Broken Flowers
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442 critiques spectateurs

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Audrey L

829 abonnés 2 871 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 avril 2021
Une jolie petite lettre rose sans signature annonce à un vieux célibataire qu'il a un enfant caché depuis vingt ans, ce qui pourrait passer pour une mauvaise blague ou une erreur de tri postal. Mais voilà, dans le doute, le vieil homme prend un crayon et une feuille, et tente de se rappeler ses conquêtes féminines de l'époque, pour leur rendre visite et vérifier par lui-même si la lettre est justifiée. Broken Flowers de Jim Jarmush est un joli film d'enquête à la romance fanée, comme les fleurs que Bill Murray garde dans son salon pour mettre en confiance ses coups d'un soir (la maison-type d'un Playboy sénior), qui réussit à nous intéresser assez pour regarder avec son personnage principal si l'on ne voit pas de traces d'enfants ou d'ados dans les maisons visitées, sur une BO très sympathique. On prend plusieurs fois la voiture avec des airs entraînants d'éthio-jazz (on ne connaissait pas ce genre de musique, tout à fait plaisant) interprétés par Yegelle Tezeta, des séquences que l'on aime retrouver entre les visites de maisons. En plus de ces transitions intéressantes pour relier chaque étape du road-trip, on découvre le thème musical There is an end (de Holly Golightly and The Greenhornes) qui nous envoute de ses paroles lascives et de sa mélodie facilement mémorable. Mais si Broken Flowers est une réussite dans le choix et le montage de sa bonde-son, on reste assez déçu de la linéarité de l'intrigue (une maison, une enquête, pas d'enfant, direction l'autre maison, etc...) et surtout de la fin spoiler: qui nous abandonne sans réponse
. On se sent carrément laissés en plan au milieu d'un début de solution (avec la découverte spoiler: du jeune homme
, dont on ne sait pas s'il pourrait avoir un lien avec l'enfant qu'on cherche), et l'on a eu beau fouiller les interviews du réalisateur, ce dernier prend un malin plaisir à ne pas révéler quoi que ce soit sur le final ("Je n'aime pas dire aux spectateurs ce qu'ils doivent penser", d'accord, Jim, mais dis-nous quand même s'il a un enfant ou si la lettre était une erreur... Merci pour ceux qui ont enquêté pendant deux heures). On s'imaginera donc ce qu'on veut, avec toujours cette amertume de ne pas être sûr d'avoir raison (on apprécie les fins ouvertes à interprétation, mais pas forcément celles qui nous demandent de conclure tout le scénario nous-mêmes, sur le ton d'un "débrouillez-vous"). Nos oreilles se sont offert une belle balade en voiture avec un Bill Murray toujours aussi bon pour les répliques cyniques, mais on s'est un peu agacé d'être lâchés à un doigt de la solution. "Pas sympa, Jim", et on le dit avec des fleurs.
Alasky

464 abonnés 4 736 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 mars 2017
C'est du Jarmush, donc sans grande surprise, évidemment, et ça ne plaira pas à tout le monde. Bill Murray est génial, j'adore cet acteur, j'adore ses choix, sa tête blasée qui colle bien à l'ambiance du film. Si vous cherchez un film d'action, fuyez, si vous êtes ouvert à tous les genres, je recommande le visionnage.
Santu2b

314 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 janvier 2015
"Pour Jean Eustache" ; la dédicace de Jarmusch à l'un des maîtres de la Nouvelle Vague au début de son "Broken Flowers" n'a rien d'anodin. Bill Murray y incarne un Don Juan à la façon de "L'Homme qui aimait les femmes" de François Truffaut. Autant dire que l'acteur, dans une nouvelle composition phare, porte le poids entier du film sur les épaules, surpassant de loin l'inégale brochette d'amantes que son personnage entend retrouver. Mais également pour le sentiment mitigé que nous procure cette nouvelle escapade jarmuschienne. Certes, la mélancolie est omniprésente et fait même plaisir à voir au sein de "Broken Flowers" mais on peine à retrouver une quelconque nuance déjantée, la fantaisie que l'on croyait enracinée au sein de la filmographie de l'auteur de "Dead Man". Le cinéaste avance sans traîner mais construit les choses à moitié, si bien que l'on se demande parfois où il veut en venir. Ne pas donner de réponses à une quête pour laisser le choix au spectateur est une chose, mais autant dévoiler ces mêmes blancs de façon intelligente. Frustrant, comme souvent.
kibruk
kibruk

198 abonnés 2 767 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mars 2014
"Broken flowers" est un road movie construit comme un film à sketchs. Chaque étape constitue une petite surprise de drôlerie douce amère. La fin est également très réussie. spoiler: Que l'on ne sache pas si finalement le fils existe ou pas donne une très belle dimension morale à toute l'histoire : la vie de cet homme déclinant aurait alors un sens. Et il va maintenant espérer à chaque instant cette rencontre... Est-ce une torture infligée par une ancienne conquête vengeresse ?
. Le scénario est donc très bon, et aussi Bill Murray... comme d'habitude.
dejihem
dejihem

