Un bon film, bien mis en scène et retracant une période intéressante. Azéma et Noiret sont bons, mais ce film est glacial. Il ne s'en dégage quasiment aucune émotion, et c'est vraiment dommage car cela provoque du même coup une certaine lenteur a certaines scènes, et même parfois un certain ennui. Dommage.
1920 dans la région de Verdun se croisent des femmes à la recherche d’un homme toujours pas revenu du front, des militaires identifiant les morts et cherchant la famille des grands blessés. Deux femmes très différentes rencontrent le commandant Dellaplane ; ce dernier a pour mission de comptabiliser et d’identifier les inconnus. Ses supérieurs insistent aussi pour qu’il leur livre un soldat inconnu (pour l’Arc de Triomphe) ce qu’il se refuse de faire pensant qu’il trouvera le nom de tous. Tavernier, maître de la réalisation, s’attèle à un sujet méconnu : l’après grande guerre ; et le sujet est passionnant, original et instructif. La reconstitution est très réussie. Cette période est terrible, malgré la victoire : l’absurdité d’une guerre avec 350000 soldats non retrouvés, le patriotisme déplacé, le non respect des morts, l’espoir des familles,…Et puis Tavernier avec ses mouvements de caméra et ses longs plans magnifiques magnifie le sujet. Noiret est magnifique et mérite amplement son César. Par contre, trop de lenteur et une histoire pas toujours passionnante et l’ennui nous guette par quelques moments.
Encore un très bon film de Tavernier malgré le fait que comme beaucoup de ses films, on a le sentiment d'un certain inaboutissemment à la fin. Le sujet est original et instructif, la mise en scène de très bonne facture et les interprètes excellents, Philippe Noiret en tête bénéficiant de très beaux dialogues qui semblent avoir été écrits pour lui.
L'intelligence du propos ne saurait occulter une forme de classicisme un peu froid qui plonge le spectateur dans un ennui poli malgré un intérêt continu. Tavernier nous présente une sorte de comédie humaine satirique qui vit avec l'ombre oppressante des morts (et des morts vivants). C'est intéressant mais déconcertant ; car cette comédie reste impersonnelle et elle nous expose une sorte de caricature d'humanité. L'atout majeur de ce film c'est Philippe Noiret : il est impressionnant .... Son jeu plein d'intelligence émotive apporte à cette histoire la tension psychologique qui lui manque.
Encore une fois,P.Noiret nous démontre son immense talent; Quelque soit le registre dans lequel il évolue sa prestance et son charisme en impose.Face à lui,S.Azema tire son épingle du jeu et démontre une belle force de caractère au milieu de tous ces hommes.Malheureusement pour eux,si les acteurs n'ont rien à se reprocher on ne peut pas en dire autant du film.Car après une première partie prometteuse,l'histoire s'enlise et sombre dans un ennui profond.C'est lent,sans rythme et les bons mots et la verve de l'acteur ne suffisentet notre attention diminue constamment.Dommage car le sujet était intéressant!!!
Mouais, ce n'est pas du très grand Bertrand Tavernier...Après l'âge d'or du cinéaste ( tous ses films co-écrits avec Jean Aurenche: L'Horloger de Saint Paul, Le Juge et L'Assassin et bien sur Coup de Torchon...), La Vie et rien d'Autre s'affirme comme étant un film mineur dans sa filmographie. Philippe Noiret n'est pas trop mauvais, mais son jeu est emphatique, et même parfois téléphoné. Sabine Azéma joue plus d'une façon théâtrale que cinématographique, elle n'est pas vraiment crédible: ainsi, le film souffre de son interprétation un peu trop démonstrative. L'idée originale de Jean Cosmos est plutôt intéressante, mais le scénario n'est quant à lui pas vraiment captivant: deux femmes ( dont l'une est institutrice ) repartent à la recherche de leur mari aux lendemains de la Seconde Guerre Mondiale. L'atmosphère du film de Tavernier rappelle les romans de Zola ( on pense à Germinal ), et l'intrigue fait songer au roman de Sébastien Japrisot: Un long Dimanche de Fiancailles...Un petit Tavernier sans grande envergure. Dommage.
