Billy Wilder dresse le portrait percutant de l'obsession et de la folie auto-destructrice d’un alcoolique à la dérive, porté par l’interprétation magnifique de Ray Milland.
Un film puissant, à l’atmosphère lourde, aux images torturées pour retracer le week-end d’un homme presque perdu, sur le point de sombrer dans le vertige de la vie et qui pense n’avoir d’autre recours que l’alcool. Ray Milland est très juste dans la composition de ce paumé sympathique, sauvé in extremis par l’amour et l’entêtement d’une jolie femme… et surtout par le code Hays qui impose à ce moment-là une fin heureuse et moralisante pour tout film américain ! Voilà donc déjà une première réserve pour ce film de Billy Wilder, sa deuxième vraie réussite en fait (après Assurance sur la mort). L’autre réserve est à faire au niveau de la description un peu trop caricaturale de ce qu’on appelle encore aujourd'hui « l’alcoolisme », terme qui ne veut pas dire grand-chose si on ne prend pas la peine d’aller voir d’un peu plus près ce qu’il recouvre. Mais trois étoiles bien méritées (comme les oscars que le film a ramassés à la pelle) pour les qualités cinématographiques de ce « Lost Week-end », pour reprendre le titre original, bien plus évocateur et moins racoleur que le titre français.
Pour la première édition du festival de Cannes, organisée en 1946, ce long-métrage de Billy Wilder remporte le Grand prix (l’équivalent de la Palme d’or). Également lauréat de l’Oscar du meilleur film, on peut aisément deviner qu’il s’agit d’un objet cinématographique de qualité. D’autant plus que le sujet évoqué reste intemporel et profondément dramatique. A l’aide d’une narration non linéaire, on suit la longue descente aux enfers d’un homme alcoolique. La force du récit n’est pas de donner un jugement moralisateur mais d’exposer les conséquences dévastatrices d’une telle addiction sur les relations sociales. Bref, une œuvre d’un réalisme psychologique vertigineux lui permettant de ne pas prendre une ride.
The Lost Weekend est un excellent film sur la dépendance, et fait en une heure et demie, le tour quasi complet de la question. On peut comparer ce film de Billy Wilder à un autre chef-d'oeuvre, L'Homme au bras d'or d'Otto Preminger. Seulement ici ce n'est pas de drogue qu'il s'agit mais d'alcool, une addiction encore plus courante et le film réussi le pari de ne pas ennuyer par un sujet qui peut sembler trop ordinaire. C'est surtout dû au scénario, à la mise en scène et à l'interprétation magistrale. Le scénario convint par sa mise en abîme de l'histoire de l'alcoolique dans son hypothétique roman identique à sa vie réel au bout du compte. Ray Milland offre ici une superbe performance, très habité par son rôle, il paraît d'ailleurs qu'il aurait applique la méthode de l'actor studio avant l'heure. Bref un petit bijou à découvrir.
Superbe film, superbe interprétation de Ray Milland. Billy Wilder décrit les ravages de l'alcool avec une parfaite authenticité. L'ALCOOL un vice qui mène en enfer.
La quête pendant ce "week-end perdu" d'une bouteille d'alcool va emmener cet homme à côtoyer le frisson, l'épouvante, la terreur et même la peur. Sur un traitement de film noir, on devient témoin de l'errance de cet homme seul aux prises avec ses démons. Au fil des rencontres, c'est la panique et l'obsession qui dominent. Beaucoup de recherche esthétique mais le fil de l'action est relativement fin.
Ce film de 1945 est impressionnant dans la représentation qu'il fait de l'alcoolisme et de ses conséquences dramatiques. Des idées de réalisation formidables mettent en image la psyché du personnage et toute l'emprise que l'alcool a sur lui, on bascule presque dans le film d'horreur tant certaines scènes sont flippantes - le service de psychiatrie, les visions du delirium tremens -. Encore une fois "Le poison" prouve que Billy Wilder était un immense scénariste/réalisateur.
Excellente mise en scène des ravages de l'alcool, la réalisation évite autant les effets de style psychédéliques que le surjeu, s'en tenant à la réalité de l'addiction à travers diverses séquences pertinentes, dont la narration non chronologique permet à la fois de conserver notre attention tout en revenant sur le soutien fraternel ou amoureux incapables apparemment de lutter contre cette vénéneuse bouteille... spoiler: (jusqu'à une fin discutable mais au message optimiste compréhensible) Porté par un époustouflant Ray Milland, à la fois aigre et pathétique, le récit s'appuie également sur l'image de l'homme désespérément en quête de sens qui se rêve artiste (maudit!) pour renforcer son tragique propos. Une analyse fort bien menée!