155 abonnés 712 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 10 août 2010
Nettement en deçà de ses précédents films, Broken Flowers brasse si peu de sujets et provoque si peu d’impression que l’on est en droit de se poser la question suivante : pourquoi ce film a-t-il reçu le prix du jury au dernier festival de Cannes ? Pourquoi une vague interrogation d’un personnage joué (avec un laconisme professionnel) par Bill Murray sur le vide d’une existence sans affectif ni enfant débouche sur un ennui poli ? Et pourquoi les critiques « professionnelles » se pavanent et s’enhardissent dans de ronflants propos sur ce non-pensum ? Seul l’humour sauve ce film. Pour celui ou celle qui lit ces lignes et veut vraiment être secoué, mieux vaut aller voir « The bench », film danois de Per Fly.
Grouchy
Grouchy

144 abonnés 1 033 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 avril 2014
Le séducteur qui tente de raviver les braises du passé. Une petite leçon moralisatrice que signe Jarmusch, remplie de poésie visuelle. Le personnage de Murray, Don ( associé à Don Juan ), est forcé par son ami, maniaque de la vérité, de retrouver une ancienne conquête qui lui a annoncée par lettre qu'il a eu un fils. C'est donc avec une âme blasée que Murray repart à la rencontre de ces femmes, qui successivement vont de l'accueil chaleureux jusqu'à l'hostilité. Chacune d'elle est caractérisée par un décor différent, du modeste jusqu'au luxueux, du rustique jusqu'à la crasse, avec les motifs de fleurs et de la couleur rose, qui sont soit des subterfuges ou de vraies pistes. Il sera toujours conclu pour lui que tout cela est une mise en scène. Sauf que l'idée le suivra, jusqu'à devenir possédé par cette recherche du fils. Et c'est sur cela que le film s'arrête : l'enjeu n'est pas résolu, l'état d'esprit de Murray reste assez flou, avec une impression que l'intrigue est à peine entamée ! Non, le cinéaste termine sur une fin ouverte et une phrase de conclusion philosophique hâtive sur le passé/présent/futur. La facilité l'a emporté sur la complexité de l'intrigue romantique à structure de roman policier, ce qui est ennuyeux car la mise en scène de Jarmusch est intéressante, notamment sur le travail de ces symboles colorés et de son scénario particulier.
Cadreum
Cadreum

77 abonnés 830 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 janvier 2026
Qui est le film ?
Sorti en 2005, Jarmusch s’intéresse ici à un homme arrivé trop tard, à lui-même comme à ce qui l'entoure. Broken Flowers accompagne une Amérique fatiguée, prospère en surface mais intérieurement vidée. On y suit Don Johnston, ancien séducteur désormais rentier désœuvré, recevant une lettre anonyme lui annonçant qu’il aurait un fils de dix-neuf ans. L’intrigue promet une enquête, une réparation tardive, peut-être même une rédemption. Mais ce qui intéresse Jarmusch n’est pas la vérité de la lettre mais l’effet qu’elle produit ou plutôt ce qu’elle ne parvient pas à produire. La lettre rose ne sera jamais élucidée. Le fils ne sera jamais identifié.

Par quels moyens ?
Ici, Don Johnston devient le véritable vecteur de sens. Bill Murray incarne un homme figé, presque fossilisé : peu de gestes, peu d’intonations, un regard qui glisse sur le monde sans jamais s’y accrocher. Jarmusch filme cette inertie sans jamais forcer l’ironie. Le drame de Don n’est pas tant d’avoir perdu l’amour que de n’avoir jamais su le recevoir. Il a traversé ses relations comme on traverse des instants, les collectionnant sans jamais parvenir à les inscrire dans une durée.

Le voyage que Don entreprend obéit à une structure répétitive. Arriver, s’asseoir, parler, repartir. Les scènes se ressemblent presque trop, et c’est précisément là que le film travaille. Cette répétition produit une sensation d’usure. Le voyage n’est plus découverte mais protocole. Jarmusch filme les routes, les parkings, les salons comme des espaces interchangeables, soulignant que Don traverse les lieux sans y inscrire, là aussi, de durée.

Les femmes que Don retrouve ne sont jamais filmées comme des réponses possibles. Elles sont des contrepoints temporels. Chacune incarne une manière de vivre avec les traces laissées par Don. L’une s’accroche à une nostalgie adolescente, l’autre s’est réfugiée dans une relation professionnelle, une troisième a durci son rapport au monde, une autre encore a laissé la violence contaminer son quotidien. Don, lui, n’a rien composé. Il est resté identique. C’est là que le film devient cruel : les autres ont changé, parfois mal, parfois douloureusement, mais ils ont changé. Don est resté figé.

La couleur devient un élément central de la mise en scène. Le rose envahit le film. La lettre, les fleurs, les vêtements, les intérieurs, les objets. Ce rose n’a rien de romantique. Il est fané, persistant, presque intrusif. Jarmusch ne l’utilise pas comme symbole explicite mais comme une contamination visuelle. Le passé affectif imprégnant le présent

Face à Don, Winston, le voisin, agit comme un contre-modèle burlesque. Obsédé par les récits policiers, il croit aux indices, aux solutions, aux dénouements. Là où Don subit le monde, Winston l’interprète. Ce contraste produit une forme d’humour doux-amer. Winston est naïf, parfois envahissant, mais il est vivant. Il désire comprendre. Don, lui, s’est retiré du désir même de savoir.

