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Un visiteur
4,0
Publiée le 26 janvier 2012
"En quatrième vitesse" film de Robert Aldrich. Tout commence sur une route de nuit. Une femme court dans l'obscurité, nue sous un imperméable, éclairée par les phares des véhicules sur une route. A force de héler sans succès ces voitures qui roulent à pleine vitesse, elle finit par se planter devant l'une d'elles au risque de se faire écraser. Le chauffeur fait un tête à queue mais consent à l'embarquer. A un barrage de police, on apprend que la femme est une fugitive est son nom est Chistina Bailey. L'homme la couvre mais ils seront rattrapés, kidnappés, assommés et la femme torturée à mort. Les malfrats chercheront à maquiller leur méfait dans un accident de la route.
Le chauffeur réchappe à l'accident. a son réveil, il est interrogé par la police. Il s'agit d'un détective privé spécialisé dans l'adultère - le provoquant au besoin. Il va la voir à son lit d'hôpital et lui dit cette phrase "Remenber me" ! II réalise qu'il tient dans la disparition de la femme un mystère. Il espère tirer une ficelle qui deviendra une corde et qui débusquera les meurtriers. Il suivra aveuglément les codes du genre, épuisant ses écueils : bagarres, coups de feux, belles voitures, séductions multiples, cadavres dont la mort étrange de son garagiste, perte de l'ami cher et son deuil au comptoir d'un bar de jazz. Une enquête est affaire de raison : des faits, des indices, une réflexion cartésienne. On ne saura jamais qui est la fugitive, son rôle, la nature de ses relations. La jeune femme donnant des renseignements à un homme. Puis le détective retire dans les consignes, une étrange boîte-malette dorée qui au touché, à une sensation de brulure. Vue sur une maison donnant sur la plage ou est en otage l'amie du détective, celle qui a loger, a tué sur l'homme des renseignements avec un pistolet et menace le détective et d'ailleurs, lui tire dans les jambes. Puis elle ouvre la boîte en grand et n'a plus le contrôle car s'en échappe des flammes et ne peut refermer la boîte, elle en meurt. Que contient la boîte : de la radioactivité. Puis la maison va être aux prises des flammes et le détective s'en échappe avec son amie. Que contient la boîte ? À ce sujet, le policier murmure au héros trois évènements : Projet Manhattan, Le film s'inscrit dans une époque, celle de la guerre froide et celle de la menace nucléaire, celle du maccarthysme surtout : atmosphère de suspicion, délation, procès ubuesques.
Une ouverture avec une jeune femme qui court paniquée uniquement vêtue d'un imperméable, c'est pas très conventionnel, un générique à l'envers, c'est encore moins conventionnel, un détective avec quelques traits humains mais volontiers sadique qui avec l'aide de sa "secrétaire" fait chanter des maris qui trompent leur épouse et qui tombe les femmes sans lever le petit doigt, c'est pas très conventionnel non plus car on est loin de l'archétype du cynique sympatoche façon Bogart, une galerie de personnages totalement zarbis à faire passer ceux de David Lynch pour des Schtroumpfs, pas conventionnelle, et un final glaçant de total SF complètement apocalyptique, ben alors là ce n'est pas du tout du tout conventionnel. Quelques petits coups de mou au cours du film ne cachent pas du tout que Robert Aldrich a certainement réalisé une des oeuvres les moins conventionnelles du cinéma américain et de plus visionnaire, considérablement en avance sur son temps.
Aldrich signe un film noir assez particulier tant certains éléments du film restent très classiques mais cependant il y a une part de surnaturel, ce petit quelque chose qui fait que Kiss Me Deadly n’est pas un film noir comme les autres. Le film va bien au-delà des bases récurrentes du genre par cette touche quasi biblique. Le spectateur est tenu en haleine par cette intrigue mystérieuse et de plus la mise en scène d’Aldrich, mis à part quelques rares passages qui ont mal vieilli, est vraiment très bonne, inspirée, avec de jolis mouvements de caméra et des plans-séquences appréciables. En quatrième vitesse est au final un très bon film, assez violent pour l’époque, au scénario solide, intelligent et rondement bien menée ainsi qu'une réalisation soignée.
