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carbone144
117 abonnés
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3,0
Publiée le 7 juillet 2024
Etonnant et difficilement classable. C'est un film très sérieux à voir au premier degré, mais qui laisse perplexe tant il mêle le soin de la réalisation et réussit à déployer des moyens peu accessibles (hélicoptères militaires, chars, décors désertiques de l'étranger, pyrotechnie), tout en contrastant avec des défauts oscillant entre le film de série B et le film amateur (soldats français amateuristes équipés de M16 ; des situations extrêmes qui tombent dans le caricatural ; quelques effets visuels et sonores ratés). Pour autant, on peut se laisser prendre au jeu et ne pas s'ennuyer. Les drames sur fond de guerre, qui mettent en contraste une histoire relationnelle dans le civil et le déchirement dans un conflit, sont parfois sujet à un manque d'originalité flagrant dans lequel "Flandres" fait exception. Tout est malsain du début à la fin. Finalement, il y a comme deux guerres dans ce film. Intéressant, en somme.
Un paysage rural et hivernal, un ciel gris, des figures populaires aussi vraies que nature parce qu'elle sont celles de comédiens improvisés, des personnages taciturnes et comme accablés: Bruno Dumont impose d'emblée son décor et son contexte social récurrents, sa marque de fabrique, exprimant l'ennui et le marasme sur Terre, l'existence immuable. Récurrent aussi ce coït masculin, bref et désespéré, dans les bras d'une jeune femme bienveillante, comme un exutoire dérisoire à la vacuité et à la mélancolie. Le formalisme de Dumont est une nouvelle fois fascinant en même temps que rébarbatif, parfois, par sa lenteur et ses silences étirés. Le jeune paysan Demester attend de partir à la guerre, une guerre quelconque, sans nom. Le changement de décor est radical: dans un bled désertique et lumineux, une poignée d'hommes combat dans une simili-guerre, condensé dépouillé et évident de la guerre d'Algérie. Comme dans tout conflit de cet ordre, on tue des enfants, on viole des femmes, on torture ou on se fait torturer, on est lâche pour sauver sa peau. Ces scènes d'une guerre intemporelle et irréaliste spoiler: -hors des séquences authentiquement violentes et cruelles- alternent avec des retours au pays,spoiler: où des jeunes filles patientent, attendant hypothétiquement leurs hommes.
Sur le fond comme sur la forme, "Flandres n'atteint pas cependant l'intérêt et la force dramatique du premier film de Dumont "La vie de Jésus", une chronique singulière et nouvelle, ancrée dans une réalité sociale tangible et crue, au contraire de "Flandres", au sujet plus abstrait, imagé et étriqué.
La crudité, voilà le nom qui résume assez bien le cinéma de Bruno Dumont. Son cinéma, c'est de ne pas en faire justement. La fatalité de ces images, laissant souvent sans voix un spectateur abasourdis de ce qu'il regarde, est une sensation qui questionne. Pas d'esbroufe, mais une envie de perturber qui doit le démanger. Je ne le suis pas sur tout, loin de là, et surtout la deuxième partie sur le front, mais cet réel inconfort a quelques choses de curieusement intrusif et intéressant. Assez tiède sur l'ensemble néanmoins.
ho que c'est nul !! une mise en scène très plate, t'as limite l'impression que le film n'est pas fini, la bande son est minable meme pas de musique, le scénario n'existe pas (de simple gent de la campagne donc le mari est appelé pour partir en guerre) ça aurait pu etre intéressant si le scénario avait été construit mais là non rien, des scènes de guerre ou t'as l'impression de voir des scènes parodié du film Fury, c'est vide pas intéressant, les acteurs font aucun effort. nul.