Quelle lecture en tirer ?
Enfin, le fils. Peut-être existe-t-il. Peut-être pas. Peu importe. Ce qui compte, c’est ce que cette possibilité exige de Don. Être père suppose transmission, responsabilité, inscription dans le temps. Autant de dimensions que Don a toujours évitées. Le film ne le confronte pas à un enfant, mais à l’idée même de continuité, et Don ne sait pas comment y répondre. Broken Flowers n’est pas un film sur la solitude mais sur la responsabilité émotionnelle. Ce que Jarmusch met en scène, ce n’est pas une quête, mais l’incapacité même de Don à faire de cette quête autre chose qu’un déplacement mécanique.
Romain B
Romain B

48 abonnés 126 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 octobre 2016
Je n'ai pas vraiment compris ce qu'essayer de raconter le réalisateur avec Broken Flowers. Il ne se passe pas grand chose. J'ai du passer à côté de quelque chose. Ce n'est pas désagréable mais on ne peut rentre pas vraiment dedans.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 4 janvier 2024
Road movie d'un gars qui a tout mais reste complètement paumé. Encore un qui ne comprend rien à l'amour et comprend donc qu'il ne comprend rien à lui-même. Merveilleuses interprétations ne tous les acteurs qui ont dû bien s'amuser dans cette comédie très sérieuse qui ne se prend pas au sérieux.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Comment apelle-t-on ces films qui mèlent structuration parfaite, simplicité, réflexion organisée sur la vie, sensation de totale douceur, personnage on ne peut plus attachant, humour discret mais efficace, charme des décors et du cadre, le tout sans une pointe de prétention? Ah oui des coups de maitre. Bravo Jarmusch.
ned123
ned123

215 abonnés 1 774 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 octobre 2012
J’ai vu un film… porté par un sacré clown triste qu’est Bill Murray. Bien que l’on suive avec un certain plaisir sa quête de paternité, ses différentes rencontres et retrouvailles sont assez inégales avec des comédiennes qu’on a toujours plaisir à retrouver (Jessica Lange, notamment). La musique fait partie prenante de cette comédie grinçante… Mais parfois, certaines longueurs viennent alourdir le rythme, faux-rythme, s’il en est… On en reste pas moins admiratif de la réalisation, fine et précise, des dialogues, parfois décalés et savoureux. C'est un film fin, intelligent et subtil... Très agréable et très plaisant...
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 18 décembre 2018
On retrouve la patte inimitable de Jim Jarmush dans Broken Flowers, à la fois cool et décalé: une quête personnelle menée sans grand enthousiasme par un Bill Murray déprimé (et excellent) à la recherche de la mère d'un fils caché (comprenne qui pourra). Une quête bercée par des boucles musicales éthiopienne du meilleur effet, et ponctuée de rencontres douce-amères, souvent étranges, parfois lunaires... Une touche de mystère entretenue par des indices savamment distillés. J'ai été presque déçu que cela s'interrompe aussi brutalement, mais conformément à l'adage, le plus important est le voyage, pas la destination !
jeremie747
jeremie747

48 abonnés 484 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 février 2010
D'apparence un peu moins "arty" que ses autres films, "Broken Flowers" reprend pourtant en grande partie certaines des caractéristiques les plus flagrantes du cinéma de Jarmusch. On retrouve ainsi son goût pour les plans fixes et les personnages mutiques et inexpressifs. Bill Murray incarne ici un quinquagénaire apparemment en pleine crise existentielle partant rechercher celle des ses anciennes conquêtes qui lui aurait donné un fils hypothétique. Comme souvent, le cinéaste fonctionne par variations, n'hésitant pas à faire rejouer la même scène plusieurs fois en y ajoutant de modestes modifications. Chaque femme que retrouve Bill Murray est l'occasion de retourner la même scène de façon légèrement différente. Il en profite pour dresser un portrait très ironique d'un midwest américain dans lequel on peut côtoyer une bimbo arrangeuse de placards, une thérapeute pour animaux ou des promoteurs de maisons préfabriquées haut de gamme (ne serait-ce pas un bel oxymore)... Jarmusch se paie même le luxe d'une référence appuyée à Nabokov. Un très bon cru.
Tendax_montpel
Tendax_montpel

43 abonnés 631 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 juillet 2011
Un film complètement à part, dans lequel le sens de l'histoire ne se laisse pas connaître très facilement. On en peut qu'être ému de la sincérité des acteurs, de la justesse de ces retrouvailles scénarisées. Bravo et merci, tout simplement.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 30 mai 2018
C’est sympathique comme comédie, j’ai rigolé pour ces moments de tendresse, on ne s’ennuie pas de l’intrigue qui s’enchaîne et se suive, superbe fin de réflexion.
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