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GéDéon
134 abonnés
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2,5
Publiée le 8 janvier 2026
Pour la deuxième fois de sa carrière, George Clooney passe derrière la caméra. Dans ce long-métrage, sorti en 2005, il rend un hommage au journaliste américain Edward R. Murrow, présentateur d’une émission télévisée au début des années 1950, ayant notamment contribué à la chute du sénateur Joseph McCarthy, l’instigateur du climat de paranoïa anticommuniste. Certes, il s’agit d’un film engagé mais l’absence de contextualisation des faits historiques et la référence à de nombreuses personnalités de l’époque rendent l’intrigue complexe et peu palpitante. On retiendra essentiellement le message bienveillant sur le rôle des médias dès lors qu’ils exercent leur métier avec déontologie et professionnalisme. Bref, une œuvre pouvant s’assimiler à une sorte de documentaire sur la période où la chasse aux sorcières faisait rage aux Etats-Unis.
S’il n’est pas très facile d’accès, ce second long-métrage en tant que réalisateur pour Georges Clooney est certainement son plus abouti. Il raconte le combat d’un présentateur d’une émission politique sur CBS et de son producteur pour mettre fin à la chasse aux communistes orchestrée par le sénateur McCarthy dans les années 50. Dans un noir et blanc épuré, au style très proche du documentaire avec de nombreux passages d’archives, le cinéaste offre au travers cette lutte une parabole pertinente sur le rôle et le poids des médias dans la sphère politique et publique.
En démocrate et citoyen engagé, George Clooney revient sur la période du maccarthysme à travers la résistance audacieuse, courageuse, d'une poignée de journalistes de CBS face à l'inquisition liberticide du très fameux sénateur McCarthy. Traité de démocratie et de journalisme intègre, contre l'interventionnisme politique...et publicitaire, "Good night, and good luck" -la phrase avec laquelle le journaliste Murrow conclut ses émissions, n'est pas non plus sans intégrité -à l'image du rôle modeste, en retrait, que s'accorde Clooney- porté par une intention didactique au risque d'apparaitre austère. La réalisation, élégante, en noir et blanc -ce qui permet d'être "raccord" avec les nombreuses images d'archives- la mise en scène pour l'essentiel confinée dans les studios de CBS, la sobriété des personnages (étonnante composition de Murrow par David Strathairn, visage fermé, tendu et grave) n'ont pas vocation à créer les conditions d'un thriller spectaculaire et palpitant. Le film se borne à défendre un principe de justice contre l'intransigeance sécuritaire et paranoïaque d'une commission d'enquête. Clooney fait le choix de la dialectique plutôt que de l'action. Néanmoins, si le film a les idées claires, son point de vue est celui de protagonistes dont l'absence de notoriété, en France, fait d'eux des personnages un peu théoriques, par contraste avec les nombreuses stars d'Hollywood qui ont alimenté la chasse aux sorcières, les gazettes et la légende, et qui n'existent guère au-delà du discours qu'ils tiennent, des idées qu'ils défendent. En d'autres termes, ils n'ont pas l'aura et le prestige d'un Bogart s'opposant à la Commission.
Film a minima, centré sur l'essentiel, osseux, sec, qui envoute avec sa petite musique calme et tranquille contraste les cris de rage qu'il éructe dans le fond, plaidoyer intense sur le rôle du divertissement, des médias, et du courage de tous les hommes qui les incarnent et qui se tiennent, debout, par vents contraires. C'est une ode aux courageux qui ne se résignent jamais, malgré les tempêtes. Beau, un peu âpre, envoutant et politique.
Tombée sur ce film par hasard, j'ai vraiment apprécié. Le sujet est très intéressant et bien traité, je ne savais pas que c'est une équipe de journalite qui avait fait tomber McCarthy et sa chasse au sorcière. Le fait d'avoir fait un film en noir et blanc ne m'a pas gêné auc contraire, cela m'a rappelé les films de cette époque (j'en ai vu pas mal) et donne une ambiance qui colle bien au traitement du sujet. Ce film a été pour moi une bonne surprise. Dommage que de nos jours aucun journaliste de cette trempe ne puissent travailler dans des médias mainstream !
