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Philippe C
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3,5
Publiée le 20 janvier 2025
Il faut attendre presque la fin du film pour en comprendre le titre qui révèle enfin la pénible solution à l'énigme posée par le procès de cet ancien hongrois nationalisé américain après la libération. Ce film de Costa-Gavras est certes un film de prétoire comme il en fut tant, mais la joute habituelle entre Défense et accusation sous l'arbitrage du juge, n'a rien d'exceptionnel, ce sont les témoignages qui sont émouvants et cette souffrance grandissante de l'avocate qui défend son père est poignante avec cette question lancinante : connaît on vraiment ceux que nous aimons, et de les connaitre nous fait il les aimer moins ?
C'est courageux ce type de film ! Une avocate croit en l'innocence de son père et le défend. Elle va au fur et à mesure devoir faire face aux doutes. Film de tribunaux abordable et sortant des sentiers battus 3,8/5
A bien des égards, Music Box n'a rien pour surprendre: un sujet comme les affectionne Costa-Gavras; un film de procès, à un moment où les Américains en multipliaient plus que d'autres dans leur cinéma; une trame plutôt évidente et que l'on suit sans se faire étonner. Pourtant, le film fonctionne: les séquences de tribunal, sobres et chirurgicales, maintiennent en haleine, et les acteurs font vraiment le job de belle manière, même si Jessica Lange s'extirpe aisément du lot avec son personnage d'avocate et de femme battante. Dans une démonstration moins "coup de poing" qu'à son habitude, Costa-Gavras fournit encore un beau film qui interroge.
Ann Talbot, brillante avocate, décide de défendre son père quand celui-ci est accusé de crimes de guerre. Plusieurs témoins auraient reconnu en lui un soldat hongrois travaillant pour la section nazie de Budapest. D'abord sûre de l'innocence de son père, Ann se voit douter face aux éléments de l'accusation mais le défend malgré tout, persuadée que le monstre décrit par les témoins n'a rien à voir avec son père. Appuyant toujours là où ça fait mal, Costa-Gavras signe un film bouleversant qui a le mérite d'éviter tout manichéisme. Dénonçant au passage le fait que les États-Unis ont laissé venir sur leur territoire un tas de criminels nazis afin qu'ils puissent lutter contre le communisme, "Music Box" est avant tout le portrait d'une femme forte que rien n'arrête et qui croit fermement à la justice. Dans ce rôle, on retrouve une formidable Jessica Lange (qui n'a rarement été aussi bonne) face à un Armin Mueller-Stahl qui sème le doute quant à son passé.
A travers ce drame poignant, Costa Gavras nous prouve une nouvelle fois son talent pour réaliser des films politiques poignant. Plus qu’un suspense classique, c’est ici le sentiment de doute que nous partageons avec cette jeune avocate qui rend si fort ce film sur les répercussions de la seconde guerre mondiale. Jessica Lange et Armin Mueller Stahl y trouvent tous deux leurs meilleurs rôles tant le trouble et le traumatisme psychologique autour de leur relation ambiguë sont magnifiquement interprétés. L’intrigue juridique comme la tragédie humaine sont pleines de dénonciations et forment un formidable plaidoyer pour le devoir de mémoire.
Sans doute l'un des meilleurs films de Costa-Gavras dans sa période américaine. Si le scénario de Joe Eszterhas laisse apparaitre parfois les grosses ficelles, il est tout de même puissant et captivant. L'interprétation très solide de Jessica Lange (nomination aux Golden globes et à l'Oscar de la meilleur actrice 1989) et très ambigue de Armin Mueller-Stahl nous séduit définitivement. Un bon suspens, un très bon film.
Déjà ancré depuis quelque temps aux États-Unis, Costa-Gavras continue d'aborder le fascisme après La Main droit du Diable avec Music Box, où il met en scène le procès d'un bon père de famille réfugié hongrois aux USA accusé d'avoir été membre d'une section spéciale nazie durant la Seconde Guerre mondiale.
Assez vite, Costa-Gavras rentre dans le contexte de l'oeuvre et dévoile l'accusation qui plane sur le père, réfutant d'avoir été un criminel de guerre et mettant en avant qu'il a toujours été un citoyen modèle américain, comme peut en témoigner sa fille, une brillante avocate qui va le défendre. Peu à peu, le metteur en scène de Missing jette un regard troublant sur cet homme, laissant planer un soupçon de doute sur son véritable passé, ce qui se ressent pleinement sur l'ambiance de l'oeuvre, où, plus le procès avance, plus il accentue cette ambiguïté.
Costa-Gavras se montre assez sobre derrière la caméra, et surtout d'une grande justesse où il fait preuve d'intelligence dans le traitement de ces thématiques plutôt compliquées. Il met en avant un homme face à son passé, mais aussi sa famille et son entourage, où les doutes et la confiance vont plus ou moins se mêler. Il ne tombe jamais dans un quelconque excès ou manichéisme mais rend son oeuvre pertinente, en plus d'être passionnante, tout en jetant une petite pique envers la "terre d'accueil" qu'était les USA, prête à accepter l'aide de n'importe qui surtout pour lutter contre le communisme. Là où Music Box est aussi remarquable, c'est qu'il met en scène avant tout un portrait de femme, une avocate sûre d'elle malgré les accusations lourdes et difficiles, faisant ressortir toute la réflexion mais aussi l'émotion des protagonistes, et d'elle en particulier malgré quelques légères maladresses dans le final.