Quatrième long-métrage de Bruno Dumont, Flandres est une œuvre sèche et austère dont l’action se situe pour moitié dans la campagne froide et humide du nord de la France, et pour moitié dans un pays désertique en état de guerre, jamais cité, qu’on identifie comme l’Algérie, l’Irak ou l’Afghanistan. Remarquablement mis en scène, son film nous donne à voir la barbarie d’une guerre représentée comme un enchaînement d’exactions, dont certaines séquences ne sont pas sans évoquer le Full metal jacket de Stanley Kubrick. Les points communs qui relient ces deux parties : un sentiment de chaos permanent, une absence apparente de sens et d’espoir, une atomisation totale de la société, une incapacité flagrante à échanger avec autrui. Dans le cinéma de Dumont, les personnages semblent désespérément isolés les uns des autres, condamnés à mener des existences fondamentalement solitaires, qu’aucun corps constitué ne parvient à agglomérer et à structurer. Âpre et dérangeant.
Avec « Flandres », Bruno Dumont a la volonté d’approfondir encore sa démarche de produire un cinéma radical et épuré, mais austère. On y retrouve son savoir-faire et son talent pour immerger le spectateur dans une ambiance, et pour produire une grande intensité, souvent par des plans de coupe de visages de personnages hagards parce que dévastés. La radicalité de ce cinéma qui recherche la réalité et se situe aux antipodes du théâtre a le gros inconvénient de produire des dialogues souvent inaudibles. Le film est un montage parallèle de deux univers, qui produisent deux perceptions opposées de ce qui nous est montré à l’écran. D’un côté le ressenti viscéral d’un quotidien, enraciné dans une région, une époque et une situation sociale, avec l’impression de véracité et de proximité qui s’en dégage. Cet aspect du film relève de la même démarche et du même esprit que « La vie de Jésus ». D’un autre coté l’abstraction des scènes de guerre, dont le spectateur ne sait pas où elles se déroulent, ni d’ailleurs comment et pourquoi les personnages sont immergés dans ce contexte, et dont la force ne naît que des excès de violence montrés. Un point commun entre ces deux univers est sans doute le caractère animal de l’être humain, mais, faute d’un scénario, leur juxtaposition paraît pour le moins artificielle, et sa signification soit simpliste, soit absconse.
Un drame percutant au récit épuré qui explore l’âme humaine en profondeur, avec des scènes de guerre brutales et inconfortables, mais qui manque d’empathie envers ses personnages. Et puis que vont foutre ces fermiers en zone de guerre ? Complètement improbable. 3,25
6 233 abonnés
18 103 critiques
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1,0
Publiée le 11 octobre 2020
Flandres devrait être reclassé en tant que film pour les misogynes et les sociopathes. Il y a plus de scènes de sexe dans ce film qu'autre chose et les séquences de guerre ne sont que le reflet de la barbarie tentaculaire que les jeunes hommes affichent en temps de guerre. La triste vérité est que ce film affiche le type de comportement patriotique de notre vision du monde comme héroïque et sacrificiel. Ceux d'entre vous qui considèrent le meurtre et le viol de personnes qui tentent de survivre à l'assaut des forces alliées comme une cause noble chériront ce film. Car il décrit bien la capacité cruelle des humains à rationaliser même le comportement le plus aberrant et le plus violent. Si vous mourez vraiment d'envie de regarder un film où pratiquement tous les personnages sont dépourvus de moralité faites-vous donc plaisir...
Comme chaque film de Bruno Dumont, c'est volontairement inconfortable tout en laissant les sentiments naitre peu à peu. Les comportements de ces jeunes hommes et femmes sont rugueux, les dialogues sont réduits à la part congru, et sont même peu audible. Les personnages sont avant tout traversé par leurs pulsions corporels. Le film montre l'homme dans sa bestialité, scènes de sexes et de de guerres se succèdent en parrallèlles. Les images finissent par vous traverser et vous marquer mais l'hermétisme de Dumont n'est pas toujours justifié, ses personnages se ressemblent trop. C'est l"oeuvre d'un auteur c'est sur, c'est bien filmé mais quelle sécheresse !!
Un film percutant, tout en non-dits qui expriment éloquemment l'incapacité à dire l'horreur de la guerre. Le montage alterné/parallèle est également saisissant.