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1,5
Publiée le 4 décembre 2020
Good Night, and Good Luck a plus de style que de substance. La photographie, les costumes et la musique étaient excellents. Mais c'est là que s'arrête l'éclat de ce film. En bref le film présente une vision très biaisée des événements trop simplifiée et adaptée aux préjugés de George Clooney. Joe McCarthy n'est montré que dans des séquences d'actualités ce qui fait de lui un personnage en deux dimensions. Il n'est certainement pas le vilain menaçant auquel le réalisateur voudrait nous faire croire. Il y a une tragédie dans l'histoire de McCarthy. Il a joué un jeu politique à haut risque et s'est autodétruit en public. Je ne comprends pas pourquoi ce genre de véritable drame humain est complètement absent de ce film. Il n'y a aucune tentative d'expliquer la véritable raison de la paranoïa anticommuniste et cela rend le film historiquement déséquilibré. Le clan Clooney a apparemment pensé qu'il n'était pas nécessaire de replacer l'ère McCarthy dans son contexte. Avec des dizaines de millions de personnes qui meurent en Union soviétique sous Joseph Staline la paranoïa était inévitable. L'horreur des purges du parti de Staline fait que la politique dépeinte dans ce film ressemble à quelque chose de la bande dessinée du dimanche. La musique jazz du film est excellente et c'est malheureusement aussi l'un des plus gros problèmes du film. Ce style de musique n'était pas très populaire dans les années 1950. Les hit-parades de l'époque étaient pleins de chansons légères et de musiques de spectacle. La véritable musique pop des années 1950 était le genre qui prenaient essor le Rock and Roll. La controverse a toujours plus d'un côté. Le monde de Clooney n'a pas de place pour le débat philosophique seulement pour le révisionnisme historique. S'il était un bon cinéaste il aurait donné au film le type de tension dramatique qui pourrait le transformer en un divertissement sérieux. Le paradoxe involontaire est que tout en présentant l'histoire d'un journaliste neutre Clooney montre une vision déformée des événements historiques environnants. Je suppose qu'il est tout simplement dommage pour nous que le monde réel soit si éloigné de la vision de George Clooney...
Les critiques négatives des spectateurs sont la démonstrations par l'exemple de l'avertissement donné par le personnage principal dès l'ouverture du film : l'audiovisuel peut n'être qu'un instrument de divertissement, ou un outil éducatif à la seule condition qu'on le veuille. Il est désolant de constater à quel point le divertissement simple voire niais est le seul but recherché par nombre de mes contemporains. Comprenez bien le titre, mes aveugles congénères : que votre très chère nuit soit douce, et que la chance soit avec vous dans l'avenir, puisque vous ne désirez pas vous informer du passer ou du présent. La mise en scène est subtile et magistralement orchestrée, le noir et blanc met parfaitement en abîme le manichéisme institutionnel et, grâce aux nuances de gris, la réalité publique. Loin d'être un artifice, c'en est même le rejet. Chaque thème traité est souligné, illustré, par une chanson du jazz typique de cette époque. Certes le film est discursif : le maccarthysme avait les mots pour arme, normal que ses opposants y ait aussi eu recours. Donc pas de fusillades ni de poursuites en voiture inutiles, juste des convictions morales qui s'affrontent, des peurs et des souffrances à éviter ou surmonter.
