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Un visiteur
5,0
Publiée le 30 mars 2007
Enfin une histoire damour qui ne vire ni à la mièvrerie, ni au ridicule [et cétait du temps où Nicholas Cage tournait encore dans de bons films (chose bonne à préciser)]. Mise en scène somptueuse du maître David Lynch, casting irréprochable et B.O. transcendante ('Wicked Game' de Chris Isaak !). Forcément, après toutes ces éloges, je ne peux que le conseiller.
"Wild At Heart" de David Lynch avec Nicolas Cage, Laura Dern ou encore Willem Dafoe a reçu la Palme d'Or a Cannes en 1990. Mais sincèrement, on est en droit de se demander pour quelle raison ? Reprenant le mythe des amants criminels, le film se veut être une réincarnation de "Bonnie And Clyde" par son cinéaste. La démarche me convient parfaitement mais le problème, c'est comment y parvenir ? Certainement pas en introduisant durant la première demie-heure une bonne demie-douzaine de scènes de sexes sans intérêt aucun secondées par des tueries sanguinaires à la limite de la bestialité. Tout est vulgaire dans cette partie détestable sur plusieurs points, n'étant rien d'autre qu'un ersatz des phantasmes quelque peu malsains de M. Lynch. Le traitement n'est même pas à la hauteur de cela, réalisé comme une vulgaire série B comprenant plans racoleurs, montage frénétique et bande-son assourdissante. Absolument aucun sentiment n'est étudié ni évoqué. Le ton est profondément mysogine, les femmes n'étant représentées que comme de simples objets à plaisir, tout ça dans la complaisance la plus totale. Ensuite, ça se calme et l'on prend le temps de voir réellement ce qu'est ce "Wild At Heart", soit dit un mélange de drame humain et de BD déjantée. Audacieux mais si brouillon qu'aucune personnalité ne ressort de tout cela. L'esthétisme est laid et l'on finit par se dire qu'à vouloir tout mélanger, Lynch n'a plus de style. Il lui reste à se rabattre sur Willem Dafoe géniallissime comme d'habitude, franchement barjot mais tellement type de ce qu'aurait pu être une oeuvre réussie si néanmoins elle avait été travaillée. Ce n'est pas par deux ou trois séquences qu'un film devient regardable, encore moins lorsqu'elles n'ont aucun sens.
Sailor & Lula est un splendide film, violent et sanguin, comme Lynch sait si bien le faire : son film est une expérience physique avant tout. Laura Dern et Nicolas Cage sont surprenant dans leur rôle d'amants déchainés. Ce qui est appréciable avec ce film, c'est son rythme constant et soutenu. Sailor & Lula est passionnant et se visionne avec passion. Certaines scènes sont réellement anthologiques. Et comme toujours avec Lynch, le film renferme une bonne dose d'humour noir. Un putain de film.
Excellent film de David Lynch avec une Laura Dern sensuelle et un Nicolas Cage cinglé qui forme un couple quasi fou d'amour. Road movie où tout repose sur la rage amoureuse qui unit le couple. Une photo superbe et une BO tout aussi rageuse peaufine l'écrin. Sans aucun doute un des meilleurs du maestro.
