Lenny
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inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 décembre 2025
Il s'agit de la vie de Lenny Bruce, tout au moins une partie, mise en scène sous la forme de témoignages posthumes, d'extraits de spectacle, de scènes de la vie privée. Cette alternance donne un aspect documentaire et donc réaliste à cette évocation de celui qui fut, à la façon d'un Coluche, un amuseur scandaleux puis, sur sa fin, un véritable prédicateur.
Car sous ses plaisanteries grossières, Lenny Bruce dessine un portrait satirique de la société américaine, raciste et puritaine. Il dénonce dans ses spectacles de cabaret aussi bien que face à la justice devant laquelle il est régulièrement convoqué, l'hypocrisie sociale et la liberté d'expression menacée.
Le film de Bob Fosse montre bien, quoique de façon académique, un homme trop sensible qui progressivement se détruit et dont le destin se rattache au thème classique de l'artiste torturé. Les problèmes de couple et la drogue entretiennent une atmosphère dramatique convenue. En vérité, c'est la sincérité de Dustin Hoffman qui fait l'intérêt du personnage -parfaitement inconnu chez nous. D'autant que ce Lenny ne m'est apparu ni exceptionnel ni drôle, à travers ses sketches qui ne le sont pas -c'est l'écueil principal de cette chronique- dans leur expression typiquement américaine.
Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 25 novembre 2025
Lenny Bruce (1925-1966) est un humoriste américain, new-yorkais et juif, pionnier du stand-up. Ses performances firent scandale dans les années cinquante alors qu’elles nous semblent aujourd’hui bien inoffensives. Constamment poursuivi par la Justice pour obscénités, épuisé par ses procès et ses emprisonnements, il mourut d’une overdose ou peut-être se suicida.

Bob Fosse lui a consacré quelques années après sa mort un film en forme d’hommage. C’aurait pu être un documentaire. C’est une fiction où le personnage de Lenny est interprété par Dustin Hoffman. Les témoignages de ses proches (son ex-femme, sa mère, son manager) sont joués par des acteurs.

Quand Dustin Hoffman interprète ce rôle, il est au sommet de sa carrière. Il a trente-six ans environ et n’a jamais été aussi beau, aussi séduisant. L’année suivante, il tournera "Les Hommes du président" et "Marathon Man".

"Lenny" est un hommage à un homme injustement persécuté pour des propos qui, quelques années plus tard, sont désormais tolérés sans faire le moindre scandale. C’est aussi un hommage à une cause : la liberté d’expression de l’artiste.
La meilleure scène du film est le stand-up qu’il effectue juste après avoir été condamné pour avoir prononcé sur scène les mots « sucer des b**** » avec l’injonction de ne plus les prononcer à nouveau. Avec un malin plaisir, Lenny tourne en dérision l’hypocrisie du juge et de la société, qui censure le mot mais pratique la chose, mettant dans sa poche des spectateurs vite hilares.

Même si Dustin Hoffman est toujours aussi séduisant, toujours aussi incandescent, "Lenny" a vieilli. Son noir et blanc semble aujourd’hui bien terne. L’histoire qu’il raconte, la cause qu’il défend semblent aujourd’hui bien banales.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 mai 2025
La vie et l'oeuvre de Lenny Bruce, humoriste américain et controversé des années 60. Qui finira cloué au piloris par la bien-pensance et l'hypocrisie de la société de son époque. Elle ne sera pas seule responsable de sa mort, mais elle y a joué un rôle majeur. A vrai dire, ce "Lenny", bien que très réputé, ne m'a jamais réellement séduit. Sa première très bonne partie oui, sa deuxième non. Parce que si les démêlés judiciaires de Bruce sont autant d'éléments de sa vie, dans le film on y passe beaucoup trop de temps et l'on finit par regarder la montre. Surtout que le message qu'on veut nous faire passer est quand même amené avec une lourdeur qui finit par peser. Bob Fosse était capable de bien plus de finesse que ça. Par moments, même le jeu de Dustin Hoffman paraît forcé. Mention honorable, ni plus, ni moins.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 831 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 février 2025
