Pas mal du tout, j'ai été agréablement surpris par un film à la thématique un peu à l'eau de rose, mais traitée avec un regard assez neuf. "Marty" ne donne pas l'impression d'avoir beaucoup vieilli, car le réalisateur ne laisse pas la place à de grandes envolées lyriques mais s'attache à montrer des personnages profondément blessés par la vie. Peu d'humour finalement donc, mais un second degré et une légèreté bienvenue, voire de la mélancolie. Un "feel good movie" à l'ancienne, en quelque sorte.
film méconnu, mais, 4 oscars, palme d or festival Cannes 1955, excusez du peu, avec un grand ERNEST BORGNINE. et une superbe BETSY BLAIR, a re-découvrir rapidement.
Première Palme d’or du festival de Cannes, ce film surprend en rapport avec le sujet traité, un homme oppressé par les normes sociales et notamment à celle du mariage. Ce film présente un homme simple et bon très attachant dans les aventures quotidiennes.
Marty est un film qui pourrait sembler lent et superflu au vu de l'intrigue, un homme célibataire aimerait trouver une femme mais il va d'échecs en échecs.
Or, il faut se lancer, effectivement cette oeuvre est puissante et véhicule un message essentiel et souvent mis de coté. Le pouvoir de l'intrigue dépend toujours d'un bon casting et Ernest Borgnine en est le parfait capitaine, jouant à la perfection l'homme solitaire, habitué à celle-ci et n'ayant plus de confiance en soi dû à ses échecs antérieurs. Cependant on ne tombe pas dans le cliché d'un homme qui pourrait remettre la faute sur les femmes ou d'un homme s'apitoyant sur son sort qui se laisserait sombrer. Non, ici on tombe face à un homme joyeux, plein de vie qui au contraire ne prend pas ce problème comme définition de sa vie, il se plait dans sa routine et dans sa "simple" vie tout en essayant de l'améliorer à son rythme.
Néanmoins le message qui ressort à un degré supérieur et celui de l'entourage et comment celui-ci a tendance à nous retarder à nous décourager de changer et découvrir des aventures, des émotions différentes des leurs. Or ici Borgnine va lutter contre cela tout le long du film. Il va douter de ses propres sentiments et de ses propres envies, refusant toute acceptation de nouveauté. Dès lors il se braque sur lui même, continue d'écouter les avis négatifs et impertinents de ses amis mais réalise qu'il se doit de lutter et d'avancer sinon sa situation n'évoluera jamais. En ça la fin et tout bonnement magnifique, permettant aux spectateurs de ressentir la joie de Ernest tout en laissant libre cours à leur imagination sur la suite de leur relation. On passe donc d'un personnage évasif influençable à un personnage épanoui par les perspectives de changement qui l'attend.