Film noir dramatique, coécrit et réalisé par Billy Wilder, Le Poison est un long-métrage de grande qualité. L'histoire nous fait suivre Don Birnam, un homme incapable de percer malgré des débuts d'écrivain, notamment à cause de son addiction à l'alcool. Devant passer un week-end à la campagne avec son frère et sa petite amie, il va s'arranger pour leur faire faut bond afin de pouvoir picoler tranquillement après dix jours sans boire. Il va alors replonger et vivre une véritable descente aux enfers. Ce scénario, adapté du roman de l'auteur Charles. R Jackson, nous immerge immédiatement dans le vif du sujet et nous embarque pendant un peu plus d'une heure et demie dans un récit hautement tragique. En effet, l'intrigue traite avec une grande justesse et beaucoup d'authenticité la dépendance à l'alcool, montrant que c'est une maladie dont il est difficile de se défaire. Cela est parfaitement mis en scène à travers des séquences ou l'on ressent à la fois le manque de breuvage et la satisfaction quand il pénètre dans le corps de la victime. Tout le sel du récit se joue à travers les relations entretenues par cet homme et son entourage qui souffre tout autant que lui de le voir se détruire sans parvenir à le guérir de ses démons. Des rôles très bien interprétés par une distribution remarquable entre Ray Milland pour qui l'on ressent beaucoup d'empathie, Jane Wyman et Phillip Terry qui le soutiennent coûte que coûte, ou encore Howard Da Silva qui incarne un barman tiraillé. Tous ces individus entretiennent des échanges tournant autour de cette addiction, entre désir de faire plaisir et tentative de dissuasion. Des rapports soutenus par des dialogues fleuves touchant toujours leur cible. Sur la forme, la réalisation de Billy Wilder est d'une efficacité incroyable. Sa mise en scène est assez sobre mais parvient à chaque fois à parfaitement montrer l'état dans lequel se trouve son personnage principal. Ce visuel en noir et blanc est accompagné tout du long par une b.o. aux compositions étouffantes et enivrantes collant à merveille avec le propos à travers leurs notes. Cette tentative de cure de désintoxication s'achève sur une fin subtile à la hauteur du reste du récit. En conclusion, Le Poison est un film à voir absolument tant il traite parfaitement son sujet difficile.
En 1946 "The Lost Weekend" fait sensation en remportant pas moins de 4 oscars : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleur acteur. Quand on se replace dans le contexte du cinéma de l'époque, on se rend compte que ces récompenses sont méritées. Ray Milland excelle dans le rôle de cet alcoolique qui sombre peu à peu dans les abîmes de l'alcool, offrant ainsi un véritable plaidoyer contre l'alcoolisme. 8/10
Film magistral sur les dégâts provoqués par l'alcool et la difficulté de sortir de cette dépendance. La mise en scène est brillante et la musique ajoute à l'intensité de nombre de passages, notamment ceux où l'écrivain alcoolique est comme pris de folie lors de chaque sensation de manque. Ray Milland campe le personnage principal avec beaucoup de conviction. Si au début du film nous le voyons mentir à ses proches pour parvenir à boire alors qu'il était censé être en plein sevrage, c'est en réalité à lui-même que nous le voyons le plus souvent se mentir, notamment à travers ses monologues devant le barman. Sa détresse et ses multiples moments de crise sont excellemment mis en scène. L'ensemble est poignant et forcément morbide spoiler: malgré une fin un peu plus optimiste.
Alors qu'à l'occasion d'Assurance sur la Mort Billy Wilder s'était livré à un extraordinaire exercice de style à partir des figures imposées du Film Noir, Le Poison (Lost Week end) sorti un an plus tard et multi récompensé, obéit à une trame plus conventionnelle , reposant entièrement sur le personnage interprété par (l'injustement sous-employé) Ray Milland. impeccablement juste dans un grand numéro d'alcoolique invétéré, de ceux qui font les Oscar . il obtiendra meme le 1er prix d'interprétation pour le 1er festival de Cannes d'après-guerre.
