Hôtel du Nord
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Yasujirô Rilke
Yasujirô Rilke

272 abonnés 1 059 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 mai 2008
Dans les échos d’«Hôtel du Nord» (France, 1939) de Marcel Carné, c’est le titre d’un film d’Henri Decoin qui résonne à l’esprit et dans lequel joue également Jouvet : «Les amoureux sont seuls au monde». Mais il y a très peu d’autres analogies à conter entre Carné et Decoin, le premier se faisant bien plus illustre que le second. Cette fameuse réputation que détient Carné provient de son style de mise en scène (aux dépens des décors de Trauner ou du jeu des acteurs), tout autant que de l’allégresse rythmée des dialogues de ses scénarios. L’«Atmosphère ! Atmosphère !» débité par Arletty conserve son humour non pas tant pour la pirouette de la réplique que pour le rythme vulgaire avec lequel elle est dite. Echange de rythme, match de tempo, le film se fait le canevas sur lequel brodent les cadences de chaque acteur. Cette notion de rythmique sémillante propre au cinéma français de l’époque, où les acteurs viennent du théâtre populaire, n’a rien d’essentielle à «Hôtel du Nord», elle n’a de fonction que de relever la profonde mélancolie du film, au risque d’en voiler, justement, l’atmosphère joviale. Réalisé en 1939, alors que la France entre en guerre contre l’Allemagne, Carné fait du «réalisme poétique» le tissu d’un désespoir national dans lequel s’exprime toute une ambiance d’époque. Les habitants de l’Hôtel du Nord sont un échantillon de la vox populi. De ces ingrédients humains, Carné en extrait un film léger autant qu’il se peut grave. Avant la drôlesse de la réplique d’Arletty, Jouvet lui apprend qu’où qu’il soit, ça n’ira pas. Le malaise des personnages prétexte la joie des dialogues, mais il est également nécessaire à la résurrection de chacun. Jouvet incarne cet être du malaise et de la mélancolie. Il lui faut quitter le personnage d’Arletty pour que celui de Blier retrouve un amour et ce n’est que mort qu’il peut enfin combler Annabella. En vue d’«Hôtel du Nord», ce ne sont pas que les amoureux qui sont seuls au monde.
Teresa L.
Teresa L.

21 abonnés 148 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 avril 2014
Il y a du bon, même du très bon. Mais pourquoi toujours casser le rythme? Annabella fut une star à l'époque mais ce n'est pas ce qu'on retient du film aujourd'hui, plutôt le bon sens faubourien d'Arletty (plutôt qu'"Atmosphère, atmosphère..." c'est la fin de la tirade qu'il faut célébrer), l'irradiante Paulette Dubost, François Périer dont l'homosexualité est donnée à comprendre par petites touches, ainsi que l'impression de vérité donnée par le sordide Hôtel du nord.
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 septembre 2023
Dès les premières minutes Marcel Carné impose son style très "réaliste poétique" mais on remarque aussi que le trio Carné-Jeanson-Aurenche ont pris énormément de libertés avec le roman originel. Ils ont mélangé et/ou mixé les personnages et leurs caractères, ils ont atténué un peu la noirceur du livre et surtout ils ont un peu arasé les tragédies que subissent les femmes, ou plutôt ils suggèrent plutôt que le montrer frontalement, jusqu'à une grande partie des dialogues qui sont justement essentiels dans le film. Evidemment, quand on parle dialogue on pense forcément à la mythique tirade de Raymonde alias Arletty qui est désormais entrée dans la panthéon du cinéma français. Il faut aussi rappeler que les acteurs ne sont pas pour rien dans la mise en valeur de l'écriture, Louis Jouvet et son flegme inquiétant et faussement détaché et surtout la gouaille de Arletty transcende les répliques. Derrière ces mots d'auteur il y a pourtant tout un monde, toute une France d'alors qui est dépeinte avec ses ouvriers, ses gens d'en-bas, tout une société réunie dans un hôtel façon microcosme où les femmes tentent d'exister et de croire au bonheur. On laissera le dernier mot à Arletty qui dira du film : "Rien n'est démodé dans ce film. Pas une phrase. Pas un mot. Ce n'est pas de l'argot - l'argot se démode - ce sont des images. Il n'y a rien à retirer, rien à y remettre. C'est un morceau "fait", une partition."
Site : Selenie.fr
Hotinhere

