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Kubrock68
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3,5
Publiée le 18 juillet 2020
Fellini Roma, c'est Rome vue par Fellini. C'est un film d'ambiance, de souvenirs, une succession de scènes historiques ou du Rome de 1971. C'est truculent, souvent envoûtant, toujours étonnant. C'est l'Italie des gens qui parlent fort, qui s'habillent soit très mal (quand il fait chaud) ou très bien, jamais normalement. Rome pour Fellini c'est un univers à elle tout seule. Le pire c'est qu'il il n'a pas tort.
Le film est un méli-mélo d’images de Rome, sans histoire et sans narration. Pourquoi pas, cela pourrait fonctionner, mais en l’occurrence non. Cela frise parfois le folklore romain voire le kitsch…et de temps en temps, subrepticement il y a une belle séquence. Ma scène préférée est anodine dans cette foison, elle met en scène une vieille princesse qui se lamente du fait que la Rome du film n’est plus sa Rome, avec une belle sensibilité nostalgique. J’ai bien aimé les 5 dernières minutes, Fellini suivait une bande de motards, la nuit, dans Rome et filmait les monuments vite fait, c’est le meilleur moment du film, pour le reste bof. Sorrentino a fait bien mieux que son ainé, si bien que Fellini me semble un peu surcoté, Dolce Vita n’étant pas non plus le chef-d’œuvre qu’on veut nous faire croire. Je conseillerais plutôt Casanova pour aborder Fellini, film onirique et sublime.
Autour de ses souvenirs d’enfance et de ses phantasmes, Fellini fait un bilan de son existence, une dizaine d’années après « Huit et demi ». Des pièces maîtresses sont à venir comme « Amarcord », « Répétition d’orchestre », « Et vogue le navire ». On le voit alors déambuler dans Rome fourmillant aux terrasses des restaurants où la marque de Mussolini demeure très forte au cœur de l’éducation, de la religion et des manifestations qui des années plus tard laisseront encore des traces dans les relations entre la bourgeoisie italienne et sa jeunesse. C’est déjà tout ça « Fellini Roman » qui en séquence ou chapitre révoque le passé encore prégnant et l’avenir tout aussi indécis. La construction du métro où l’on découvre une villa romaine vieille de 2000 ans est à cet égard exemplaire. 3.5 AVIS BONUS Les suppléments du DVD ne manquent pas d’attrait, mais dans la version collector, on ajoute encore du très bon avec des scènes coupées que Fellini retrouve et commente, des commentaires des comédiens et comédiennes, et quasiment le making of de « Et vogue le navire » … Quand collector veut bien dire quelque chose. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Rome, ville de prestige de par ses monuments et de par son histoire, est ici dépeinte par Federico Fellini qui se place en position de narrateur du film. Difficile de donner un avis sur un scénario certes riche mais désordonné, on passe des années 1930 aux années 1970 puis aux années 1940 pour revenir en 1970 bref le réalisateur italien n'a pas respecté le schéma classique d'un film qui ressemble davantage à un documentaire. Toujours est-il que Fellini malgré tout dresse un portrait pas très flatteur de cette ville, l'éloge que le touriste se donne des Romains est ici complètement chamboulé au point d'en être réduit à une satire. Rome est une belle ville et ses habitants comme partout d'ailleurs ne reflètent pas cette beauté, Fellini dresse une fresque poignante de chaque période qu'il a connue dans cette ville. Le réalisateur montre les institutions religieuses de telle sorte que leur discipline amène à se moquer d'eux, les élèves sont tout aussi bruyants et infernaux qu'aujourd'hui, la majeure partie de la population vit dans une austérité affligeante dans les années du fascisme, les Romains malgré cette rigueur, cette cruauté et ces difficultés soutiennent le régime par peur du communisme, affichent leur méchanceté vis-à-vis des artistes qui essayent de gagner leur pain, les parents laissent leurs gosses uriner dans le théâtre, les prostituées sont exhibées à ces messieurs comme des marchandises avec leurs fesses et leurs seins et ne demandent qu'à se faire passer dessus bref cette période des années 1930 à 1945 est hilarante pour le spectateur car Fellini traite les Romains en ridicule. La situation des années 1970 n'est guère mieux selon le réalisateur. Les voitures envahissent les rues qui sont bouchées, la crasse est partout, les hippies qui vont en pélerinage à Rome pour afficher le caractère libre de l'amour de la chair sont tabassés par les gendarmes et la police...Au final donc, Federico Fellini réalise et signe un long-métrage féroce contre les Romains et admiratif pour la beauté des monuments artistiques. A noter que Fellini décide de ne pas montrer le Vatican car il considère à juste raison que c'est un état indépendant pourtant situé dans la capitale de l'Italie. Un film poignant, drôle, réaliste et satirique comme on n'ose plus en faire aujourd'hui.
