Les Contrebandiers de Moonfleet
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soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 décembre 2024
En 1955, Fritz Lang séjourne depuis presque 20 ans à Hollywood où il a réalisé 19 longs métrages qui l’ont vu s’affirmer aux côtés d’Otto Preminger, Billy Wilder et Robert Siodmak comme l’un des maîtres du film noir, puisant ses racines esthétiques dans l’expressionisme allemand dont il était avec Friedrich Wilhelm Murnau le premier représentant du courant au sein de l’art cinématographique. C’est pour la MGM avec « Fury » que Lang avait réalisé son premier film à Hollywood en 1936. Mais depuis 1948 et « Le secret derrière la porte », Lang s’est tourné vers les petites compagnies (Columbia, Republic…) où son indépendance artistique était mieux tolérée Ce retour vers la MGM promet donc d’être délicat à gérer. Il lui est proposé de mettre en scène une adaptation de « Moonfleet », un roman de John Meade Falkner avec comme acteur principal Stewart Granger, la nouvelle star du studio qui depuis son arrivée à la MGM en provenance de son Angleterre natale fait merveille dans le genre où avant lui avaient brillé pour la Warner et la Fox les virevoltants Errol Flynn et Tyrone Power. « Les mines du roi Salomon » (Compton Bennett et Andrew Marton en 1950), « Au pays de la peur » (Andrew Marton en 1952), « Scaramouche » (George Sidney en 1952) , « Le prisonnier de Zenda » (Richard Thorpe en 1952), « La perle noire » (Richard Thorpe en 1953), « Le beau Brummel » (Curtis Bernhardt en 1954) et « L’émeraude tragique » (Andrew Marton en 1954) sont autant de succès où l’acteur au charme british alliant distinction et un soupçon de goujaterie enchaîne avec agilité les rôles de militaires et d’aventuriers maniant sans problème épée et fusil. Encore plus fort, lors d’une escapade à la Columbia, Granger s’est montré tout aussi à l’aise dans un péplum (« Salomé » de William Dieterle en 1953). La MGM faisant appel au grand réalisateur qui a depuis montré sa capacité à s’adapter à un genre typiquement hollywoodien comme le western compte ramasser la mise grâce à un film épique de prestige. Le scénario écrit par Jan Lustig et Margaret Fitts conserve très peu du roman de Falkner, créant par exemple de toute pièce le personnage de Jeremy Fox interprété par Stewart Granger et nimbant l’ensemble du récit d’une atmosphère de mystère et d’angoisse spoiler: via la vision enfantine du petit garçon venu chercher à Moonfleet un mentor avec dans ses mains une lettre de recommandation émanant de sa mère récemment décédée. Un petit garçon joué par le jeune Jon Whiteley déjà efficient trois ans plus tôt dans « Rapt » de Charles Crichton. Le chef des brigands Jeremy Fox voyant débarquer cette charge lui rappelant une relation passée douloureuse avec une jeune fille de bonne famille va imparablement voir la sève de la responsabilité monter en lui.
Tout le film est savamment construit par Lang pour illustrer cette conversion d’un brigand de haut vol face à la révélation de sa paternité. Dans l’esprit, on est en réalité plus proche de « L’île au trésor » tourné pour la MGM en 1934 par Victor Fleming avec Wallace Berry et Jackie Cooper. Mais ce n’était pas exactement la demande de la MGM en 1955 dont on comprend d’ailleurs mal pourquoi elle a fait appel à John Houseman pour produire le film, peu rôdé au genre et qui s’est de fait très mal entendu avec Lang. Le film dont la sortie a été bâclée n’étant pas diffusé hors des États-Unis, sera un échec financier. Dans le catalogue de la compagnie, il est encore écrit : "maladroitement adapté et réalisé par un Fritz Lang distrait ". A tort la MGM, rejette la faute sur Fritz Lang dont l’autoritarisme bien connu était redouté. Si Fritz Lang lui non plus n’était pas satisfait du résultat, on peut constater en voyant ses notes inscrites sur le scénario qu’il n’a en rien négligé cette réalisation qui constitue sans doute l’une des plus abouties de son passage à Hollywood. Esthétiquement superbe et finement ciselé au niveau de son intrigue très fluide, « Les contrebandiers de Moonfleet » tient le spectateur en haleine malgré son peu de cascades. Depuis sa diffusion en Europe et notamment à Paris en 1960, le film bénéficie d’un statut de film culte sans aucun doute dû au culte dont Lang fait lui-même l’objet de la part de la critique française. Néanmoins, on peut constater que 70 ans après sa sortie, le film ne délivre aucune fausse note même si on ne peut le classer dans la même catégorie que des chefs d’œuvre comme « L‘aigle des mers » (Michael Curtiz en 1940) ou « Le cygne noir « (Henry King en 1942) ou encore « La Flibustière des Antilles « (Jacques Tourneur en 1951). Signalons pour conclure que la même année sortira « La nuit du chasseur », le chef d’œuvre de Charles Laughton dont à tout prendre, le film de Fritz Lang se rapproche davantage. N’oublions pas non plus la présence toujours réjouissante de George Sanders en escroc libertin et un brin ripailleur.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 834 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 juin 2024
Bien plus qu'une aventure flibustière ou une histoire de cape et d'épée, voici le récit de la rencontre entre un jeune orphelin en quête de figure paternelle et un ancien amant toujours épris du souvenir de son amour perdu. Au sein d'une ville absolument viciée - aucun personnage pour rattraper l'autre! - l'arrivée d'un enfant candide (mais non idiot) permet évidemment au maitre des lieux de trouver une forme de rédemption. Il faut être sensible à ces bons sentiments pour réellement apprécier une narration par ailleurs fort cynique malgré une forme très classique et de nombreuses caractéristiques attendues du genre. Bref, un rai de lumière au sein d'un monde corrompu via l'itinéraire balbutiant de ce garçon!
this is my movies

