Un quasi huit-clos étouffant, un climat d'angoisse qui s'installe rapidement et qui reste omniprésent pendant toute la durée du film. Le personnage de Rocco campé par un Edgar G. Robinson en plein forme est excellement décrit, un loubard semi-déchu et d'une intelligence très moyenne. Quant à Bogart, il est parfait jouant un anti-héros nonchalant. En revanche Lauren Bacall reste assez terne et se contente de presque de sa seule présence. Côté second rôle si Lionel Barrymore est assez pénible, en revanche Claire Trevor en pocharde est excellente. La mise en scène est au cordeau, la photographie magnifique, la musique de Max Steiner superbe. Rien que du bon nonobstant quelques longueurs et une scène ratée (celle ou Claire Trévor pousse la chansonnette) .Le dénouement, prévisible est remarquablement mis en scène sans longueurs inutiles. Un très bon film noir
Grand film qui ne devait être qu'un petit film de la Warner, à budget limité : les scènes d'ouragan sont repiquées à un autre film. Interprétation magistrale, metteur en scène qui filme juste sans appuyer sur des effets inutiles. Un film noir qui est bien plus qu'une histoire de gangsters.
Le personnage du commandant joué par Bogart a été un héros dans la guerre qui vient de se terminer, il est commandant, décoré, mais il ne trouve plus sa place dans la société. Directeur de la publicité dans un journal, ce métier futile ne lui a plus convenu à sa démobilisation. Depuis, il végète.
Bien pire : il trouve les crapules d'avant guerre de retour, avec les mêmes ambitions criminelles et une arrogance formidable : l'avenir s'ouvre à eux. Les citations que fait le commandant, reprises par le grand père, je suppose qu'il s'agit de discours de Roosevelt qui avaient fait espérer. Ensuite, après un grand massacre mondial, rien de nouveau. Les méchants se sont juste planqués et reviennent triomphants. D'accord, Rocco est tué à la fin, mais, comme le dit le commandant, il y a tant de Roccos.
Un huis clos très intéressant, servi par des acteurs de qualité. Je retiendrai, notamment, plusieurs scènes mémorables, grandement soutenues par l'excellent Johnny Rocco qui sait, à la perfection, se donner des allures de gangster, quoique sa mort ne soit guère à la hauteur du portrait que l'on nous brosse pendant tout le film. L'intrigue est intéressante, la romance a le bon goût de ne pas être trop voyante, ce qui nous évite ces scènes plates et lisses d'amants entrelacés dont on aime ordinairement nous montrer la mièvrerie. Toutefois, je regrette la vacuité psychologique de certains personnages : Bogart ne compte, pour s'imposer à l'écran, que sur son charisme. Certes, il en a, mais un rôle plus profond eut été un avantage. Idem pour Lauren Bacall, dont le personnage est campé au détour d'une scène mineure et qui ne se démarque que par l'attirance immédiate à laquelle elle s'abandonne au premier regard jeté sur Franck, ce qui est des plus décevants. En somme, un film policier intéressant, dont l'intrigue tient debout, servi par une performance inégale des acteurs et qui aurait gagné à mieux approfondir ses personnages.
Si j'adore huston pour certains de ses films (notamment pour le magnifique L'Homme qui voulut être roi) j'ai du mal par contre avec des oeuvres tels que Le Faucon Maltais ou maintenant avec Key Largo. Dès les premières minutes Key Largo m'a moyennement passionné et je dois avouer que très rapidement je n'ai regardé ce film que d'un oeil (l'autre étant sur un roman).
