: Animation, ou film classique ? La technique de la “performance capture” déjà utilisée pour le très beau “pôle express” laisse planer un doute. Ses détracteurs diront que c’est un horrible mélange de tous les défauts des deux genres, ses admirateurs n’y verront que les qualités, bien sûr. Les deux sujets choisis par Zemeckis (le père Noël pour le pôle express et une très vieille légende anglo-saxonne pour ce Beowulf) sont en adéquation avec la technique : on est bien dans un monde irréel avec dragons ou féeries, mais il y a aussi des humains, confrontés à leurs croyances. Ici, le spectacle est grandiose, les monstres sont particulièrement réussis, vraiment affreux (attention aux enfants, ils pourraient en faire des cauchemars), tout en laissant percer leurs faiblesses. Par contre, les humains ne sont pas au mieux. L’animation, si brillante soit-elle, ne rend pas compte de toute la palette d’expressions d’un véritable acteur. Le scénario, que certains trouveront plutôt complexe, digne d’une tragédie shakespearienne, peut paraître aussi bien lourd, lorgnant vers les bandes dessinées de monstres et légendes, avec tous les clichés que cela comporte, du guerrier légendaire mais finalement très humain, à la relation ambiguë que tous les pères ont avec leurs fils illégitimes, en passant par la-vilaine-sorcière-au-coeur-fourbe-mais-super-bien-roulée (c’est Angelina Jolie, et en plus elle est relookée par l’animation...). On ne passe pas un mauvais moment à la vision de ce salmigondis de haut moyen âge, de sorcellerie, de combats monstrueux et d’érotisme discret (ou pas), mais si l’on a mieux à faire...