L'histoire d'une auteure de roman photo qui rêve autant son quotidien que ses histoire à l'eau de rose, sauf que ça finit un peu autrement (sinon, il n'y aurait que des filles dans la salle).
Il est des nez qui laissent toujours rêveur, ceux de Marion Cotillard et Julie Depardieu sont de cette espèce, et c'est le tiers du plaisir de ce film, une ode à l'esthétique des femmes parisiennes. C'est bien photographié, sans esthétisme forcené, ce qui ne gâche rien.
Il ne faut pas se laisser rebuter par le premier quart d'heure, fait de poncifs, de rupture de rythme et de kitch complet mais aussi d'ennui. C'est une sorte de contraste pour mieux apprécier la suite.
Ce n'est pas une comédie, on ne rie qu'une dizaine de fois, c'est une sorte d'hommage pas idiot à la féminité dans ce qu'elle à de plus opposé à la mentalité masculine, même de jeune urbain cultivé. Une manière de définir les frontières, tout en expliquant sans caricaturer. Il subsiste d'assez belles scènes, dont on sent le travail sur les textes pour qu'ils soient naturels, à contrario d'autres déclarations particulièrement bêtifiantes dans les endroits moins critiques.
Bref, c'est loin du film pour nanas, même si seule une femme pouvait l'écrire et le tourner. Du bel ouvrage, bien que la portée soit limitée, quoique la fin soit particulièrement réussie. Après tout, peut-être qu'une critique du beau sexe mettrait une meilleure note ?
Il faut avouer que Marion est assez épatante, passant de l'adolescente rebelle à la femme adulte en deux films, avec un peu d'indécise égocentrique pour continuer avec l'amoureuse sincère et entière, on a une sacrée étendue de ses talents cette année.
Mention spéciale aux scènes de roman photos, particulièrement réussies.
Dernière mention à la musique, parfaitement dans le ton du film, branchouille à l'eau de rose puis belle quand la vraie vie s'installe avec spleen pluvieux nocturne et lumineux (on est à Paris, pas dans la boue).