Un film sous-estimé, qui ne jouit pas d’une notoriété exceptionnelle et qui pourtant vu en 2025, provoque une vraie « claque » esthétique, une fulgurance hallucinée. Tout y est dans cette épopée, parcours initiatique, dans ce road trip , au fin fond du Sahara , dans le années 40 de trois américains, marginaux pour l’époque . La 1ere moitié s’installe comme un voyage de découverte, néo-touristique, aventuriers très osés, dans les régions très sauvages de l’ Atlas marocain incluant même une descente vers la Mauritanie actuelle. Un triangle amoureux qui se cherche, le héros masculin, libre, mais marié, se permet des fantaisies, et sa femme ,libre aussi, tombe amoureuse d’un troisième larron américain , membre de ce road trip, questionnement sur le couple, la fidélité, le libertinage. Les trois acteurs principaux sont excellents , formidables et tout particulièrement Debra Winger . Dans la première moitié, le trio amoureux est le centre du film, infidélités & séduction. Puis arrive la 2eme moitié, sorte de voyage initiatique pour Winger qui se retrouve seule dans une tribu de Touareg, dans un village reculé à la frontière du Mali sauvage et ancestral.
Le film devient alors lunaire , majestueux , surréel, un peu à la manière du sublime « La Vallée » de Barbet Schroeder, la femme occidentale, moderne à la rencontre de peuplades , primitives, « faux » bons sauvages ,séduisants et envoutants . Deux films comme on ne pourrait plus- les faire aujourd’hui .
Témoignages quasi ethnographiques, avec une actrice impliquée, mêlée directement à la population autochtone, en immersion totale y compris physiquement, lors de relations sensuelles qui sont très joliment filmées aussi . La découverte et la beauté des paysages de ce Sahara, est époustouflante, la magie de la lumière , des dunes de sable sans fin, ,on ne se lasse pas de ces plans panoramiques en vrai cinémascope, , Bertolucci se régale, et nous aussi . Un film d’une grande puissance, déstabilisant, posant des questions intéressantes , et esthétiquement merveilleux.