Avec Les Chaussons rouges, Michael Powell et Emeric Pressburger élèvent le mélodrame au rang de ballet cinématographique, où la création artistique devient une force dévorante. La mise en scène, d’une flamboyance chromatique exceptionnelle, fait de chaque séquence un espace d’expression pure, culminant dans le célèbre ballet central. Le film explore la tension entre amour et art, posant la création comme un absolu incompatible avec toute forme de compromis. Moira Shearer incarne cette dualité avec une intensité fragile, prise entre désir de vivre et exigence artistique. Une œuvre somptueuse et tragique, où le cinéma épouse littéralement le mouvement et la musique.
Ce mélodrame musical est une oeuvre étrange à travers laquelle on découvrira, si ce n'est pas déjà fait, l'indéniable personnalité des cinéastes Michael Powell et Emeric Pressburger. Inspiré du conte éponyme d'Andersen, le film raconte le destin d'une jeune danseuse prometteuse qui est amenée par l'implacable et ténébreux directeur de troupe Boris Lermontov à faire le choix entre l'amour d'un homme et celui de la danse. "Les chaussons rouges" sont une oeuvre étonnante par son esthétique et sa richesse thématique. Les cadrages et les éclairages, les couleurs et les décors entretiennent, en produisant une impression d'irréalité et d'intemporalité, la notion de merveilleux, tout en préservant les réalités d'un drame humain, voire psychologique pour ce qui concerne Lermontov, un drame dont la crédibilité se fonde sur la description authentique des coulisses d'un spectacle. C'est en metteurs en scène sincères et en artistes que les cinéastes évoquent la création artistique, musicale et chorégraphique ici, qu'on a rarement relatée par ailleurs avec un tel souci du détail vrai. On découvre aussi face à la séduisante et rousse Moira Shearer un personnage et un comédien formidables. Anton Walbrook incarne avec une élégance et un réel magnétisme ce Lermontov tour à tour inquiétant et pathétique, ce directeur tyrannique, mi-démiurge, mi-diable, jaloux de sa découverte d'une artiste de talent. A cet égard, la qualité des personnages est pour beaucoup dans l'intérêt qu'on porte au film. Enfin, notons le procédé original du long ballet, au coeur de l'histoire, qui résume et reproduit à lui seul l'intrigue dramatique du film.
Je dois avouer que j'y suis allé à contrecoeur, n'aimant pas cette période cinématographique pour des raisons d'éthique, le sexisme y ayant toujours une place forte.
Seulement, Les Chaussons Rouges m'a piégé comme avec son introduction, présentant un engouement fou pour une représentation qui sera finalement mis au second plan.
Powell et Pressburger mettent bien en place cette bourgeoisie, le soin apporté aux différents costumes et cette DA sont époustouflants et très en avance sur leur époque.
Dans un premier temps, la Femme est bien mise de côté, et Moira Shearer en fait les frais subissant le mépris et la condescendance de ''l'élite''.
Les répétitions de chorégraphie apporte une authenticité au récit, on ressent bien l'exigence et la rigueur du métier, de plus on peut observer un petit manque de coordination (j'avoue, ne pas être certain quant à la volonté de ce manque, cependant ça fait effet).
La photographie est superbe et magnifie des lieux déjà superbes, quant aux décors plateaux, on sent la volonté de les faire vivre et ça fonctionne plutôt bien.
J'ai beaucoup apprécié cette critique de l'Homme, tout d'abord avec ce traitement d'infantillisation insupportable sur Vickie et ce traitement de faveur hypocrite.
Puis son emprise, sa jalousie et sa possessivité toxique, même amoureux, l'homme reste égoïste ce qui nous met sur la voie par rapport au final dramatique à venir.
Bien entendu, le ballet tant attendu tient toutes ses promesses et on est presque frustré/e de ne pas en voir plus. Les chorégraphies sont hyptoniques et les décors fabuleux, surtout ces fresques murales peintes.
Agréablement surpris de voir que le film ne soit pas aussi machiste qu'un Singing in the Rain en étant pourtant sa principale inspiration.
La mise en scène est exceptionnelle et complètement en avance sur son époque, Les Chaussons Rouges ne vole absolument pas son statut de classique.
Il est certain que je me relancerai un jour dessus sans mes à priori tronqués.
Visuellement réussi avec de beaux costumes et décors, ce film s'avère être également mené par d'excellents acteurs. Les passages de danse sont réussis. Néanmoins, l'ensemble a un peu vieilli et avec une histoire parfois plate.
Le film raconte la vie d’une compagnie de ballet (inspiré des Ballets Russes créés en 1907 par Serge de Diaghilev (1872-1929), dirigée, de façon tyrannique, par Boris Lermontov (l’Autrichien Anton Walbrook, dont c’est la 3e collaboration sur 3 avec les réalisateurs), personne égoïste, mégalomane [rappelant le personnage cynique Waldo Lydecker (Clifton Webb) dans « Laura » (1944) d’Otto Preminger], et qui monte, entre autres, une adaptation du conte éponyme, cruel et noir (1845) de Hans Christian Andersen (1805-1875). Le film illustre le dévouement et le sacrifice à l’art (voire l’aliénation) et la création artistique, de façon romanesque. Tourné en Technicolor (avec des extérieurs à Monaco), le film, un peu lent parfois (il dure 2h15), vaut surtout pour sa séquence (17 mn) du ballet des Chaussons Rouges où Victoria Page à la chevelure rousse (Moira Shearer, 22 ans, danseuse et dont c’est le premier rôle au cinéma) virevolte en compagnie de Grischa Ljubov (Leonide Massine, qui fut chorégraphe et danseur des Ballets Russes). Sans oublier les décors dus à l’Allemand Hein Heckroth (2e collaboration sur 8, et qui obtiendra l’Oscar pour ce film), évoquant à la fois les films (muets) de Georges Méliès (1861-1938) et la peinture de Salvador Dali (1904-1989). Cela rappelle la scène finale (16 mn) du film « Un américain à Paris » (1951) de Vincente Minnelli (1903-1986) mais la musique de Georges Gershwin (1898-1937) est meilleure, plus mémorisable et reconnaissable que celle de Brian Easdale (1905-1995) qui a pourtant eu un Oscar pour ce film (2e collaboration sur 6 avec les 2 réalisateurs). Heureusement qu’il y a des extraits du « Lac des cygnes » (1876) de Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) !
