Très bien joué en particulier par Isabelle Hupert et F.Berléand,ce film signé Chabrol largement inspiré de l'affaire Elf,se laisse regarder mais n'a pas emporté mon adhésion complète.Car le thème judiciaire est survolé,et qu'il aurait du ce concentrer plus sur l'instruction elle-même et montrer une enquête plus poussée que de s'apesantir sur les"malheurs" et la vie privée de la magistrate.Et j'ai trouvé que quelques seconds rôles ne sont pas à leurs places et parasitent,tel Bruel en p.d.g,ça le fait pas.A défaut d'être brillant sur toute la ligne,on peut le prendre presque comme un documentaire.
Très intéressant sujet brillament interpreté par Isabelle Huppert, lumineuse. Le génie de la belle éclipse presque les seconds rôles, convainquants comme le reste de la production française. Le film ne souffre finalement que d'une certaine légèreté dans le traitement de son lourd fond. Le personnage d'Huppert abandonne finalement le spectateur, qui n'a plus qu'à grincer les dents pour répondre aux questions que le film avait pourtant intelligemment soulevées.
Claude Chabrol s'attaque ici de manière assez explicite à l'affaire Elf en en reprenant tous les événements et les personnages principaux. Pour autant, le spectateur sera assez vite surpris par la prudence extrême que prend le cinéaste. Visiblement peu à l'aise, Chabrol ne sait pas si il doit entrer dans une pure fiction ou si il doit coller de près à cette affaire célèbre. Finalement, il ne choisit pas et reste en retrait : il ne dénonce finalement pas grand chose et ne parvient pas à rendre son film passionnant ou intrigant. Reste un constat intéressant puisque l'auteur montre bien la réalité du pouvoir (les mêmes élites sont en place depuis des décennies...des siècles ?, et rien ne semble pouvoir les atteindre). Le cinéaste est servi par le jeu très inspiré d'une Isabelle Huppert impériale et par un François Berléand finalement attachant. On est moins convaincu par Patrick Bruel, peu à l'aise dans un costard cravate. L'ensemble manque un peu de punch, y compris dans la mise en scène assez plate. On attendait plus de férocité et de mordant de la part d'un cinéaste qui a toujours su gratter là où cela fait mal. Il ne dérangera finalement personne ici.
Le film, s'il bénéficie du cadre juteux de l'affaire Elf en est aussi prisonnier. Donc on a à la fois un film un peu fade dans son enchainement et au contraire des scènes généralement plutôt réussies comme la trop brève scène de Balmer devant Huppert.
Un bon film avec un bon casting et des acteurs qui jouent bien leurs rôles.L'histoire est bien et original.Le début est splendide mais par contre la fin s'essoufle completement j'aime pas trop la musique.Il y'a un bon suspens.Bref encore un bon film de Claude Chabrol comme je les aime et que je vous conseille .
Difficile de définir ce film. Entre documentaire et comédie dramatique mais certainement pas un thriller. Il parait qu'on s'interessait ici aux dessous de l'affaire Elf, dans ce cas cette fameuse affaire ne semble guère palpitante. Beaucoup de paroles inutiles, de silences et donc d'ennuis dans l'histoire de cette juge d'instruction qu'on nous présente comme terrible mais qui se révèle d'une affligeante neutralité. L'ivresse du pouvoir ne montre pas grand chose finalement et ne mérite sans doute pas son titre car ce n'est pas le point sur lequel on insiste le plus ici.
C'est Claude Chabrol lui même qui résume ma pensée en disant : "si le film n'avait aucun rapport avec la réalité, il n'aurait guère d'intérêt". Pour faire simple, si vous ne maîtrisez pas l'affaire Elf (dont est ouvertement issu le film), vous allez vous ennuyer grave !
