Ce troisième opus est surprenant. En effet, il est aussi dynamique et haletant que les précédents, mais on y ajoute une dimension psychologique. Le personnage principal, Lau, l'infiltré chez les policiers, est très tourmenté, et cela se traduit à l’image par des visions des différentes personnes mortes dont il est en partie responsable, ce qui nous trouble dans la compréhension de l’histoire. Le film a une chronologie très floue, ne faisant qu’alterner entre l’avant-mort et l’après-mort de Yan vu dans le premier volet. Le film nous perd, tout comme le personnage principal, qui est lui-même perdu avec ses visions et ses remords. À la fin, on ne sait même plus qui est infiltré ou clean, tant le personnage de Lau est confus, dans une scène finale déroutante. En point d’orgue, on a le personnage de Yeung, qu’on pense corrompu tout au long du film. Cela s’avère ambigu, car le final montre que Lau projetait sa propre image sur ce dernier, il veut obtenir une rédemption et devenir un flic intègre, mais il est toujours rongé par son passé d’infiltré. On assiste aussi au développement de certains personnages jusque-là secondaires, comme la psychologue, qui nous permet de voir que la douleur mentale de Lau et celle de Yan sont très semblables, malgré leur opposition totale.
Le film est peut-être le plus brouillon de la saga, mais c’est sûrement le plus intéressant et innovant.