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Laurent Valette
1 critique
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5,0
Publiée le 4 mars 2023
On est pour ou on est contre mais ce film ne peut pas laisser indifférent, c'est une certaine France, elle existe encore et partout. J'en vois tous les jours de ces plus ou moins beaufs de base, à l'esprit étroit et même pas raciste mais surtout abrutis. Abrutis de tout, ne comprenant rien à la politique, rien, ces gens sont des "gens de peu" comme disait un écrivains célèbres et Jacques Brel les décrivait parfaitement, "faut dire que chez ces gens-là, monsieur, on ne pense pas !".. Parfois ils peuvent être rigolos mais trop souvent ils sont mesquins, méchants, radins et incultes, ce qui en fait un cocktail explosif. Parfaitement décrit dans ce film. Quand la mère Lajoie pense que Guy des Cars est un grand écrivain, on tousse.
Un film percutant pour dénoncer le racisme et la bêtise, tourné par un spécialiste de la provocation pour faire passer des messages politiques. Certaines scènes sont insoutenables et je comprends ceux qui s’en offusquent. Malgré cette violence, que l’on peut voir au quotidien, et qui finalement n’a rien d’exagéré - je fais référence aux agressions racistes de 1973 où 50 algériens ont été tués- le film est d’une grande qualité aussi bien dans sa mise en scène que par le jeu des acteurs, tous excellents. Si certains trouvent que Boisset a abusé des clichés, je trouve que sans ces caricatures, le film n’aurait aucun intérêt. Après la sortie du film, Jean Carmet a subi des insultes et des agressions, dont les auteurs, qui ne valaient pas mieux que les personnages du film, et qui avaient l’illusion de voir Dupont Lajoie devant eux, confondaient fiction et réalité. L’acteur en était même obligé de fermer ses volets pour éviter les projectiles qu’on lui balançait jour et nuit. Ca fait réfléchir !
Dans « Dupont Lajoie » de Yves Boisset sorti en 1975, Georges Lajoie (Jean Carmet), cafetier à Paris, part comme tous les étés avec sa nouvelle caravane en Provence au camping « Caravaning Beausoleil » tenu par Loulou (Robert Castel), un Pied-Noir, pour y retrouver les Schumacher (Michel Peyrelon et Odile Poisson), et les Colin (Pierre Tornade et Pascale Roberts). La fille des Colin, Brigitte (Isabelle Huppert), a grandi et ne laisse pas indifférent Mr Lajoie. Elle sera retrouvée violée et morte étouffée. Les campeurs accuseront ipso facto les ouvriers algériens qui travaillent sur un chantier voisin spoiler: et malgré les avertissements de Loulou qui parle l’arabe, une véritable « milice » menée par Bigeard (Victor Lanoux), un ancien d’Algérie, aboutira à une ratonnade tuant le frère de Saïd (Mohamed Zinet) . L’inspecteur (Jean Bouise) va contre l’avis d’un émissaire du gouvernement prônant le calme, poursuivre avec ténacité son travail et interroger tout le monde… mais la vérité sera étouffée par le gouvernement. Quelque temps plus tard… Un film très courageux pour cette époque. Un film qui a échappé de peu à la censure et dont la projection posa des problèmes dans certaines salles ! Un film très bien construit, très fort et sans complaisance – un véritable coup de matraque sur la bêtise et le racisme ordinaires - qui reçut un Ours d'argent spécial du jury berlinois.
Un film sans concession sur la nature humaine, Jean Carmet joue certainement l'un des rôles les plus sombre de sa carrière ou il est fantastique, les seconds rôles sont tous formidables!
la premier film qui illustre la gauchisme et la haine anti-Français , tant en vogue depuis quelques années dans certains milieux...On aimerait que certains aient le courage d'admettre à quoi mener cette auto flagellation perpétuelle...On aimerait aussi qu'un de ces fameux bien pensants nous refasse le meme film aujourd'hui, mais en inversant les roles entre coupables et victimes. Voila qui demanderait pour le coup un sacré courage !
Visiblement certains n'ont rien compris au film, j'ajouterai même que certains se sont tellement vu comme ressemblant aux petits racistes (oui, il existe le petit racisme ordinaire qui n'est pas méchant ... !), qu'ils n'ont pu apprécier le film à sa juste valeur. "L'intelligence a ses limites que la connerie n'a pas!"