Ca commence extrêmement bien: la scène d'ouverture avec la présentation du personnage de François Berléand est excellente et surtout très bien filmée. La première partie continue ainsi, avec un très bon rythme. Puis tout à coup arrive l'accident de la juge d'instruction (accompagnée de sa nouvelle coupe de cheveux!) et ce qui suit est beaucoup moins bien, moins intéressant. Le film devient plus mou et moins prenant. Après dans l'ensemble on a un humour plus ou moins bon, avec dans le moins drôle les jeux de mots sur les noms des personnages: la juge s'appelle Kill-Man, Patrick Bruel Si-beau, on a aussi "de l'ombre est au soleil". C'est pas très fin et ça ne fait pas spécialement rire. Après les interprètes: Patrick Bruel n'est pas extraordinaire du tout, il ne convient vraiment pas au rôle, Berléand, sans rien révolutionner, est pas mauvais (moi j'ai pas trouvé extraordinaire en tout cas), Maryline Canto est par contre très convaincante même si elle n'apparaît que dans la deuxième partie (oui, la moins bonne, mais ça ne l'empêche pas de bien jouer!). Et puis dans le rôle principal, Isabelle Huppert est extraordinaire. Elle campe un juge "sadique" extrêmement bien (les interrogatoires sont très bien réussis, et elle est d'un sadisme...). Elle est l'atout principal de ce film sur l'affaire Elf, pas le meilleur Chabrol, mais de bien meilleure qualité que ses deux derniers films: la fleur du mal et La demoiselle d'honneur, qui étaient pas terribles du tout.
Claude Chabrol offre là un cinéma de qualité dont latout premier est la linéarité de lintrigue (étonnant, non ?). Annoncée comme tel, cette intrigue continue son bonhomme de chemin jusquà nen plus finir, mais tout en réservant une petite euphorie, une ivresse chez le spectateur. Livresse davoir le pouvoir de choisir qui sont les bons, qui sont les méchants
Le sujet aurait pu être passionnant, le casting pas mal et puis ce film s’enlise dans l’ennui. Ce n’est pas le ton monocorde d’Isabelle Huppert qui est en cause mais nous sommes les témoins impassibles d’une enquête sans trop d’intérêt surtout que la réalité du monde présent est souvent pire que cette fiction mollement tournée.
Malgré le sujet, une attaque pure et simple contre un système pourri et l'évocation filtrée d'une affaire retentissante, il ne faut pas s'attendre à du Mocky. Normal puisque c'est du Chabrol. Apprécions donc en premier lieu la mise en scène, et notamment la première scène. Comme l'arrestation du Président de la société est bien amenée ! Evidemment louons le jeu d'Isabelle Huppert, qui réussit à rendre cette juge à la fois crispante et séduisante. Regrettons le jeu trop léger de Bruel, sauf dans la scène où il subit la perquisition dans ses bureaux. D'autres acteurs font des numéros intéressants mais un peu réchauffés. La fin, pessimiste, laisse finalement au spectateur le soin de tirer ses propres conclusions. Celui ci ne se fait de toute façon guère d'illusions sur ce qu'est l'ivresse du pouvoir et sur ses conséquences. C'est donc un tout petit pas dans une très longue marche que nous décrit le réalisateur, et c'est déjà ça.
Prenant en compte l'avertissement qui ouvre l'Ivresse du pouvoir, j'ai essayé de faire abstraction de ce que je savais de l'affaire ELF et du débat qui entourait le film. On est plutôt pris par l'histoire, la vision des mécanismes de la justice qui est présentée semble pertinente. Isabelle Huppert, entre autres, mène le film d'un bout à l'autre avec grand talent. C'est un véritable moment de cinéma, donné avec précision et subtilité, sans grands effets - Chabrol n'est pas allé dans l'outrance - et "ça fait du bien". Mais pas tant que cela, puisque le film dégage une impression de mal-être permanente, difficile à analyser. Néanmoins, Chabrol sait redonner une certaine fraîcheur quand il le faut. Une jolie fin, aux surprenantes tonalités hitchcockiennes.
Sur fond d’affaire Elf, Chabrol caricature avec maîtrise, délectation et sans trop de démagogie le monde cynique du pouvoir et ses turpitudes. Cela ne l’empêche pas de nous vendre son neveu dans un rôle inutile.
Film très intéressant et merveilleusement interprété par les acteurs mais qui manque cruellement de souffle dans sa seconde partie !! Le début est palpitant puis à l'heure de film, on se met à lâcher et on n'arrive plus à retrouver l'enthousiasme du début.. Dommage !!