Key Largo est sans doute l’un des meilleurs huis-clos qu’il m’ait été donné de visionner jusqu’à présent. L’histoire est envoûtante et extrêmement prenante du début a la fin. La mise en scène de John Huston est magistrale, mais aussi assez nerveuse – notamment lors des séquences dans l’hôtel au plus fort de l’ouragan. De plus, la photographie de Karl Freund en noir et blanc est absolument magnifique et accentue la tension que ce long métrage possède. Au niveau de l’interprétation, c’est tout simplement du très grand art, le mythique duo Humphrey Bogart – Lauren Bacall, qui tournait malheureusement pour la dernière fois ensemble, est superbe. Comment ne pas parler aussi du personnage de Johnny Rocco qui est interprété de manière magistrale par Edward G. Robinson, qui possédait ici un rôle de gangster à la hauteur de son immense talent. Précisons également l’excellente interprétation de Claire Trevor dans le rôle d’une alcoolique, qui lui valu un oscar de la meilleure actrice dans un second rôle, une récompense pour le moins mérité. Pour conclure, je dirai qu’il s’agit sans aucun doute d’un des meilleurs films des années 40 et qu’il peut-être considérer à juste titre comme étant un classique du film noir. 19/20
Il y a l’atmosphère chaude des tropiques, la tension de l’enfermement, la menace de la tornade. Tout est réuni pour un excellent huis clos où le danger met à l’épreuve le courage des hommes. La présence des trois acteurs mythiques rajoute évidemment à ce film rempli de suspense.
Key Largo est une œuvre qui est restée dans l’Histoire du cinéma. Cela aurait pu ne pas être le cas car John Huston n’aimait pas la pièce de théâtre qu’il adaptait ou du moins la manière dont son auteur, Maxwell Anderson, la traitait. Heureusement, il bénéficie d’un casting prestigieux mettant en scène le couple Humphrey Bogart-Lauren Bacall (dont c’est le dernier film ensemble), un Edward G. Robinson qui arrive à leur voler la vedette, Claire Trevor et Lionel Barrymore. Cette distribution alliée à la réalisation classique mais pleine d’efficacité de Huston, associée à une vision positive des amérindiens peu commune à l’époque qui lui permet de ne pas être trop démodé, réussit à rendre ce quasi huis-clos (aspect provenant de son origine théâtrale) prenant de bout en bout et d’être toujours plaisant à suivre même s’il n’est probablement pas la plus grande réussite du duo Huston-Bogart ou du couple Bogart-Bacall.
Un huis-clos sous tension signé John Huston !! "Key Largo" , c'est le nom d'un hotel ou vient séjourner au bord de la mer différents personnages mais ça ne sera pas reposant puisque, un soir de tempète, un groupe de gangsters prennent en otages les résidents. L'un des habitants revient de la seconde guerre mondiale et la prise d'otages du soir sous des orages violents revelera ce qu'est capable ou non un ètre humain face au danger. Je vais commencer par le seul défaut de ce film, j'ai trouvé "Key Largo" un peu trop bavard, trop de dialogues entre les personnages. A part ça, il y a l'atmosphère pesante de l'intrigue qui est palpitante. La mise en scène de John Huston nous captive et le cinéaste est très malin de faire essentiellement ce long métrage dans des décors intérieurs, ça coute moins cher. J'avais envie de découvrir ce filml pour le couple Humphrey Bogart et Lauren Bacall qui sont excellents mais la palme revient à Edward G; Robinson en chef gangster odieux. Ajoutons dans les seconds roles les présences de Lionel Barrymore et Claire Trevor. Pas Mal.
Réviser ses classiques est souvent un bon passe-temps distrayant d'une actualité inquiétante. Mieux que le très tardif Prizzi's, voilà un parfum de travail bien fait dans une période faste du grand réalisateur que fut Huston. Bien sur, rien de nouveau devant nos yeux aguerris, rien que du film noir, rien de plus glamour qu'un couple mythique Bogart/Bacall, rien d'autre qu'un ouragan menaçant et des indiens maltraités, et au final la lutte des bons contre méchants. La rédemption et le courage, on a déjà vu, mais si bien joué et mis en scène, on en redemande régulièrement. DVD vo - mars 22
On prend un certain plaisir à découvrir ce film, notamment grâce à sa distribution, que des pointures, un certain plaisir mais pas totalement accompli, peut-être parce que le film est tiré d'une pièce de théâtre et qu'il en respecte tous les codes; ce qui donne un huit clos avec des va et vient, des gesticulations mais peu d'ampleur. Edward G.Robinson reprend son rôle de truand cruel et sans pitié, mais son interprétation frôle la caricature. Bogart plus en retenu, joue la force tranquille, celle du soldat qui en a vu et qui ne se laisse pas impressionner si facilement. Bien naturellement, le couple à la ville comme à l'écran fait une fois de plus des étincelles. Un film passé à la postérité avec le temps, mais, qui reste en dessous de certains autres films noirs, comme on les nommaient dans cette période.
