Altman nous donne sa vision du privé version Marlowe des années 70, campé par un Elliot Gould qui emprunte les habits de Bogart, apportant toute la dérision qui faisait défaut à Boggie. Il faut dire que la vague hippie est passée par là et qu’en confiant le rôle à Gould fortement marqué par sa prestation de médecin « jean foutre » dans Mash , Altman ne pouvait prendre une autre direction. L’intrigue est plutôt bien ficelée et constamment filmée de nuit en opposition avec celle où évoluaient Tony Rome (Frank Sinatra) ou Lew Harper (Paul Newman) qui se déroulaient sous le soleil éclatant de Floride ou de Californie. Marlowe est un solitaire et sa vie ne semble pas des plus joyeuses. En particulier ses rapports avec les femmes sont peu développés alors qu’on pouvait s’attendre à un héros volage comme le veut l’archétype de la profession. On peut noter des apparitions furtives de David Carradine et Arnold Shwarznegger
Voilà un film qui a pas mal vieilli. Les premières minutes sont parfaitement inutiles et barbantes à souhait. Le côté décalé se retrouve d'ailleurs durant tout le film. Le privé incarné par Elliott Gould semble désabusé, il fait des jeux de mots nuls, bref traîne en permanence son inadaptation à la société. Le résultat est en demi-teinte. Original certes, mais du coup j'ai peiné à m'intéresser véritablement aux pérégrinations du détective, et même à l'intrigue. La mise en scène est inégale. Nombre de scènes sont superflues et sans relief. D'autres surprennent : violence soudaine (quand la fille se prend une bouteille en verre sur la gueule), suicide à la fois brutal et lent de l'écrivain remarquablement filmé. Le film adopte un rythme et un ton savamment hachés et décalés qui désoriente le spectateur. Un peu trop pour moi...
Un film d'une grande drôlerie, qui ne se prend pas au sérieux, mais offre une galerie de personnages exceptionnelle. Elliott Gould est toppissime en privé je m'en foutiste, et la palme va aux voisines les plus géniales de l'histoire du cinéma. Reste une mise en scène habile et toujours emprunte d'une folie propre au réalisateur : les arrières-plans sont juste à tomber. Le scénario alambiqué n'est pas le plus fin de l'histoire mais tout ça fait un film en forme de grande bouffée d'air frais.
Un peu trop un exercice de style pour faire un vrai chef d’œuvre, mais quand c’est aussi brillamment mené… Le coup de génie est d’avoir actualisé l’adaptation du roman au moment de la réalisation, au début des années 70. L’esprit de Chandler, mélange de chevaleresque et de cynisme du personnage central et d’opacité de l’intrigue, est superbement restitué, sans qu’une reconstitution ne vienne parasiter la chose de son aspect muséal (c’est le gros reproche qu’on peut faire à un film comme Chinatown de Polanski). Dans le même temps on a quelques dingueries dans la couleur de l’époque (les voisines de Marlowe) plutôt amusantes, avec la vision d’aujourd’hui. La touche d’originalité est dans le final, bien coupant, bien brutal, bien méchant… Altman est inégal, Le privé est dans ce qu’il a fait de mieux.
Un bon petit polar des familles, avec détective privé cynique et charmeur, flics corrompus, petits malfrats à la petite semaine, et intrigue implacable. "Le Privé" n'est toutefois pas mémorable, malgré des répliques assez cultes.
Très bon polar, plus humoristique que cynique, fort bien maîtrisé par Robert Altman. Un bémol toutefois : l'histoire part sur les chapeaux de roue avant de somnoler pendant près d'une bonne heure suite à un manque certain de rythme. Heureusement, le coup de théâtre final nous réconcilie avec l'ensemble de l'oeuvre et nous donne le sentiment d'avoir vu un film réussi...
Second film de Robert Altman que je visionne et une fois de plus j'ai beaucoup aimé ! Le personnage mythique de Raymond Chandler (déjà porté par Bogart entres autres) est cette fois çi interprété par le trés bon Elliot Gould qui apporte au personnage un humour et une décontraction trés plaisante. Nombreuses sont les qualités du film comme le raffinements des dialogues, le personnage central, les décors, la qualité visuel et l'intrigue bien que passante au second plan, pas dénuée d'intérêt avec une fin suprenament froide et cynique, contraste avec le reste du film. Peuplés de personnages tous timbrés sur les bords on assiste pour cette raison à des scènes d'un humour percutant. Joyeusement interprétés par toute une bande qui s'en donne à coeur joie (Sterling Hayden énorme !) The Long Googbye se laisse regarder avec plaisir et intérêt (l'enquête). Les évenements sont typiques du polar mais ils sont ammener avec un décalage et une passivité qui rend au bout du compte le récit unique. Rare sont les plans fixes d'Altman car éprouvant toujours le besoin de faire un travelling ou de zoomer, même légé. Cela devient lassant vers la fin mais ne gâche pas nécéssairement le plaisir. La photo est belle, les décors toujours bien choisies ainsi que les intérieures. Un polar un peu noir, trés jouissif et original.
