Des questions en images, sur des sujets qu'on a le droit de trouver bateaux : l'amour, la mort, Dieu, le diable, le destin, la comédie… Des images donc mais quelles images ! Certaines scènes sont hallucinantes comme la procession des pestiférés. Ça a de la gueule, on ne va pas dire le contraire. De là à nous raconter qu'il s'agit là d'un des plus grands films de tous les temps, il faut peut-être raison garder ! C'est un film étrange, d'un pessimisme flamboyant, jamais ennuyeux, toujours surprenant et magnifiquement photographié. La distribution est éclectique, car si Max von Sydow paraît en petite forme, c'est Gunnar Björnstrand qui domine la distribution masculine (quelle classe !), mais Nils Poppe ne démérite pas. Chez ces dames, le sourire de Bibi Anderson nous charme, mais le rôle muet de Gunnel Lindblom est assez fabuleux, j'ai rarement vu d'aussi beaux yeux en noir et blanc.il y a aussi Inga Gill charmante, prétexte pour Bergman de distiller un doigt de misogynie (bizarre que personne n'en parle !). On regrettera les dialogues trop écrits, même s'il s'agit d'un choix assumé.
Cela fait depuis ma vision de "Last action hero" de John McTiernan (et oui…) que je voulais voir "Le septième sceau" et cette lacune est enfin comblée. Et j'ai été très surpris par ce que j'ai vu : je m'attendais à une œuvre difficile, rude et très métaphasique, et si ce dernier point est bien présent, il est au cœur d'un film finalement très accessible, presque léger dans son ambiance. C'est admirablement filmé, c'est une évidence, mais j'ai surtout été très surpris par le naturel et la modernité du jeu des acteurs. Après côté scénario, je ne peux pas dire que j'ai trouvé ça bouleversant, j'ai même été à la limite déçu, avec la crainte au début de trouver ça long, ce qui finalement n'a pas été le cas. Je comprends que "Le septième sceau" puisse être considéré comme une œuvre majeure par sa modernité visible (c’est un film de 1957) et sa façon de traiter des sujets très méta, mais pour moi, même si j'ai trouvé ça bien, ce n'a pas été le choc attendu.
Une plongée fascinante dans la crainte tellement humaine de la mort à travers la volonté viscérale d'un chevalier au retour d'une croisade traumatisante d'acquérir des certitudes face à l'émoussement de ses probables croyances antérieures. Doté d'une photographie travaillée qui confère à de nombreuses scènes un aspect de toiles de maître et d'un humour inattendu qui mêle le drame à la tragédie métaphysique exprimée, ce récit entrecroise les réactions et choix de vies de personnages symboliques des différentes attitudes possibles face au mystère de l'existence. La pertinence de cette quête se redouble de dialogues et de situations d'une grande justesse que le côté théâtral de la mise en scène et même de certaines expressions des acteurs renforce plus qu'il n'affaiblit. Ouvrant le champ d'une interrogation personnelle tout en formulant l'option apaisante d'un fatalisme d'acceptation, Bergman réaffirme son rang de cinéaste indispensable.
Vu au tout début du deuxième confinement, le septième sceau qui parle de pandémie et de religion était malgré son âge et la période sur laquelle il se déroule totalement d’actualité. Et je suis passée totalement à côté. Autant j’ai trouvé que cela partait plutôt bien, j’ai accroché à ce chevalier qui rentrant des croisades entame une partie d’échec avec la mort, mais aussi son écuyer désabusé et violent. En revanche les saltimbanques m’ont laissé complètement froid et la longue partie où on les découvre m’a profondément ennuyé. Du coup à partir de là je suis resté totalement hermétique au propos. Je ressaierai peut être un jour, mais là clairement ça n’a pas été une bonne expérience.
