Lenny
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JimBo Lebowski

447 abonnés 1 080 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 mars 2014
"Lenny" est un film de Bob Fosse sorti en 1974 racontant le parcours de l'humoriste satyrique Lenny Bruce dans les années 50-60, son combat pour défendre la liberté de parole face à la justice américaine. Le film est monté en partie comme un documentaire fait de témoignages fictifs ainsi que des passages de sa vie faite d'excès, de complication d'ordre sentimental et familial, et surtout de ses spectacles ayant un regard vivement critique sur l'existentialisme et la société de l'époque. Dustin Hoffman interprète le rôle de Lenny et il est juste exceptionnel, ce qui lui vaudra une nomination aux Oscars en 1975, une vraie composition qui prouve une fois de plus son immense talent. Valerie Perrine est également excellente dans le rôle de la compagne de Bruce avec un jeu tout en nuance avec beaucoup de subtilité. La réalisation de Bob Fosse est vraiment excellente, filmant les cabarets fumants avec un côté intimiste très intéressant, je garde aussi en mémoire le passage du trip de drogue, sans aucun son pendant plusieurs minutes, très original et scotchant. Le parcours du comique est assez atypique et attachant, ça m'a donné envie de me documenter après avoir vu le film pour en savoir plus sur le vrai Lenny Bruce. Ce long métrage est vraiment a voir pour découvrir son histoire, l'interprétation fantastique de Hoffman et son ambiance particulière. Brillant !
Benjamin A

808 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 mars 2014
Lenny Bruce, grand comique Américains mais méconnu en France, il improvisait comme personne et ses stand-up étaient méchamment drôle. Il était cynique, provocateur, n'hésitait pas à rentrer dans le lard de l’Amérique et opta pour une liberté de parole quitte à déranger les bien-pensant et à se retrouver condamné. C'est sa vie que nous raconte Bob Fosse, entre vie public, privée, ses débuts un peu minable, les femmes, la drogue, sa déchéance ou encore ses provocations et le tout à travers un portrait social et politique des États-Unis. La véritable tour de force de Bob Fosse est de rendre se personnage passionnant et attachant, à travers une excellente écriture (scénario, personnage...) et surtout son style, mêlant faux-documentaire avec avec extrait de spectacles, intervention d'acteurs de sa vie... avec une atmosphère mélangeant les vapeurs d'alcool des boites/cabaret, du jazz et fumée de cigarettes. Les scènes de cabarets sont inoubliable tout comme les moments comiques, jamais lourd et toujours piquant et même hilarant, tout comme les moments dramatiques qu'il arrive à rendre poignant. La photographie en noir et blanc est sublime, tout comme la caméra de Bob Fosse oscillant entre plan serré, large et la braquant sur son personnage principal en nous livrant un portrait passionnant entre montée vers la gloire et déchéance et captant toujours ce qu'il faut. Les interprétations sont excellentes, tous les seconds rôles sont épatants que ce soit les simples intervenant ou Valerie Perrine dans le rôle de la femme de Lenny Bruce mais c'est bien évidemment Dustin Hoffman qui crève l'écran. Son talent n'est plus à démontrer, ses rôles dans "Rain Man", "Le Lauréat" ou "Little Big Man" ont été à juste titre plébiscité par les critiques, le public et les récompenses mas il livre dans "Lenny" une époustouflante prestation, l'une de ses plus belle, il rentre dans la peau de ce comique Américain d'une manière tellement vraie et magistrale que l'on oublie l'acteur qui se cache derrière le personnage. Un très grand film que nous livre Bob Fosse pourtant connu pour ses comédies musicales tels que le très bon et inoubliable "Cabaret", "Lenny" lui est provoquant, sensuel, fascinant avec un fond et une forme exceptionnel, injustement oublié et méconnu.
ghyom
ghyom