Très intelligemment monté, ce biopic confronte différents points de vue sur Lenny afin de montrer la difficulté pour quiconque dont le spectateur de connaitre une star ou un proche avec perspicacité; en outre ces interviews alternent avec le déroulé de la vie du trublion, interrompu par différents sketchs qui enrichissent notre compréhension des événements tout en nuançant la focalisation originelle. Par ailleurs, les spectacles du comique permettent de nous confronter avec grande pertinence à des questions tant intimes (les rapports hommes/femmes, les illusions littéraires et médiatiques) que socio-politiques (racisme, homosexualité, censure, salaires) au travers d'un humour acéré, cynique, sarcastique - laissant même parfois surgir l'émotion (sur la réaction de Jackie Kennedy). Or, le noir et blanc couplé à une réalisation aux airs de documentaire renforce l'intensité de l'interprétation de Dustin Hoffman qui offre une intéressante complexité à un homme avide d'amour et de réussite, quitte à renoncer paradoxalement à lui-même ou à son intégrité (physique) pour conserver succès et fascination. Face à lui, Valerie Perrine campe une fragile épouse, versant sombre du monde des paillettes. Récit d'un rêve américain démonté autant par le système lui-même que par les blessures personnelles, ce drame de l'hypocrite puritanisme utilise cette figure incontournable du stand-up américain avec une modernité (de propos) remarquable. Ce que peut la narration d'un réel destin individuel...
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 janvier 2025
« Lenny » de Bob Fosse sorti sur les écrans le 10 novembre 1974 se situe exactement au mitan de la courte période que l’on nomme « spoiler: Le Nouvel Hollywood » démarrant en 1967 avec le choc visuel provoqué par « Bonnie & Clyde » d’Arthur Penn suivi de l’avènement émotionnel que fut « Le lauréat » de Mike Nichols et s’achevant par le flop commercial de « La Porte du Paradis » de Michael Cimino en 1980 qui sonna le glas de United Artists. Mouvement éphémère prenant ses racines dans l’admiration pour la politique des auteurs prônée par « La Nouvelle Vague » mais surtout rendu possible par le vide artistique laissé après la lente agonie des Studios autrefois hégémoniques, voyant leur forteresse lézardée depuis les années 1950 par les coups de boutoir assenés par la petite lucarne rapidement présente dans tous les foyers américains. Des studios au bord de l’asphyxie après le fiasco financier de « Cléopâtre » (Joseph H. Mankiewicz, 1963), vaine tentative de reconquête qui avait failli envoyer par le fond la 20th Century Fox. « Le nouvel Hollywood » sera porté par des réalisateurs ayant fait leurs armes à la télévision comme Robert Altman, Peter Bogdavonich, Francis Ford Coppola, Stanley Kubrick, Woody Allen et quelques autres rejoints par de jeunes pousses ayant fréquenté les écoles de cinéma tels Martin Scorsese, George Lucas, Steven Spielberg, Paul Schrader ou Brian De Palma puis par des réalisateurs venus d’Europe au premier rang desquels John Schlesinger, Roman Polanski, Milos Forman, John Boorman et Karel Reisz. Tout ce petit monde va profiter de la liberté créative qui lui est offerte pour revisiter en profondeur les genres traditionnels hollywoodiens, bousculant leur mode narratif, leur esthétique visuelle et faire émerger de nouvelles stars avec à leur tête un carré magique composé de Jack Nicholson, Al Pacino, Dustin Hoffman et Robert de Niro.

Après « Le Lauréat », « Macadam Cowboy » de John Schlesinger, « Little Big Man » d’Arthur Penn et « Les chiens de paille » de Sam Peckinpah, Dustin Hoffman est indubitablement en 1973 le plus en vue des quatre. C’est alors qu’il rejoint Bob Fosse pour porter à l’écran la vie du fondateur iconique du « stand-up », Lenny Bruce dont l’aura au sein de l’intelligentsia ne fait que croître depuis son décès par « overdose » en 1966 dans sa salle de bains à seulement 41 ans.
