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Un visiteur
1,0
Publiée le 6 janvier 2008
Mouaif Mouaif. Intéssant long métrage qui dresse avec justesse l'injustice de la France et la défaillance de certains. Si Chabrol veut toujours caser toute sa famille, il y en a un qui devrai s'abstenir : Matthieu avec sa musique casse machin qui choque l'oreille et qui ne sert à rien si ce n'est à nous faire passer un moment désagréable. Bref un film distrayant, de seconde zone je dirais qui ne vaut pourtant ni la place de cinéma ni le DVD (grosse erreur de ma part). Peut être la location en vidéo club, pour se moquer de la symbolique grossière.
Quand Chabrol s'intéresse à l'affaire Elf... il dépeint avec un malin plaisir et beaucoup d'ironie un univers corrompu jusqu'à la moelle, avec des personnages à la fois ridicules et sans pitié. Loïk Le Floch-Prigent et Eva Joly prennent les traits de François Berléand et d'Isabelle Huppert. L'histoire est assez captivante malgré une réalisation aussi froide et raide qu'un dossier de justice. C'est par ailleurs un beau portrait de femme dont la détermination vire à l'obsession et dont le désir de justice devient jeu de massacre. Isabelle Huppert était l'interprète idéale pour ce rôle de juge prêt à tous les sacrifices : une main de fer dans un gant de velours, grande carnassière au large sourire.
Une étoile pour la forme. Si vous n'êtes pas très famillier avec l'affaire Elf (comme moi), n'allez pas le voir, ça n'a aucun intérêt. Vous avez les mêmes téléfilms sur TF1 en soirée. Car oui, pour moi ce film se rapproche plus d'un téléfilm que d'un film à voir sur grand écran...
Une fable sur le pouvoir et la justice auquel le réalisateur Claude Chabrol porte un regard désabusé et au cynisme impitoyable. Néanmoins la platitude des dialogues ainsi la pléiade d’invraisemblances procédurales nuit profondément à un long-métrage où la qualité de la distribution n’aide en rien au vu de la pauvreté des palabres auxquelles on assiste.
Même si le générique indique que la ressemblance avec des faits réels est fortuite, le film est bien inspiré de l’affaire Elf-Aquitaine, scandale politico-financier (détournement de plusieurs centaines de millions €) qui éclata en 1994 et dont l’instruction fut conduite par le juge Eva Joly (procès en 2003 puis en appel en 2004). Malheureusement, le film reste mou façon téléfilm, loin d’être à charge contre les multinationales (aucune explication détaillée sur les mécanismes de détournement de fonds et de l’implication d’hommes politiques français et africains) et même contre le risque d’abus de pouvoir des juges qui ont l’illusion d’être les personnes les plus puissantes de France. On est loin des films politiques d’Yves Boisset [« Le juge Fayard dit le Shérif » (1977), d’Henri Verneuil [« Mille milliards de dollars » (1982) ou de Costa-Gavras [« Le capital » (2012)] et même de Cédric Jimenez [« La French » (2014)]. Chabrol se contente d’effleurer les sujets, de s’en tenir à l’écume, sans aller en profondeur, y compris dans la vie privée du juge Jeanne Charmant-Killman (Isabelle Huppert, 53 ans, 7e collaboration avec le réalisateur), surnommée le piranha (spoiler: d’où, peut-être, le port de gants rouges ?) , dont le mari (Robin Renucci, 50 ans) vit mal l’emploi du temps surchargé de sa femme. Quel est l’intérêt narratif du neveu de son mari, Félix Charmant (Thomas Chabrol, 37 ans, fils du réalisateur et de sa deuxième épouse, Stéphane Audran) ? Faute de point de vue bien tranché, Chabrol se contente d’un regard lointain et désabusé, avec une musique (celle de son fils Matthieu, 50 ans, de sa première épouse, Agnès Goute) trop présente et envahissante. Les personnages manquent de crédibilité, surtout les hommes politiques, plus pathétiques que maléfiques. Est-ce suffisant pour réussir un film ?
M. Humeau (François Berléand), PDG d’une société est soupçonné de détournement de fonds. La juge en charge de l’affaire, Jeanne Charmant Killman (Isabelle Huppert) est connue pour sa ténacité et a à coeur de trouver toutes les preuves nécessaires à la résolution de cette affaire. L’histoire judiciaire en elle-même est assez complexe et ne m’a pas spécialement intéressée malgré sa proximité réelle avec l’affaire Elf. Ce qui est intéressant et plaisant dans le film, à mon sens, ce sont les “affrontements” entre les acteurs et notamment l’affrontement entre Isabelle Huppert et François Berléand. Le personnage d’Isabelle Huppert est très intéressant, elle a un fort tempérament et beaucoup de répartie. La fin en revanche m’a déçue, on n’a pas vraiment d’explications sur certains aspects de l’affaire, cela m’a donné l’impression de se terminer trop vite, alors que le reste du film prend le temps lorsque c’est nécessaire. La fin m’a parue un peu baclée du coup.
hyper déçu par ce film qui réduit l'affaire ELF à une vague histoire de juge dépassée par son propre pouvoir. Pour avoir lu le livre d'Eva Joly, j'attendais de chabrol un film bien plus corrosif. Tout cela est tiède comme si le lobby pétrolier avait imposé sa loi pour étouffer la corruption dont ce flm aurait du être le procès. Côté acteur Berléand et Balmer sont largement au dessus du lot. Huppert moins à l'aise que d'habitude et bruel ....je préfère me taire.
