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il_Ricordo
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4,5
Publiée le 22 janvier 2012
Un Américain bien tranquille est un film particulier. Joseph L.Mankiewicz adapte un célèbre roman de Graham Greene. Une lourde atmosphère se dégage de ce film qui se déroule exclusivement au Vietnam, les personnages, tiraillés par la jalousie, se font face mais ne paraissent pas s'affronter directement. Audie Murphy trouve dans le personnage de "l'américain" son meilleur rôle, et son rival, Michael Redgrave, angoissé et inconstant, est excellent en journaliste incapable d'épouser la femme qu'il aime, et se la fera prendre par l'américain, même après la mort de celui-ci. Un Américain bien tranquille est loin d'être une romance, et les problèmes politiques qu'il met en exergue, à propos des attentats en Indochine, suivaient de près l'actualité du moment. Dans certaines scènes particulièrement prenantes, telles que l'explosion du mirador, Un Américain bien tranquille se révèle être l'un des témoins les plus évidents du talent de mise en scène de Mankiewicz, cet intellectuel qui savait, rien que par les dialogues et la direction des acteurs, tendre les nerfs de ses spectateurs comme des cordes de violon.
L'original du remake: il est étrange de revoir ces descriptions douces amères d'une époque pré-guerre à laquelle personne ne croit - et qui d'ailleurs ne se déroulera en rien selon les normes prévues -, outre il est vrai une attente un peu longue.
Une oeuvre profondément pessimiste à la mise en scène particulièrement subtile et intelligente, c'est le moins qu'on attend d'un brillant cinéaste comme Joseph L. Mankiewicz. On peut reprocher à l'ensemble d'être parfois un peu trop bavard mais il est facile de pardonner ce défaut tellement l'art du réalisateur-scénariste pour écrire des dialogues étincelants fait une fois de plus des merveilles. La réalisation technique quand à elle est à l'image de son réalisateur c'est à dire soignée et élégante. Audie Murphy est aussi étonnant que convaincant dans un contre-emploi, l'actrice italienne Giorgia Moll parvient sans mal à nous faire croire qu'elle est asiatique, mais c'est sans conteste l'excellent Michael Redgrave qui se taille la part du lion. On parvient sans mal à s'identifier à son personnage et à comprendre ses motivations ou ses sentiments. Comme dans tous les films de Mankiewicz, le final est très réussi du fait qu'alors on aurait dû le voir venir, il arrive à nous surprendre et nous laisse totalement coi. Du grand Mankiewicz.
Encore un superbe film de l'un des plus grands réalisateurs de son temps. Inférieur au grand mélodrame de douglas sirk, il n'en reste pas moins convaincant grâce à un scénario des plus habiles.
Chef d'oeuvre incontesté, ce film est resté dans les annales sans doute pas sans raison: Avec ses dialogues finement ciselés et sa description de l'occupation abusive d'un pays par des troupes colonialistes, on reste sans voix par la veulerie et la concupiscence érigé au rang d'art comme le terrorisme d'Etat (avec la morale de l'argent) et le fait que tout résistant doit être immédiatement humilié et torturé. La fin tragique ou l'on découvre surtout qui sont les vrais méchants est d'ailleurs inoubliable sinon plus qu'actuelle, avec bien sûr la mort de l'agent double Phuong.
Bon dieu, qu'est-ce que c'est bavard ! Je l'ai vu en vo et c'est typiquement un film, comme dirait Godard, qu'on lit plus qu'on ne le voit, et tant bien que mal, tellement les sous-titres n'arrêtent pas de défiler. De sorte que je n'ai quasiment rien compris aux subtilités politico-psychologiques de tous ces discours interminables, et que j'ai failli m'endormir. Michael Redgrave est le personnage principal. Autant je l'avais adoré dans Une femme disparaît, autant là il m'a laissé de marbre.
Vraiment un film du grand Mankiewicz, on y retrouve son goût des dialogues percutants qui sondent l'âme humaine, sa réflexion sur la culpabilité et la responsabilité de l'homme dans des circonstances dramatiques ( la guerre du Vietnam)
Certes ce film a vieilli;mais à la manière d' un bon cru millésimé.L'intrigue est intéressante,les acteurs performants.Néanmoins,j'ai été essentiellement captivée par la densité et la richesse des joutes oratoires. Pas de mots inutiles,beaucoup de non-dits,une version française impeccable tant sur le choix des mots,que sur la syntaxe,que sur la concordance des temps:un vrai régal à une époque où l'on "massacre" notre belle langue française.L'essentiel réside dans les mots (dialogues,voix"off")qui décrivent mieux que des images la complexité de la situation et des personnages .L'étude psychologique des protagonistes ,en particulier celle de Fowler,est passionnante.Voir le mécanisme de sa pensée ainsi démonté,voir les répercussions sur l'action elle-même,voilà ce qui m'a plu....d'où l'importance des mots,principal moyen de communication et principale cause souvent de malentendus.Un film que je regarderai à nouveau.
Comme souvent, chez Mankiewicz, le film comporte de longues scènes théâtrales et beaucoup de dialogues et son scénario est encore plus complexe que le roman de Graham Greene. Comme souvent aussi, le film frappe par la grande maîtrise de sa construction. Si, dans La comtesse aux pieds nus, il y a plusieurs narrateurs, il n'y en a ici qu'un « qui nous entraîne avec lui dans sa rêverie impuissante face à la réalité, dans sa confusion, son désarroi, sa mauvaise conscience, dans sa culpabilité, son hypocrisie, dans ses mensonges puérils, toujours très vite déjoués. Son récit possède la texture d'un cauchemar éveillé et file immanquablement vers une issue tragique que rien ni personne ne pourra empêcher. (…) « Un Américain bien tranquille » est le film du malaise, de l'incertitude, du porte-à-faux » (Jacques Lourcelles). Jean-Luc Godard, contrairement à beaucoup de critiques de l’époque qui considérèrent qu’ « Un Américain bien tranquille » était un Mankiewicz mineur, le classa meilleur film de l’année. Il fut aussi conquis par Giorgia Moll et l’engagea par la suite pour Le Mépris.