Un film noir à la narration complexe, avec son intrigue entremêlée de flashbacks, et surtout connu pour être le premier rôle de Burt Lancaster, et le premier rôle marquant pour Ava Gardner. On y suit un agent d'assurance enquêtant sur la mort d'un homme modeste, qui s'est laissé assassiné. Entre une femme fatale et quelques personnages crapuleux, on repèrera quelques subtilités techniques, telle qu'un braquage réalisé en plan séquence assez intéressant.
Le film noir a ses classiques indémodables et ce film de R. Siodmak en fait partie. L'histoire est simple mais sa narration (fortement inspirée par le récent "Citizen Kane") va permettre au spectateur de retracer le parcours du Suédois, abattu par 2 tueurs dans un bled paumé où il officiait comme pompiste. L'atmosphère est sombre, le chemin emprunté par l'enquêteur est tortueux, la mise en scène est une splendeur et le charme d'A. Gardner opère toujours autant. La résolution est par contre comme à chaque fois trop littéraire avec une tartine de texte débité à la sulfateuse par des acteurs trop concentrés sur le texte pour jouer de façon cohérente (ce qui fait qu'au final, j'ai pas tout compris faute de lire les sous-titres à temps) mais qu'importe, voilà un vrai pur film de cinoche classique, bien fait, bien mené et palpitant. D'autres critiques sur
Élément caractéristique du film noir, Robert Siodmak nourrit son film d’une dizaine de flash-backs pour reconstituer, tel un puzzle, des segments du parcours d’un homme abattu sans résistance dès les premières minutes de cette libre adaptation d’une nouvelle d’Ernest Hemingway. Mise en scène léchée, noir et blanc superbe, « les Tueurs » offre un premier rôle remarqué à Burt Lancaster et consacre la belle angélique et fatale Ava Gardner.
Grand classique du film noir à l'américaine, "Les tueurs" commence fort avec ces trois plans consécutifs qui font de suite comprendre que le film va être impitoyable avec ses personnages. Quel que soit le dessein de chacun. Ensuite, c'est une affaire de maîtrise. Siodmak lâche ça et là des flashbacks, ne respectant aucun ordre de temps, mais on s'y retrouve quand même car la construction est sans failles. Sa mise en scène est au top, j'en veux pour preuve la scène du hold-up. Et le casting est au poil. Un casting dont se distingue tout de même Ava Gardner, extra en garce manipulatrice. Un classique à consommer sans modération.
La traduction française du titre de la version de 1968 par Donald Siegel, comme c’est souvent le cas, n’est pas seulement inexacte, mais saugrenue. Le titre original était « The Killers ». Or, « A Bout Portant » n’évoque rien du tout dans le film. Premièrement, personne n’est tué de cette façon, deuxièmement il ne résume pas le mystère que représentait le fait de payer grassement deux professionnels pour éliminer un homme apparemment ordinaire, insignifiant. Une étude comparative des trois adaptations à l’écran de la nouvelle d’Hemingway s’impose. La 2ème version, en 59, par Tarkowski, respecte plus rigoureusement la nouvelle. Quoique sous la forme d’un court-métrage, elle révèle des choix techniques audacieux qui donnent un avant-goût du talent que montrera par la suite le cinéaste russe. La 3ème version, celle de Don Siegel est très intéressante de par les plans très décalés, voire renversés, ainsi que d’une instillation très réussie de l’autodérision dans les répliques et la gestuelle. Les acteurs principaux, Marvin, Cassavetes, Dickinson, et Reagan semblent exploités de manière plus flamboyante par Siegel que Lancaster et Gardner qui semblent être « bridés » par Siodmak. La performance de Ronald Reagan permet d’ailleurs de démentir la rumeur stupidement répandue en France selon laquelle il aurait été un acteur médiocre. Quoique plus conformiste en apparence dans le choix de ses plans, la 1ère version, celle de 47, semble cependant la plus accomplie. Le jeu des ombres et des lumières que développe Siodmak est un creuset d’idées pour les apprentis cinéastes. En outre, le réalisateur allemand évite l’effet de monotonie que procure une narration surtout basée sur le flash-back. Contrairement à l’américain qui replace l’action au moment où on l’a quittée avant le flash-back, Siodmak la replace plus judicieusement à moment postérieur faisant ainsi avancer plus vite l’intrigue. Mais, qu’elle que soit la version choisie, le plaisir cinéphilique est garantie.
Les films noirs me déçoivent toujours, surtout les bons. Les prémices sont toujours tellement réussis et mystérieux que la résolution paraît triviale. Même chose avec cette reconstitution du parcours d’un homme tout en flashbacks façon Citizen Kane: l’ouverture est parfaite, la réalisation magistrale, mais après une heure de film je me désintéresse progressivement de ces histoires de gangs et de trahisons qui tournent en rond. D’un point de vue plus objectif, c’est une belle réussite du genre, classe et maîtrisée de bout en bout.
Film noir avec couple mythique ( Gardner- Lancaster) basé sur des flashbacks mais qui souffre d'une enquête capillotractée ( spoiler: la confession du malfrat mourant ) qui se laisse quand même regarder. Surestimé néanmoins.
Intrigue, atmosphère, photo, tout y est pour notre plus grand plaisir, avec un Lancaster débutant de surcoît ! Noir de chez noir, Joyce, tu les aimes comme ça, les films ?
Tout est bon dans ce classique du polar. Les 15 premières minutes sont un véritable bijou de cinéma. Le film fonctionne bien et le suspense est là, l'intrigue est parfaitement ficelée. La sublime et vénéneuse Ava Gardner crève l'écran.