790 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juillet 2021
« Atmosphère, atmosphère est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ?».
Grand classique du cinéma français, une chronique désenchantée aux dialogues sublimes, servis par la gouaille d'Arletty et l'éloquence de Jouvet.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 895 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 juillet 2021
Quel dommage que le débit rapide comme une mitraillette d'Arletty rende certains dialogues incompréhensibles. Sinon le scénario est plutôt dérangeant voire scabreux pour l'époque. Elle et Louis Jouvet vole la vedette au couple principal. Pendant ce temps, la caméra évolue avec la légèreté propre à Carné, et enveloppe le Paris populaire de l'époque. Tout lâcher et partir à Port-Said, quelle atmosphère tout de même! Et qui a de la gueule. Les décors sentent le reconstitué, mais avec l'ambiance gouailleuse est là, la poésie et les beaux sentiments aussi. Bientôt les enfants iront au Paradis. TV1 juillet 21
Marc Taton (Belgique)
Marc Taton (Belgique)

42 abonnés 1 030 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 décembre 2024
Sans nul doute le film le plus connu (avec le quai des brumes) de Marcel Carné. Le duo Louis Jouvet et Arletty crêvent littéralement l'écran, on retrouve également Bernard Blier qui commençait sa carrière. Les dialogues de cet Hôtel du Nord sont excellents, ils ne se limitent pas au fameux "atmosphère, atmosphère est ce que j'ai...". Il faut également souligner les décors absolument fabuleux, l'entièreté du film a été tourné en studio, et on ne s'en rend pas forcément compte. 8/10
Renaud  de Montbas
Renaud de Montbas

37 abonnés 683 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 juillet 2021
"Hotel du nord" est considéré comme un monument du cinéma français et je vais donc commettre une espèce de crime de lèse majesté. Après avoir vu bon nombre de films de l'époque, ce melo très typique des années 30/40 ne parait pas très au dessus du lot, j'en ai vu des meilleurs. Evidemment on ne peut qu'applaudir à 2 mains (et c'est un minimum) les prestations de Louis Jouvet et d'Arletty qui sont servis par la partie la plus croquignolesque des dialogues mais à côté de ca l'histoire elle même (banale) et les scènes entre Annabella et Jean-Pierre Aumont (bien mièvres) plombent le film. 3 / 5
maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mai 2022
Hôtel du Nord de Marcel carné n'est pas de ces films de postures ! Ici, on parle vrai, non pas pour déclamer de grande vérité, ou pour établir de grands principes, non, on ne pavane pas de cela dans ce coin là. Hôtel du Nord est plutôt du genre à vouloir restituer la splendeur de cette vie de quartier, de son phrasé, de sa gouille, à nouer des destins, le tout, dans une joie et une tristesse folle ...

Pour moi qui aime tant les conversations entremêlés lors de grand gueuletons je suis ici servis, d'entrée de jeu qui plus est. On mange, on boit, on se chambre, on rigole, on cause de nos vies et de celles des autres, certaines associations viennent se graver quelque part, ici et là, un peu comme celle-là : " - C'est pas de la peur, mais des souvenirs ". Que dire de plus ? Toutes les mentions sont là, sans trop en raconté, il y'a tant de justesse dans tout çà.

Je pars un peu dans touts les sens il vrai lors de ses quelques lignes. Car avant d'entrée dans cet Hotel et de nous retrouver autour de cette table, il y'a un autre petit voyage tout aussi somptueux à voir. Je parle bien sur de ce canal, de ce banc, dans ses envolées avec caméra que l'on redécouvrira plus tard, dans son final. Si les personnages sont si étourdissants, le cadre à aussi son mot à dire.

Pour poursuivre vers nos protagonistes, ils et elles ont de la gueules ! Au propre, comme au figuré. La vie passe par la mort et la mort par la vie, personne ne fais de chichi là-dessus, une génération fragile et forte de ses capacités et de ses errances qui ne cessent de se hisser vers des triangulations émotionnels qui dans le sang et la pensée raconte tout un panorama de tronches inoubliables. spoiler: Edmond / Paulo / Robert, ou peu importe le patronyme qu'il dessert tiens d'office le pompon à ce petit jeu. Renée, Raymonde, Louise, Adrien et Prosper, comme tout les autres sont également saisissant.
Marcel Carné contemple homme et femme qui émette des souhaits, réprouvent, chutent, se relèvent, qui vivent et qui meurt avec poésie et donc Art, dans une rêverie immortelle car réelle.