110 abonnés 150 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 mai 2014
"Lenny" c'est le portrait d'un homme. Un homme jusqu'au-boutiste, qui se battit de toutes ses forces pour la liberté d'expression et contre l'hypocrisie de l’Amérique bien-pensante des années 60. Un homme dont l'arme fut le rire et qui posa son regard acéré sur ses contemporains. Tout d'abord comique médiocre, il s'affirme peu à peu comme un satiriste et un improvisateur génial. Sa première arrestation pour obscénité le poussera à se battre contre cette censure. C'est dès lors, les minutes de ses procès qu'il tourne en dérision. La persécution subit, la présence permanente des autorités, les procès à répétition, l'injustice des tribunaux, tout concourt à le rendre de plus en plus amer, écorché, vindicatif, cynique et révolté. Obsessif au point de compulser tout les documents juridiques à sa disposition, il ne trouve le repos de l'esprit que sous les effets anesthésiant d'une drogue qui aura finalement raison de lui.

Cet humoriste, c'est Dustin Hoffman qui l'interprète dans ce qui est l'une de ses plus belles prestations. Il ne ressemble pas physiquement à Lenny Bruce, sa voix ou sa façon de parler n'est pas une tentative d'imitation, mais pourtant il incarne férocement l'énergie, la passion, la révolte qui animait certainement cet homme.

Bob Fosse nous offre ici un portrait qui évite de tourner au panégyrique. Entrecoupé de témoignages (faux documentaire) de la femme, la mère et l'agent de Lenny Bruce, et de quelques moments de vie, c'est dans la fumée des cabarets et sous les lumières d'un spot (superbe travaille de photographie en noir et blanc) que Bob Fosse nous révèle totalement à la fois le côté héroïque et les faiblesses de cet homme. Lenny Bruce n'était ni un saint, ni un martyr plutôt un Don Quichotte des temps moderne, idéaliste, égoïste et parfois irraisonné dont l'excès en tout fit sa gloire et sa déchéance.
ClashDoherty
ClashDoherty

271 abonnés 838 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 mars 2009
Lenny Bruce, artiste bien connu aux USA, comique et poète, n'est que peu connu chez nous. Ce film de Bob Fosse, avec un Dustin Hoffmann magistral, est à voir à tout prix.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 727 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 avril 2016
Un film assez formidable sur un personnage provocateur et presque sans limite. Il me fait penser un peu à Gainsbourg en version comique. L'humour n'est certes pas grand public et plutôt corrosif et agressif mais le film en lui-même est franchement incroyable. Hoffmann excellent et la narration prenante.
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 décembre 2012
Évocation de la vie du comique férocement provocateur et satiriste, Lenny Bruce qui a combattu l'hypocrisie, le racisme, l'homophobie, bref la connerie humaine dans toute sa splendeur ; ce n'est guère étonnant qu'il ait mal fini... Bob Fosse sait très bien filmer les salles de cabaret enfumées mais c'est quand même plus un film avec Dustin Hoffman qu'un film de Bob Fosse du fait qu'on est plus obnubilé par l'acteur que par le style du réalisateur qui peine parfois à se montrer efficacement. Mais cette lacune est très largement compensée par le fait qu'Hoffman fait le show à lui seul et qu'il le fait d'une manière phénoménale ; c'est certainement une des plus grandes performances de sa carrière jouant avec énormément d'intensité et dégageant tout aussi énormément de magnétisme. Absolument indispensable pour les fans de cet immense comédien.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 janvier 2025
« Lenny » de Bob Fosse sorti sur les écrans le 10 novembre 1974 se situe exactement au mitan de la courte période que l’on nomme « spoiler: Le Nouvel Hollywood » démarrant en 1967 avec le choc visuel provoqué par « Bonnie & Clyde » d’Arthur Penn suivi de l’avènement émotionnel que fut « Le lauréat » de Mike Nichols et s’achevant par le flop commercial de « La Porte du Paradis » de Michael Cimino en 1980 qui sonna le glas de United Artists. Mouvement éphémère prenant ses racines dans l’admiration pour la politique des auteurs prônée par « La Nouvelle Vague » mais surtout rendu possible par le vide artistique laissé après la lente agonie des Studios autrefois hégémoniques, voyant leur forteresse lézardée depuis les années 1950 par les coups de boutoir assenés par la petite lucarne rapidement présente dans tous les foyers américains. Des studios au bord de l’asphyxie après le fiasco financier de « Cléopâtre » (Joseph H. Mankiewicz, 1963), vaine tentative de reconquête qui avait failli envoyer par le fond la 20th Century Fox. « Le nouvel Hollywood » sera porté par des réalisateurs ayant fait leurs armes à la télévision comme Robert Altman, Peter Bogdavonich, Francis Ford Coppola, Stanley Kubrick, Woody Allen et quelques autres rejoints par de jeunes pousses ayant fréquenté les écoles de cinéma tels Martin Scorsese, George Lucas, Steven Spielberg, Paul Schrader ou Brian De Palma puis par des réalisateurs venus d’Europe au premier rang desquels John Schlesinger, Roman Polanski, Milos Forman, John Boorman et Karel Reisz. Tout ce petit monde va profiter de la liberté créative qui lui est offerte pour revisiter en profondeur les genres traditionnels hollywoodiens, bousculant leur mode narratif, leur esthétique visuelle et faire émerger de nouvelles stars avec à leur tête un carré magique composé de Jack Nicholson, Al Pacino, Dustin Hoffman et Robert de Niro.