Rentrée 1990 : David Lynch, auréolé de sa Palme d’Or cannoise du printemps précédent, balançait sur les écrans sa bombe "Sailor et Lula". Le succès était retentissant, surtout auprès de la jeune génération, qui s’identifia totalement à ce couple et au souffle de liberté qui traverse le film et attise l’incendie annoncé dès le générique. Les ingrédients habituels de l’esthétique lynchienne sont là : univers underground, approche quasi-opératique servie par une bande-son millimétrée, personnages fêlés ou monstrueux, incises burlesques ou fantastiques (à doses très raisonnables, ce qui fait de "Wild at Heart" l’un des films de Lynch les plus accessibles)… Un cinéma aussi intellectuel que sensoriel, qu’on peut rejeter en bloc mais dont la cohérence est incontestable. Par ailleurs, c’est la première (et la seule fois) que le réalisateur joue la carte du romantisme – encore que de façon très personnelle. Le couple Laura Dern – Nicolas Cage est finalement très étrange. Lui presque benêt, au physique quelconque, elle grande bringue délurée fuyant une mère abusive : a priori, pas de quoi enflammer les foules. Leur histoire, au fond assez banale, ne vaut que par le traitement que lui fait subir le réalisateur : entrée en matière pied au plancher, moments de climax (dans le sexe, la violence et/ou la musique) proches de l’incandescence, errance dans un univers inquiétant (la scène de l’accident de nuit), confrontation au mal (extraordinaire Willem Dafoe et son légendaire Bobby Peru !), finale complètement fantaisiste, à la fois risible mais si émouvant… Le tout avec une liberté de ton et une énergie qui font accepter quelques scènes inutiles (la plupart de celles où la mère paraît "normale") et quelques excès de style (le gros accord de guitare lorsque les deux héros arrivent devant la maison d’Isabella Rossellini). "Sailor et Lula" n’est sans doute pas le film le plus abouti de David Lynch ("Twin Peaks", "Mulholland Drive" marqueront à cet égard des étapes supplémentaires), mais il est l’un de ceux qu’on aimera le plus spontanément – en tout cas sûrement celui qui aura acquis à ce très grand cinéaste le plus d'admirateurs.
Mais quel vent de folie s'est abattu sur Cannes en mai 1990 ? Si certaines Palmes d'Or peuvent ne pas faire l'unanimité (Sous le soleil de Satan ou Pulp Fiction, par exemple), cette récompense là est pour moi incompréhensible ! Ce film tranche complètement avec le reste de l'oeuvre de David Lynch et est,à mon humble avis, son seul mauvais film (avec Dune). Le scénario est quasiment inexistant, les personnages et les situations ne sont pas loufoques, juste ridicules. Un ratage complet !
Sailor et Lula un film bon film! Un road-movie très bien filmé, avec de multiples références au Magicien d'Oz et vainqueur de la palme d'or au festival de Cannes en 1990! David Lynch signe ici un film très original avec son propre style bien à lui. L'histoire et hélas un peu trop lente à certains moments, je dirais que c'est le seul défaut du film. Les acteurs, eux, sont très bon, surtout Willem Dafoe dans le rôle d'un malade mental pervert!
Du Lynch oui mais pas à la manière de Lost Highway. Ce film est plus proche de tueurs nés dans l'ambiance mais est loin d'être aussi interressant. Dingue que ce soit LE de Lynch palme d'or à Cannes ! A voir .. par curiosité.
Quand les contes de fées rencontrent lunivers de David Lynch, ça peut donner le dérangeant «Blue Velvet» ou le violent «Wild at Heart» (USA, 1990). Dans ce-dernier, Lynch propose sa propre version du Magicien dOz, le film regorge de références subtiles au conte. Cependant il faut connaître lhistoire pour pouvoir saisir toute lampleur de la difformité, et cest dans son aliénation à luvre originelle que «Wild at Heart» perd quelque peu de son charme. Hormis ceci et en tant quuvre originale, «Wild at Heart» est un film sans répit de 2h où lincandescence évanescente du feu représente la folie dun amour, la vengeance dune mère et léphémère de linstant. Sans quune scène nait nécessairement de lien avec sa précédente, le film baigne pourtant dans une folie cohérente pleine de variations. Loeuvre ne se cantonne jamais dans un style ou dans un genre : lorsquon se croit être dans un film damour, on tombe dans le film daction, puis aussitôt dans le conte de fée, etc Mais globalement on est bien dans un film de Lynch où les couleurs en disent plus que les actions (notamment ici le rouge, dominant les images), où les scènes sont intercalées par des bizarreries incompréhensibles mais tellement bonne à saisir au vol. Bref «Wild at Heart» est bel et bien un Lynch. Ce qui pourrait faire dire le contraire, serait son côté jeuns, à la mode, rockn roll. En effet, «Wild at Heart» est réellement un tournant dans la filmographie de Lynch, voire un OVNI parmi ses OVNI. Si généralement dans ses films le mystère est incarné par une sorte de malaise, il est ici personnifié par un montage brut, une musique autant hard-rock que Elviss rock et des personnages haut en couleur (et surtout en folie). En conclusion, «Wild at Heart» grave les esprits par sa vitesse incomparable qui combiné avec la folie de lunivers lynchien devient un cauchemar éveillé où la folie nous prend de cours pour nous enivrer. PS : Un peu de Tarantino dans ce Lynch.