Réalisé par Billy Wilder en 1945, Le poison traite des affres de l’alcoolisme, et par extension, de toutes les formes d’addiction. Il nous plonge dans la vie de Don Birnam, un écrivain en panne d’inspiration qui va se mettre à boire de manière déraisonnable, organisant progressivement tout son quotidien autour de la boisson, plongeant ses proches impuissants dans un profond désespoir. Vu d’aujourd’hui, le long-métrage impressionne par la radicalité de son focus sur le sujet de l’alcoolisme, thème très central de ce long-métrage à la modernité évidente, qui est aussi un petit bijou de mise en scène. Impressionnant.
6 192 abonnés
18 103 critiques
Suivre son activité
2,0
Publiée le 11 mai 2021
L'histoire d'un alcoolique qui s'empiffre le temps d'un week-end mérite d'être soulignée car elle aborde la psychologie d'un ambitieux réalisateur Billy Wilder qui n'a jamais été même bon. Cependant le cœur de cette étude de caractère est gâché par des dialogues surchargés, un développement des personnages à moitié raté, une narration insipide et une partition mélodramatique saturée qui aurait été mieux dans un film de science-fiction sur les mutants des marais nucléaires que dans un drame psychologique étudié de près. Le film brille surtout lorsque le frère du protagoniste joué avec subtilité et richesse par Phillip Terry apparaît tour à tour comme un gardien qui en a assez de tout ou qui est suffisamment sympathique pour mentir vaillamment afin de dissimuler la honte de son frère. Malheureusement cette performance n'a que peu de temps à l'écran. La plupart du temps nous sommes forcés de passer un week-end misérable avec notre protagoniste comme s'il s'agissait d'une leçon par cœur sur L'alcoolisme et sa spirale descendante. Pour couronner le tout nous obtenons à la fin un retournement de situation aussi facile que peu convaincant et insatisfaisant...
Écrivain raté, paralysé par l'angoisse de la feuille blanche, Don Burnam est alcoolique depuis six ans. Son frère et sa fiancée, d'un dévouement exemplaire, veulent l'emmener en week-end à la campagne. Mais Don parvient à échapper à leur vigilance. Il a tôt fait de dépenser les gages que son frère avait prévus pour la femme de ménage. Pour se procurer à boire, il supplie un barman, emprunte de l'argent à une amie, vole le sac à main d'une cliente d'un restaurant. Il finit même par mettre en gage sa machine à écrire. Abruti d'alcool, il chute dans l'escalier et se retrouve dans un hôpital psychiatrique en proie à une crise de delirium tremens.
"The Lost Weekend" fut à sa sortie en 1946 un triomphe : quatre Oscars (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleur acteur masculin), la Palme d'Or et le prix d'interprétation masculine à Cannes. Aucun film depuis lors sinon "Marty" en 1955 ne réussit plus le doublé Palme d'Or - Oscar.
Rien n'annonçait un tel triomphe. Billy Wilder - qui venait certes de tourner Assurance sur la mort - n'était pas encore l'immense réalisateur de "Boulevard du Crépuscule", "Certains l'aiment chaud" et "La Garçonnière". Ray Milland n'avait pas la célébrité d'un Gary Cooper ou d'un James Stewart. Surtout, le thème de l'alcoolisme flirtait avec la censure. Pour satisfaire au code Hays, Billy Wilder dut modifier la fin du roman et lui substituer un happy end convenu - qui n'est pas ce que le film a de meilleur.
Le Poison n'en reste pas moins un chef d’œuvre. Unité de temps (tout se déroule l'espace d'un week-end), de lieu (New York écrasé par la chaleur de l'été), d'action (la quête d'alcool sans cesse recommencée). Il est étonnant que le thème de l'addiction à l'alcool et de la désintoxication, si prégnant en littérature (on pense à Bukowski ou Burroughs), soit resté largement inexploré au cinéma. On pense à "L'Homme au bras d'or" (1955) de Preminger et, plus près de nous, à "Shame" (2011) de McQueen - qui ne traitait pas de l'addiction à l'alcool mais au sexe. On pense de ce côté-ci de l'Atlantique au "Dernier pour la route" (2009) avec François Cluzet et Mélanie Thierry, l'adaptation du roman autobiographique de Hervé Chabalier, qui avait plongé dans l'alcool et avait non sans mal réussi à en revenir.