Après « Le Lauréat », « Macadam Cowboy » de John Schlesinger, « Little Big Man » d’Arthur Penn et « Les chiens de paille » de Sam Peckinpah, Dustin Hoffman est indubitablement en 1973 le plus en vue des quatre. C’est alors qu’il rejoint Bob Fosse pour porter à l’écran la vie du fondateur iconique du « stand-up », Lenny Bruce dont l’aura au sein de l’intelligentsia ne fait que croître depuis son décès par « overdose » en 1966 dans sa salle de bains à seulement 41 ans.
Dustin Hoffman qui est réputé pour son jeu d’acteur caméléon cherche depuis ses débuts à relever de nouveaux défis. Apparaître dans un film où il sera très souvent filmé seul sur scène face à un public est une situation inconnue qui le stimule tout autant qu’elle l’effraie. Bob Fosse de son côté né un an après Lenny Bruce se trouvait des similitudes biographiques et comportementales avec Lenny Bruce notamment pour sa manière de brûler la chandelle par les deux bouts, incapable de délimiter une frontière claire et viable entre spectacle et vie personnelle. La collaboration entre les deux hommes sera difficile et douloureuse notamment pour Dustin Hoffman qui quoique réquisitionnant pour son seul cachet la moitié du budget total du film doit plier devant l’autorité intransigeante et souvent méprisante de celui qui fait autorité depuis son Oscar décroché un an plus tôt pour « Cabaret » qui en trustera huit au total.
spoiler: À un moment des répétitions qui durent six semaines à compter de fin septembre 1973, Hoffman songera même à renoncer devant l’attitude distante et les marottes obsessionnelles de Fosse. Mais son agent aura la bonne idée de rappeler l’acteur à ses obligations contractuelles
. Hoffman reste, sans doute conscient qu’il tient peut-être un des rôles majeurs de sa carrière et que Bob Fosse sera celui qui le fera accoucher de la performance attendue. Le résultat sera bien là, récompensant les efforts et la ténacité des deux hommes qui s’ils ne se sont pas franchement compris savaient instinctivement qu’ils marchaient ensemble dans la bonne direction.
Le film est somptueux et demeure toujours aussi fascinant qu’on l’ait vu lors de sa sortie ou tout simplement découvert ou revu 50 ans plus tard. Comme Lenny Bruce, Bob Fosse savait que le compte à rebours du prix à payer pour ses excès était déjà entamé et il s’était en réalité totalement identifié à Bruce qui l’avait seulement précédé dans une mort qui l’obsédait depuis longtemps comme il montrera de manière encore plus directe dans « All that jazz » en 1979. Dustin Hoffman atteignait avec « Lenny » le sommet de son art, pressentant qu’il n’aurait peut-être plus une telle montagne à gravir, le prix à payer s’étant sans doute suite à « Lenny » révélé trop élevé. Sa carrière à suivre semble accréditer cette hypothèse car après « Les hommes du Président » (Alan J. Pakula, 1976) et « Marathon man » (John Schlesinger,1976), l’acteur refusant nombre de projets deviendra beaucoup plus conventionnel mais aussi tyrannique sur les plateaux. spoiler: Julien Barry le scénariste du film affirmera à ce sujet qu’Hoffman avait fait payer aux autres réalisateurs les humiliations et frustrations endurées sur « Lenny ».