Un de ces grands classiques dont il m'a fallu des années avant de le voir (simple affaire d'occasions manquées). C'est peu dire que mes attentes étaient hautes... et elles ont été comblées. Sur le fond et la forme, voici une œuvre très maîtrisée, qui nous parle d'art avec acuité et tragique, dans une débauche de décors inventifs et de couleurs vives.
Le Technicolor est vraiment magnifique. Le récit prend son temps pour se déployer, mais c'est ce qui fait son charme. J'apprécie toujours autant l'humanité des personnages (notamment les seconds rôles) et toutes ces petites scènes du quotidien, typique des films de Powell et Pressburger. A noter que ce film transpire de l'amour de Powell pour la France, où il a vécu un certain temps et dont il maîtrisait la langue.
Et bien sûr deux personnages ressortent, éblouissants : la danseuse Moira Shearer, la grâce incarnée, et Anton Walbrook, qui campe un Lermontov méphistophélique, fascinant d’ambiguïté. La scène centrale du ballet est une merveille, un moment de cinéma et d'art total unique.
Mais le film est passionnant et réussi du début à la fin, vaste fresque inoubliable et généreuse sur l'art et le monde des artistes. Un chef-d’œuvre, et probablement le plus grand film de Michael Powell, seul ou avec Emeric Pressburger.
Considéré comme culte, ce film dense et foisonnant de 1948 nous plonge dans les coulisses d’une compagnie de ballet et de tous les excès de son fondateur, Boris Lermontov (Anton Walbrook). Tourné dans un magnifique Technicolor, Les chaussons rouges est une réflexion sur les ressorts de l’art et la création qui multiplie les mises en abîme. Bénéficiant de décors somptueux, qui ne sont pas sans évoquer l’art des surréalistes, le film est particulièrement impressionnant dans une séquence centrale d’une quinzaine de minutes, qui nous plonge littéralement au cœur de la première du ballet des Chaussons rouges, et dans laquelle se mêlent avec une impressionnante fluidité et un sens du mouvement évident la réalité et la fiction.
2 oscars, classé parmi les 10 meilleurs films de tous les temps par la presse française...waw! Mais j'ai dû m'y reprendre à 4 fois pour arriver au bout de ce drame romantico-musical. Oui, il y a cette séquence de 20 minutes de ballet qui est bien troussée, oui pour l'époque ça pouvait sembler novateur (style musical, style de ballet) et puis il y a un scénario homéopathique, certains acteurs qui surjouent à fond, une imagerie de la côte d'azur sortie tout droit d'un catalogue de vacances des années 50, des bons sentiments, une fin heureuse. Bref un film à réserver aux amateurs de chromos vintage et aux insomniaques (très efficace)
Une plongée lucidement amère, cruelle dans le quotidien d'une troupe de ballet dont les sacrifices, l'engagement, la passion créent néanmoins pour le public et les artistes mêmes des moments fascinants, suspendus. A travers le conte des souliers rouges ou la musique emblématique du Lac des Cygnes s'incarne la douloureuse réalité d'une danseuse étoile, vouée à consacrer son corps mais aussi son âme à son talent, quitte à en mourir... Porté par une enivrante musique, des acteurs impliqués et une mise en scène fluide, ce drame de la passion s'abstient de tout moralisme, illustrant la folie ou le génie dans l'immodération ou l'intransigeance. De la violence d'un dilemme indécidable...
Vicky (Moira Shearer) et Julian (Marius Goring) sont engagés dans la troupe de ballet du renommé Lermontov (Anton Walbrook), respectivement en tant que danseuse et compositeur. Lermontov est très exigeant. Il décide de monter le ballet “Les chaussons rouges” avec Vicky comme danseuse principale. Pour l’époque, j’ai trouvé très réussi l’esthétisme des effets spéciaux, ils sont très bien faits, la façon de filmer est moderne. Les scènes de ballet sont magnifiques, en particulier le déroulement des “Chaussons rouges”. Les personnages sont approfondis. Seul petit regret : le scénario ne présente pas énormément de bouleversements / surprises.
Une superbe variation autour du conte d’Andersen avec une mise en scène particulièrement inventive : un imprésario caractériel décrète l’incompatibilité de l’Art et de l’Amour, surtout quand il s’agit de la danseuse qu’il convoite (?). Cela donne un spectacle de danse d’anthologie, avec des plans et des effets spéciaux sublimes, des virées à Londres, Paris et Monte-Carlo, et un scénario qui s’intensifie crescendo jusqu’au drame final. Seuls points faibles : le film met du temps à démarrer, avec un humour parfois benêt. La mise en scène est d’avant-garde, sauf la scène à l’hôtel où les amoureux dorment dans des lits séparés : un film actuel estimerait indispensable de donner des détails précis sur la façon dont ils s’accouplent.
Un formidable mélo sur la danse classique qui a influencé Black Swan.des images magnifiques.La Côte d' azur des années 40.Inspiré d' Andersen, des acteurs excellents, un drame de l' ambition et de la jalousie