823 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 novembre 2017
Chassant sur les mêmes terres que "L'île au trésor" de Stevenson, ce récit initiatique conte la relation qui se noue entre un jeune garçon et un mentor exerçant un métier bien peu recommandable, âme noire et tourmentée. Il en résulte un film d'aventures qui se passe uniquement au sol plutôt qu'en mer, tourné dans des studios aux décors fabuleux (avec quelques plans en extérieur fort sympathiques), quelques éclairages expressionnistes, une intro quasi-muette prenante et une galerie de personnages qui marquera les jeunes enfants qui visionneront ce film. Pas trop d'action donc mais un divertissement familial assez enlevé, comportant un duel particulièrement épique et une chasse au trésor qui tient en haleine. C'est donc hautement recommandable, pour toutes et tous, avec quelques séquences de haut niveau, signées par un F. Lang inspiré. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
TTNOUGAT

701 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 juin 2015
Dans la hiérarchie du cinéma, Monfleet est un de ces films parfaits dont le nombre ne dépasse probablement pas les 2 chiffres. Il regroupe à lui seul comme les 98 autres tout ce que le septième art représente : des richesses visuelles, intellectuelles, émotionnelles, éducatives et créatrices de générosité qui rendent nos vies plus belles. Lang n'est pas mon cinéaste préféré mais s'il fallait désigner un premier parmi tous les réalisateurs depuis 1895, ce serait lui que je choisirais, ce n'est donc pas un hasard que Moonfleet soit tant admiré et aimé de 7 à 77 ans selon une formule consacrée. Il y a dans Moonfleet une élégance de mise en scène moins visible par exemple que celle de George Sydney (Scaramouche) mais plus humaine car elle touche chaque personnage au profond de lui même ( J'en cite un : Anna qui voit se retourner contre elle le plan qu'elle avait imaginé). S'y ajoute une profondeur sur l’enfance et tout cela avec beaucoup de mesure sans jamais chercher à montrer quel grand réalisateur il est. Il réalise de même un final totalement en accord avec la vraie vie, sans que la mort ou l'illusion nous sautent aux yeux à la première vision. Par ailleurs, le romantisme de ce film est évident bien que aucun personnage positif ne nous en apporte l'apaisement. Il n'est du qu'au talent de son auteur qui a su le créer dans des décors artificiels soigneusement construits. Enfin, comme le veut Lang, ce film est un spectacle du début à sa fin, première qualité pour captiver le spectateur et lui donner envie de revenir.
Newstrum
Newstrum