Concernant Julian Barry, il faut rappeler qu’il avait été dès 1970 contacté par Marvin Worth l’agent de Lenny Bruce pour l’écriture d’un scénario sur la vie de son poulain dont il venait d’obtenir de sa famille les droits pour une biographie.
L’idée était donc dans l’air, Lenny Bruce devenu très « hip » suite au succès d’« Easy Rider » (Dennis Hopper en 1969), film phare de la contre-culture partie en 1967 de la Côte Ouest. spoiler: Mais un an plus tard, la déferlante lacrymale « Love Story » (Arthur Hiller en 1970) aussi inattendue que phénoménale (le film rapporta plus de 70 fois sa mise de départ) plonge les producteurs moutonniers mais aussi très opportunistes dans le bain moussant du glamour
. Brutalement, le sulfureux Lenny Bruce fait à nouveau tache dans le décor hollywoodien. Julian Barry avec son scénario sur les bras a alors l’idée de monter une pièce. Tom O’Horgan met le projet en scène, qui tiendra l’affiche à Broadway pendant plus d’un an (de mai 1970 à juin 1971). Paraît simultanément « Ladies and Gentlemen, Lenny Bruce ! » la biographie officielle écrite par Albert Goldman. Le feu est donc toujours entretenu.
Bob Fosse qui a vu la pièce veut l’adapter au cinéma. Il charge son manager de démarcher les studios. United Artists décide d’apporter son financement. Mais les choses semblant se faire sans Julian Barry qui n’est contacté ni par Bob Fosse ni par Marion Worth, celui-ci force la porte de Fosse. Le réalisateur très soucieux de son indépendance n’entend laisser aucune miette à un scénariste d’une gloire chèrement acquise. Très hésitant, il finit par décider au bout d’un douloureux cycle d’entretiens de contracter avec Barry. Comme pour Dustin Hoffman, la collaboration avec Fosse sera un long chemin de croix pour Barry, sans arrêt mis à l’épreuve, devant argumenter très précisément chacune de ses propositions.
L’équipe se met progressivement en place avec Marvin Worth comme producteur délégué pour United Artists, Julian Barry comme scénariste, Bob Fosse à la réalisation et Dustin Hoffman comme une évidence dans le rôle-titre. Reste à trouver l’actrice pour incarner Honey la strip-teaseuse toxicomane, épouse et un temps partenaire de Bruce. Après trois semaines de casting (Victoria Principal, Raquel Welch, Ann Margret, Jacqueline Bisset, Faye Dunaway, Tuesday Weld, Karen Black, Diane Keaton et Genevieve Bujold…), le choix de Fosse se porte sur Valerie Perrine ex-danseuse dans « Lido de Paris » au Standard Resort and Casino de Las Vegas qui a récemment tenu le rôle d’une strip-teaseuse dans « Abattoir 5 » (George Roy Hill en 1972) et qui en mai 1972 a posé nue en page centrale pour « Playboy » . Encore relativement inexpérimentée, Valerie Perrine sera parfaite tout à la fois drôle et émouvante dont Bob Fosse dira qu’« elle était comme une éponge s’imprégnant de ses indications ». Bruce Sturtees sera le chef opérateur de ce qui sera peut-être le seul film majeur en noir et blanc des années 1970.
Pendant les répétitions Hoffman insiste sur le manque de fluidité de la ligne narrative s’articulant autour de flash-backs entrecoupés d’extraits de spectacle imageant la scène finissante ou introduisant celle à venir. Le lien indissociable entre l’artiste et l’homme étant ainsi parfaitement illustré mais pas assez explicite. Bob Fosse et Julian Barry ont alors l’idée de génie sur le mode du documentaire biographique d’inclure des interviews des personnages de la vie de Lenny Bruce avec sa mère (Jan Miner), sa femme (Valerie Perrine) et son impresario (Stanley Beck) qui face caméra, répondent à un interviewer qu’on ne verra jamais mais qui n’est personne d’autre que Bob Fosse lui-même. Le procédé permettra de mieux séquencer les périodes clefs de la vie de Bruce qui se regroupent dans le film en deux parties clairement distinctes. Tout d’abord l’exposition des traits de caractères de Bruce et sa difficile progression dans le showbiz qui s’accélère quand le comique aborde frontalement et avec virulence les sujets d’actualité et de société. Ensuite étroitement mêlés avec l’effilochement de sa vie privée, ses démêlés avec les autorités judiciaires qui vont finir par consumer l’artiste quasiment devenu un homme de loi face à un public de plus en plus clairsemé.
