Derniers Avis : Le Jardin des Finzi-Contini - Page 4
Le Jardin des Finzi-Contini
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Kiwi98
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4,5
Publiée le 10 septembre 2014
Puissant, inoubliable, indémodable, le classique assez méconnu de Vittorio De Sica "Le Jardins des Finzi Contini" peut se qualifier de cette manière. Le film décrit plusieurs personnages, deux familles juives entre autre sous le temps de Mussolini quand le parti fasciste est au pouvoir. La chute tragique est imminente est pourtant elle est repoussée jusqu'au bout du film le temps de faire vivre leur derniers instants de liberté à Giorgio et Micol dans l'immense jardin des Finzi Contini ou ils donnent des parties de tennis pour les juifs du quartier qui n'ont plus accès à ce genre de privilège en publique. Dès les premières minutes le charme opère avec ces plans paysagiste d'une incroyable beauté, d'ailleurs le film lui même est paysagiste en mettant en valeur ses magnifiques décors des fleurs du jardin aux rues urbaines. Une fulgurance visuelle à laquelle s'ajoute cette sublime histoire dramatique à la fois naïve et incroyablement réaliste et intimiste avec un ton monotone et singulier. La magnifique Dominique Sanda est envoutante tout comme son partenaire Lino Capolicchio, les deux jeunes explosent un talent comique incroyable et chacun de leur face à face est d'une puissance inouï sachant que ce sera peut être le dernier avec des dialogues reversants. Oscar du meilleur film étranger et Ours d'Or à Berlin, le film ne méritait pas moins, du très beau cinéma.
Vittorio de Sica n'avait pas la maestria d'un Luchino Visconti quand il s'agissait de filmer des riches dans des salons luxueux ou dans la banalité de leur quotidien, il était bien supérieur quand il filmait les gens des classes populaires dans leur environnement, mais il a su capter l'esprit d'une des époques les plus terribles de toute l'Histoire de l'Italie, quand la putain d'Hitler Mussolini s'est mis à faire appliquer des lois anti-juives, et il était imbattable quand il fallait capter une émotion sur un visage à un moment précis, je pense surtout à celui, sublime, de Dominique Sanda... Et puis le symbolisme du jardin est subtilement utilisée, fausse protection contre les réalités du monde, faux Jardin d'Eden ; ceux qui y restent sont irrémédiablement condamnés, ceux qui le fréquentent peu ou l'évitent ont une chance de s'en sortir... De plus, le réalisateur n'essaye jamais de toucher gratuitement la corde sensible chez le spectateur. Les persécutions contre les juifs ne sont suggérées que peu à peu et par petites touches et l'issue inévitablement tragique est retardée au maximum et filmer avec une grande sobriété. "Le Jardin des Finzi-Contini" est un drame terrible qui sait lier l'intimisme à la Grande Histoire...
Dans ce film, Vittorio De Sica mêle drame social, drame historique et drame amoureux. Le personnage de Giorgio aime Micol qui ne semble pas insensible à son charme, mais le repousse étrangement. On peut y voir un effet du cloisonnement des classes sociales. En parallèle, c'est la montée du fascisme qui est dépeinte : restriction des libertés, climat délétère... Le réalisateur évoque par petites touches la fin d'une époque pour l'aristocratie juive, qui ferme les yeux sur les évolutions politiques et se retranche dans un cocon luxueux, hors du temps. Le ton oscille entre Tchékhov et Thomas Mann, mélancolie et décadence. La fraîcheur et la légèreté du début laissent place à une inquiétude. De Sica distille un parfum de plus en plus lourd et morbide, jusqu'au dénouement que l'on sait tragique. Le Jardin des Finzi Contini est un beau film d'atmosphère, malgré un style typique des années 1970, un peu appuyé.
Oscar du meilleur film étranger, Ours d'or à Berlin, "Le jardin des Finzi-Contini" fut un grand succès l'année de ma naissance. Adapté d'un roman de Giorgio Bassani, ce film de Vittorio De Sica chronique la vie de deux familles juives à Ferrare entre 1938 et 1943. L'essentiel de l'action se déroule dans l'immense jardin des Finzi-Contini, une richissime famille juive, que les lois aryennes obligent paradoxalement à ouvrir leur demeure à leurs coreligionnaires. La montée de l'antisémitisme, jusqu'à l'inéluctable déportation, est la toile de fond de cette chronique toute en finesse de deux mondes qui se rencontrent : celui de la grande aristocratie et celui de la petite bourgeoisie.