De bons acteurs et de bons dialogues. Mais le scénario est difficile à suivre. Comme si, à force de vouloir nous faire comprendre que les choses sont difficiles à comprendre, on nous les rendait incompréhensibles ! J'ai connu sur le même sujet, des films beaucoup plus accessibles...
Alors que la nécessité de dénoncer nos ripoux du pouvoir politico financier gaulois est plus que jamais urgente, la critique de Chabrol est ici maladroite et inefficace. Chabrol commence par serrer de près un ripou, puis s’en détache et le laisse en plan sans qu’on soit précisément fixé ni sur son sort ni sur son passé. Ensuite, il s’attache à d’autres ripoux, collectivement cette fois, les montre très superficiellement sans qu’on soit plus avancé que pour le premier. Il semble que ce soit surtout l’ivresse du pouvoir de la juge qui l’ait passionné. Des traits intéressants sont montrés, mais sans qu’ils soient très profondément analysés. L’aspect un peu pervers de sa jouissance à vouloir faire tomber des têtes est abordé. Les failles de sa vie d’épouse sont évoquées. Une probable infidélité est suggérée. Mais tout cela est hélas trop diffus pour qu’on s'attache et qu’on soit captivé. Du Chabrol indécis, qui semble avoir couru plusieurs séduisants lièvres mais sans en avoir attrapé vraiment aucun.
Il est évidemment de résumer toute la complexité de l'affaire Elf à travers un seul film mais avec sa maitrise habituelle Chabrol nous apporte de nombreux éclaircissements sur les dessous d'une affaire d'état contemporaine. Isabelle Huppert est formidable et le film mérite d'être vu pour tous ceux qui veulent comprendre les mécanismes de notre monde mais aussi simplement pour les amoureux du 7ième art.
Isabelle Huppert se démarque dans son rôle de carriériste et féministe par rapport à Patrick Bruel moins convaincant en homme daffaire véreux. Rigoureuse, tenace, perspicace, elle multiplie mises en examens, perquisitions et interrogatoires pour découvrir le monde très occulte des affaires intergouvernementales. Mais les hautes sphères du pouvoir politique financier, représenté entre autre par un très bon François Berléand, veulent mettre en place elles aussi leur défense : insultes, pressions, chantage et même tentative dassassinat. Cette juge se verra promue par deux fois à des postes supérieurs dissimulant à peine le dessaisissement du gros dossier ! Finalement, consciente de son pouvoir restreint, elle est exténuée, découragée, écoeurée, vaincue et jettera léponge avec un retentissant « quils se démerdent ».
Sil mavait été donné de sous-titrer le film, jaurais pu écrire : « Ah, si javais des couilles (mot plusieurs fois employé dans le récit), mais ils en ont (ces politiques) de plus grosses ! ». Tout de même, ceut été un peu long
Je n'ai rien contre un certain cinéma français que certains jugent parfois ennuyeux, pour rester courtois. Je suis le premier à défendre ce genre de films quand il y a plus de dialogues, de plans fixes, de psychologie que d'action et d'avancement dans l'intrigue. Mais là c'en est trop, on ne voit pas où ils veulent en venir, on a l'impression de voir un résumé quotidien d'une affaire de corruption politique et de procès, mais encore moins palpitant car c'est pas les actualités mais un film. Et la fin, la fin c'est le comble car tiens, soudain "on lâche l'affaire" décide Isabelle Huppert. Merci bien, alors que nous nous avions tout fait pour ne pas la lâcher, si j'avais su j'aurais arrêté avant.
Après un début un peu mou digne d'un Chabrol en petite forme, le film s'emballe et captive en même temps qu'il fait rire (car c'est une bonne comédie). Outre Isabelle Huppert, à l'aise dans un personnage qui lui va parfaitement, on notera le défilé de seconds rôles qui donnent son rythme au film : mention spéciale à Maryline Canto, Philippe Duclos, Thomas Chabrol, et, encore et toujours, Jean-François Balmer. Un très bon cru.
On dit que ce film de Chabrol, un des derniers du maître, est inspiré de l'affaire Elf et du procès de Loïk Le Floch Prigent (étonnant de ressemblance avec Berléand), mais qui se souvient de ce fait divers qui défraya la chronique ? Cela dit, il reste qu'on suit ce film avec intérêt pour constater qu'un juge déterminé peut (pourrait ?) à elle seule remuer des bastions et une multinationale. Quitte à friser l'abus de situation dominante. Ce film a été écrit pour servir une imposante liste de comédiens talentueux avec pour chef de file une Isabelle Huppert sarcastique, à la limite du sadisme, et en pleine forme, dans le rôle d'une juge qui semble avoir tout abandonné, même son couple, pour servir la noble cause de la Justice. Telle une vestale qui s'offre en sacrifice à Thémis ! A part la musique infecte, cette création fut une réussite. willycopresto