Dustin Hoffman qui est réputé pour son jeu d’acteur caméléon cherche depuis ses débuts à relever de nouveaux défis. Apparaître dans un film où il sera très souvent filmé seul sur scène face à un public est une situation inconnue qui le stimule tout autant qu’elle l’effraie. Bob Fosse de son côté né un an après Lenny Bruce se trouvait des similitudes biographiques et comportementales avec Lenny Bruce notamment pour sa manière de brûler la chandelle par les deux bouts, incapable de délimiter une frontière claire et viable entre spectacle et vie personnelle. La collaboration entre les deux hommes sera difficile et douloureuse notamment pour Dustin Hoffman qui quoique réquisitionnant pour son seul cachet la moitié du budget total du film doit plier devant l’autorité intransigeante et souvent méprisante de celui qui fait autorité depuis son Oscar décroché un an plus tôt pour « Cabaret » qui en trustera huit au total.
spoiler: À un moment des répétitions qui durent six semaines à compter de fin septembre 1973, Hoffman songera même à renoncer devant l’attitude distante et les marottes obsessionnelles de Fosse. Mais son agent aura la bonne idée de rappeler l’acteur à ses obligations contractuelles
. Hoffman reste, sans doute conscient qu’il tient peut-être un des rôles majeurs de sa carrière et que Bob Fosse sera celui qui le fera accoucher de la performance attendue. Le résultat sera bien là, récompensant les efforts et la ténacité des deux hommes qui s’ils ne se sont pas franchement compris savaient instinctivement qu’ils marchaient ensemble dans la bonne direction.
Le film est somptueux et demeure toujours aussi fascinant qu’on l’ait vu lors de sa sortie ou tout simplement découvert ou revu 50 ans plus tard. Comme Lenny Bruce, Bob Fosse savait que le compte à rebours du prix à payer pour ses excès était déjà entamé et il s’était en réalité totalement identifié à Bruce qui l’avait seulement précédé dans une mort qui l’obsédait depuis longtemps comme il montrera de manière encore plus directe dans « All that jazz » en 1979. Dustin Hoffman atteignait avec « Lenny » le sommet de son art, pressentant qu’il n’aurait peut-être plus une telle montagne à gravir, le prix à payer s’étant sans doute suite à « Lenny » révélé trop élevé. Sa carrière à suivre semble accréditer cette hypothèse car après « Les hommes du Président » (Alan J. Pakula, 1976) et « Marathon man » (John Schlesinger,1976), l’acteur refusant nombre de projets deviendra beaucoup plus conventionnel mais aussi tyrannique sur les plateaux. spoiler: Julien Barry le scénariste du film affirmera à ce sujet qu’Hoffman avait fait payer aux autres réalisateurs les humiliations et frustrations endurées sur « Lenny ».

Concernant Julian Barry, il faut rappeler qu’il avait été dès 1970 contacté par Marvin Worth l’agent de Lenny Bruce pour l’écriture d’un scénario sur la vie de son poulain dont il venait d’obtenir de sa famille les droits pour une biographie.
L’idée était donc dans l’air, Lenny Bruce devenu très « hip » suite au succès d’« Easy Rider » (Dennis Hopper en 1969), film phare de la contre-culture partie en 1967 de la Côte Ouest. spoiler: Mais un an plus tard, la déferlante lacrymale « Love Story » (Arthur Hiller en 1970) aussi inattendue que phénoménale (le film rapporta plus de 70 fois sa mise de départ) plonge les producteurs moutonniers mais aussi très opportunistes dans le bain moussant du glamour
. Brutalement, le sulfureux Lenny Bruce fait à nouveau tache dans le décor hollywoodien. Julian Barry avec son scénario sur les bras a alors l’idée de monter une pièce. Tom O’Horgan met le projet en scène, qui tiendra l’affiche à Broadway pendant plus d’un an (de mai 1970 à juin 1971). Paraît simultanément « Ladies and Gentlemen, Lenny Bruce ! » la biographie officielle écrite par Albert Goldman. Le feu est donc toujours entretenu.
Bob Fosse qui a vu la pièce veut l’adapter au cinéma. Il charge son manager de démarcher les studios. United Artists décide d’apporter son financement. Mais les choses semblant se faire sans Julian Barry qui n’est contacté ni par Bob Fosse ni par Marion Worth, celui-ci force la porte de Fosse. Le réalisateur très soucieux de son indépendance n’entend laisser aucune miette à un scénariste d’une gloire chèrement acquise. Très hésitant, il finit par décider au bout d’un douloureux cycle d’entretiens de contracter avec Barry. Comme pour Dustin Hoffman, la collaboration avec Fosse sera un long chemin de croix pour Barry, sans arrêt mis à l’épreuve, devant argumenter très précisément chacune de ses propositions.