Cette reconstitution de l’angoissant suspense en huis clos qu’ont vécu les membres de l’équipe de CBS, et de la plupart des médias américains en général, durant le « règne » de Mac Carthy, est impressionnante; de rigueur, et de minutie. Pas un seul détail ne manque. Encore moins l’ambiance et l’esprit de l’époque, dont l’authenticité est accrue par l’insertion judicieuse de retransmissions réelles. Par contre, les licenciements et rétrogradations, sont ils dus aux représailles déclenchées par Mac Carthy, même évincé? A des compressions dues aux difficultés de l’après-guerre, à des pressions venant de groupes d’influences de l’administration Hoover? Autant de questions qui restent en suspend ; montrant que certains aspects de l’intrigue plus particulièrement la clôture du film, semblent n’avoir pas été traités avec autant de rigueur. Cependant, en dépit de ces défauts, et, sans être aussi réussi et palpitant que Les Confessions d’Un Homme Dangereux,Good Night And Good Luck, révèle le cinéaste Clooney, comme étant une personnalité intéressante, faite d’ambition, d’intelligence, et d’intégrité.
J'ignore comment les américains s'y sont retrouvés avec des références qui datent de 1953-1954, mais en ce qui concerne sa diffusion mondiale c'est typiquement le genre de film qui a du mal à passer les frontières. Alors c'est quoi le film ? Ce n'est pas un biopic de Edward R. Murrow (inconnu en France mais célébre là-bas) puisque le film se concentre sur son rôle dans la chute de McCarthy. Or justement, j'ignore si le souvenir du maccarthysme reste vivace au States, mais ailleurs l'épisode reste vague, voire ignoré. Or le film ne contextualise rien du tout ! Le maccarthysme, c'est une période d'abus de pouvoir aboutissant à des carrières et des familles brisées, des suicides, des exils, un climat de suspicion et de délation incompatible avec la démocratie. De cela le film en parle fort peu ! Alors à quoi bon juger un film qui n'était sans doute pas fait pour l'exportation ? Que reste-il ? De bons acteurs, une ambiance, mais on a surtout l'impression d'être passé à côté de quelque chose !
McCarthysme ou la chasse aux sorcières : aux Etats-Unis, arrêter (souvent sur délation) toute personne étant ou ayant été sympathisante ou militante communiste. Une doctrine qui sévira partout, y compris dans le monde du cinéma. Mon premier contact avec le cinéma de George Clooney me laisse un très mauvais souvenir. En effet, j'avais littéralement détesté "Monument mens" qui m'avait fait mourir d'ennui. Mais là, je dois avouer que j'ai été soufflé. Vraiment. Dans l'absolu, je sais bien que ce film n'est pas un chef d'oeuvre, mais il m'a pleinement conquis. La grande qualité de ce "Good night and good luck" ? Assurément sa finesse et son intelligence dans l'écriture. En aucun cas Clooney ne prend parti. Son film n'est absolument pas une charge contre le communisme. Bien sûr, on entend des propos négatifs sur ce courant de pensée, mais ça n'est pas du dénigrement. Mais c'est pour montrer la haine qui sévissait contre les communistes à cette époque si peu lointaine. Un peu plus de soixante ans, dans l'Histoire d'un pays, ça n'est rien. On notera aussi une très belle esthétique avec un noir et blanc très propre. Sans oublier une remarquable interprétation de tous les acteurs : David Strathairn en tête. De l'intelligence dans le propos, une esthétique soignée, de très bons acteurs, voilà qui confère à ce film tous les atouts d'un beau moment de cinéma.
En plus d’être un immense acteur, George Clooney est aussi un grand réalisateur et un homme engagé. Dans ce film, il dénonce la manipulation des médias, la propagande, à travers une période de l’histoire américaine sous le régime de McCarthy. Cependant ce message délivré sur l’influence de la télévision et la diffusion d’informations trompeuses est encore valable actuellement, il est intemporel. D’ailleurs impossible de ne pas faire le parallèle avec la guerre en Irak et les inventions de Bush Junior qui a su bourrer le crâne de ses concitoyens de désinformations pour justifier ses actes (le film n'étant sorti que 2 ans plus tard). Coté mise en scène, Clooney fait du bon travail, avec style et sobriété, le rythme est volontairement lent, car entrecoupé de beaucoup de dialogues intéressants et utiles pour mieux cerner les enjeux politiques de l’époque. Bref, George Clooney fait partie des génies du cinéma, après avoir prouvé à de nombreuses reprises ses talents d’acteur, il prouve cette fois-ci ses dons de réalisation, avec toujours autant de valeurs et d’engagements dans ses propos.