Un film qui a les défauts de ses qualités. Aldrich voulait rendre l'intrigue labyrinthique pour dérouter le spectateur, et il n'y arrive que trop bien : ce méli-mélo policier sans queue ni tête est tellement incompréhensible qu'il en devient vite lassant et inintéressant. Il en est de même de Mike Hammer, qui diffère du héros classique des films noirs ; le réalisateur américain en a fait un détective privé pathétique, antipathique, et même sadique sur les bords. Et au lieu de femmes fatales, les personnages féminins de l'intrigue tiennent plutôt de faire-valoir plats et inutiles. Impossible alors de s'identifier ou de s'attacher à quelque chose de concret, ce qui fait qu'on attend impatiemment la fin qui réserve pourtant la seule véritable bonne idée du script avec cette mystérieuse boîte. Entretemps, de nombreux "rebondissements" auront rendu le tout encore plus bordélique, d'autant plus qu'Aldrich ne s'embarrasse pas une seconde d'explications visant à éclaircir le spectateur ; de ce fait, les multiples protagonistes sont tous plus inutiles les uns que les autres, comme Christina Bailey, dont la présence demeure singulièrement inconnue. A oublier.
Le summum ! Peut-être le meilleur film de tous les temps ! Le film qui a fait faire un pas de géant au cinéma, en ravalant l’image du héros qui est ici aussi pervers que ses adversaires. Une véritable leçon de narration et de mise en scène, jamais égalée. Aldrich arrive à susciter l’émotion la plus vive avec quasiment rien, le son les regards le montage, l’éclairage. Une Ultra violence, très peu visible réellement, mais qui transmet la peur, juste à travers l’effroi dans les regards des personnages ainsi que le sadisme, et les jeux de lumière. la bande-son, calquée sur le montage est génialement exploitée. Même les voitures, prodigieusement utilisées, semblent jouer avec talent. Il y a aussi le « McGuffin » le plus mystérieux de l’histoire du cinéma : La boite retrouvée chaude, malgré un abandon de plusieurs mois et qui fait encore référence dans des films actuels. Du cinéma noir de chez noir, ou le héros pourri, cours après le grand « What is it ? » en semant la destruction, ou le chef des méchants cite la mythologie dans chacune de ses phrases. Un chef d’œuvre ! Peut-être le plus grand de tous ! Un des rare films au niveau de "La Nuit du Chasseur", qui me semble encore supérieur dans sa narration haletante et mystérieuse.
1955 est une année faste pour Robert Aldrich. Il y signera pas moins trois long-métrages qui éblouissent littéralement la critique européenne. "Kiss me Deadly" est l'un d'eux.
Film noir baroque et insolent, il annonce le ton avec lequel Aldrich et d'autres (Altman, Penn, etc...) vont entreprendre la démystification du cinéma hollywoodien dit "classique".
Sans être le chef d'oeuvre vanté par certains, "Kiss me Deadly" n'en reste pas moins une série B très bien troussée et tout à fait angoissante.
La scène finale est, à ce titre, particulièrement marquante.
Globalement j'ai bien aimé, mais pour un film policier, à mon avis en quatrième vitesse peine sur certains aspects, surtout au niveau de "l'enquête". Pendant la grande majorité du film, le personnage principal patine un peu et n'avance pas, du coup le spectateur ne voit pas réellement la progression de ses recherches, et a bien du mal à voir où tout cela va mener. Malgré tout on reste assez intéressé à l'histoire, à la fin surprenante, et qui conserve ses parts d'ombre. Qui plus est le personnage central est assez intéressant, et l'acteur Ralph Meeker est plutôt charismatique.
J'aurai pu mettre plus sans le passage à vide vers la moitié du film, sinon c'est du bon, du suspens, une mise en scène réussie, un montage un peu étrange mais pas déplaisant, un héros macho, un film noir, et puis la fin est vraiment géniale (tout comme le début). On sent un savoir faire, une envie de faire quelque chose bien malgré les habituels clichés du genre. Et puis l'atmosphère du film porte le spectateur qui lui aussi a envie d'en apprendre plus sur ce mystère qui traîne tout le film durant.
