Christina erre dans la nuit près d'une route, vêtue d'un seul manteau. Bonne nouvelle : elle se fait prendre en stop par Mike Hammer, un détective privé coriace. Mauvaise nouvelle : le tandem est rapidement retrouvé par de sinistres crapules, qui éliminent la jeune femme et laissent le détective pour mort. Celui-ci va alors tenter de démêler l'affaire...
Beaucoup de monde l'a écrit et l'écrira encore, "Kiss Me Deadly" c'est l'archétype du film noir. Un héros détective privé, une intrigue touffue autour d'un macguffin, de nombreux personnages secondaires, des femmes fatales, une organisation machiavélique à affronter...
Et dans ce film, ne vous attendez pas à une intrigue très rigoureuse. Mike Hammer avancera surtout en discutant avec des personnes liées à l'affaire, souvent sorties du chapeau. Tandis que si résolution résoudra le sort des personnages, elle n'expliquera pas vraiment qui a fait exactement quoi.
Non, ce qui est important ici, c'est l'ambiance et la forme. Plus particulièrement les confrontations, qui valent leur pesant de cacahuètes et marquent visuellement, notamment au niveau d'un découpage très judicieux des hors-champs. Règlements de compte dans la rue, meurtres, tortures, séductions, manipulations... Il faut dire que le protagoniste n'y va pas de main morte, et participe grandement à la qualité de ces "échanges".
Amateur de belles voitures, misogyne, brutal voire parfois cruel, intelligent, plein de ressources : Mike Hammer, incarné par un convaincant Ralph Meeker, n'est peut-être pas si loin du James Bond qui apparaîtra au cinéma quelques années plus tard. Il faut le voir prendre du plaisir à donner des claques à un témoin qui refuse de causer, même contre un billet...
Dans l'ensemble c'est un film noir sans temps mort et très bien mené, jusqu'à un final spectaculaire assez étonnant, aux relents mythologies inattendus !