Le mythique réalisateur du Voleur de Bicyclette tourne Le Jardin a près de 70 ans. Ses acteurs ont la grâce adolescente des photos de David Hamilton : Dominique Sanda avait vingt ans à peine (mariée à quinze ans, divorcée à dix-sept, cette jeune femme était manifestement précoce), Helmut Berger vingt-cinq et Fabio Testi même pas trente. Quelle ambiance devait régner sur le plateau entre ces jeunes acteurs et ce réalisateur septuagénaire qui avait presque l'âge d'être leur grand-père ?
A travers le prisme de la famille Finzi Contini, De Sica aborde la montée du fascisme. Si la tache de fond est l'instant d'un pays qui chavire dans ses heures sombres. De Sica évoque la vie d'une jeunesse doré qui se croit épargné par le basculement de son pays qui va pourtant les rattrapés. Cet instant est pour eux un changement crucial puisque c'est le passage à la vie adulte,et dans ce jardin dans lequel ils se réfugiaient coupé du monde extérieur les enjeux ne sont plus les mêmes. De Sica monte habillement toutes ces histoires pour n'en faire qu’une seule.
Vittoria De Sica est un réalisateur sur lequel je voudrais m’épancher davantage étant donné que je n'ai vu que Miracle à Milan et Le Jardin des Finzi Contini de lui et que j'ai apprécié les deux. Dans Le Jardin des Finzi Contini, j'ai notamment aimé toute la première partie du récit où Vittoria De Sica parvient à créer une sorte d'aura mystérieuse au niveau du lieu qui donne le titre à son oeuvre. Les costumes, les décors mais aussi la mise en scène, tout est mis au service du sujet : donner un certain aspect d'irréalité à ce jardin. J'ai également apprécié voir un film traitant de la seconde guerre mondiale du point de vue italien. En France, on voit beaucoup de films parlant de la France, ou de l'Allemagne, et les américains sur l'histoire de leur pays à travers la seconde guerre mondiale, mais finalement le cinéma italien donne lieu à moins de films sur ce sujet (bien sûr, il y en a une, citons par exemple Rome ville ouverte). La seconde partie du récit m'a moins captivé car plus traditionnelle des films de guerre, de l'engagement, de l'éloignement etc. Ca casse un peu le mystère entretenu jusque lors et même si le sujet reste fort il perd peut-être de son étrangeté. Un bon film en tout cas.
Les certitudes d'une jeunesse dorée butent sur la monstruosité de leur époque. Vittorio De Sica se garde bien de montrer l'horreur et tout l'art du réalisateur se résume à sa volonté de proposer au spectateur de voir le monde tel que les Finzi Contini le vivent, au milieu de l'horreur de la Deuxième Guerre mondiale. Protégés de la guerre, des rafles et des doutes, ils croient pouvoir échapper à leur destin. Et, en 1h30, magistralement, De Sica déroule le délitement d'un monde à jamais disparu. Sans la désagréable postsynchronisation des dialogues propre à l'époque, le film aurait été un chef d'œuvre. Mais que c'est irritant !
Puissant, indémodable, intemporel, le film de Vittorio De Sica est une merveille cinématographique. Le réalisateur tourna ce film pour rappeler aux Italiens ce que représentait le parti fasciste de Mussolini. Il décrit ainsi plusieurs personnages, deux familles juives, l'une très riche et insouciante, l'autre très pauvre et consciente du danger qui les menace. Le film raconte une romance compliquée entre un homme pauvre et une femme riche, lui sait qu'il est amoureux d'elle, il désire partager son amour qu'il éprouve depuis des décennies. Il lui court après, il l'aime, il ne veut entendre parler d'aucune autre femme, c'est un grand romantique. La femme interprétée par Dominique Sanda, se montre très hautaine envers lui, le fait patienter, le repousse, l'attire, elle ne sait pas vraiment si elle veut s'engager avec lui. C'est donc une relation qui tourne à la perversion car l'attitude de la jeune femme pousse cet homme à flirter vers la dépression et la dérive. Jalousie, amour, violence, haine, nostalgie et dégoût sont les ingrédients de ce film très porté sur la psychologie de tous ses personnages chaque fois parfaitement analysée. Face à eux, un même ennemi, le parti fasciste qui veut montrer à l'égard de l'Allemagne d'Hitler qui est son alliée politique que l'Italie pratiquera la même politique antisémite. C'est donc au fur et à mesure que le film avance, la descente aux enfers pour les deux familles. Ainsi, on apprend que les étudiants juifs ne bénéficient plus le droit d'étudier à l'université, que tous les juifs italiens sont mis sur une liste, que même les juifs qui avaient soutenu le parti fasciste qui leur avait promis une politique de conservation des biens et du travail continu bien payé sont à leur tour mis dans la liste noire. Le réalisateur donne une leçon de vie, il veut prouver que les opportunistes sont toujours un jour ou l'autre punis et méprisés. Il montre également le dédain des familles riches envers les familles pauvres, il montre que l'amitié est tangente, qu'un amour peut la briser quand le désespoir et le malheur la reconstruisent. Film riche en profondeur sur tous les sujets, brillant, engagé, il permet de montrer l'humanité sous son plus mauvais jour avant et pendant l'antisémitisme. Au final, Vittorio De Sica signe un chef-d'oeuvre monumental!
