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stillpop
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3,5
Publiée le 1 février 2012
Un chien, deux chiens, trois chiens, si l'on n'y prenait garde on croirait un documentaire animalier. Il y a aussi les plans flous sur l'interlocuteur en faisant la mise au point derrière sur un ouvrier octogénaire dans une des plus grosses exploitations viticoles mondiale. Vous l'aurez compris, ce film joue l'absence d'académisme, mais pas de professionnalisme. L'image est assez mauvaise (toujours cette satanée dvd des années 2000) les jeux de zooms sont fatigants et les dé-cadrages sauvages lassent. Sans parler de la perche son dans le champ ou du cadrage anecdotique. Bref nous sommes en présence d'une équipe trentenaire gauchiste et cynique qui va jusqu'au bout de son concept anarchiste. Mais c'est cette absence de concessions bourgeoises qui imposent le respect, malgré l'énervement. C'est aussi le budget (beaucoup de déplacements internationaux) et la connaissance du milieu viticole qui impressionne. Sans parler de la gentillesse particulière de l'équipe. Beaucoup d'interviews contradictoires mais une ligne de conduite et un scénario qui sait où il va. Il y a un peu de rêve, pas mal de truculence, beaucoup d'humour (au premier comme au second degré) et c'est passionnant comme un polar. C'est long, ce qui permet une immersion en profondeur. Rarement un documentaire aura été aussi instructif sans discerner une réelle méchanceté chez leurs auteurs, c'est comme s'il s'agissait d'un jeu, et la conclusion catastrophique, très pessimiste, passe d'autant mieux, d'aucuns diront qu'elle est plus digeste. On découvre un monde de gros sous et de grande noblesse Jet Setisée à sa manière, on s'amuse avec quelques caractères très trempés, et tous (malgré tout) très sympathiques (une réelle soif d'image ou de publicité ?), même quand ils affichent un racisme colonial de manière incroyablement naturelle. De la même manière que la gestion des vignobles juifs après-guerre est montrée sans détours. On imagine l'intelligence et la manipulation feutrée de l'équipe pour en arriver à de telles confidences devant la caméra. En tout cas, si vous voulez combattre l'américanisation du goût des v-ignobles bordelais, à vos bouteilles de Bourgogne ! Mais oui je sais que des consommateurs ont fait un test à l'aveugle des vins cités dans le film, et leur conclusions ne démontrent-elles pas que leur goût est justement déjà perverti par la facilité du goût "universel" ? Un "mauvais" vin de caractère, n'est ce pas finalement la preuve de la moyenne consensuelle sans surprise et triste du produit industriel presque parfait ? Je plaisante...
Un documentaire méritant, a certains moments très intéressants, mais qui est loin de captiver bout en bout. Certaines péripéties sont assez ennuyeuses et a la fin, on a vraiment envie de partir. C'est dommage car un peu plus court, ca aurait vraiment pu donner quelque chose d'intéressant.
C'est un film long. Mais laissez vous séduire par Mondovino", qui parle justement d'un combat entre des vins "putes" qui explosent en bouche et s'effondrent vite, et des "vins tout en longueur", en finesse.
Sans doute on sera un peu déstabilisé par la caméra numérique - ivre ? - qui bouge et s'amuse de cadrages improbables. Mais la forme s'accorde bien au propos : stimulant !
Un film drôle et drôlement intelligent, politique et romanesque, militant mais toujours subtile.
Cette vague de documentaires de cinéma est décidément bien réjouissante. Double antidote à Bush comme à Michael Moore, « bushiste » simplificateur malgré lui, Mondovino a ma palme.
Un documentaire extrêmement talentueux, qui prend le temps de nous montrer des personnes, et qui donne à celles-ci l'ampleur de personnages, en posant une figure, une histoire, un décor - et parfois même un chien, comme si le chien révélait l'âme.
Très impressionnant. J'étais sceptique dans la première demi-heure face à un propose qui me semblait manichéen (vin technique contre terroir) et puis les pièces de l'oeuvre et de la démonstration s'ajoutent et le réquisitoire est implaccable. Impossible de ne pas regarder désormais de travers une bouteille à 150 euros. Formellement, c'est assez foutraque, la caméra zoom pour découvrir des hors champs curieux. grand moment chez le responsable de l'uniformisation du goût, le critique robert Parker, la caméra s'attarde sur sa collection d'objets en forme de bulldogs !! C'est aussi un film sur le discours et l'argumentation même si parfois Nossiter n'évite pas quelques raccourcis maladroits. Vivement conseillé
Un film à la "Mickael Moore", très partie pris anti-Michel Rolland, c'est très très mal filmé et mal monté, mais j'y ai trouvé un intérêt. Dommage que ce soit si mal organisé.