L’équipe se met progressivement en place avec Marvin Worth comme producteur délégué pour United Artists, Julian Barry comme scénariste, Bob Fosse à la réalisation et Dustin Hoffman comme une évidence dans le rôle-titre. Reste à trouver l’actrice pour incarner Honey la strip-teaseuse toxicomane, épouse et un temps partenaire de Bruce. Après trois semaines de casting (Victoria Principal, Raquel Welch, Ann Margret, Jacqueline Bisset, Faye Dunaway, Tuesday Weld, Karen Black, Diane Keaton et Genevieve Bujold…), le choix de Fosse se porte sur Valerie Perrine ex-danseuse dans « Lido de Paris » au Standard Resort and Casino de Las Vegas qui a récemment tenu le rôle d’une strip-teaseuse dans « Abattoir 5 » (George Roy Hill en 1972) et qui en mai 1972 a posé nue en page centrale pour « Playboy » . Encore relativement inexpérimentée, Valerie Perrine sera parfaite tout à la fois drôle et émouvante dont Bob Fosse dira qu’« elle était comme une éponge s’imprégnant de ses indications ». Bruce Sturtees sera le chef opérateur de ce qui sera peut-être le seul film majeur en noir et blanc des années 1970.
Pendant les répétitions Hoffman insiste sur le manque de fluidité de la ligne narrative s’articulant autour de flash-backs entrecoupés d’extraits de spectacle imageant la scène finissante ou introduisant celle à venir. Le lien indissociable entre l’artiste et l’homme étant ainsi parfaitement illustré mais pas assez explicite. Bob Fosse et Julian Barry ont alors l’idée de génie sur le mode du documentaire biographique d’inclure des interviews des personnages de la vie de Lenny Bruce avec sa mère (Jan Miner), sa femme (Valerie Perrine) et son impresario (Stanley Beck) qui face caméra, répondent à un interviewer qu’on ne verra jamais mais qui n’est personne d’autre que Bob Fosse lui-même. Le procédé permettra de mieux séquencer les périodes clefs de la vie de Bruce qui se regroupent dans le film en deux parties clairement distinctes. Tout d’abord l’exposition des traits de caractères de Bruce et sa difficile progression dans le showbiz qui s’accélère quand le comique aborde frontalement et avec virulence les sujets d’actualité et de société. Ensuite étroitement mêlés avec l’effilochement de sa vie privée, ses démêlés avec les autorités judiciaires qui vont finir par consumer l’artiste quasiment devenu un homme de loi face à un public de plus en plus clairsemé.
Avec l’aide Alan Haim que Fosse conservera pour ses deux prochains et derniers films, le montage de tous les plans recueillis donnera ce ton si particulier. Le film est certes bavard en raison même de son sujet mais l’intérêt est constamment entretenu par les ruptures de ton, le jeu complétement habité d’Hoffman et de Perrine qui forment un couple autodestructeur mais aussi furieusement charismatique. Le tout est sublimé par la photographie de Bruce Surtees qui réussit la prouesse hautement contradictoire de livrer une image tout à la fois « sale » appropriée à l’ambiance des cabarets de l’époque où se produisait Bruce mais aussi magnifiée par l’usage d’une lumière blanche enfumée nimbant majestueusement le comique en action sur scène.
Rarement un film aura été aussi immersif, Bob Fosse filmant au plus près les visages et les corps souvent fatigués qui hantent ces endroits où la nuit n’a plus de fin. Batteur flemmard sur le retour démarrant mécaniquement à chaque nouveau sketch, toxicomanes filmés à différents moments de leur voyage lysergique, jeunes cadres hilares venus s’encanailler ou encore l’inoubliable Gary Norman interprétant Sherman Hart comique blanchi sous le harnais venu adouber le jeune Lenny dans l’espoir de goûter un peu de la chair encore fraîche de Honey. Rien n’est laissé au hasard par Bob Fosse qui en quelques cinq films aura réalisé trois chefs d’œuvre qui auront trusté récompenses et nominations tant aux Oscars que dans les plus grands festivals. « Lenny » sera reconnu mais sans doute trop pointu dans la cible des spectateurs qu’il pouvait toucher ne sera pas autant célébré qu’il l’aurait mérité. Six nominations aux Oscars de 1975 (Meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure actrice, meilleur scénario adapté, meilleur chef opérateur) pour aucune statuette récoltée.