Un film qui a une forte réputation par son approche de la mort en cumulant plusieurs aspects du moyen âge temps considéré particulièrement troublé par les épidémies et une certaine brutalité. La mauvaise réputation du moyen âge est une sorte de propagande culturelle fabriquée principalement au XIXème siècle, en cela ce film ne fait que connoter une convention culturelle par des confusions historiques qui passent assez inaperçues. Mais Bergman (1918-2007) a livré là une réflexion complexe sur la mort qui si elle a ses subtilités est surtout intellectuelle et personnelle et le film est surtout jugé sur sa composition symbolique et son agencement qui étaient le véritable génie du réalisateur. Il y a en fait des contenus classique et convenus dans ce film, l'image de la mort jouant aux échecs est empruntée à une peinture dans une église et l'ensemble artistique renvoi à l'iconographie complexe des églises destinée à des personnes qui ne savaient pas lire. L'emprunt du titre à un passage de l'apocalypse peu circonstancié sinon que dans l'idée du christianisme la fin des temps peut intervenir à tout moment. Une vraie oeuvre artistique que ce film mais un niveau spirituel surfait bien que complexe et parce que complexe comme un bouquet de préjugés et de considérations intellectualisantes. Il reste un film étonnant mais non le chef d'oeuvre proclamé de façon fort convenue par beaucoup.
En voyant ce film, certaines scènes et cadrages m'ont fait pensé aux films de Kubrick et il se trouve que Kubrick considérait Bergman comme le meilleur réalisateur de son temps. Alors rien que pour ça, j'ai ajouté une étoile..
Ce film traite tous pleins de thématiques audacieuses sur le papier mais Bergman ne parvient jamais à transcender son postulat si bien que l'indifférence finit par l'emporter à l'égard de ce "Septième sceau". Jamais le film ne réussi à poser une ambiance, instaurer une tension, créer un suspense... Rien. L'imagerie est très belle mais rien n'est mis en valeur dans ce film, rien n'est creusé, tout est abordé en surface, tout est expédié à la hâte donc tout ça conduit à un manque d'immersion et d'émotion flagrant chez moi. Ça traite de sujets sans liant ni ligne directrice cohérente, la mise en scène est fade et peu impactante, même avec les séquences qui sont censées êtres fortes... La direction d'acteurs est bien aux fraises aussi... Même la fameuse scène du film avec la partie d'échecs avec la mort est surestimée au possible tant elle ne dégage rien et tant elle est expéditive... Il y a bien une valeure symbolique derrière mais à quoi bon ?
Sous la touche théâtrale de Bergman, tous les sujets deviennent intéressants à cause de la dimension qu’ils prennent à travers le concept et la mise en scène. Dans ce cas-ci, un combattant des Croisades pensant pouvoir profiter d’un repos après dix années de tuerie, retrouve sa terre natale aux prises avec une épidémie de peste. La Mort le poursuit, mais avant de se laisser emporter, il négocie avec elle un sursis dans l’espoir de trouver un sens à toutes les misères du monde et à l’existence de Dieu. Son écuyer, redresseur de torts, assume la vie tel qu’elle est avec ses rapports de domination et sa finitude. Croire ou ne pas croire tel est la question dans Le septième sceau. Dans le cinéma de Bergman, chaque séquence nourrit le propos, chaque personnage représente une entité venant enrichir le débat, chaque réplique possède sa raison d’être. C’est d’une telle cohésion que naissent habituellement les grandes œuvres. Le chevalier tourmenté trouve en partie ses réponses en regardant vivre un couple de saltimbanques. Jof et Mia s’aiment et semblent heureux dans leur vie de famille et d’artistes. Tout comme dans le film Le visage qu’il réalisera un an plus tard, Bergman utilise la troupe ambulante pour évoquer l’importance de faire place à la Poésie et à la Magie pour alléger l’existence. Les enfants de Thespis nous enseignent que c’est en exprimant la vie par l’art que l’on réussit à s’élever au-dessus de notre animalité et à donner un sens à Dieu. Antonius Blok l’a compris, Bergman aussi.
