"Le 7e Sceau" d'Ingmar Bergman, tourné en 1956, est essentiellement une méditation sur le sens de la vie, que la mort vient implacablement interrompre dans sa trajectoire terrestre et humaine. Un pessimisme fondamental, dont Kierkegaard est peut-être l'un des inspirateurs et père spirituel, mêle les thèmes du désespoir, de la révolte et de la misère d'une humanité sans amour, mais non sans Dieu, dont la présence sera ré-affirmée dans l' film "La source" en 1959 comme l'unique moyen de réconciliation entre les vivants.
L'histoire est celle d'un Chevalier, auquel apparait, à son retour des Croisades et au bord d'une grève sauvage et déserte, la mort.Pour gagner du temps, et peut-être découvrir l'ultime vérité, le Chevalier lui propose une partie d'échecs. Autour d'eux, dans la Suède du 16 e siècle, que la pellicule en noir et blanc restitue dans une sorte de dépouillement minéral, la peste sévit, fauchant les vies avec une sombre indifférence. Mais le silence de Dieu semble être la seule réponse que reçoive l'ancien Croisé. L'obsession de Bergman se fait alors plus prégnante. Même si aucune représentation de Dieu n'existe, il ne peut pas ne pas y avoir une vérité à découvrir et à comprendre. Et il est certain que chacun des personnages cherche quelque chose, parfois sans le savoir, ou possède quelque chose, souvent en l'ignorant...
"Le 7e Sceau" se déroule comme une fresque médiévale et use d'un réalisme sans outrance, mais volontairement détaché qui ajoute à l'esthétisme glacé du film. Probablement l'un des plus originaux du cinéaste, parce qu'il replace l'humain et le questionnement métaphysique au centre de nos préoccupations. Ce, avec une écriture sobre et des images qui cernent l'essentiel au plus près. Un film qui fait date et mérite de nous remettre en phase avec les problèmes fondamentaux de notre destinée.