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novemberromeo
54 abonnés
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4,5
Publiée le 9 avril 2026
Certes, le jeu des acteurs peut paraître un peu daté, mais on est saisi par la réalité des scènes de combat ! Ridley Scott n'a rien inventé en terme de sens immersif quand on suit la progression des soldats français de maison en maison, lors de l'assaut hors de la tranché ! Les plans sont remarquables et la participation de nombreux vétérans se ressent particulièrement. A revoir...et à espérer un jour une nouvelle version pour rendre grâce à ces héros !
D'après le livre éponyme de l'ancien combattant Roland Dorgelès, Raymond Bernard, blessé de la Grande Guerre, met en scène une poignée d'hommes du rang sur un front de Champagne ; certains de leurs interprètes ont aussi combattu. Que des gens qualifiés donc. Et c'est à un réalisateur inspiré qu'on doit cette adaptation tellement juste et forte. Cette chronique de la guerre de 14-18 emprunte un crescendo dramatique dont l'intensité culmine avec les derniers moments poignants du film, aux côtés de Pierre Blanchar, dont on craint souvent le jeu emphatique mais qui n'a jamais été aussi bon que dans "Les croix de bois". Lorsque l'émotion fait défaut au début du film, c'est l'authenticité, même dans l'anodin et l'anecdotique, de la vie dans les tranchées que manifestent les personnages, tous attachants. Et puis les premières scènes de combats, terribles et vains, dont le réalisme est entretenu par l'occupation d'un ancien champ de bataille, par des moyens militaires conséquents et par des bombardements assourdissants ininterrompus, introduisent une puissance dramatique qu'on ne soupçonnait pas encore. Le film explore la condition du Poilu, exprime sa peur comme sa capacité à la dérision, avec une sensibilité qui éloigne le film de Raymond Bernard du style et des allégories déclamatoires d'Abel Gance dans son "J'accuse" de 1938. Sans être ouvertement antimilitariste ou frondeur, le film n'exclut pas la défiance à l'égard de la hiérarchie militaire. En outre, il est dépourvu d'héroïsme ou de célébration nationaliste. Raymond Bernard ne cède rien au mélodrame ; on le sent habité par la recherche de la vérité et même la séquence de l'agonie pathétique de Charles Vanel est d'une justesse et d'une humanité qui saisissent. On peut entrer dans le film avec la crainte de certaines conventions ou généralités sur la guerre, si communes au genre cinématographique ; on en sort sans doute ébranlé et accablé. La réalisation (technique) et l'esprit du film sont à la hauteur de la tâche (qui est de témoigner).
Un des films les plus forts sur la 1ere guerre mondiale. Le film a été tourné en 1931, soit une quinzaine d'années après le conflit, la plupart des acteurs sont d'ex poilus, le film est donc quasi documentaire, d'autant plus qu'il a été tourné en Champagne sur les lieux même des batailles! On y voit le quotidien des soldats mais aussi des scènes de bataille ultra réalistes, avec le bruit des canons, obusiers et mitrailleuses (terrifiant). C'est limite filmé "caméra au poing". Ce film montre toute l'horreur de la guerre et son absurdité aussi (sacrifier des dizaines d'hommes pour gagner quelques mètres, ou pour défendre un cimetière!). Il y a par contre 1 ou 2 scènes pas très claires (spoiler: Blanchard dans le cimetière à se faire pilonner, puis soudain indemne à défiler devant un général... ) et le son (à part pour les bruitages) exécrable (difficile de comprendre les dialogues, hélas).