"The killers" est un film noir qui, au même titre "qu'Assurance sur la mort" de Billy Wilder, est parfaitement réussi et maitrisé du début à la fin. Le casting Goldissime (Lancaster, Gardner) dirigé par R.Siodmak ne pouvait pas donner autre chose qu'un film à classer précieusement dans une DVDthèque. La 1ère et la dernière scène (magistrales) encadrent une histoire complexe, celle-ci étant servie par de nombreux flashbacks (tous utiles ! Ce qui n'est pas toujours le cas...), ou l'on peut suivre le destin d'un boxeur (le "suédois") dont la carrière a dû s'arrêter précipitamment à cause d'une blessure à la main droite. Ses relations l'ont alors fait basculer dans un milieu de voyou ou s'enchainent les vols et les braquages. C'est justement les conséquences d'un gros braquage (que je ne dévoilerais pas ici ;) ) qui va entrainer sa mort quelques années plus tard... Ce sera au moment de cette mort qu'un assureur, Jim Reardon, va devoir enquêter et reformer le puzzle du passé du "suédois" (alors détenteur d'une assurance vie) afin de limiter la perte d'argent pour sa compagnie d'assurances...
The Killers se plaît à emboîter les temporalités pour mieux construire un édifice complexe dont nous ne percevons d’emblée que le toit : un meurtre est commis, et tout l’enjeu du long métrage réside alors dans l’explicitation des motivations qui y ont conduit. Aussi Robert Siodmak cultive-t-il le flashback comme traduction formelle et narrative d’un flottement entre vérité et mensonge, réalité et apparences souvent trompeuses ; il délaisse l’idée même de protagoniste principal pour déléguer parole et point de vue à l’ensemble des personnages, sous la forme d’un récit choral axé sur deux moyeux en lien étroit l’un avec l’autre, le défunt et l’enquêteur. Si elle trouve ses limites lors de longues discussions aussi bavardes que figées, la virtuosité de mise en scène s’exprime lors de quatre séquences magistrales : l’ouverture et son crescendo dramatique ; le combat de boxe ; le braquage servi par un plan-séquence sublime ; la filature devant une salle de spectacle. Le cinéaste travaille au corps la notion de désillusion et de déception, ce qui fait de son film un témoignage précieux de la période suivant la Seconde Guerre mondiale où la noirceur du polar réagit avec la duplicité des personnages et la monétarisation galopante des relations humaines. Néanmoins – et c’est là la principale limite du long métrage –, le brouillage de repères et la prise de distance entre caméra et personnages empêchent l’attachement émotionnel et évacue les émotions au profit d’une esthétique de la froideur, en accord avec son sujet certes mais qui risque de laisser sur la touche bon nombre de spectateurs, ne se délectant que de la mise en scène.
Un chef d'oeuvre ! The Killers ou le film noir à son sommet. Cette histoire d'amour entre un boxeur naïf et une ravissante femme fatale n'est malheureusement pas réciproque. Tiré d'une nouvelle d'Ernest Hemingway, le film de Robert Siodmak accumule avec panache les figures de style : jeux d'ombres passionnants, surcadrages, plongées vertigineuses ou encore structure narrative complexe et dense ( le montage rend le film absolument palpitant ). Le personnage du Suédois - authentiquement interprété par le débutant Burt Lancaster - est attachant, celui de Kitty ( radieuse Ava Gardner ) fait l'effet d'une sorcière angélique. Les autres personnages sont tout aussi intéressants et travaillés que ces deux protagonistes. La scène d'ouverture dans le restaurant, d'un humour à couper au couteau, est un morceau d'anthologie. Au final, je n'ai pas rien à redire de ce bijou esthétique et scénaristique. The Killers s'avère être l'un des meilleurs films noirs des années 40. Il me reste encore à découvrir le remake de Don Siegel. Chef d'oeuvre, un point c'est tout.
Un film noir qui justifie pleinement le qualificatif de « classique ». Les figures du genre (femme fatale et manipulatrice, homme au bout du rouleau, énigme en cours d’élucidation…) sont déclinées avec une intelligence profonde et portées par un scénario parfait. Burt Lancaster est comme d’habitude impressionnant. R. Siodmak joue de l’ombre et de la lumière dans sa mise en scène avec un art inégalé.
The Killers reprend une thématique courante du film noir que l’on pourrait résumer ainsi : « on fini toujours par payer les fautes du passé » tout en abordant et mélangeant d’autres thèmes inhérent au genre comme la trahison, le meurtre et bien sûr la fatalité. Le début du film fait penser au film de Tourneur Out Of The Past, sauf qu’ici on voit le début de l’histoire du point de vue des meurtrier et non de celui qui ce fait rattraper par son passé. L’affiche du film est un peu erroné car ni Ava Gardner ni Burt Lancaster ne tienne le rôle principal dans ce film, ils crèvent déjà l’écran mais ne sont qu’en début de carrière. On pourrait dire que l’homme des assurances est le personnage principal, c’est lui qui mène l’enquête, c’est lui qui fouille le passé. Le film est construit sur une série de flash-back qui fonctionne très bien et le dénouement final est très bien amené, on saluera aussi la réalisation de Richard Siodmak notamment lors de la scène du vol à main armé. Le film joue bien sur les contrastes et les ombres comme tous les films noir culte, les premières minutes du film démontrant la qualité esthétique du film par ces rues sombres et ces visages éclairés. Bref un film à l’intrigue bien ficelé de « qui a trahi qui ? », des acteurs convaincants, une bonne BO signé Miklos Rozsa, une esthétique travaillé, The Killers à tout du bon film noir.