56 abonnés 261 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 avril 2017
Lang fait d'un récit d'aventures un film langien sur un homme souffrant d'un fort sentiment de culpabilité. Jeremy Fox (Stewart Granger dans un de ses meilleurs rôles) est une superbe canaille et sa relation avec le jeune John Mohune qui a foi en lui malgré tout est au coeur du film. Un classique et l'un des films de Lang les plus étonnants. Voir ma critique complète sur mon blog.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 février 2021
Moonfleet passionne parce qu’il permet à Fritz Lang de s’approprier le film d’aventure sur fond de piraterie : il aborde et ainsi convertit ses grands motifs, ses grandes obsessions, en un matériau romanesque foisonnant qui jamais ne faiblit durant son heure et demie. Il suffit, pour s’en convaincre, de visionner l’ouverture avec son personnage principal, orphelin, contraint de vagabonder seul dans les landes anglaises en bord de mer, et sa rencontre avec une statue gothique qui le foudroie et le terrifie. M – Eine Stadt sucht einen Mörder (1931) n’est pas loin, association renforcée par le chant de l’enfant qui évoque le sifflement du prédateur. Aussi le long métrage file-t-il la métaphore de la filiation sur fond d’amitié, l’aventurier devenant une figure paternelle de substitution ainsi qu’un ami dont la disparition, à terme, confronte le petit John à la fin d’un rêve et d’une période. Car l’enfance constitue la thématique principale : il y est principalement question d’une chasse au trésor, puisque le diamant de Barberousse fascine tous les protagonistes du récit ; une enfance redistribuée à mesure que John fait preuve de bravoure et Jeremy d’une candeur nécessaire au jeu de pistes – nous avons, de surcroît, la fameuse carte au trésor qu’il faut décoder ! L’esprit des Goonies (avant l’heure) souffle, porté par une esthétique articulant le baroque et la gothique pour un résultat envoûtant : le cimetière et ses orages glacent le sang, l’architecture des bâtisses et du château nous raccorde à une Angleterre historique dont le film explore le substrat de fiction(s). N’oublions pas non plus l’exotisme de cette bohémienne, avatar de la femme fatale à la Carmen de Mérimée. Moonfleet s’impose donc telle une œuvre de grande qualité, mise en scène avec génie et animée par un romanesque délectable.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 16 août 2010
Lang réussi l'exercice de style.
Un film tout public et commercial, bien mené malgré les contraintes.
Heureusement que les cinéastes de sa trempe ne sont pas toujours enchaînés à de tels obligations.
Ykarpathakis157

6 192 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 8 mai 2021
C'est un de ces films que les gens qualifient de curiosité quand ils veulent être gentils. J'ai vu presque tous les films de Fritz Lang et celui-ci est de loin le pire. Malgré une grande distribution Stewart Granger, George Sanders, Joan Greenwood dans ce film d'aventure il ne se passe presque rien. Il n'y a pas grand-chose en matière de cape et d'épée d'intrigue ou de quoi que ce soit sauf si Granger accepte d'accueillir son neveu perdu. Et franchement le petit garçon ne semble pas en valoir la peine. Le film s'anime momentanément lorsque George Sanders est à l'écran mais cela ne dure que 10 ou 15 minutes. La production en Technicolor plate et figée est normale pour l'époque mais comme il ne se passe pas grand-chose c'est un véritable handicap. C'est bien que Lang ait essayé quelque chose de différent de ses films noirs mais c'est dommage que ça n'ait pas marché. On est loin de M le maudit et j'étais vraiment prêt à l'aimer car je suis toujours prêt pour une bonne histoire mais j'ai été tristement déçu...
TheDarkKnight74
TheDarkKnight74