Auteur du livre "Guide de Survie du Cinéphile Amateur" (sortie janvier 2019)
Film produit par Georges Clooney, Bonne nuit et Bonne chance (ayant parfois des allures de Twelve Angry Men) nous raconte l’histoire du célèbre journaliste, Edward R. Murrow, connu pour avoir entrainé la chute du sénateur Américain McCarthy. Brillament interprété par David Strathairn (qui fût d’ailleurs l’un des nomminés lors de la cérémonie des oscars du meilleur acteur en 2006), nous le suivons, lui et son équipe, dans sa lutte contre cette véritable chasse aux socières dont furent victime les communistes. A l’instar de son dernier long-metrage (à mon sens) Georges Clooney, nous livre ici un film poignant, extrêment bien réalisé comme en témoigne la pertinence des dialogues, ou bien les transitions en fondu sur la chanteuse de jazz Dianne Reeves. L’une de mes craintes étaient de voir les personnages gravitant autour de Murrow moins développés en raison du format plutôt court de l’oeuvre (1h20) mais ce ne fût pas le cas. Au contraire, la relation entre Joe Wershba (interprété par Robert Downey Jr) et Shriley Weshba (joué par Patricia Clarkson) est bien exploité tout comme le personnage de Hollenbeck spoiler: avec son suicide.
Le fait d’avoir tourné en noir et blanc facilite l’inclusion d’images d’archives, ce qui est un bon point pour la partinence historique. Néanmoins, et c’est l’une de mes déceptions, j’aurai apprécie que G. Clooney renforce ce dernier aspect, n’oublions pas que cette période est également appelé « Red Scare ».
Le cinéma journalistique ne m'a jamais intéressé. Pas assez cinématographique à mon goût et même si un sujet est a priori passionnant, comme c'est le cas avec "Good Night, and good luck"), l'intrigue qui en découle est rarement aussi intéressante. Même un classique comme "Les hommes du président" de Pakula me laisse de marbre. L'approche et le propos sont d'ailleurs souvent les mêmes et c'est l'aspect contre-pouvoir des médias qui est généralement mis le plus en avant. C'est d'ailleurs le cas ici avec cette dénonciation par des journalistes de CBS du maccarthisme, cette chasse aux communistes ayant eu lieu aux Etats-Unis au début des années 50. Si leu sujet présente indubitablement de l'intérêt, celui-ci est traité de manière redondante au sein d'un scénario balisé et d'une mise en scène de George Clooney un peu trop académique. Rare sont les films de ce genre à réussir à nous tenir en haleine en insufflant la dose de suspens nécessaire. On peut saluer toutefois le travail de reconstitution de l'époque et la beauté esthétique obtenu avec cette potographie en noir et blanc.
Good Night and Good Luck est un bon film sur le Maccarthysme. Le Maccarthysme est décrit avec justesse avec tout ce qu''il a de plus nauséabond. La critique est percutante. L'histoire a quelques longueurs mais définit avec précision la personne d'Edward R. Murrow, personnage historique très intéressant dans son intégrité. Le film est bien porté par David Strathairn et George Clooney. Le filtre noir et blanc apporte un petit plus dans l'atmosphère 50s. Pourquoi pas.
Si le film est en lui-même relativement classique, l'intérêt est historique. C'est la petite histoire qui fait la grande, ou comment le pouvoir civil et citoyen arrive à mettre à bas l’extrémisme politique public. C'est un hommage à des personnes qui ont risqué leur liberté et parfois leur vie pour tenter de rétablir ce qui est juste. Le tout est porté à l'écran avec classicisme mais avec élégance aussi.