Vittorio De Sica démontre le drame de la montée du fascisme d'une manière lente et efficace. Tour à tour plus on avance et plus il nous emmène à la vérité quasi inéluctable et non échappatoire. Celle aussi d'un homme qui aime une femme pour y vivre une idylle qui restera une impasse.
Je n'y ai pas vu le "chef-d'oeuvre" que beaucoup ont décrit mais il est vrai que la réalisation est raffinée, la photographie a un certain charme, et l'élégance qui émane des acteurs rend le film tout de même efficace.
Le jardin des Finzi Contini est l'un des seuls films qui, à ma connaissance, a un tel poids historique et n'a aucune logique historique interne. En effet, nous commençons aux alentours de 1938 pour passer à l'entrée en guerre de l'Italie en 1940, à quoi succède la bataille de Stalingrad qui a duré d'août 1942 à février 1943 et le tout en quelques minutes, sans que rien ne vienne préciser ces oscillations chronologiques. La dimension temporelle n'obéit à aucune logique, elle avance puis s'essouffle pour faire un bond de plusieurs années. Cela a de quoi décontenancer quand un réalisateur se donne pour objectif de dénoncer le fascisme italien. En outre, l'intrigue se résume à une banale histoire d'amour entre un garçon romantique et une fille quelque peu libertine qui se sont rencontrés par une coïncidence échappant, elle aussi, à toute logique. Tout le film repose sur le contraste entre l'insouciance de la jeunesse et la réalité bien funeste dans laquelle ils s'enliseront; voilà qui est bien peu transcendant. Malgré tout, l'image est relativement belle et, ainsi que le jeu des acteurs, est toujours en demi-teinte. C'est un mélodrame qui parvient à ne pas verser dans la grandiloquence et l'épanchement niais de sentiments. Il y a une certaine retenue qui confère une grande sensibilité à ce film. On peut trouver des qualités au Jardin des Finzi Contini mais, personnellement, De Sica ne m'a pas fait rêver d'Italie et le contexte historique ne m'a pas autant marqué que chez d'autres réalisateurs italiens comme Pier Paolo Pasolini.
Le jardin des Finzi Contini est un peu long à demarrer et s'attache trop à des détails qui ne sont pas ceux que l'on voudrait voir mis en relief. Cependant c'est un masterpiece qui reste ytrès bien réalisé. On notera une fin aux caractéres symboliques et sémiotiques très fort.
Une amie me parlait de ce film avec émotion depuis des années. Je l'ai enfin vu en DVD. Sur la forme le film semble avoir bine vieilli mais sur le fond l'histoire est puissante et bouleversante. Cette montée de l'anti-sémitisme dans une Italie encore insouciante et les conséquences sur une famille juive bourgeoise laisse des traces dans la mémoire. La plupart des acteurs sont au commencement de leur carrière (Dominique Sanda, Helmut Berger, Fabio Testi), avec divers fortunes par la suite. Sorti en 1971 le film a été couvert de récompenses : Oscar du meilleur film étranger, Ours d'or à Berlin, Donatello du meilleur film en Italie... A voir pour la force du sujet...
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4,5
Publiée le 5 octobre 2019
Adaptè du magnifique roman de Giorgio Bassani sur des juifs italiens pendant la montèe du fascisme, "Le jardin des Finzi Contini" repousse jusqu'au bout sa chute tragique mais son ombre plane tout au long tandis que les personnages s'abandonnent à leurs derniers plaisirs! Vittorio De Sica bloque intelligemment sa camèra en gros plan sur les visages d'Helmut Berger, Fabio Testi et surtout de la contemporaine et èvanescente Dominique Sanda! Oscar du meilleur film ètranger et Ours d'or à Berlin, De Sica signe un chef d’oeuvre à la nostalgie passèe, qui rèussit à restituer parfaitement l'atmosphère à la fois singulière et captivante de Ferrare, ville natale du grand Michelangelo Antonioni! C'est donc un film envoûtant aux images d'une grande beautè, qui dècrit admirablement les ravages insidieux du fascisme! De plus, la montèe du drame est assurèe avec une lenteur calculèe, sans effets de style et avec beaucoup de pudeur! Du très beau cinèma...