Un film délicat à revoir en 2026...
Le traitement du héros noir, Salomon, sous des couverts de bonnes intentions, est quand même représenté de façon assez raciste ("ses mains puissantes", "oh mais quelle force de la nature" (
dernière scène
), "garçon", "bamboula", toujours à suivre, à se faire réprimander s'il faut, bref, inférieur à son ami blanc qui lui est futé, loquace, rusé, etc). Quant à notre ami Di Caprio, le "white savior" en devenir...
il aura quand même fallu qu'il soit sur le point de mourir, par un hasard lié à son appât du gain, pour qu'il fasse enfin les choix justes. Ca n'empechera pas qu'il soit vu comme le héros sacrifié, alors qu'il comptait tout du long voler le diamant et ne pas mourir !
Bref, la boussole morale est un peu cassée.
Quant au dialogue lunaire (no spoil) où Solomon dit à Archer que c'est compréhensible que les blancs veuillent leurs diamants, mais qu'il doit y avoir quelque chose de mauvais sous leur peau noire pour se faire ça entre eux (les milices, les combats, les violences atroces, que le film dépeint réellement), et que peut etre s'ils etaient gouvernés par des blancs, ça irait mieux (??).
Enfin, le message final disant que c'est au consommateur de se renseigner sur la provenance des diamants qu'il achete pour etre certain que ce ne sont pas des "blood diamond" alors que le film s'évertue (et on peut le lui accorder !) à nous montrer les stratagèmes des entreprises pour effacer toutes traces de provenance de leurs diamants... On met bien au jour la "bonne conscience" qui se planque derrière ce film, même s'il a le mérite d'exister.
Bref, un bon moment, de l'émotion, de l'empathie, mais il y a quelque chose dans le discours qui ne va plus aujourd'hui...