" - Le bonheur et vous sa fait deux. "

J'en reviens à sa sincérité, à sa pudeur aussi, jamais un " - Je t'aime " n'aura été aussi soumis à une désinvolture et un à un sens profond pour répondre autant de sa tendresse que de sa tristesse. On esquisse un sourire et voilà qu'un autre sentiment lâche à coté. J'aime que l'on se foutent des convenances, de registre, d'idée en la matière pour complètement embrassé fiévreusement et ceux à bras le corps ce franc parler qui raconte tout. Je me répète, je le sais, mais que c'est beau !

Un classique !
Fabios Om
Fabios Om

71 abonnés 1 330 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 décembre 2021
Un film plutôt agréable et intéressant à regarder tre souris car je ne penser pas que j'allais aimer ce film de par sont histoire la façon dont elle est raconter et de ce que j'en connaissait avec le fameux passage de Arletty avec sont très célèbre, culte ATMOSPHÈRE . Finalement même si elle a une voix un peuxvzigue a la limite du supportable, il faut bien reconnaître que c'est une bonne actrice, l'histoire comporte quelle chose qui feront sourire le spectateur, des réplique pas mal trouver . donc non franchement pas mal du tout .
des fois histoire sombre dans une romance un peu gnangnan à base de déclarations enflammées malheureusement. Réalisme français des années 30. Arletty et Louis Jouvet sont tous simplements magnifiques je trouve la dernière 1/2 heure plus longue et moins distrayante. Il y a à la fois du drâme et de la comédie.

résumer ;

Un hôtel modeste au bord du canal Saint-Martin abrite une clientèle bigarrée. Pierre et Renée, un couple d'amoureux, décident d'en finir avec la vie. Ce qui va s'avérer plus difficile que prévu. Un autre couple, M. Edmond, mystérieux homme, et Raymonde, une prostituée, vont se mêler à l'histoire des amoureux désespérés.
pasmaldutout
pasmaldutout

54 abonnés 138 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 mars 2026
Dans Hôtel du Nord, il y a une mélancolie qui traverse tout le film et qui en fait bien plus qu’un simple classique du cinéma français. On y sent battre le cœur d’un Paris populaire disparu — celui des bords du canal, des petites chambres et des cafés remplis où se croisent les gens du quartier, les amants et les marginaux. La mise en scène, en apparence simple, dirige ce petit monde comme une chorégraphie faite de regards et de silences. Le décor lui-même devient un personnage.
Ce qui marque d’abord, c’est l’atmosphère : la brume du canal, les lumières de fête, les jeux d’ombres dans les couloirs créent une ambiance à la fois réaliste et poétique. Le film joue constamment sur le contraste entre la dureté du quotidien et une forme de tendresse discrète. Une phrase, un geste ou un ton de voix suffisent à faire surgir l’émotion, le drame ou l’humour. On devine derrière chaque personnage une vie abîmée, des rêves trop grands pour ce cadre modeste, mais tout cela reste suggéré, jamais forcé.
Les personnages sont l’autre grande richesse du film. Même ceux qui ne font qu’apparaître un instant donnent l’impression d’avoir toute une histoire derrière eux. On retrouve dans leurs échanges de la gouaille, de l’ironie, cette façon de cacher la fatigue et la déception sous la plaisanterie. Les acteurs créent des figures à la fois typiques et uniques, familières mais jamais caricaturales. On a l’impression d’entrer dans un lieu où tout le monde se connaît, où les histoires circulent de bouche en bouche.
Les dialogues sont vifs, drôles, parfois cruels, mais toujours justes. Certaines répliques sont devenues célèbres, pourtant elles gardent leur force quand on les réentend. Ce ne sont pas seulement de « belles phrases » — elles révèlent les rapports entre les personnages, leurs blessures, leurs défenses. L’humour n’efface jamais l’émotion ; il la rend au contraire plus humaine.
Visuellement, le noir et blanc semble fait pour cette histoire. L’image joue sur les contrastes sans chercher l’effet : elle capte une lumière, une atmosphère, un temps en train de disparaître. Le canal n’est pas un décor de carte postale, mais un lieu de passage, entre immobilité et départ. Le film exprime ce sentiment d’attente, comme si tout le monde était au bord de quelque chose — d’un amour, d’un drame ou d’une fuite.
Ce qui rend Hôtel du Nord si touchant, c’est sa façon d’allier la dureté et la douceur.
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