La seule récompense majeure reviendra à Valerie Perrine qui en 1975 au Festival de Cannes se verra récompensée du prix d’interprétation féminine, formidable Honey Bruce, sensuelle jusqu’au bout des ongles avec une pointe de candeur qui rappelle qu’autrefois cette plantureuse jeune femme avait été une petite fille, déchirante quand prisonnière de la drogue elle voit que tout lui échappe ou encore émouvante quand avec juste ses lèvres à l’écran au tout début du film, elle évoque ce qu’à été l’amour de sa vie. Malheureusement celle qui a montré avec ce film qu’elle pouvait être une grande actrice n’a pas pu ou su concrétiser les espoirs nés avec « Lenny », sans doute condamnée par sa plastique à toujours jouer de la sexualité torride qui émanait d’elle. Destin tragique aussi qui la voit depuis gravement diminuée par une maladie invalidante qu’elle aura évoquée sans fard en même temps que sa carrière dans « Valerie » un documentaire réalisé par son ami Stacey Souther.
Enfin revenons une dernière fois sur cette collaboration rude et intense entre un acteur et son réalisateur qui ont su s’affranchir de leurs différents pour capter la soif de liberté et de vérité d’un homme qui se sera consumé à vouloir réveiller les consciences sur une humanité à chérir par-dessus tout. Une interprétation à ce point réussie que l’on ne peut plus désormais imaginer Lenny Bruce autrement qu’avec le visage de Dustin Hoffman. Ceci n’est pas bien grave, resteront toujours les mots de celui qui ne proposait pas comme aujourd’hui de les supprimer mais d’en neutraliser les effets souvent dévastateurs en les démystifiant à force de les répéter.
Hotinhere

790 abonnés 5 464 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 janvier 2023
Un biopic stylé et intéressant sur le destin tragique d’un célèbre comique anticonformiste et son combat pour le liberté d’expression dans l’Amérique puritaine des années 50, filmé dans un sublime N&B, et incarné par un Dustin Hoffman magistral.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 124 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 septembre 2021
Attention grand film des 70's avec de l'humour corrosif, de la gloire et beaucoup de dèboires! L'histoire retrace les dernières annèes du comique satirique le plus controversè des Etats-Unis! Dustin Hoffman, qui avait ètè le forçat faussaire de "Papillon" l'annèe prècèdente, devint ici Lenny Bruce, improvisateur hors norme, devant la camèra très inspirèe de Bob Fosse! Hoffman s'investit comme jamais dans ce personnage difficile, riche et particulièrement complexe! Lenny Bruce dènonce, connait le succès, avant de connaitre l'hèroïne, les nombreux procès et la dèchèance! Le travail est impressionnant, Hoffman ne faisant qu'un avec le cèlèbre fantaisiste amèricain à la verve truculente et agressive! Tragique et inoubliable comme sa partenaire, Valerie Perrine, qui tient la dragèe haute au pathètique Hoffman, obtenant au passage le Prix d'interprètation fèminine pour sa crèation extraordinaire de strip-teaseuse! Sans doute le chef d'oeuvre de Bob Fosse, clairement à son apogèe...