Avec l’aide Alan Haim que Fosse conservera pour ses deux prochains et derniers films, le montage de tous les plans recueillis donnera ce ton si particulier. Le film est certes bavard en raison même de son sujet mais l’intérêt est constamment entretenu par les ruptures de ton, le jeu complétement habité d’Hoffman et de Perrine qui forment un couple autodestructeur mais aussi furieusement charismatique. Le tout est sublimé par la photographie de Bruce Surtees qui réussit la prouesse hautement contradictoire de livrer une image tout à la fois « sale » appropriée à l’ambiance des cabarets de l’époque où se produisait Bruce mais aussi magnifiée par l’usage d’une lumière blanche enfumée nimbant majestueusement le comique en action sur scène.
Rarement un film aura été aussi immersif, Bob Fosse filmant au plus près les visages et les corps souvent fatigués qui hantent ces endroits où la nuit n’a plus de fin. Batteur flemmard sur le retour démarrant mécaniquement à chaque nouveau sketch, toxicomanes filmés à différents moments de leur voyage lysergique, jeunes cadres hilares venus s’encanailler ou encore l’inoubliable Gary Norman interprétant Sherman Hart comique blanchi sous le harnais venu adouber le jeune Lenny dans l’espoir de goûter un peu de la chair encore fraîche de Honey. Rien n’est laissé au hasard par Bob Fosse qui en quelques cinq films aura réalisé trois chefs d’œuvre qui auront trusté récompenses et nominations tant aux Oscars que dans les plus grands festivals. « Lenny » sera reconnu mais sans doute trop pointu dans la cible des spectateurs qu’il pouvait toucher ne sera pas autant célébré qu’il l’aurait mérité. Six nominations aux Oscars de 1975 (Meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure actrice, meilleur scénario adapté, meilleur chef opérateur) pour aucune statuette récoltée.
La seule récompense majeure reviendra à Valerie Perrine qui en 1975 au Festival de Cannes se verra récompensée du prix d’interprétation féminine, formidable Honey Bruce, sensuelle jusqu’au bout des ongles avec une pointe de candeur qui rappelle qu’autrefois cette plantureuse jeune femme avait été une petite fille, déchirante quand prisonnière de la drogue elle voit que tout lui échappe ou encore émouvante quand avec juste ses lèvres à l’écran au tout début du film, elle évoque ce qu’à été l’amour de sa vie. Malheureusement celle qui a montré avec ce film qu’elle pouvait être une grande actrice n’a pas pu ou su concrétiser les espoirs nés avec « Lenny », sans doute condamnée par sa plastique à toujours jouer de la sexualité torride qui émanait d’elle. Destin tragique aussi qui la voit depuis gravement diminuée par une maladie invalidante qu’elle aura évoquée sans fard en même temps que sa carrière dans « Valerie » un documentaire réalisé par son ami Stacey Souther.
Enfin revenons une dernière fois sur cette collaboration rude et intense entre un acteur et son réalisateur qui ont su s’affranchir de leurs différents pour capter la soif de liberté et de vérité d’un homme qui se sera consumé à vouloir réveiller les consciences sur une humanité à chérir par-dessus tout. Une interprétation à ce point réussie que l’on ne peut plus désormais imaginer Lenny Bruce autrement qu’avec le visage de Dustin Hoffman. Ceci n’est pas bien grave, resteront toujours les mots de celui qui ne proposait pas comme aujourd’hui de les supprimer mais d’en neutraliser les effets souvent dévastateurs en les démystifiant à force de les répéter.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 3 août 2014
Un biopic qui propose quelques très belles scènes mais l'ensemble manque de consistance. il ne rencontrait personne à part sa femme, sa tante et son producteur?
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 juin 2017
Un film en hommage à un autre de ces comiques dont le public se partageait entre les admirateurs et les détracteurs, à la manière d'Andy Kaufman, sauf que Lenny Bruce n'était pas adepte des canulars mais plutôt de l'obscenité. Mais qu'est-ce que l'obscenité ? Le film en noir et blanc de Bob Fosse amène parfaitement cette réflexion, ou plutôt la ramène de l'époque de "Lenny" qui l'a initialement formulée avec une subtilité provocante, à tel point qu'il fut souvent emprisonné. Malheureusement, l'humour est très mal transmis, et le choix d'entrecouper l'histoire de fausses interviews non seulement casse le rythme, mais fait passer l'oeuvre plus pour un documentaire que pour un biopic romancé. Résultat : une heure quarante minutes d'une soupe inintéressante qui se balade entre les deux, une durée qu'on aurait pu amputer des deux tiers si cela ne signifiait pas couper le sifflet à Dustin Hoffman dans son interprétation malgré tout convaincante d'un comique philosophe.

