400 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
44 critiques spectateurs
5
17 critiques
4
9 critiques
3
2 critiques
2
8 critiques
1
4 critiques
0
4 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Un voyage de trois heures dans la révolution, la création, la mélancolie, les illusions et les désillusions. Un hymne à la jeunesse fort et émouvant. Une grande oeuvre d'art.
Lent, le film doit son charme au parfum qu'il distille, à son mélancolisme presque nostalgique, après des evenements 68 qui sont repartis aussi vite qu'ils étaient venus. Les acteurs, saisissant, trouvent parfaitement leur place dans cet espace parisien qui semble être sorti du temps. Avant que la vie ne reparte, et que le couple explose. Un peu long tout de même, mais vraiment intéressant.
16 196 abonnés
13 142 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 1 juin 2016
Dans ce beau et long poème en image qui reste sans doute le plus net de son auteur, Philippe Garrel a voulu copier intentionnellement "La maman et la putain" de Jean Eustache, personnalitè issue du cinèma de Truffaut et de Godard comme le fut jadis Garrel! Le rèsultat à l'ècran est surprenant car on se croirait revenu en plein mai 68 (Garrel avait 20 ans durant les èvènements) avec un noir & blanc granuleux dû au travail admirable de Lubtchansky! Garrel s'appuie aussi beaucoup sur "The Dreamers" de Bertolucci, sortie en 2003, mais pour une raison plus profonde ("Prima della rivoluzione"). "Les amants règuliers" est fait de passages et de relais, celui d'une jeunesse retrouvèe sous les traits de Louis Garrel (Cèsar du meilleur espoir masculin), le fils prodige du metteur en scène qui apporte avec talent toute sa jeunesse, son charme, sa fragilitè! Clotilde Hesme, dont c'est la première apparition au cinèma, joue Lilie, la fille dont François tombera amoureux foudroyè! Les hèros des amants règuliers - beaux, jeunes, malades d'amour, un peu « bobo » sur les bords - sont des corps èlectriques, magnètiques! il eût fallu un Eustache pour faire un chef d'oeuvre! Mais Garrel s'en sort avec les honneurs et les scènes de barricades dans la première partie parviennent à propulser le film dans les hautes sphères! Reposant sur deux personnages essentiels (François & Lilie), l'intrigue progresse - entre anarchie, romantisme, idèes rèvolutionnaires et opium - vers un final d'une puissance dramatique remarquable...
"Les Amants Réguliers", réalisé en 2005 est le 27ème long-métrage de Phillipe Garrel, lequel a pourtant bien du mal à se faire un nom auprès du grand public. Très acclamée par la critique, cette oeuvre fleuve (3 heures) a pour ambition de retracer le destin de jeunes personnages dans le contexte Français de Mai 68, le tout sur un ton presque autobiographique. Garrel a tenu à garder toutes ses prises de vues, tourner en son direct, noir et blanc et format standard ou 4/3, ce qui donne à son film un ton résolument nostalgique et un rythme très lent qui pourra destabiliser les plus nerveux d'entre-vous. Car oui, c'est bien de cela dont il s'agit, de nostalgie, souvenirs heureux et perdus partiellement reconstitués sous une caméra d'aujourd'hui avec le recul et la mâturité que le temps a donné au cinéaste. Il faut dire qu'esthétiquement, "Les Amants Réguliers" tient du superbe : la photographie extrêmement contrastée amplifie le côté phantasmé désormais inaccessible, les plans s'avèrent très travaillés et tenus, montés dans une rigueur totale en gardant un sens de la fluidité épatant. Riche dans son vocabulaire visuel, le film dénote aussi une brillante direction d'acteurs, tous très naturels et relâchés, campant sans pression et avec justesse leurs protagonistes. Les différents éléments apparaissent comme très bien liés et forment un ensemble captivant qui a bel et bien trouvé le ton juste. Pourtant, les clichés sont de mise (il faudrait des pages pour les énumérer), le scénario est tout ce qu'il y a de plus banal, l'histoire d'amour pas franchement approfondie, les thèmes traités assez vagues et parfois même politiquement correct, à la limite du "boboesque" ultraprésent dans le cinéma Français actuel. Tout cela reste donc gentillet, un peu bébête voire antiphatique malgré une excellente mise en scène et d'innombrables qualités graphiques.
En voyant les premières images on pense inévitablement à la Maman et la Putain, et on craint le pire. Le pire n'est jamais sur surtout pas ici. La première partie dit avec honnêteté ce qu'a été Mai 68, non pas un pétard mouillé de fils à papa, mais une vraie tentative de révolution, tuée par les différents pouvoirs établis. Ensuite deux heures de temps qui passe, de jeunesse prise sur le vif, des idéaux et du sentiment d'éternité qui partent dans les fumées d'opium. Une histoire d'amour trop libre pour ne pas engendrer de malentendu et donc de mauvaise décision. Rien de définitif n'est dit mais le tableau est particulièrement plein de charme. Des moments d'ennui qui étirent le temps et permettent de sortir de notre temps ordinaire, aussi. Une très belle réusite cinématographique.
Il est difficile d’expliquer le succès critique de ce film, autrement que par une nostalgie d’un moment historique commune avec le réalisateur, ou la condescendance pour une production Française « différente ». Le film est long, lent, trop souvent vide, et génère l’ennui quasi permanent. Les dialogues sont tellement inaudibles que cela semble être un choix : souvent murmurés, ils sont couverts par les bruits de fond parasites ou par des airs de piano, au demeurant mélodiques et expressifs, et probablement plus intéressants que les propos proférés. Peut-être est-ce pour faire « plus vrai », moins « mise en scène » … Car si le film a une qualité, c’est celle de créer la sensation de vécu : par le sens du détail, par l’impression donnée de filmer en temps réel, ou par le lumineux naturel du jeu de Clotilde Hesme (contrairement à celui, affecté et poseur, de Louis Garrel, le fils du réalisateur).