Ma dernière incursion dans la filmographie de Bruno Dumont c'était soldé par une nausée et un terrible cafard ... Autant dire que j'appréhendais quelque peu ces " retrouvailles" . La violence est toujours présente mais sous une forme disons plus " soutenable". Les long silences sont ici plus intriguant qu'ennuyeux et donne une certaine beauté à l'ensemble. Quelques passages prennent aux tripes, Barbe ( Adélaïde Leroux ) est déchirante lors de son hospitalisation et dans ces ultimes scènes. Flandres est donc le long métrage de la réconciliation avec ce réalisateur 4x4 qui n'hésite pas à ( me ) malmener et à prendre des chemins sinueux. J’espère que la suite se dirigera plus vers celui-ci que vers ce Twentynine Palms qui continuera de me hanté encore longtemps ...
Bruno Dumont dresse un portrait pessimiste et sans complaisance de la nature humaine. De la banale tristesse des Flandres à la barbarie d'une guerre lointaine il laisse peu d'espoir de rédemption à ses personnages.Son film est dure sans doute un peu caricatural mais il laisse un goût de sang dans la bouche.On peut ne pas être touché par se portrait sans doute un peu trop réducteur mais la justesse de sa mise en scène et l'interpretation pleine de retenue de ses acteurs ne peuvent totalement laissé indifférent.
Bizarrement une antithèse de la vision de relation amoureuse/charnelle qu’avait Dumont au cinéma jusque là, c’est à dire de nous y intéresser sans véritablement créer d’enjeux, et ici justement il les établit clairement, partant d’un triangle amoureux dans les paysages rustiques des Flandres pour ensuite dézoner en plein conflit au Moyen-Orient (?) pour provoquer un déchirement, une dépendance puis un bouleversement. Demester se pose comme l’élément principal, la troisième roue du carrosse des trios sentimentaux et militaires, les obstacles visant à l’émancipation de sa propre condition pour en quelque sorte la dépasser, la guerre est filmée de manière brute, multipliant les scènes chocs autant frontales que suggérées, on en nous épargne rien, niveau immersion c’est très fort. L’alternance avec les brèves séquences dans les Flandres où l’on voit la décrépitude de Barbe alors enceinte ne fonctionnent pas très bien, enfin dans le sens où Dumont nous avait habitué dans ses films antérieurs à un rythme lent et méditatif qu’on est un peu secoué, enfin pour ma part j’ai eu cette impression, à un moment j’aurais aimé ressentir le besoin de comprendre ce que vit cette jeune femme, c’est limite trop incisif et ellipsé. Quant au retour de Demester là c’est complètement expédié, et j’ai personnellement trouvé le jeu de l’actrice un tantinet forcé alors que l’acteur lui est juste parfait, l’intensité du moment est un tantinet négligé. Paradoxalement un des meilleurs films de guerre made in France mais aussi un des moins bons Dumont, enfin dans ce qu’il sait faire, c’est à dire laisser vivre l’instant, figer le temps pour inviter son spectateur à la grâce et l’émotion, là on est davantage dans une sorte de procédé inhabituel, un peu déçu donc.
Bruno Dumont est certainement le réalisateur qui filme la ruralité française avec le plus de vérité. Dans ce film, Dumont n'épargne rien des horreurs de la guerre, et c'est ce qui rend son cinéma si singulier et si rafraichissant.
Le cinéma de Bruno Dumont est exigeant et radical, et ce n'est pas "Flandres" qui va aller à l'encontre de cette idée. Peu bavard, un rythme lent et une mise en scène épurée, le film peut autant fasciner qu'exclure le spectateur par son minimalisme et son abstraction. Le principal trouble de ce drame austère à la beauté glaçante tient essentiellement dans l’ambiguïté du regard de son auteur. Car si Dumont observe intensément une forte dimension matérielle et corporelle, il se penche aussi de près sur des aspects d'ordre mystiques et métaphysiques, le plus souvent déconcertants. La puissance du film, c'est sa force évocatrice émanant de chaque plan. Sa limite, c'est cette même multiplicité d'interprétations qui laisse parfois un sentiment de frustration, celui de ne pas pouvoir accéder à une pensée qui s'élève parfois à des hauteurs redoutables. "Flandres" reste une expérience cinématographique hors-norme, et certains de ses plans n'ont pas fini de nous hanter.