
Dans ce long métrage, Renoir dépeint une société bourgeoise d'avant-guerre, loin des préoccupation du Monde et des malheurs en préparation. L'intrigue repose sur un entrelacement de romances virant parfois à l'absurde et générant quelques quiproquos. La tonalité dominante reste comique même si la tragédie et le cynisme ne sont jamais bien loin. Le jeu des contrastes (homme/femme; bourgeois/domestiques) allié à un rythme soutenu, à une mise en scène géniale et des dialogues soignés en fait une farce efficace, autant distrayante qu'intelligente. Chapeau bas.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 834 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 mai 2017
Par où commencer...? Une maîtrise totale de la mise en scène qui donne un côté dramaturgique à l'œuvre, entre mime et burlesque. Une critique des hautes classes sociales dénuée de tout didactisme, renforcée par la symbolique prégnante du film (cruauté de la chasse ou bombardiers en simple décor scénique) et incarnée dans un final empreint d'une cruelle vérité. Un casting irréprochable qui réussit à incarner chaque individualité tout en l'insérant dans une collectivité forte et dynamique. Une comédie de mœurs où pragmatisme et hypocrisie règnent sans partage (confrontation brillante entre l'épouse et la maîtresse) sans se départir de drames humains renforcés par la vitalité des convenances (ou plutôt des règles du jeu!). Quand des recherches personnelles de héros pour trouver leur place et leur voie forment un tout cinématographique harmonieux... Quel tour de force!
DarioFulci
DarioFulci

130 abonnés 1 412 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 août 2012
Détesté lorsqu'il sort en France peu avant la Seconde Guerre Mondiale, "La règle du jeu" est un brillant objet filmique témoin de son époque. Alors que toute la France se prépare à partir en guerre, la fleur au fusil et le cœur sur la main, Jean Renoir dressait un portrait scandaleusement corrosif de la bonne société du pays. Des bourgeois égoïstes et immoraux capables de tolérer le pire pour défendre leurs intérêts. On comprend alors le rejet massif du film. Sans le savoir, c'est un film-constat terriblement visionnaire des 6 années à venir. Tout le monde en prend pour son grade, des domestiques aux patrons, des femmes aux hommes. La noirceur du tableau est compensée par un ton badin déjà vu dans "Une partie de campagne". Tous ces personnages ne prennent plus leurs actes au sérieux tant ils sont braqués sur leur petite personne. Effrayant et extrêmement bien fait.
Misoramengasuki
Misoramengasuki

79 abonnés 399 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 mai 2012
Un classique, et un film d’une étonnante modernité. Faire un film léger est difficile. Le transformer en démonstration de virtuosité est risqué, car le danger est permanent de tomber dans l’esbroufe gratuite. Mais Jean Renoir se sort de tous les pièges et mène tambour battant un vaudeville à l’énergie folle, à peine plombé par un final un peu longuet. Les idées brillantes de mise en scène s’accumulent sur un rythme échevelé, l’esprit et la fantaisie sont au pouvoir, avec juste parfois, une pointe cruelle ou grinçante pour rappeler que derrière la façade légère, le drame n’est jamais loin. Tout ceci a été fait à quelques semaines des premiers coups de canon de la Deuxième Guerre Mondiale… Et quel plateau ! Marcel Dalio et Nora Gregor, d’une élégance folle, posent sur toutes ces péripéties un regard détaché teinté d’une ironie douce-amère. Comment croire que ces deux-là vivaient dans la hantise de l’exil et que, quelques mois après la sortie du film, ils devront fuir et tirer un trait définitif sur leur carrière française ? Roland Toutain, acteur trop oublié aujourd’hui, dans un personnage de casse-cou amoureux transi qui lui va comme un gant (il était aussi, comme son personnage dans le film, un aviateur renommé et un cascadeur impénitent). Jean Renoir lui-même, truculent et extrêmement touchant dans son affection silencieuse pour Christine, traîne sa lourde carcasse et s’affirme comme un grand acteur en plus d’un metteur en scène de génie. Et la ribambelle de personnages secondaires: Schumacher le garde-chasse et sa femme Lisette (adorable Paulette Dubost, à la voix inimitable), Geneviève la fausse femme fatale, le général… Avant que l’Europe ne sombre dans la barbarie, le cinéma français donnait avec "La règle du jeu" un dernier feu d’artifice, l’image d’une société qui brûle ses derniers feux en se disant que, tant qu’à disparaître, autant le faire avec classe – et qui, ce faisant, donne aux générations futures une leçon d’art et de vie. Jean Renoir eut toutes les peines du monde, par la suite, à remonter son film, et quelques scènes ont disparu à jamais. Mais ce qui reste… eh bien, cela reste !
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 mars 2011
Je ne suis pas fan de Renoir, en général je décroche avant la fin du film, mais là peut-être à cause des conditions dans lesquels je l'ai vu, je me suis régalé. C'est assurément jouissif, voir ces personnages absolument idiots s'entretuer, se déchirer, s'aimer comme des bestiaux tout en voulant paraître propre sur soi et digne. Jouissif. Les dialogues sont géniaux, je ne sais pas qui les a écrit, mais c'est aux petits oignons, un pur délice. C'est très acerbe, ça m'a fait penser limite à un très bon Bunuel (alors que c'est peut-être l'inverse pour ne pas faire d'anachronisme).
Je ne sais pas quoi dire d'autre, si ce n'est que la mise en scène est vraiment bonne, fluide et belle, même si j'avoue que je m'attendais à quelque chose d'un peu plus exubérant.
real-disciple
real-disciple