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 mai 2021
Lenny constitue certainement l’un des meilleurs biopics réalisés, tant il parvient à convertir l’approche documentaire exigée par son postulat en une démarche esthétique virevoltante qui procède par échos, sauts dans les âges et les lieux, ellipses nombreuses afin d’incarner par le mouvement à la fois le rythme effréné du show et la vitesse incontrôlable d’une vie menée dans l’outrance. Bob Fosse signe une œuvre dont la vélocité et la confusion apparente miment à merveille les prestations de Lenny Bruce sur scène : son film épouse l’improvisation de l’artiste – en réalité savamment construite par l’écriture du scénario et le montage – et évite ainsi les écueils d’un parcours biographique linéaire. Ici, la trajectoire suivie n’est pas celle d’un individu depuis sa naissance jusqu’à son décès mais bien celle d’un génie à l’œuvre, en représentation devant un public et lancé en privé dans une (re)construction permanente de son personnage. Le long métrage montre très bien comment l’intimité nourrit l’extimité, soit le désir de révéler à autrui des aspects de sa personne jusqu’alors gardés cachés, le désir de s’exhiber, de nourrir le spectacle de sa propre histoire. Là réside le scandale véritable : non pas tant transgresser des tabous en recourant à des mots, à des expressions ou à des thématiques jugés vulgaires, mais se saisir de l’actualité comme d’une matière à explorer par le prisme du burlesque et du trivial. Les tabous sont brisés pour construire du sens et donner le réel à penser au spectateur ; il ne s’agit pas de choquer pour choquer. Lenny Bruce apparaît aussitôt tel un prophète accusé de corrompre les autres alors qu’il démasque l’hypocrisie environnante. Le film brosse en creux le portrait bouleversant d’un amour fou qui ne semble pouvoir s’épanouir que dans la redécouverte perpétuelle de l’autre ; son ennemi juré est la routine qui détruit tout et conduit aux paradis artificiels. Par le biais d’un destin singulier, Bob Fosse représente une époque de l’histoire de l’Amérique et une génération marquée par la libération des mœurs. Une œuvre immense au noir et blanc sublime et magistralement interprété par Dustin Hoffmann et Valerie Perrine.
Ykarpathakis157

6 190 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 28 avril 2021
Il y avait un tas de grands comiques de standup actifs à l'époque dont chacun aurait fait un meilleur choix comme Frank Gorshin qui était un grand imitateur et terriblement drôle aussi. Hoffman a donné une performance sèche comme de la poussière qui m'a complètement déçu de plus il était trop petit pour le rôle. À l'époque l'industrie cinématographique avait abandonné son approche éprouvée et avait déplacé son siège social à l'est d'Hollywood et produisait une série de films prétentieux et souvent de mauvais goût influencés par l'industrie européenne du cinéma d'art et d'essai. Dans une tentative malavisée de marquer des points auprès des cinéphiles ayant fait des études supérieures l'école de New York a ignoré le goût populaire avéré du public en faveur d'une tentative bidon de légitimer culturellement les films américains en les rendant moins commerciaux et plus semblables à leurs homologues européens de ce genre généralement moins populaires et moins bien faits...
ffred

1 987 abonnés 4 257 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 août 2020
Après Cabaret je continue mon cycle Bob Fosse. Radicalement différent, ce Lenny est pour autant tout aussi réussi. A la fois ludique, drôle et sombre, tel un documentaire on part à la recherche de Lenny (comique américain des années 50/60 à l'origine du stand-up) en suivant des interviews de personnes l'ayant connu (femme, mère, agent...). Une nouvelle nomination à l'Oscar pour Dustin Hoffman, une aussi pour Valérie, formidable. Rôle qui lui valut le prix d'interprétation à Cannes en 1975. Un biopic très réussi pour un grand film.
ConFucAmuS

650 abonnés 1 039 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 mai 2020
Quand on s'attaque à un biopic, il faut choisir. Ouvrage de taxidermiste, pour refiler du lustre à son icône disparue, déchue ou méconnue ? Ou proposition de mise en scène (et de réflexion) autour d'un personnage replacé au centre d'un microcosme qu'il a bouleversé ?
Bob Fosse est notoirement célébré pour ses comédies musicales (Cabaret, Que le spectacle commence). Il change peut-être de registre avec Lenny, mais son expérience sur un cinéma de l'image en mouvement ne sera pas en veilleuse. Le film ne dépareillera pas aux côtés de monstres comme Citizen Kane ou The Social Network. À l'inverse d'une convention qui induirait une structure hagiographique et à une certaine lenteur, la vie du comique Lenny Bruce se fractionne en entretiens, flash-backs, points de vue qui se succèdent ou s'alternent, se répondent ou se contredisent. Un exercice de montage brillant puisqu'il condense sans éluder, en plus d'embarquer son spectateur pour un amusant puzzle qui s'assemble à vitesse grand V. Devant la caméra, Dustin Hoffman livre une de ses compositions les plus endiablées. La belle galerie de seconds-rôles (Valerie Perrine, Jan Miner) offrent de jolis rebonds à ces morceaux choisis.
