On s'ennuie souvent ferme devant cette adaptation d'une des séries historico-policiéres les plus attachantes de la télévision française. La (les) trame (s), à vouloir trop mélanger les épisodes (Bonnot, Les Emprunts Russes, Jean Jaurès... ) se perd, nous perd et transforme la justesse historique qui était un des points forts de la série éponyme en un "spectacle" bâclé, aux facilités et invraisemblances permanentes.
Au rayon des erreurs de casting, on trouvera le tour de force de placer un des meilleurs acteurs français (Thierry Frémont) dans un rôle de psychopathe anecdotique et caricaturé, et un des pires (Clovis Cornillac, toujours aussi inaudible et monocorde) dans le rôle principal, celui du commissaire Valentin, qui perd du coup ici tout charme, toute force et toute crédibilité.
Ajoutez à ça un Olivier Gourmet (en inspecteur Terrasson) qui attendra les 5 dernières minutes (et un pique-nique) pour être enfin à l'aise avec le rôle et l'accent originels, un Jean Jaurès très bien physiquement mais massacré au niveau interprétation, et même une Diane Kruger belle et talentueuse mais trop froide pour être honnête, en tout cas pas à sa place face à un Cornillac qui sous-joue.
Heureusement, il y a d'heureuses surprises, comme les décors et costumes très travaillés et, eux, très fidèles, l'évidence du grand talent d'Edouard Baer magnifique en Pujol pourtant là aussi peu fidèle à l'original, la toujours excellente Lea Drucker ou Jacques Gamblin, trop tôt disparu du film.
Quand au sympathique Jugnot en commissaire Faivre, c'était sans doute une plaisanterie de mauvais goût, mais, heureusement, ses scènes sont réduites à 3 apparitions de 2 minutes.