En 1955, Robert Aldrich donnait un sérieux coup de pied dans l'univers codé du film noir avec "En quatrième vitesse" et ce dès sa scène d'ouverture et son générique de début frénétique et à l'envers (ayant inspiré Lynch pour celui de "Lost Highway" en plus du motif de la maison sur la plage). Adapté de Mickey Spillane, le film utilise tous les codes du film noir et les étire jusqu'à ce que toute l'intrigue devienne un fouillis sans nom avec ses morts nombreuses, ses trahisons, ses femmes troubles, son détective cynique à la gifle facile, ses truands avec leurs gueules et sa mystérieuse boîte de Pandore. Avec ses personnages multiples et son intrigue floue, le film fait penser au "Grand Sommeil". Mais dans sa forme, c'est une véritable explosion visuelle. Aldrich explose tous les codes du genre, multiplie les plans audacieux, crée une folie visuelle de chaque instant, soigne ses cadre, use de contre-plongées ou de gros plans. Dans son univers brutal cynique et misogyne, le privé Mike Hammer distribue des mandales pour résoudre l'énigme du meurtre d'une femme qui lui a soufflé deux mots entêtants avant de se faire tuer, il utilise sa "secrétaire" pour charmer des hommes mariés afin de les prendre en photo, il séduit sans vergogne des femmes liées aux truands et il s'échappe de justesse d'un immense incendie quasi-apocalyptique. C'est une œuvre brûlante et audacieuse, à l'intrigue dense, aux personnages tous un peu barrés (le macho Mike Hammer, la sensuelle Velda) et qui ne fait pas date pour rien dans l'histoire du cinéma. Son audace formelle, épousant parfaitement la folie furieuse d'un scénario dénonçant les dangers du nucléaire et les bassesses humaines, en fait un grand film dont on ne sortira pas indemne et dont il faudra le revoir à plusieurs reprises pour en saisir tous les détails.
Robert Aldrich (Les Douze salopards - 1967) adapte ici le best-seller homonyme de Mickey Spillane et en restitue un polar révolutionnaire grâce à une mise en scène bien spécifique. Véritable claque cinématographique, le cinéaste se réapproprie le roman et profite du contexte politico/social de l’époque (la Guerre Froide et la bombe atomique d’Hiroshima sont des références très présentes), certains pourront aussi y voir d’autres allusions, principalement le mythe de la "Boîte de Pandore". En quatrième vitesse (1955) nous plonge au cœur de l’intrigue dès le début du film, aucun répit ne nous est accordé, d’emblé on est confronté au problème, le suspens se faisant de plus en plus présent, au fil de l’intrigue. La mise en scène excelle, les acteurs sont au diapason, une histoire déroutante qui marque les esprits.
Robert Aldrich fait partie de ces cinéastes qui en leur temps ont, citons maintes critiques, « fait voler en éclats » des genres rois de Hollywood (thriller, western, film de guerre) par des œuvres audacieuses sinon révolutionnaires. Fortement emprunt de ce ton sarcastique si cher à l'auteur des Douze Salopards, En Quatrième Vitesse est considéré comme l'un des sommets du film noir... mais n'aurait-il pas moins bien vieilli que nombre de ses légendaires prédécesseurs ? Ses excès et son baroquisme en font tout du moins un métrage aussi décousu que magistral, aussi irritant que fascinant. On pourra au bout du compte lui préférer Attaque, Vera Cruz ou même Le Grand Couteau, trois indéniables réussites qui semblent mieux supporter le poids des ans.
Un scénario très tendu et complexe (mais parfois il manque de clarté). Une réalisation avec de l'intelligence dans chaque plans. Le personnage principal est très intéressant, la fin du film est très étrange à la limite du genre fantastique.
Ce film souffre de toute évidence d'un probleme de fond sinon de rouages mais il est vrai que le portrait entre autres du joueur de base ball un peu débile fait attendre un recit qui nous inquiete parfois.
très beau début, belle image noir et blanc, beau suspens...mais un acteur principal qui a abusé du dopage, un scénario totalement incompréhensible et une fin type "grand guignol": un secret, dans la boite de Pandore....il y a la bombe atomique....Chuuuut...
Mike Hammer est un mister cool qui évolue dans les fifties, un mec, un vrai, tranquillement viril, il sait s'y prendre avec les belles mécaniques, les femmes, les concierges, les vieux, les hommes. Il sait cogner aussi. Mais une nuit, sur une route perdue, une femme troublée surgit devant son bolide et là, sa vie prend une tournure bizarre, un peu comme dans les films de David Lynch : la mort et la peur qui rôdent, des blondes très amicales, d'autres tordues, louches, des brunes, des noms qui valsent, des flics en duo, des hommes de main en costard, bien chaussés, de la musique jazzy qui s'échappe des radios, un garagiste, une chanteuse noire, une cabane sur la plage qui prend feu, on trouve une clé, mais aussi une mystérieuse boîte qu'il ne faut pas ouvrir. On comprend trop bien l'effet que ce film a pu produire dans les années 50 ; il n'a pas pris une ride : résolument moderne, noir profond, drôle et kool, des dialogues cousus main. Petit bijou. A voir absolument. Un classique.