Impossible de ne pas parler de ce noir et blanc expressionniste, qui joue à merveille des dualités claires-obscures du personnage, de ses proches ou de l'Amérique. À l'instar des travers que Lenny s'employait de railler, le film de Bob Fosse passe le pays de la liberté aux détecteurs de mensonges. Notamment dans son rapport hypocrite à ces tabous qu'il taxe d'obscènes ou d'antipatriotisme en public alors qu'en privé...Lenny Bruce fut autant un résistant à la censure bienpensante qu'une victime tragique des rafles anti-subversives.
Son destin et le film qui lui est consacré rappellent que même les plus petits combats ont eu besoin des plus grand esprits. Si la victoire à le goût d'un triomphe à la Pyrrhus, Lenny est le plus beau mausolée qu'on pouvait accorder à celui qui y a consacré l'essentiel de sa vie.
sebvde
sebvde

11 abonnés 68 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 mai 2020
Réalisé en noir et blanc sous de forme fiction-documentaire, "Lenny" est une évocation de la vie de l'humoriste Lenny Bruce entrecoupé de sketches et de témoignages.
Grosse performance de Dustin Hoffman majestueux dans son rôle dont il gagnera l'Oscar du meilleur acteur.
Grand coup de coeur aussi pour l'actrice Valérie Perrine dans un rôle à la fois émouvant, provoquant et charnel.
Un film percutant totalement atypique tant pour sa réalisation que pour son montage, c'est un film intéressant.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 12 janvier 2018
A part quelques scènes inutiles à passer en accéléré, ce film retient l'attention grâce aux dialogues anti-puritain.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 juin 2017
Un film en hommage à un autre de ces comiques dont le public se partageait entre les admirateurs et les détracteurs, à la manière d'Andy Kaufman, sauf que Lenny Bruce n'était pas adepte des canulars mais plutôt de l'obscenité. Mais qu'est-ce que l'obscenité ? Le film en noir et blanc de Bob Fosse amène parfaitement cette réflexion, ou plutôt la ramène de l'époque de "Lenny" qui l'a initialement formulée avec une subtilité provocante, à tel point qu'il fut souvent emprisonné. Malheureusement, l'humour est très mal transmis, et le choix d'entrecouper l'histoire de fausses interviews non seulement casse le rythme, mais fait passer l'oeuvre plus pour un documentaire que pour un biopic romancé. Résultat : une heure quarante minutes d'une soupe inintéressante qui se balade entre les deux, une durée qu'on aurait pu amputer des deux tiers si cela ne signifiait pas couper le sifflet à Dustin Hoffman dans son interprétation malgré tout convaincante d'un comique philosophe.

Un film en hommage à un autre de ces comiques dont le public se partageait entre les admirateurs et les détracteurs, à la manière d'Andy Kaufman, sauf que Lenny Bruce n'était pas adepte des canulars mais plutôt de l'obscenité. Mais qu'est-ce que l'obscenité ? Le film en noir et blanc de Bob Fosse amène parfaitement cette réflexion, ou plutôt la ramène de l'époque de "Lenny" qui l'a initialement formulée avec une subtilité provocante, à tel point qu'il fut souvent emprisonné. Malheureusement, l'humour est très mal transmis, et le choix d'entrecouper l'histoire de fausses interviews non seulement casse le rythme, mais fait passer l'oeuvre plus pour un documentaire que pour un biopic romancé. Résultat : une heure quarante minutes d'une soupe inintéressante qui se balade entre les deux, une durée qu'on aurait pu amputer des deux tiers si cela ne signifiait pas couper le sifflet à Dustin Hoffman dans son interprétation malgré tout convaincante d'un comique philosophe.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 avril 2016
Un film assez formidable sur un personnage provocateur et presque sans limite. Il me fait penser un peu à Gainsbourg en version comique. L'humour n'est certes pas grand public et plutôt corrosif et agressif mais le film en lui-même est franchement incroyable. Hoffmann excellent et la narration prenante.
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