La note est sévère mais justifiée par ce qui suit.
D'abord sur le plan technique, la mise en scène est très moyenne pour ne pas dire ratée. Le film est globalement désagréable à voir. J'aurais mis 3/5 en étant très généreux, mais... l'essentiel n'est pas du tout là. Un film est une histoire, des personnages, parfois un message. Et ici, l'exploit accompli est que les 3 sont exécrables de caricature.
On a bien compris l'intention de l'auteur (dénoncer la bêtise, les instincts grégaires, la lâcheté, l'hypocrisie, la veulerie, etc) mais il a tellement concentré sa critique sur ces Français moyens que c'en est devenu gênant de manichéisme.
D-L, comme beaucoup, je l'ai vu et hélas revu à la télé lors d'une de ces innombrables rediffusions. Si l'intention de l'auteur n'était pas celle-ci, il n'en demeure pas moins que le résultat s'est avéré par la suite catastrophique : sous couvert de dénoncer le racisme, ce film suinte la haine des Français à un point difficilement imaginable.
Un film c'est aussi une postérité et sans faire d'anachronisme, Boisset a hélas pondu une aberration ethno-masochiste d'une rare indigence. Ce film est une ignominie qui a contribué à formater les esprits à la haine de soi, et le pire est que, sans aucun doute, n'était-ce pas du tout l'intention du réalisateur.
Avec le recul, presque tout est à jeter sauf les acteurs.
mauvais film je me suis ennuyer je met 2 parce que j'aime jean carmet et villeret mais je les ai déjà jouer dans de bien meilleurs films comme la soupe au choux. ici il n'y a rien de bien intéressant.
Je l'avais vu à l'époque de sa sortie en salles mais je n'avais pas compris la portée du message que ce film véhiculait, je n'avais que quinze ans. Bien sur Carmet porte le film, néanmoins tous les acteurs sont formidables et c'est sans aucun doute le meilleur rôle de la carrière de Robert Castel. Comme je lis sur sa fiche le film a eu de nombreuses difficultés en 1975, je suppose que vu le contexte actuel, il serait carrément impossible à réaliser de nos jours. Bravo Yves Boisset, pour le reste lisez les autres critiques.
Remarquable analyse chirurgicale de la bêtise (avec un C majuscule) humaine. Jean Carmet est parfait et tient probablement son meilleur rôle. Les seconds rôles épousent admirablement l'histoire (mention spéciale à Michel Peyrelon dans le rôle de l'avocat prompt à trouver des "têtes à chapeau"). Chef d'oeuvre ! Intemporel malheureusement, mais chef d'oeuvre tout de même.
Découvert sur le tard, Dupont Lajoie m'a véritablement estomaqué! Véritable radiographie du racisme ordinaire durant les trente glorieuses, le film d'Yves Boisset est un bras d'honneur adressé à la beaufitude la plus crasse, état d'esprit qui animait certain de nos concitoyens il y a de ça quelques années. Sur un scénario imparable de Jean Pierre Bastid et Michel Martens, Dupont Lajoie nous plonge dans un monde pourri jusqu'à l'os où la lâcheté, le racisme, et l'hypocrisie sont de mise. Là où le film Camping se moquait gentiment des caravaniers en nous faisant croire que ces gens avaient le coeur sur la main, Yves Boisset sort l'artillerie lourde et fout carrément la trouille au spectateur. L'insondable beauferie du héros principal fait froid dans le dos car Dupont Lajoie n'est pas un franchouillard "con mais sympa". Non, Dupont Lajoie est une ordure finie, un être d'une immense couardise, un monstre libidineux qui fait étalage de sa profonde xénophobie, bref, le portrait parfait d'un citoyen au dessus de tout soupçon dans la France de Giscard. Voir évoluer ce personnage dans un film est un plaisir de cinéphile et une date importante dans le cinéma français des années 70. Il faut saluer le courage d'Yves Boisset dans son travail de démolition d'une époque bénie des dieux pour notre mère patrie. Le réalisateur tire à boulets rouges sur les poncifs concernant les trente glorieuses et semble dire : "C'est vrai qu'en 1974 la croissance économique était forte, le retour d'une situation du plein emploi montrait sa tronche, mais ce pays était sclérosé par deux saloperies: le racisme ordinaire et la cupidité." Rarement un long métrage français aura été capable d'être si politiquement incorrect et si désireux de sonder la mauvaise conscience populaire. Yves Boisset nous montre le visage d'une France soit disant insouciante dont le "tsar" n'est pas le président mais l'animateur Léon Zitrone (surnommé Léo Tartafionne dans le film!) dont le travail consiste à anesthésier le cerveau de ses compatriotes en leur offrant du pain et des jeux. Mais derrière cette proprette façade, les démons de la deuxième guerre mondiale (la collaboration) et de la guerre d'Algérie (racisme) sont profondément encrés dans les veines de nos chers campeurs. Portrait au vitriol d'une certaine France, Dupont Lajoie est un modèle de cinéma engagé porté par l'immense prestation de Jean Carmet. Lorsque défile le générique de fin sous nos yeux ébahis, on se rend compte qu' Yves Boisset vient juste de nous tirer un coup de chevrotine dans le derrière. Mention spéciale à Victor Lanoux, terrifiant dans le rôle d'un ancien de l'Algérie.