Fellini Roma n'est peut-être pas le meilleur film du Maestro, mais cette vision kaléidoscopique de la Rome du début des années 70 n'en reste pas moins un chef-d'oeuvre, offrant quasiment un condensé des thèmes et de l'univers felliniens. C'est un livre d'images certes décousu (il s'agit en réalité d'une succession de petits sketches) mais luxuriant, qui peut être drôle, flamboyant et joyeusement foutraque, mais aussi poétique, mélancolique, et parfois même sombre et désabusé. En tous cas à ne pas louper, si on veut se faire une idée de ce qui pouvait se faire de meilleur à l'époque en Italie, avec Visconti et Pasolini.
Ce n'est pas un film, c'est une accumulation d'images gratuites et repoussantes ne témoignant d'aucun véritable regard de réalisateur. Il est vraiment étonnant que l'auteur de films comme Le Satyricon ait donné naissance à cette torture cinématographique où ce qui se prétend subversif n'est que vulgarité. Et tout cela servi dans des séquences d'une longueur affligeante et très répétitives, appuyant sur tous les clichés des moeurs italiennes et confirmant les préjugés des spectateurs qui en ont. Superbe!
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5,0
Publiée le 3 avril 2021
Fellini Roma se compose de trois parties. Au début le jeune Federico étudiant dans sa ville natale de Rimini apprend à connaître Rome grâce aux films, aux pièces de théâtre, aux œuvres d'art et aux cours d'histoire de l'école. Puis en tant que jeune homme il arrive dans la Ville éternelle étrange, bruyante et déroutante au début de la Seconde Guerre mondiale. La troisième partie nous emmène au début des années 70 lorsque Fellini le célèbre maître crée un portrait de Rome visuellement inoubliable plein de vie et d'histoires. Je pense que la raison pour laquelle j'ai apprécié ce film est que ses images ont tellement de cœur et d'amour d'ironie et d'intérêt pour la ville préférée du maître son passé et son présent, ses rues, ses palais et ses cathédrales et ses habitants avec leurs rires, leurs sourires et leurs larmes. Certaines histoires sont amusantes comme le spectacle de variétés, le premier dîner de Federico dans un des restaurants extérieurs où tout le monde se connaît et d'autres sont très émouvantes. Une scène puissante se déroule dans un tunnel souterrain où des ouvriers du métro ont découvert un ancien palais rempli de magnifiques fresques de l'époque de la Rome antique qui plus tard s'effacent lentement et disparaissent sous nos yeux emportant avec elles le mystère d'une époque révolue. J'ai aimé le défilé de mode des nonnes et des prêtres j'ai aimé la séquence avec les prostituées toutes deux sont des scènes surréalistes typiques de Fellini drôles et tristes à la fois...
La Roma de Fellini. Le film est, à l'image de cette ville, absolument magnifique. Fellini nous montre les différents aspects de sa Rome, qu'on pourrait presque qualifier de ville "totale", par sa richesse culturelle, architecturale et populaire. Il transparaît, à la vue du film, l'amour fou que porte l'auteur pour sa ville et ses habitants, d'ailleurs un auteur qui n'aurait pas trouvé d'intérêt à cette ville n'aurait jamais pu faire un film comme celui-là. Il se dégage de la Roma de Fellini une chaleur humaine étouffante (dans le bon sens du terme), Le réalisateur italien nous décrit donc cet aspect inconnu des personnes n'ayant jamais connu Rome, ce n'est pas qu'une ville très riche architecturalement et ayant une histoire très importante, c'est avant tout le peuple, qui est au coeur du film, qui définit Rome.
Déclaration d’amour à la ville éternelle, d’une grande richesse cinématographique foisonnant de trouvailles, de bons et mauvais souvenirs, traitée avec beaucoup d’originalité et d’humour. Une telle force créative excuse quelques longueurs ou maladresses.
La premiere chose que l'on remarque en visionnant " roma " , c'est que le film n'obeit a aucune règle de narration , en effet fellini decrit Rome à travers des scène que rien ne rejoint .Ainsi il s'en donne a coeur joie en invente des scène complètement insolite qui decrive tous les aspects de Rome ( historique ,religieux ,festif... ).On reconnait encore une fois son habilité a filmé des images splendide et souvent insolite ! un pur chef d'oeuvre !
Avec Fellini Roma, Federico Fellini compose moins un récit qu’un flot de visions baroques et sensorielles, transformant la ville éternelle en espace mental traversé par les souvenirs, les fantasmes et les contradictions italiennes. Le film avance par fragments, oscillant constamment entre satire grotesque, nostalgie mélancolique et fascination presque mystique pour le chaos romain. Fellini filme Rome comme un organisme vivant, débordant de vulgarité, de beauté et de décadence, où chaque rue semble contenir un théâtre permanent. Certaines séquences, notamment le défilé ecclésiastique ou la découverte des fresques souterraines, atteignent une puissance visuelle et symbolique absolument fascinante. Malgré une structure volontairement éclatée qui peut donner une impression d’errance, l’ensemble demeure une œuvre libre et foisonnante.
Aventure à travers une ville libérée, dont le passé resurgit sous la forme de spasmes, remuant la terre et exposant l'histoire, de même que ses fondations morales et culturelles. On plonge dans la face moderne de Rome (70's) pour y voir un fond riche et pur, même si la modernité n'est pas décriée. Malgré la musique de Nino Rotta que je n'apprécie pas, Fellini Roma est un incontournable. À voir.