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Un visiteur
4,0
Publiée le 28 octobre 2008
Isabelle Huppert, alias Jeanne Charmant Killman, est l'atout majeur de ce long-métrage signé Claude Chabrol, l'un de nos meilleurs réalisateurs, qui a notamment travaillé avec l'immense Orson Welles. Huppert est resplendissante de froideur, et use de son détachement, inscrit sur la pellicule à jamais, pour maîtriser les personnages auxquels elle fait face, François Berléand et Patrick Bruel les premiers. Un film engagé, non pas dans une cause sociétale quelconque, mais dans son art.
Jusqu'où la nature humaine peut elle résister à l'ivresse du pouvoir ? Telle est la question sur laquelle Claude Chabrol se penche (avec son cynisme déterminé et caractéristique, à grands coups de répliques savoureusement incisives) en dressant le portrait de la juge d'instruction Jeanne Charmant Killman, incarnée à la perfection en la personne de sa muse, qu'il met en scène mieux que personne : la toujours diablement charismatique Isabelle Huppert. Côté public, L'IVRESSE DU POUVOIR (dont toute ressemblance avec l'affaire Elf n'est que fortuite) est un pamphlet politique grinçant ; côté privé, c'est la tragédie sociale d'une femme trop ambitieuse. Dans tous les cas, la nouvelle grande réussite d'un maître au sommet de son art.
Qui a dit qu'on ne pouvait pas faire de film sur la société et le politique d'aujourd'hui ? Chabrol donne une bonne lecon à une école francaise peu encline a se pencher sur ces domaines.
Comme souvent Claude Chabrol signe un film psychologiquement maîtrisé à la mise en scène soignée et aux acteurs talentueux. La reconstitution est soignée et la réflexion sur la prise du pouvoir reste d'une profondeur inouïe, une excellente surprise donc.
Je sors de la salle à l'instant. Je suis écuré. Le gâchis. Pour une fois qu'un cinéaste français s'attaque à un vrai sujet. L'affaire Elf. Dans la réalité, un fabuleux polar, avec tout, du suspense, des personnages démesurés, de la corruption, la lutte en le bien et le mal, j'en passe. Dans le film de Chabrol, rien. Et pourtant, l'ivresse du pouvoir, Chabrol, il connaît. Il n'y a qu'à voir le nombre de gens de son équipe qui portent le même nom que lui pour constater que chez Chabrol comme chez Elf, charité bien ordonnée commence par soi-même. Mais là, vraiment. Patrick Bruel dans le rôle de Philippe Jaffré. François Berléand dans celui de Loïk Le Floch-Prigent. Balmer en Sirven. Et les autres. Déjà limite, le casting, on a du mal à croire à la puissance - officielle ou occulte - de tous ces braves gens. Mais en plus, ils n'ont pas l'ombre d'un personnage à jouer. Sans compter qu'il manque à l'histoire un couple de taille : Roland Dumas et Christine Deviers-Joncour. Et un président qui tire les ficelles : François Mitterrand. Chabrol les a sans doute épargnés par crainte des représailles de la Gauche à laquelle il prétend appartenir. Un grand sujet contemporain français de plus gâché. Il serait temps de se débarrasser une bonne fois pour toutes du mythe Chabrol. À voir si la lâcheté et la paresse ne vous font pas peur. Minable.
Un François Berléand de haut niveau couplé à une Isabelle Huppert méconnaissable dans un rôle inadapté. On passe un bon moment mais on s'ennuie ferme. L'Affaire Elf aurait mérité une meilleure retranscription cinématographique.
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5,0
Publiée le 12 octobre 2020
Claude Chabrol retrouve sa forme avec ce chef-d'œuvre. Chabrol dirige ses acteurs de manière très subtile. Ce ne sont pas les principaux points de l'intrigue qui suscitent votre émotion mais de petits moments de jeu entre Jeanne Charmant-Killman et ses adversaires. Bien que tous les adversaires soient des gens profondément mauvais Chabrol réussit à leur donner quelque choses qui en font des êtres humains et des personnages reconnaissables. Y compris tous les caractères de soutien et même sur les dialogues. Regardez comment Chabrol commence et termine des scènes très inhabituelles. Regardez la juxtaposition de la vie de Killman en tant que juge et sa vie privée. Je ne dirai pas grand-chose du film lui-même car il est bon de ne rien savoir avant. La plupart du temps le thème de la corruption dans les films ennuie au cinéma mais Chabrol et Isabelle Huppert en font une joie...
Exceptionnel!! Quelle merveille de voir un film pareil, et puis alors quelle brochette d'acteur! Ce fut un vrai régal de voir Isabelle Huppert avec son jeu d'acteur que l'on connaît par coeur mais dont on se lasse jamais! Signalons aussi la performance de François Berléand, Patrick Bruel, Robin Renucci etc...!! Hélas des films français d'une telle qualité se fait très rare; trop rare à mon goût! Alors pour terminer je dirai vivement le prochain Chabrol/Huppert; et comme on dit :"On ne change pas une équipe qui gagne!"
Film juste fantastique. Ne vous attendez pas à une reconstruction/explication de l'affaire ELF. C'est avant tout un film sur une femme de convictions, quelque peu égoïste, qui au nom de ses valeurs et de sa soif de justice (et non de pouvoir) écrasera tout sur son passage, au péril de sa vie affective et professionnelle. Berleand est très bon. Huppert géniale. Seul Patrick Bruel est complétement à coté de la plaque. A voir.
J'ignore quelles études il faut faire pour vraiment bien suivre et comprendre ce film qui doit s'adresser aux Hommes de loi... C'est plat, limite endormant, il ne se passe rien, mis à part des conversations interminables dans des bureaux ...
Un film franchement insipide sans saveur donc. Les personnages viennent, parlent sans agir. Il règne une passivité consternante. On ne croit rien de tous ces bavardages. Pas vraiment une réussite
En juge inflexible au sourire froid et carnassier, Isabelle Huppert est toujours performante, comme dans la plupart de ses rôles. La tension s’affaisse cependant rapidement devant les nombreux personnages, il manque un fil conducteur franc. Patrick Bruel n’est pas terrible dans son rôle, il réussit bien mieux quand sa sensibilité est à fleur de peau comme dans « Une Vie à t'attendre » ou « Le secret ». Le réalisateur Claude Chabrol, habitué des portraits cyniques et cinglants de la bourgeoisie ou des affaires reste un peu mou dans son message sur les secrets du milieu politico-judiciaire.
[L'ivresse du Pouvoir, 1/5] Musique pourrie, plans inutiles, scènes mal filmées, histoire qui s'inspire de l'affaire Elf tout prenant ses distances avec la réalité, fin sans queue ni tête... ou comment perdre près de 2 heures en pensant voir un bon film mêlant politique, justice et monde des affaires. Comme quoi de grands noms ne font pas forcément de grands films.
« L’ivresse du pouvoir » de Claude Chabrol (2006) est un mauvais cru car même si comme dit en prologue « toute ressemblance serait – comme on dit – fortuite », il faut être bien naïf pour penser qu’une juge d’instruction – même promue au pôle financier – puisse venir à bout dans les intrications politico-financières des grands groupes industriels en Afrique ! Isabelle Huppert joue à la merveille du Isabelle Huppert, François Berléand du Berléand et Patrick Bruel (comme souvent) du mauvais Bruel. On y ajoute un Sénateur dont la voix n’est pas sans évoquer un ancien ministre mais désolé Chabrol ne sait pas faire un film politique engagé comme Yves Boisset ou Costa-Gavras !