Lorsque débute le générique de fin, on oublie la longueur du film pour ne garder en tête que ces scènes magnifiques, ce superbe noir et blanc, cette réflexion politico-sociale, cette fresque fellinienne, cette légèreté (oh quelle scène de danse sur les Kinks) et cette tendresse parfois... (les combattants de la nuit qui rentrent raconter leurs aventures à leur mère). Après une analyse fine et juste sur mai 68 (est soulevé le fait que les syndicats et le PC ne voulaient pas d'une révolution, eux voulaient seulement de l'argent, "comme si le bonheur, c'était le salaire"), la jeunesse déçue, trahie, se renferme dans un appartement de tous les excès (opium...) mais de pureté aussi (repère du peintre, du poète, du touchant Gauthier). Histoire d'un groupe, histoire d'un couple se mêlant à l'Histoire tout court (un rapprochement avec Hiroshima mon amour serait possible) avant que tout n'éclate. Et quel esthétisme dans tout cela ! Pourquoi parler quand tout est dans l'expression du visage, si bien captée par la caméra de Garel ? Et de fait les rares dialogues sont souvent inaudibles comme si là n'était pas l'important. Les sons, eux, se détachent. Clothilde Hesme et Louis Garrel, sublimés par le noir et blanc, sont parfaits, beaux, amoureux. Mais voilà, l'amour n'est pas toujours le plus fort : François en fait l'amère expérience et, dans une rêverie finale, s'en va.
Un chef-d'oeuvre absolu du cinéma français : Ph. Garrel a cette capacité de capter les situations esthétiques et jubilatoires au possible. Cette magnifique façon de filmer vient s'ajouter à de profondes et intéressantes réflexions de philosophie politique. Bref, c'est une oeuvre universelle à voir, à revoir, à rerevoir...
Le film propose un énième marivaudage de Philippe Garrel. Mais celui-ci est particulièrement réussi, avec des personnages un peu étoffés, de l'action ( relativement). Des acteurs talentueux sont bien dirigés.
La magnifique photographie de ce film ne laisse pas indifférent. Une image nette et obscure, des plans intelligemment conçus, et la présence simple et émouvante des acteurs, notamment Louis Garrel et Clothilde Hesme. Cependant, malgré la qualité du film, j'ai trouvé la première heure assez longue , et trop distante. Des amants réguliers, mais un film irrégulier, avec tout le charme que cela peut impliqué !
Les amants réguliers est un film très étrange pour moi, même si je ne suis pas rentré dans le film tant que ça, je ne peux pas me résoudre à mettre une appréciation négative, tant le film est beau, bien joué, le noir est blanc est magnifique, jouant beaucoup avec les clairs/obscurs surtout dans la première partie. L'ambition de film de parler de Mai 68 est parfaitement bien rendu, l'histoire d'amour est belle, sobre, touchante, et puis le duo d'acteur est excellent, ces gens sont tous beaux devant la caméra de Garrel filmant son propre fils encore mieux que d'autres réalisateurs tels que Honoré. Mais comme dit, le film ne m'a pas passionné outre mesure, mais c'est sa pure beauté, son intelligence qui m'a frappée, rendu presque amoureux de ces images, il faudrait que je le revois dans quelques années, lorsque le temps aura passé, que j'aurai digéré, vu d'autres films de Garrel… Mais c'est très très beau.
Séduisant de prime abord pour sa reconstitution d'une lutte solitaire et/ou éparpillée, le film devient ensuite une sorte de manifeste de salon guère crédible, et surtout empli de maniérisme: comme chacun sait en amour comme en fiction l'empressement et l'exagération peuvent être des tues-l'amour...
Un beau film, un noir et blanc magnifique, quelques restes de la Nouvelle Vague. Une des plus belles chansons des Kinks en milieu de film. Un très bon Louis Garrel également.
Un film intéressant, la photo est impeccable et la musique nous transporte presque dans l'univers du muet. Et une certaine alchimie opère, de plus en plus forte à mesure que le film avance, entre ces personnes qu'on devine à peine, et dont souvent les paroles ne nous parviennent qu'avec difficulté (revers de la médaille, ce son direct est parfois inaudible)... mais d'un autre côté, un film qui est tout sauf "humble", comme j'ai pu le lire. Au début, surtout, il nous donne à voir une caricature des "jeunes" de 68, qui volent, qui profanent, dont les journées sont uniquement employées à fumer de l'opium et à ahaner quelques principes révolutionnaires, bien douillettement allongés sur leurs sofas orientaux... lors de quelques scènes, on échappe de très peu au ridicule, comme lorsque l'un d'entre-eux, après avoir échappé à la police, raconte très tranquillement l'épisode, puis, et la caméra étant revenue sur lui, se met à ressembler à un mineur de Germinal et à porter toute la misère du monde sur ses épaules. Dans ces effets extrêmement appuyés, le film se met à ressembler à une mauvaise copie de "la maman et la putain", et à un plagiat à peine déguisé d'Eustache, jusqu'au mimétisme de l'acteur principal, dont on se demande s'il a voulu ressembler si fort à Jean-Pierre Léaud... malgré tout, un film tout sauf ennuyeux.