Mon dieu que c'est de mauvaise foi. Même le lourdingue Moore pourrait passer pour subtil à côté. Pas un seul moment le réalisateur daigne apporter la moindre preuve (a t'il, au moins, goûté les vins qu'il dénigre?), ou le moindre argument déviant de son tracé idéologique si raide. Et pourtant je suis, en partie, d'accord sur le fond. Mais trop d'idéologie tue l'idéal et surtout rend stupide. C'est aussi très mal filmé bien que le réalisateur arrive à capter quelques regards intéressants. Donc un point c'est tout.
Documentaire exceptionnel, didactique qui explore toutes les facettes du vin. On ne s'ennuie pas une seconde, le propos est toujours juste. Une belle plongée dans la boisson préférée de Français !
Tout amateur de vin l'aura remarqué : de plus en plus, leur breuvage favori a un goût de chêne. Non, pas de liqueur de chêne, mais bien du bois véreux rempli de gui qui pollue nos villes. Ce chêne apporterait, selon les spécialistes, une touche de vanille à l'ocre saveur du vin (1). Entre les framboises et les mures, l'inimitable gousse de chêne se répand comme une traînée de poudre. Depuis que le Parker du guide a sur noté les vines vieillis en fût de chêne neuf (car le bois neuf donne plus de goût), tous les grands se sont ralliés à cette tendance. Et quand les grands éternuent, le monde est malade. C'est ce que démontre Jonathan Nossiter dans son Mondovino, documentaire terrifiant sur l'avenir du vin. Avec sa caméra DV, il rencontre les acteurs du monde viticole, de Michel Rolland, grand manitou du bidouillage chimique, à Aimé Guibert, vieux Gaulois résistant du Roussillon. En deux heures de tour du monde, le réalisateur met en garde contre la « cocacolisation » du vin. Petit à petit, les techniques devenues connues de tous sont appliquées sur les cépages du monde entier. De la Californie à l'Italie en passant par le Bordelais et l'Argentine, le vin devient de plus en plus semblable, perdant toute notion de terroir pour ne chercher que la bonne note de Mr Parker. Le pire, dans tout cela, ce sont ces producteurs satisfaits, fiers de ce « 91 dans le guide Parker », fiers de l'oxygénation qui permet de vieillir plus vite et artificiellement leurs crûs. A la fin du film, on en vient à se dire que, dans le futur, le vin sera produit dans des pays à main d'œuvre peu coûteuse. Cela tombe bien, ils sont souvent ensoleillés, idéaux pour la culture du raisin. Demain, le vin de table sera bon, sans surprise et identique de Paris à Tombouctou. Ou alors, les quelques fortes têtes qui auront su résister offriront un vin imparfait, avec des défauts qui feront sa force et sa différence. Un vin sans fût de chêne agressif. Un vin libre.
Sur un thème à priori pas très captivant, on découvre un documentaire effectivement passionnants. Le contraste entre les vignerons traditionnels, à la culture très pointu, et au demeurant forts attachants, contraste avec les nouveaux négociants prêt à tous pour gagner des parts de marché. Edifiant !
Au delà du vin, cet excellent documentaire donne à refléchir sur la globalisation du gout en général. J'ai appris beaucoup de choses et je continuerai à acheter mon vin directement chez mon vigneron producteur préféré !
Excellent documentaire sur la diversité dans l'exploitation viticole à travers le monde, de l'artisanat d'un amérindien d'Argentine à la multinationale américaine "Mondavi", qui s'implante et impose son goût standardisé dans le monde entier... avec pour principal terrain d'exploration la France, l'Italie et les USA. Egalement au programme : une rencontre avec Robert Parker, qui fait et défait les réputations des vins, et avec son disciple français méconnu et ahurissant, Michel Rolland, "consultant" en oenologie, au pouvoir incroyable.
C'est bien un film de cinéma auquel on a affaire, comme en atteste la mise en scène soignée et friande du moindre détail révélateur sur les individus et les lieux rencontrés, à la fois impitoyable, révélatrice et cocasse (on pense parfois à "Strip-tease" ou aux Deschiens).
Mais ce film, s'il est à la fois instructif et divertissant (donc captivant), est surtout prétexte à dénoncer l'uniformisation des goûts par la mondialisation : au-delà du cas particulier du vin, c'est de la culture et la consommation en général dont il est question ! Le metteur en scène, Jonathan Nossiter, est un Américain atypique qui parle couramment français et italien, multiculturel, sommelier de formation (!) et soucieux du moindre détail !
Je ne crois qu'il faille être expert en vin pour comprendre ce documentaire. Ni s'arrêter sur la façon de filmer de Nossiter. Ce qui compte est vraiment le fond qui, en exposant la plupart du temps le point de vue des gros-pleins-de-soupe, fait ressortir le côté ignoble des grands exploitants de vignobles. Et ceci aux dépens de ceux qui vivent pour l'amour du vin, et pour que la variété des goûts soit encore d'actualité. Dans ce film, on voit la confirmation de ce qui pointe à l'horizon de manière un peu floue : l'uniformisation par le biais de la toute-puissante économie de marché.