Un film en hommage à un autre de ces comiques dont le public se partageait entre les admirateurs et les détracteurs, à la manière d'Andy Kaufman, sauf que Lenny Bruce n'était pas adepte des canulars mais plutôt de l'obscenité. Mais qu'est-ce que l'obscenité ? Le film en noir et blanc de Bob Fosse amène parfaitement cette réflexion, ou plutôt la ramène de l'époque de "Lenny" qui l'a initialement formulée avec une subtilité provocante, à tel point qu'il fut souvent emprisonné. Malheureusement, l'humour est très mal transmis, et le choix d'entrecouper l'histoire de fausses interviews non seulement casse le rythme, mais fait passer l'oeuvre plus pour un documentaire que pour un biopic romancé. Résultat : une heure quarante minutes d'une soupe inintéressante qui se balade entre les deux, une durée qu'on aurait pu amputer des deux tiers si cela ne signifiait pas couper le sifflet à Dustin Hoffman dans son interprétation malgré tout convaincante d'un comique philosophe.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 121 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 septembre 2021
Attention grand film des 70's avec de l'humour corrosif, de la gloire et beaucoup de dèboires! L'histoire retrace les dernières annèes du comique satirique le plus controversè des Etats-Unis! Dustin Hoffman, qui avait ètè le forçat faussaire de "Papillon" l'annèe prècèdente, devint ici Lenny Bruce, improvisateur hors norme, devant la camèra très inspirèe de Bob Fosse! Hoffman s'investit comme jamais dans ce personnage difficile, riche et particulièrement complexe! Lenny Bruce dènonce, connait le succès, avant de connaitre l'hèroïne, les nombreux procès et la dèchèance! Le travail est impressionnant, Hoffman ne faisant qu'un avec le cèlèbre fantaisiste amèricain à la verve truculente et agressive! Tragique et inoubliable comme sa partenaire, Valerie Perrine, qui tient la dragèe haute au pathètique Hoffman, obtenant au passage le Prix d'interprètation fèminine pour sa crèation extraordinaire de strip-teaseuse! Sans doute le chef d'oeuvre de Bob Fosse, clairement à son apogèe...
Julien D