J'avais 18 ans quand est sorti et que j'ai vu ce film et au même titre que sacco et vanzzetti ça a éveillé en moi quelque chose. J'ai lu que ce film est raciste envers les blancs. Faut il être sois même un peu raciste pour le dire. Bref ! Un panorama de personnages tous aussi lâches et bêtes. Peu de chance d'en trouver autant au mètre carré dans la vie de tous les jours mais la il fallait nous montrer en gros un modèle de chaque. Chaque année dans nos camping il doit bien t'en avoir au moins un exemplaire de ce genre de beauf abreuvé de pastaga et de tiercé. Triste histoire. J'ai toujours autant de peine.
Une oeuvre traditionnelle des comédies françaises, où le drame se joue en parallèle d'une histoire qui peut faire rire sans gêne en ne manquant pourtant pas de placer sa critique de la société. Un casting d'exception (avec Marielle quasi-figuratif mais génial) dose à la perfection des passages d'une gravité rare, autour d'une intrigue très bien construite sur des questionnements racistes datés. Grinçant, à ne pas risquer si on préfère les films qui choisissent leur style.
Dupont Lajoie est un film qui prend aux tripes; un film où l'on retrouve des acteurs qui ne sont plus à présenter dans des rôles improbables (Carmet, Huppert, Tornade, Marielle etc...) à une époque où on ne pouvait pas encore parler librement de racisme et de multiculturalisme au niveau étatique, mais les personnages eux ne se gênent pas pour se lâcher publiquement sur les étrangers dans un contexte historique qui se déroule après la guerre d'Algérie. Après avoir vu le film je n'utiliserais plus le terme Dupont Lajoie à tort et à travers et reprendrais les gens qui utilisent cette expression si elle n'est pas adéquate car ici le Dupont Lajoie représente le français moyen raciste et beauf et non pas simplement quelqu'un de simple et d'assez naïf que l'on pourrait appeler plus vulgairement un imbécile heureux; MAIS le personnage de Dupont Lajoie incarné par Jean Carmet est lui spoiler: un violeur, un raciste, un calomniateur, un incitateur à la violence et un assassin... véritablement inquiétant dès lors spoiler: qu'il reluque l'ombre de Brigitte (Isabelle Huppert) quand elle se déshabille dans sa tente avant d'aller se coucher . J'ai mis 3,5 étoile car je ne le considère pas comme un chef d'oeuvre même si le sujet est grave et relativement bien traité; je m'explique:spoiler: je trouve que la fin est un peu prévisible et je pense que le film aurait dû s'arrêter dans le bar à Paris avant que la porte ne s'ouvre, on verrait une vue du bar de la rue, puis du ciel et le clape de fin, ceci pour mieux faire régner le sentiment d'impunité plutôt que celui d'une vendetta éternelle; là on se demande comment le travailleur immigré a retrouvé Lajoie, si l'inspecteur n'a pas été de mèche pour malgré tout tenir en partie sa promesse etc.... . A part ça, les dialogues et l'ambiance sont au top et j'ai particulièrement apprécié le rôle de l'huissier joué par Michel Peyrelon. Une dénonciation courageuse du racisme ordinaire qui passait à l'époque inaperçu ou qui était botté en touche et une nouvelle réflexion sur le fait qu'il n'est jamais bon spoiler: de vouloir se faire justice soi-même surtout lorsqu'il s'agit d'une énorme méprise; prétexte à la violence gratuite et ciblée...