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inspecteur morvandieu
98 abonnés
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3,0
Publiée le 27 décembre 2023
Librement inspiré de la fameuse affaire "Elf", le sujet de Chabrol s'oriente vite vers le portrait de la juge du pôle financier qui instruit un dossier où la politique et la finance forment une nébuleuse classique, où les abus de bien social et les commissions sont la règle. Le film n'est pas précisément un polar judiciaire. Vague, imprécise, l'intrigue est un simple cas d'école de la délinquance financière dans les plus hautes sphères économiques. Le sujet est traité avec une certaine fantaisie et une légèreté qui émanent autant de la personnalité de la juge Charmant-Killman (à traduire en français) que du défilé dans son bureau de VIP et d'intermédiaires louches, invariablement indignés et arrogants,et soudainement piteux (François Berléand excelle dans ce registre). Isabelle Huppert, comme souvent chez Chabrol, compose un personnage anticonformiste, détaché des conventions du genre, dans un mélange de volontarisme, d'impertinence et de fausse candeur (en revanche, les contingences domestiques avec son mari et son neveu sont d'un intérêt très relatif), qui donnent aux auditions de la juge une apparence cocasse. Cependant que l'ivresse du pouvoir est celle que ressent peut-être la magistrate lorsqu'elle convoque à loisir ou incarcère des potentats jusqu'alors protégés par l'impunité, plus prosaiquement par leurs relations et leur capacité de nuisance.
Je trouve que le film tourne à vide. On est ennuyé par la prestance des acteurs. L'intrigue semble faire du surplace. On n'est pas convaincu par Isabelle Huppert qui est à contre emploi. Les autres personnages ne sont pas plus crédibles (sans parler de la lamentable prestation de Bruel). C'est embêtant car les films de Chabrol sont justement fortement basés sur les personnages. Montré qu'un juge est une personne humaine comme tout fonctionnaire avec ses défauts et ses faiblesses est juste mais faire tourner tout le film la dessus mène à une impasse.
Bon par quoi commençons? Tout ce qui est moyen? C'est assez facile les acteurs, le montage, la réalisation l'originalité du scénario et l'ambiance. Autant vous dire que le film dans son ensemble est moyen. Pourtant il y'avait certains points et acteurs qui pouvaient potentiellement rendre le film intéressant tombe à plat. Ce moyen est très bien mené par la performance plus que moyenne de l'actrice principale. Le seul intérêt à regarder se film se trouve dans la curiosité de savoir qui va tomber ou pas. Mais il faudra tenir un moment et ne pas s'endormir pour avoir droit à ce final. Entre les mauvais rebondissements et les scènes sans fin, vous serez servi tout cela dans un plat de réalisation scolaire. Bref, je le déconseille.
La question du pouvoir mis directement dans une situation d'actualité (ELF) permet de rendre ce film d'une rare crédibilité. En plus, l'idée de mettre une femme dans cette gestion du pouvoir est encore plus jouissif et permet de lancer une question annexe : la femme peut elle faire pire que l'homme ? Chabrol - Huppert au sommet de leur entente.
Un film qui a sans doute eu une utilité en son temps, mais aujourd'hui daté, lent et long. Quant aux acteurs, ils ne sont pas au mieux de leur forme, et la musique est assez pénible. Le plus mauvais des Chabrol...
Casting impressionnant, Claude Chabrol au commande... On est en droit de s'attendre à une énième critique cynique et acide du milieu bourgeois ; et dans ce cas-ci un point de vue jouissif d'une affaire politico-financière dont le nom est tus mais qui ne se cache pas pour autant. Isabelle Huppert est superbe, comme à son habitude et les autres acteurs sont parfaits de justesse, sans surjeu ni caricature. Claude Chabrol livre un film qui manque un peu de sel... Le film est beaucoup trop linéaire, trop proche d'une réalité précise ; ça manque de dialogues plus incisifs. Ca reste un très bon film de Chabrol.
Tout petit cru que ce Chabrol 2006 qui possede pourtant un gros casting et une base (l'affaire ELF meme si elle n'est jamais evoqué directement) solide ,non a part ,(et encore) dans le personnage de la juge interpreté magistralement par Hupper ,on ne retrouve pas le ton acide et feroce du cineaste a l'encontre des puissants PDG se debattant face a la justice.L'homme a viellit et son cinema avec lui.L'ensemble est lent, mou et ce ne sont pas les dialogues fades et la musique agacante qui releve le niveau.De + Chabrol s'egare de son sujet en nous contant les problemes de couple de la juge (peut etre pour l'humaniser ?) et nous invente le personnage de son neveu (le fils de Chabrol en personne) flambeur et sympa mais vraiment hors sujet.Les patrons sont caricaturés au possible (gros cigares) et surtout il n'y a aucun suspense puisque tout le monde connait l'histoire ,reste des comediens tres pro qui tentent de maintenir l'interet du pauvre spectateur que nous sommes.A oublier tres vite !