1 337 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 février 2013
Le retour sur le parcours du plus controversé des comiques américains des années 60 est fait travers une série d’entretiens avec ses proches, preuve d’un travail de documentation colossal, et une interprétation sidérante de Dustin Hoffman. Mais toute la beauté de ce biopic se trouve surtout dans la qualité esthétique du noir et blanc qui nous plonge dans l’ambiance intemporelle des cabarets et la mise en scène, faite de courts plans fixes, qui fait de son personnage un homme seul et isolé. Un grand moment de cinéma et un magnifique prétexte pour voir réapparaitre les discours chocs de cet artiste maudit qui su, à sa façon, ébranler la bien-pensence américaine.
Flying_Dutch
Flying_Dutch

78 abonnés 770 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 mars 2012
Un excellent biopic sur un homme extraordinaire: la photographie en noir et blanc et la prestation immense de Dustin Hoffman font de ce film un vrai récit envoûtant qui nous permet de découvrir l'homme qu'était Lenny Bruce. On vit avec lui et on est transporté par l'oeuvre tant ce personnage est fascinant et Dustin Hoffman en fait quelque chose d'encore plus fort. Un film bouleversant et grandiose.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 12 janvier 2018
A part quelques scènes inutiles à passer en accéléré, ce film retient l'attention grâce aux dialogues anti-puritain.
Kiwi98
Kiwi98

293 abonnés 238 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 mai 2015
Connu notamment pour son génialissime "Que le Spectacle Commence", Bob Fosse aura pourtant bien fait un tour à Cannes cinq ans plus tôt avec "Lenny", biopic de Lenny Bruce, humoriste peu connu en France qui se battit corps et âmes contre l'injustice et l'hypocrisie et pour la liberté d'expression dans les années 60, provocateur de génie qui aura subit tous les excès.

Aussi peu connu que que son héros, "Lenny" est donc un biopic qui traverse une Amérique désenchantée dans l'atmosphère agréable, humide et contagieuse des cabarets, du jazz, des femmes, de la drogue, tout en suivant un personnage attachant et majestueusement reflété à l'écran par un Dustin Hoffman absolument sidérant, maitrisant à la quasi perfection ses regards, les tics du personnage, le tout pour voler dans l'ombre. Et loin d'être classique, la film se place dans une structure narrative quasi documentaire, loin d'être incongrue, le procédé du flash back trouve sa place pour assister à ce show sans couleurs, si ce n'est celle de la lumière. Interviews des proches de Lenny, réflexion sur son passé déconstruite, magistrale satire de la bien pensance, de l'injustice, de la guerre du viet-nam et de la fermeture d'esprit, du mode de vie américain. Filmant dans une grande mélancolie la fumée et cette semi descente aux enfers d'un réalisme absurde, filmant pratiquement la vie derrière un masque totalement ironique.

Finalement boudé par le jury de Cannes qui lui accordera uniquement le prix de la meilleure interprétation féminine, "Lenny" figure déjà parmi ses biopics marquants qui ne se limitent pas qu'à résumer le destin tragique de leur protagoniste. Une véritable science du cinéma totalement sublime... Un sketch chaud, hypnotique, et un Hoffman qui aurait bien mérité un Lenny.
ffred

1 987 abonnés 4 252 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 août 2020
Après Cabaret je continue mon cycle Bob Fosse. Radicalement différent, ce Lenny est pour autant tout aussi réussi. A la fois ludique, drôle et sombre, tel un documentaire on part à la recherche de Lenny (comique américain des années 50/60 à l'origine du stand-up) en suivant des interviews de personnes l'ayant connu (femme, mère, agent...). Une nouvelle nomination à l'Oscar pour Dustin Hoffman, une aussi pour Valérie, formidable. Rôle qui lui valut le prix d'interprétation à Cannes en 1975. Un biopic très réussi pour un grand film.
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