Dernier des 4 films du duo Bogart-Bacall et surement le moins intéressant pour ce qui est du travail sur le couple et sur ses enjeux de cinéma. Huston ne joue pas dans la même catégorie que Hawks . En revanche le dispositif théâtral lui convient parfaitement dans ce qu’il renforce son attachement à concentrer sa mise en scène sur ses seuls personnages, qu’il confie aux bons soins de comédiens qui ne se font pas prier pour délivrer leur petit numéro. A cet exercice qui ne s’encombre pas de nuances, C’est plutôt Claire Trevor en alcoolique et HG Robinson en gangster brutal et sans scrupules qui assurent le spectacle dans ce qui ne demeure qu’un simple bon Film Noir.
Très bon film de gangsters, admirablement joué, surtout le rôle de "Rocco". La tension est palpable tout du long, la musique offre une ambiance folle avec la tempête qui menace et la ruse des personnages pour obtenir la vie sauve, un verre ou autre... Beaucoup de trouvailles et de scènes mémorables ! On appréciera au passage les regards tantôt passionnée, tantôt reprocheurs de Lauren Bacall pour Humphrey Bogart ! Un très bon film !
Un bon Drame en N&B de la vieille école dirigé de main de maître par John Huston. Même si ce polar n'a pas trop mal vieilli, j'ai été un déçu par la forme de ce film pratiquement tourné en huis clos, dans un Hôtel de Key Largo, petite île au sud de la Floride. Ce polar très classique nous conte une histoire ou la tension monte graduellement jusqu’à un final assez attendu. L'intérêt premier pour ce film noir ne tient pas à son scénario mais à la distribution de ses rôles attribués à un prestigieux trio d’acteurs. Lauren Bacall crève l'écran avec un rôle pourtant marginal, un excellent et charismatique Humphrey Bogart, et un Edward G. Robinson fabuleux dans le rôle principal de Johnny, un gangster grandement antipathique.
Le temps d'un ouragan qui les tient enfermés dans un hôtel de Key Largo, petite île de Floride, une poignée de personnages sont les sujets d'un huis-clos brutal et névrotique. Le gangster Johnny Rocco et sa bande retiennent en otage dans l'hôtel les présents au mauvais moment, dont Humphrey Bogart, militaire tout juste revenu de la guerre. Comme attendu, la promiscuité forcée a pour objectif d'éclairer, au-delà des apparences, la personnalité de chacun, telle la vanité presque enfantine du cruel Rocco ou, plus frivole, la façon peu équivoque avec laquelle un de ses hommes manipule son révolver. Dans le rapport dominants-dominés qui s'est mis en place se dessine un thème plus général : la notion de courage et comment il s'exprime. Irraisonné comme celui du pourtant vieux et infirme patron de l'hôtel, lucide pour ce qui est de McCloud-Bogart, au point de passer pour de la lâcheté. John Huston n'en rajoute pas, ne donne pas l'artifice, et ses personnages sont intéressants dans leur simplicité. Le récit découvre alors une réelle intensité dramatique à laquelle ne sont pas étrangères l'habileté du montage et la précision des cadrages du cinéaste, sources d'énergie du huis-clos. L'interprétation, Bogart et Edward en tête, est superbe.