Face à ce passé, dans tous les cas, difficile à assumer, Costa-Gavras trouve toujours le bon équilibre entre les différents thèmes et personnages abordés. Il rythme son film par des dialogues toujours justes et une ambiance qui tient sur toute la durée, tandis que plusieurs séquences sont remarquables, montrant tout le talent du cinéaste grec, que ce soit lors du procès ou du retour sur les terres de vérités. Jessica Lange livre une composition sensible et émouvante en femme forte voulant croire son père, tandis qu'Armin Mueller-Stahl laisse toujours planer un doute sur son personnage.
Costa-Gavras trouve un sujet à la mesure de son talent, sachant retranscrire toute la difficulté, le trouble, la pertinence et l'émotion de son oeuvre alors qu'il met en scène un homme, et sa fille, face à un passé douloureux, que ce soit historique ou intimiste.
Loin du didactisme un peu lourd de certains de ses films, Costa-Gavras choisit au contraire ici une objectivité qui place le spectateur à l'instar du personnage principal seul face à des faits et à son ressenti. L'effet n'en est que plus troublant. Et dans un souci de ne pas tomber dans le manichéisme, le réalisateur n'oublie pas, discrétement mais certainement, de souligner le fait que les Etats-Unis sont loin d'être clairs ayant "trinquer" avec des monstres comme Barbie. Outre l'horreur des faits du passé, le film nous pousse remarquablement à nous poser la question gênante de savoir si on connait vraiment bien les gens qui nous sont les plus proches. Pour le rôle principal difficile qui demandait une très grande subtilité, il fallait absolument une très grande actrice. C'est le cas puisque c'est Jessica Lange. Donc au contraire du lourd film procédurier auquel on était en droit d'attendre, "Music Box" est une réflexion pertinente sur les thèmes qu'il évoque.
Un sujet très fort, qui fait froid dans le dos. Comment imaginer qu'un père aimant et sans histoire puisse avoir été 50 ans plus tôt un barbare dans son pays pendant la guerre ? C'est ce cheminement douloureux et incrédule que vit l'avocate Ann Talbot, qui décide de défendre elle-même son père Hongrois qu'elle pense innocent. Au fil des jours et de l'enquête, sa toute confiance s'effrite et lui laisse entrevoir un portrait paternel terrifiant et insoutenable. Je n'ai mis que 3 étoiles parce que je n'aime vraiment pas trop les films de tribunal, les "votre honneur" et "objection !". Mais cette histoire vous trottera longtemps dans la tête. Que connaît-on du passé de ses parents ?
Une superbe réalisation de Costa Gavras qui a mal vieilli mais aborde tous les thèmes liés à la difficile poursuite des criminels de guerre : la difficulté de les retrouver puis de retrouver des témoins survivants dignes de foi, tout comme la difficulté des familles des bourreaux à accepter la vérité. Jessica Lange interprète à la perfection cette jeune avocate tiraillée entre l'amour de son père et le rejet d'un criminel qui a menti à ses proches.
Certainement le meilleur film de Costa-Gavras, qui, une fois n'est pas coutume, parvient à se défaire des clichés qui encombrent hélas une partie de son œuvre. Cette fois, le réalisateur soigne son scénario... et ça se voit. le récit est implacable, l'intrigue très bien ficelée et le propos sidérant de cruauté et de vérité. En prime, l'interprétation de Jessica Lange et de Armin Mueller-Stahl vaut véritablement le détour. Un film incontournable dans l'œuvre de Costa-Gavras, qui obtint là l'Ours de Berlin.
Ce drame signé Costa-Gavras, réalisateur toujours très engagé en politique (voir « Z ») est assez bien mené et surtout très inspiré par une affaire réelle : le procès de John Demjanjuk, citoyen américain, d’origine ukrainienne, accusé d’être "Ivan le terrible", gardien particulièrement cruel du camp de Treblinka. C'est aussi une histoire de déni pour le bourreau, qui s'évite la culpabilité de ses crimes et une histoire de dénégation pour sa fille, qui "sait" sourdement mais ne veut pas y croire, jusqu’à ce que l’incroyable lui saute aux yeux Ceci dit, ce n'est pas et de loin, le meilleur des Costa-Gavras : l'intrigue est classique, sans rebondissements, laissant peu de place aux émotions malgré son sujet fort. Reste le jeu de Jessica Lang, au cœur du film, qui y gagnera un Oscar et un Golden Globe de " la meilleure actrice "
Un grand Costa Gavras !!!! Dans la lignée du magnifique Z ce réalisateur nous replonge dans les horreurs de seconde guerre Mondiale avec cette histoire de famille prise dans la tourmente d accusations atroces de crimes contre l Humanité. Porté par des comédiens investis avec une intense Jessica Lange . Un film important qui marquera ceux qui le verront .
Un très bon passionnant suspense psychologique réalisé par le grand cinéaste Costa-Gavras avec Jessica Lange et la musique du compositeur Philippe Sarde.