Désolée, mais je n'ai jamais été convaincue ni par Tavernier, ni par Azéma, ni par Noiret, idem pour les seconds rôles, toujours les mêmes, intouchables. Je viens juste de le revoir, j'ai vite décroché en faisant autre chose. Cela a très mal vieilli et le jeu des acteurs est mauvais. D'avoir fait joué toujours les mêmes acteurs, actrices ou les petit(e)s ami(e)s des réalisateurs, producteurs, on voit bien que les années 80/90 n'ont pas été les meilleures années du cinéma français. Entre le copinage et la génération kleenex, il devait bien y avoir de bons acteurs, non ? En tout cas, pas ici
Je suis mitigé après la projection de ce film. Certes le sujet est intéressant (la recherche et l'identification des disparus sur les ex champs de bataille au lendemain de la grande guerre), certes la mise en scène est soignée et les plans filmés magnifiquement, certes Noiret (surtout) et Azéma portent bien leur rôle, mais j'ai trouvé le montage parfois décousu, les dialogues souvent peu audibles et les question sur qui étaient vraiment ces deux hommes que cherchent les deux femmes ? N'étaient-ils pas au fond un seul et unique ?) mal posées et mal résolues
Une intéressante critique de la guerre, et des mensonges qui l'entoure, même des années après. Avec en prime une touche de romance et de très bons acteurs.
Un bon film de Tavernier, auquel il manque, cependant, un peu de souffle; Noiret y est une fois de plus remarquable, apportant par sa présence, une humanité fragile.
Un bon film qui nous fait découvrir la vie douloureuse d'aprés guerre 14-18. Une référence historique pour ne pas oublier en cette période du centenaire.
En 1920, le commandant Delaplane est chargé d'identifier les centaines de milliers de morts et de blessés anonymes, hérités de la Grande Guerre. Un travail de fourmi, alors que les cadavres s’amoncèlent encore ! "La Vie et rien d'autre" aborde ainsi la Première Guerre Mondiale sous un angle original. Plutôt que de montrer directement l'horreur du conflit, Tavernier en montre en permanence les conséquences. Des familles brisées, un pays qui croule sous les victimes (à tel point que l'armée cherche à minimiser le nombre de cadavres), des objets nostalgiques ou meurtriers qui font surface régulièrement, la volonté de mémoire des communes et du gouvernement, et bien sûr des paysages apocalyptiques en réaménagement. Bref, se souvenir mais aussi reconstruire, chez les humains et dans la logistique ! C'est sur le plan visuel que le film frappe fort. Tourné avec une très belle photographie grisâtre, l'allure automnale et boueuse du film sied très bien à cet univers où tout est provisoire, et où les personnages et l'environnement semblent littéralement s'accrocher, ou s'appuyer, sur les ruines du passé. Un grand soin est apporté à ce niveau, avec notamment bon nombre de figurants et des décors soignés. Dans tout cela, on suivra avec attachement cet officier incarné par un charismatique Philippe Noiret, qui sera touché par la recherche de deux femmes, et qui tient à faire son métier proprement, malgré les entraves de ses supérieurs qu'il gêne. A ses côté, quelques seconds rôles hauts-en-couleurs. Dont plusieurs touches d'humour réussies, avec un sculpteur joyeusement infecte campé par Maurice Barrier, et une sous-intrigue très drôle sur la recherche d'un corps de soldat inconnu... "La Vie et rien d'autre" est ainsi un beau film, et une approche originale sur la Première Guerre mondiale.
Une reconstitution incroyable et une interprétation exceptionnelle des deux acteurs principaux au service d'un film passionnant sur un sujet très peu traité autour de la guerre de 14-18. Une mise en scène ample et des dialogues soignés autour d'une histoire d'amour tardive et sincère.