47 abonnés 194 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 août 2013
Débutant sur un beau générique de mer déchaînée se brisant sur les rochers côtiers, Moonfleet n'est pas un film d'auteur, ni une leçon de cinéma qui propose moult analyses pour cinéphiles en manque sous le seul prétexte qu'il est de Fritz Lang. La signature du grand réalisateur s'appose ici davantage comme un gage d'une qualité inévitable de savoir faire technique, rigoureusement démontré par le documentaire vidéo présent sur le dvd Warner (la genèse de Moonfleet) : les angles de caméra, les déplacements et la structure du décors sont pensés pour offrir au regard du spectateur le strict nécessaire dans son état de spectacle cinématographique le plus élevé possible. Tourné en 1955, Moonfleet s'appréhende ainsi comme un film moderne, grâce au rythme, au scénario rempli de péripéties et à une virtuosité aussi flamboyante qu'économe. Nous devons tout cela à Lang, mais il n'empêche que je préfère considérer Moonfleet comme un grand film d'aventure, parfaitement maîtrisé pour plaire au public en lui montrant qu'un divertissement cinématographique peut être raffiné tout en restant prenant. Ce qui rend Moonfleet doublement agréable à regarder pour le cinéphile, et personnellement je l'apprécie d'autant plus que je suis fan de Tim Burton. Toute la fabuleuse première partie que l'on suit à travers les yeux de John Mohune présente les lieux de l'intrigue avec intelligence, dévoilant des décors baroques, établissant une ambiance lugubre et sacrément amusante, qui m'évoque Sleepy Hollow (ou l'imagerie gothique de Burton en général)...La musique de Miklos Rosza s'y accorde à merveille, un vrai bonheur que cette musique, qui synthétise en une seule BO aussi bien les sombres descentes dans les ténèbres d'un Danny Elfman que les aventures trépidantes d'un John Williams ! Le reste de l'histoire nous propose une intrigue agréable, excitante et haletante, mettant en jeu des personnages bien développés, ne cédant jamais à une psychologie de comptoir désormais omniprésente dans nos blockbusters contemporain. Stewart Grangers et John Witheley délivrent un duo génial de anti-héros et héros truculents, quant à George Sanders il incarne encore un personnage british, froid et à l'humeur saillante. Le tout file à bon train, emballant autant d'endroits exotiques magnifiés par la photographie là encore très burtonnienne que de séquences exaltantes(un combat sans doute très difficile à mettre en scène, une infiltration comique et théâtrale qui annonce déjà les Pirates des Caraïbes & co...), avec un certain fond plus complexe qu'il n'y paraît. Bref, Moonfleet n'est pas un chef d’œuvre de Cinéma, ni une œuvre de cinéphile en particulier, c'est surtout une aventure très réussie et adorable, à un point où l'on se dit dès la première vision qu'on va pouvoir regarder ce film des dizaines et des dizaines de fois sans se lasser, et ça, n'est-ce pas la preuve d'une valeur indéfectible ?
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 mars 2011
Fritz Lang livre avec ces Contrebandiers de Moonfleet une oeuvre puissante d'une grande beauté visuelle, qui retrace le parcours d'un jeune orphelin en quête d'un père et d'un voyou qui se laisse peu à peu attendrir par le gamin. Les acteurs sont très bons dans leurs rôle. Un grand classique à voir.
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 juillet 2014
Echec critique et public à sa sortie, renié par Fritz Lang qui n'a pas eu la main sur le scénario et qui détestait le forma Cinemascope : "Moonfleet" est un film maudit. Il serait pourtant dommage de passer à côté de ce mélange de récit initiatique et de film d'aventure, dont l'action se déroule autour d'une bande de contrebandiers britanniques. Le film offre de bonnes performances d'acteurs, avec un attachant Jon Whiteley (alors que son personnage d'enfant fouineur aurait pu être crispant), un George Sanders excellent en Lord hypocrite, et un Stewart Granger impeccable en flibustier trouble. Quant au scénario, il décrit un touchante histoire d'amitié, qui demeure cependant très classique et assez prévisible. Mais Lang se rattrape sur la mise en scène, qui nous livre une atmosphère presque gothique, et des décors efficaces (le film a été quasi entièrement tourné en studio).
Hotinhere

790 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 avril 2026
Angleterre 1957, un orphelin de 10 ans s'attache au chef d'une bande de contrebandiers. Un film d'aventures palpitant, mis en scène dans une technicolor flamboyante.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 6 mai 2011
Agréable sans être réellement marquant : un bon Fritz Lang...
benoitparis
benoitparis

142 abonnés 1 277 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 juin 2010
Aussi enchanteur à revoir adulte. « Moonfleet » n’est pas seulement un bon film d’aventure, c’est aussi un beau récit initiatique enfantin, sans mièvrerie, comme un conte de fée.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 18 juin 2007
Un classique du cinéma. Le rythme est relativement lent et l'intrigue assez prévisible, mais on ne s'ennuie pas. A découvrir.
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