Attention chef d oeuvre. Un trait d union entre le cinema noir americain des années 50 et les freres Coen et Tarantino. Des audaces stylistiques extraordinaire. De l humour. Tous les acteurs sont formidables en particulier Eliott Gould. Une realisation epoustouflante avec une scene memorable de vagues en nuit americaine (en fait negatif flashés(. Ne pas rater l' occasion de voir ou revoir ce film sur grand ecran. Retrospctive Altman en cours a la Cunémathèque Française.
L’univers de Raymond Chandler (célèbre auteur de romans noirs) visité par le cinéaste Robert Altman (auquel on doit quelques films bien connus). Voila un programme qui est tout à fait tentant. La première chose la plus flagrante qui apparaît lors du visionnage de ce « Privé », c’est qu’Altman ne se concentre quasiment pas sur l’histoire. celui-ci préfère travailler l’ambiance et s’attarde également sur la psychologie de son personnage. Philip Marlowe apparait comme un homme désinvolte, à l’humour pince sans rire agrémenté de quelques vannes croustillantes et bien empreintes de cynisme. Le plus intéressant dans le personnage de Marlowe, c’est qu’il est en décalage complet avec son époque. Il se conduit contrairement aux normes fixées par la morale de l’époque. Dans son rôle, Elliott Gould est simplement excellent et on éprouve une réelle sympathie pour ce personnage à la fois relax et irrévérent. Il est d’ailleurs bien dommage que cet acteur ne soit pas plus connu chez nous. Tout cela démarre sur les chapeaux de roues (la première demie heur), puis l’ensemble somnole un peu pendant à près une heure avant de déboucher sur un final super convaincant dans lequel le personnage principal semble accepter ce qu’il est. Il n’est pas toujours évident de se lancer dans la réalisation d’un exercice de style. Altman se démerde bien. Très bien même.
Film plaisant tant pour son interprétation et que pour sa mise en scène teinté d'un peu d'humour. L'atmosphère du film est prenante, on se trouve vite dans l 'ambiance, malgré l'intrigue intéressante, il se passe pas grand chose mais on s'ennuie pas. Il y a peut-être un petit mou dans l'histoire vers le milieu du film mais sans plus. Elliot Gould joue son rôle avec sinisme et ne tombe jamais dans la caricature même la cigarette au bec. Éliminé le noir et blanc de la periode Bogarts, pourtant l'ambiance des polars des années 40 n'est pas loin et forme un bon mix avec celui des seventies.
Altman nous livre un polar assez drôle et décalé ou il n'hesite pas à bousculer les codes.Elliot Gould est parfait dans ce ton décalé ou il réinvente le personnage de Philip Marlowe. Une oeuvre assez méconnue mais qui vaut le detour.
Incroyable réalisation de Robert Altman ! L'un des plus grands films noirs qui' m'ait été donné de voir. Peu de gens connaissent ce "Privé", et encore moins ce Elliot Gould qui campe un Philip Marlowe, plus déroutant, cynique et dévoyé que jamais. Visiblement, Robert Altman tenait absolument à revisiter le genre, mais il ne se contente pas avec ce "privé" de retendre les tapisseries et ou de repeindre les plafonds, il s'attaque aux fondations même du plus célèbre détective privé made in USA. Loin du type droit et fort qua campait notamment Humphrey Bogart, Gould s'engouffre dans la brèche du dilettante, de l'esprit décalé du héros américain. Derrière son personnage, Altman jubile, tourne en dérision le mythe du gentil salaud pour dépeindre au scalpel une société américaine engluée dans l'hypocrisie et la futilité. La scène d'ouverture où Marlowe donne à manger à son chat est irrésistible. Quant à la scène finale, elle laisse, par sa violence, et son contraste avec le reste du scénario, sans voix. Un des chefs d'oeuvres de Robert Altman.
Les acteurs et l'ambiance suffisent largement à passer un bon moment de cinéma, même si le rythme du film pourra endormir les moins sensibles aux personnages désabusés faisant l'essence de ce polar.
Petite mention pour l'apparition d'un célèbre acteur et bodybuilder allemand, future star mondiale.