Le suédois Ingmar Bergman est arrivé au sommet de son art et de son talent en réalisant l'innovant classique mélancolique "Le septième sceau". Chacun aura été ébloui par plusieurs scènes magnifiques et bien réalisées dont particulièrement la célèbre représentant la mort au visage malicieux jouant aux échecs sur la plage avec le curieux cavalier interprété par Max von Sydow. Cette image splendide et philosophique est sûrement la meilleure pour illustrer ce qu'est le septième art. "Le septième sceau" nous emmène au Moyen-Âge pendant une épidémie de peste. Le long du film, nous suivons l'épique aventure de Antonius, un cavalier de retour des croisades, cherchant à échapper à une faucheuse. Antonius est un cavalier curieux qui nous défie à réfléchir avec lui sur des questions de la vie dont notamment "Dieu existe-t-il ?" et "La vie a-t-elle un sens ?". Ce film qui nous séduit encore de nos temps pour ses costumes, ses décors, ses personnages et son histoire ne doit pas être oublié et doit obligatoirement être vu au moins une fois dans sa vie pour nous éduquer à la philosophie et à l'histoire du monde.
Un long métrage qui parvient à me réconcilier avec le cinéma d'Ingmar Bergman, dont mes précédentes expériences m'avaient profondément ennuyé. Une véritable maîtrise pour ce film qui aborde de nombreuses thématiques existentielles avec limpidité.
Attention, oeuvre culte pour les cinéphiles... Mais cela n'empêche pas quiconque de ne pas aimer, ou juste de trouver cela ingénieux mais ennuyeux...comme cela fut mon cas. L'intrigue de l'homme qui fuit son Destin en jouant aux échecs avec la Mort puis en traversant toutes sortes de péripéties de la vie courante (un chevalier qui parle de viol à une fille qu'il a enlevé, deux hommes qui se disputent une femme, un peintre qui explique ses fresques murales religieuses...) sont pleines de beauté et d'inspiration pour quiconque aura la chance de voir Le Septième Sceau. Mais voilà que tenir le film sans divaguer mentalement devient rapidement un tour de force car le film a tendance à se répéter (il gagatise même complètement sur la religion, à moins qu'on ne soit sourds pour qu'on nous répète trente-six fois les mêmes métaphores religieuses de la vie...), de même que la place de la femme dans ce film reste assez discutable (bien sûr, l'époque n'y prêtait pas vraiment attention comme aujourd'hui, mais enfin les femmes-potiches du film m'ont assez agacée). Il n'en reste pas moins que les séquences avec La Mort sont somptueuses, d'une finesse rare, et l'acceptation de La Mort est une morale vraiment honorable. Le Septième Sceau offre ce qu'il a de plus prestigieux et intelligent dans ses séquences d'ouverture et de fin, mêlant avec goût l'art esthétique du cinéma et philosophie humaniste touchante.
Ce film allégorique et hanté tant par les tragédies individuelles de Bergman que par celles, collectives, du Moyen-Âge et du 20e siècle est l'un des plus beaux qu'il m'ait été donné de voir. Le Moyen-Âge de Bergman est à la fois parfaitement vraisemblable, et en même chargé de symboles religieux et poétiques. Bien que tout empreint du protestantisme existentialiste de Bergman, 'Le Septième sceau' n'ennuie jamais grâce à son alternance quasi-shakespearienne entre scènes burlesques et scènes graves. La scène introductive sur le rivage où le Chevalier rencontre la Mort, la scène clef du repas auquel participe le Chevalier, l'écuyer et les baladins, ainsi que la danse macabre conclusive sont des sommets de cinéma.
Film de cinéphiles par excellence, Le septième sceau est l’une des œuvres les plus célèbres d’Ingmar Bergman. Multipliant les séquences d’anthologie (dont la partie d’échec jouées contre la Mort), le long-métrage nous raconte les questionnements métaphysiques d’un chevalier de retour d’une croisade – superbe Max von Sydow, dont c’était le premier grand rôle à 27 ans – dans la Suède du XIVème siècle. Un film intello qui réserve de très belles images.
Porté par une idée de départ aussi folle que géniale (un homme jouant aux échecs avec la Mort en personne), Le Septième Saut, est une oeuvre dès plus intéressante.