114 abonnés 1 024 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 octobre 2012
Usant à la perfection la technique cinématographique (travellings, profondeur de champ, fondus...) et la narration (on reprend Marivaux), Renoir nous livre là un chef d'oeuvre du cinéma français. Que ça soit la partie de chasse ou la fête dans le château, les dialogues et les acteurs, tout est un régal. Quant on voit qu'avec une intrigue aussi classique on peut faire ce genre de films, les films récents font pâle figure. Et dire en plus qu'il y a eu des scènes non retrouvées...
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 231 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 mai 2024
Jean Renoir se défend d'avoir réalisé une étude de moeurs. Pourtant, au château du marquis de la Chenaye (Dalio), où celui-ci "donne" une chasse, le spectacle de la vie aristocratique n'apparait pas anodin et présente une classe oisive, sans honneur ni valeurs. Au-delà, elle est un mauvais exemple pour une domesticité dont Renoir montre qu'elle peut sombrer aussi dans de similaires travers et dans le même grotesque. L'état de crise issu de diverses turpitudes sentimentales qui conclut le récit rassemble d'ailleurs maitres et valets dans une situation de farce tragi-comique où le rapport social et poli entre les protagonistes explose.
L'indignité et la passion amoureuse feront peut-être une victime expiatoire de l'aviateur Jurieu, un des rares à échapper , par son sens de l'honneur et son romantisme, aux coups de canif satiriques de Renoir. La partie de chasse que filme le cinéaste est significative: elle réunit la société des maitres et celle des valets dans un carnage insouciant et indécent où le gibier pourrait imager l'innocence et la liberté sacrifiées à la règle du jeu sociale, laquelle reprendra sa place, sans nul doute, après les incidents, après qu'on a retrouvé ses esprits.
Indépendamment du sens que porte les personnages, on assiste dans le film à de jolis numéros d'acteurs, en particulier de Marcel Dalio, en maitre de maison, de Carette et Gaston Modot, respectivement le braconnier gouailleur et le garde-chasse jaloux qui ne cessent de se quereller.
yayo
yayo

75 abonnés 1 221 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 mars 2011
J'ai vu ce film à la TV et je dois dire que depuis je me suis procuré le DVD. Renoir nous livre là une fable cynique non dénuée d'humour (j'ai ri à de nombreuses reprises). La mise en scène est magistrale notamment dans la façon de filmer en profondeur permettant des effets de théâtre avec tout ce petit monde s'agitant. Un film décrié à sa sortie, puis porté aux nues. Tout le monde à le droit à une seconde chance!
cinephile74
cinephile74

21 abonnés 175 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 avril 2011
Jean Renoir dresse le portrait d'une société dans laquelle le mensonge et le cynisme sont érigés en règles. Ce film tourné à l'aube d'un conflit mondial conserve toute sa puissance symbolique, en proposant une vision noire (mais non moins fascinante) de la condition humaine. En un mot: Superbe !
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