Pourquoi s'acharne-t-on à produire des films qui sont du niveau de certians téléfilms de prestige ?
Peut-être manque-t-il au cinéma français de vrais bons seconds rôles, des scénariis solides et une vraie férocité dansla description de certains microcosmes..
C'est lent, plat et ennuyeux et on se demande quelle mouche a piqué Chabrol de confier à Patrick Bruel le rôle d'un cadre sup' dont on comprend mal les motivations.
Quelques dialogues intéressants et des acteurs très justes. Malheureusement, Chabrol ne parvient jamais à me captiver. Ces films sont en cela très français, c'est-à-dire long et lent. C'était un cinéaste qui pour moi aurait gagné à être un peu moins productif et à peaufiner un peu plus chacune de ses réalisations... RIP
Un excellent Chabrol, envoûtant du générique de début au final. L'affaire Elf-Aquitaine n'est qu'un prétexte à une savoureuse peinture de moeurs comme seul le maître sait les concocter. Cette satire au vitriol des magouilles politico-financières bénéficie d'une interprétation de qualité: autour d'Isabelle Huppert, passée du statut d'accusée (Violette Nozière, 1978; Une affaire de femmes, 1988) à celui de juge, une flopée de seconds rôles nous éblouit : Berléand,Bruel, Renucci, Balmer, Vernier sont succulents.
Un juge d’instruction intègre enquête sur des versements de pot de vin et des abus de bien sociaux. Le film est lié à des actualités récentes, et il en est une explication de texte, ce qui est son défaut majeur : retrouver en cent minutes d’images ce qu’on lit quotidiennement dans la presse n’a que peu d’intérêt. Les personnages sont certes bien typés et bien joués (mention particulière pour J.F. Balmer), la réalisation est certes professionnelle, Isabelle Hupert en juge est certes crédible, mais on peine à s’intéresser au propos. Pour un tel projet, trois approches étaient possibles : - soit une analyse approfondie d’un système certes peu moral, mais qui permet d’obtenir des contrats dont le pays profite. - soit une étude approfondie du personnage juge d’instruction - soit une enquête façon policière aux multiples rebondissements (cf le juge Fayard) Au lieu de cela, Chabrol nous inflige une description simpliste et démagogique : cadres dirigeants et hommes politiques sont présentés comme des profiteurs sans scrupules, le système dans lequel ils dérivent comme non amendable, le juge d’instruction comme un héros qui sacrifie sa vie privée au bien commun (« la justice », pas « l’image de la justice »). Le clin d’œil désabusé final ne suffit pas à modifier l’impression générale.
C'est vrai que la filmographie de Chabrol a de grands hauts et de grands bas. Celui là fait partie de la 2ème catégorie. On aurait dit un film des années 70, avec cette caméra démodé et cette mise en scène qui a besoin d'une vraie mise à jour! Isabelle Huppert se répète encore une fois, et la lumière grisatre ne l'aide pas à accrocher la sympathie du spectateur. Techniquement c'est un film qui laisse à désirer, et cette étoile va à l'histoire qui pourrait peut-être intéresser, même si je ne la trouve pas aboutie moi-même.
l'affaire elf n'est ici que prétexte. Dommage, car dès le début, on pense se retrouver dans un bon vieux Verneuil ("le président", "i comme icare" ou "mille milliards de dollars") ou Costa-Gavras, on commence à prendre notre revanche sur les puissances cyniques et puis... Chabrol choisit de s'attarder sur la vie privée de cette juge, sur ses problèmes au boulot etc... c'est un choix respectable mais que j'ai beaucoup regretté.
Le portrait d'une femme tellement dominée par son travail qu'elle en devient petit à petit manipulée, isolée, et meme menacée. Autant le dire tout de suite ce film va diviser. En effet, s'inspirant de l'affaire Elf on commence par interroger un suspect, on croit que l'histoire se basera là dessus mais non on en interroge plein d'autres pendant une heure et demie qui font que certains vont avoir du mal à en etre captivés. Chabrol préfère se concentrer sur la destinée du juge d'instruction écrasée par l'ivresse du pouvoir. Et campée par une magistrale Isabelle Huppert.
Dans ce petit film, Claude Chabrol se plait à raconter l'histoire d'une juge d'instruction intraitable, idéaliste, perfectionniste et souvent extrêmement dure face à des "délinquants à col blancs". Inspiré de l'affaire Elf, le long-métrage fait écho au combat de la magistrate Eva Joly qui, à l'époque, n'apprécia pas ce portrait trop cruel à son goût. Hélas, malgré la présence de Isabelle Huppert, cette œuvre ressemble davantage à un bon téléfilm qu'à un excellent film...