253 abonnés 2 690 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 février 2021
Hôtel du Nord est un film globalement bon, même s'il faut être honnête, ce film est essentiellement connu grâce à la réplique culte d'Arletty « Atmosphère ! Atmosphère ! ». Le film est servie par une très bonne distribution : Louis Jouvet, Arletty, Bernard Blier, ... et l'interprétation est à la hauteur des noms sur l'affiche. L'intrigue tient bien la route et les relations entre les différents personnages de passage à l'hôtel du Nord à base de secret et de non-dits est séduisante. On retrouve le vieux Paris des années 30. Après, ce n'est sans doute pas le film que je retiendrais si je devais en retenir un film de cette époque. Mais ça reste plaisant.
Parkko
Parkko

191 abonnés 2 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 décembre 2011
Premier film de Marcel Carné que je vois. J'ai vraiment beaucoup apprécié les dialogues, c'est très bien écrit, les répliques fusent, il y a bien sûr la célèbre réplique d'Arletty (j'avoue avoir notamment regardé ce film pour l'entendre !). Après y a un côté très romanesque dans le scénario qui ne me parle pas forcément, enfin disons que c'est un peu too much pour moi, mais bon. Heureusement le scénario ne repose pas seulement sur ça mais aussi sur une galerie de personnages intéressants. Bref, j'ai plutôt bien aimé.
JR Les Iffs
JR Les Iffs

101 abonnés 1 151 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 mai 2019
Qualité française ! C'est, malgré tout, un bon film de Carné. C'est aussi comme un document d'époque, d'une époque révolue (1938), mais tellement française, avec les petites gens, ouvriers, cafetier, etc. La vie dans un quartier populaire de Paris.
L'histoire est simplette, genre mélo, mais l'intérêt du film, ce sont les personnages si caractéristiques, joués par de bons acteurs, que dominent bien sûr Louis Jouvet et Arletty. De très bons dialogues de Janson, et une belle photographie en noir et blanc. Et c'est aussi très bien filmé, en extérieur, comme en intérieur.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 28 janvier 2019
Magnifique anthologie du cinéma, un scénario qui commence en intrigue dramatique, du romantisme mélancolique et un style visuel l’accompagne avec ces jeux d’acteurs pensifs. Des misérables fiancés par les aléas de la vie veulent en finir, unis pour le meilleur et le pire dans la tragédie. spoiler:
La peine encourue pour tentative d’assassinat est la réclusion criminelle à perpétuité, on ne plaisante pas avec ça dans cette ambiance festive, la veille du 14 juillet. spoiler:
L’échec des preuves apportées devient un non-lieu, la sortie de prison et spoiler:
le retour du cours normal redonne espoir en l’amour de la vie. L’homme mystérieux clientèle de « l’hôtel du Nord », planque de miteux populaire et des rencontres bigarrées, spoiler:
un témoin du crime maladroit qui préfère le camoufler au lieu de le dénoncer, le mac réglera ses comptes avec son entourage et ce passé qui ne cessera de le pourchasser clandestinement. spoiler:
Ce chef-d’œuvre achevé possède une de ses drôles de tête d’atmosphère avec ces dames au travail du trottoir, de sacré caractère, l’époque 1938 était la vieille France, au bord du canal Saint Martin intemporel peuplé de clochard. Une cohérence de dialogue échangé bien plus mythique que la publicité autour rien que pour le faire découvrir de cette façon, une réaction se laisse envahir, c’est l’émotion recherchée.
real-disciple
real-disciple

114 abonnés 1 024 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 septembre 2011
Le film est beau (décors, acteurs, scénario, photographie), les dialogues sont justes de véritables perles, peut-être le plus beau film dialogué mais je ne retiendrai pas la fameuse phrase "gueule d'atmosphère" que je ne trouve pas exceptionnelle car il y en a plein d'autres dans le film beaucoup mieux mais je pense que c'est par snobisme qu'on la reprend. Ce qui peut rebuter c'est la difficulté de saisir le langage d'Arletty, sa gouaille peut vite lasser surtout mélangé avec de l'argot et on a du mal à comprendre ce qu'elle dit. Louis Juvet est juste superbe de sobriété et quel charisme...Quant à Bernard Blier, toujours excellent. Hotel du Nord est un film à voir, car c'est du bon cru français, mais je préfère Le Jour se lève.
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