Interessant. Très interessant. Sailor & Lula me réconcilie en quelque sorte, avec David Lynch, car commencer une approche de son oeuvre avec Mullholland Drive n'était vraiment pas une bonne idée. Bref, revenons à nos moutons, Sailor & Lula, donc... Un bon film, toujours intelligent, "strange", et envoûtant: un vrai bon Lynch! (On pense à De Palma et Tarantino pour certaines scènes) Nicolas Cage et Laura Dern sont par ailleurs, exellents.
Un Lynch un peu moins barré que ses films les plus notables et franchement, cela ne fait pas forcément de mal de voir le bonhomme changer de temps en temps de registre. Il y a d’ailleurs dans ce film un côté « romance un peu frappée » qui me plait. Mais je dois bien reconnaître que je n’ai pas été touché par la grâce comme souvent j’ai pu l’être avec le grand roi David,. Malgré tout, ce serait mentir en disant que c’est là un film mineur de l’auteur et qu’au final il ne m’a pas plu ni touché. A voir.
Bbbbrrrrrrrrrrr!!!j'en ai encore pleins de frissons. Quel monument, quel savoir faire. Sailor & Lula est un de ces films unique en son genre, cent fois imité, jamais égalé. David Lynch est d'ailleurs le seul cinéaste à ma connaissance, à pouvoir faire un long-métrage souvent sans queue ni tête, aux personnages complétement barrés et à nous donner tant de plaisir, d'originalité cinématographique, de virtuosité esthétique, parce que chez Lynch chaque plan est un chef-d'oeuvre à lui tout seul. La lumière est sombre, belle, parfaite. Laura Dern et Nicolas cage sont géniaux en amoureux fous. Et puis voir Nicolas Cage chanter du Elvis en boîte de nuit avec sa veste en peau de serpent qui, à ses yeux, est le symbol de sa liberté, c'est incontournable, non? Enfin, une palme d'or plus que mérité. Un chef-d'oeuvre à l'état pur et c'est tout!
A force de voir des Lynch, je me rends compte que c'est un vrai américain qui n'a pas peur de s'assumer. La majorité des autres réalisateurs US font soit des nanars sans grande finesse, soit des films emprunts d'une autre culture (européenne, par exemple). Lynch nous montre dans ce film l'essence des Etats-Unis des années 80-90. La réalité est transfigurée pour mieux nous faire comprendre ce qu'est cette nation qui nous est, à nous européen, quasiment étrangère et incompréhensible (comme pourrait l'être le Japon...). En effet, on a droit à la musique US, la mafia US, tous les groupes ethniques US, les paysages US, le mode de vie US (détective, sex,drugs & rock&roll ... & alcool). Tout celà montré avec la grande intelligence qui caractérise ce grand réalisateur. C'est fin, ça se mange sans fin... Un chef d'oeuvre!
J'ai aimé tous les films de Lynch que j'ai vu à part celui-là... Certes, la mise en scène est original, les acteurs surjouent un peu et c'est sympa, les personnages sont loufoques, et il y a une certaine ambiance MAIS je n'ai pas supporté la vulgarité de ce film. Entre le vomi et les cafards dans le c**, ca m'a franchement degouté !! En plus j'ai comme l'impression que Lynch a voulu faire un film "cool, jeune et à la mode", ce qui m'a ernervé.