Même si on ne peu dénier à ce film son côté documentaire, on est totalement au cœur de ce groupe d'hommes. On fait partie du groupe. C'est de l'intime au cœur du drame. L'amitié qui resserre les liens et apaise les angoisses de la mort. C'est fort
Très bon long métrage sur la guerre des tranchées de 14-18. Contrairement au "A l'Ouest, rien de nouveau" de Lewis Milestone sorti peu de temps avant, "Les croix de bois" adopte un ton assez neutre sur la Grande guerre. A part quelques répliques de soldats, le but premier du réalisateur et du scénariste n'est pas de la dénoncer ni de pointer l'absurdité des ordres mais de la reconstituer fidèlement en plaçant le spectateur au sein de ces poilus, sans message politique, le plus sobrement possible. Raymond Bernard a pour cela l'avantage du casting (d'anciens combattants) et du décors (les vraies tranchées elle-mêmes). L'immersion fonctionne parfaitement et on ne peut qu'être bluffé par le réalisme cette reconstitution cinématographique. Je regrette seulement que l'oeuvre soit un peu froide au niveau des émotions notamment dû au jeu théâtral des acteurs durant certains passages sensibles. C'est l'époque qui veut ça et justement, le film a bien vieilli. Merci à Pathé pour ce travail de restauration.
Avec Charles Vanel et AntoninArtaud, Les Croix de Bois (Raymond Bernard, 1932) d’après le roman hyper célèbre (à juste titre) de Dorgelès (1919) est le film français le plus important sur la Grande Guerre avec J'Accuse de Gance (1919). La raison n'est pas l'histoire, classique bien que très juste de l'évolution d'un jeune incorporé d'origine bourgeoise arrivant sur le front en 1915 tout feu tout flamme, ni son traitement, excellent, par Bernard, très bon cinéaste un peu méconnu. Mais le film convainc surtout par sa vérité : les acteurs ont presque tous vécu les tranchées ; le tournage a lieu essentiellement dans les zones militaires intactes depuis 18 ; les acteurs revivent leurs émotions de 15-16. Un film qui, avec ses officiers et généraux méprisants envoyant sans aucun état d'âme des centaines de milliers de jeunes français à la mort, porte non pas le souvenir mais la Mémoire de la Grande Boucherie. (excellente restauration Pathé en dvd)
Je n'ai jamais apprécié les films en noir et blanc, ce film représente bien la guerre mais il est assez ennuyeux car il n'y a pas beaucoup d'action et il un peu trop long et la qualité du sons est assez médiocre. Malgré l'âge du film je m’attendais à mieux : )
Ce film est le premier chef d'oeuvre français sur la guerre 14-18. Evidemment on pense fortement à "A l'Ouest, rien de nouveau" (1930)... Par cette fenêtre sur les tranchées et le quotidien des poilus le réalisateur nous place comme devant un oeilleton, témoin discret de l'horreur de la guerre dans un style très réaliste avec des plans dignes d'un album photographique d'époque. Il y avait de nombreux vétérans au casting dont Charles Vanel qui dira : "Nous n'avons pas eu besoin de jouer, nous n'avons eu qu'à nous souvenir"... Site : Selenie
En 1919, le journaliste et écrivain Roland Dorgelès publiait le roman Les croix de bois écrit en grande partie sur ses notes prises quand il était sur le front de la Première Guerre Mondiale. Raymond Bernard s’est attelé à adapter ce livre au cinéma pour livrer, sans aucune usurpation du qualificatif, un véritable film historique. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
Avec A l’ouest rien de nouveau, Les croix de bois est ni plus ni moins que l’un des meilleurs films sur la Première Guerre mondiale. Bouleversant sans jamais tomber dans le mélo, saisissant sans tomber dans le démonstratif ou le spectaculaire, dur sans être voyeuriste, le travail effectué par Raymond Bernard, cinéaste qu’il serait grand temps de réévaluer, est tout bonnement exemplaire. Il adapte avec brio le roman de Dorgelès et livre des scènes à la fois drôles, poignantes, stressantes et qui mettent en avant l’horreur de cette guerre des tranchées. Le cri des soldats abandonnés sur la ligne de front résonne longtemps en nous après la fin de la projection et nous interpelle avec en même temps un sens de la poésie qui sublime le trivial des situations. Tout bonnement un chef d’œuvre.
Plongée au cœur des combats de la première guerre mondiale et des tranchées. Le film, très réaliste, montre bien la souffrance des combattants mais les carences du scénario nous détourne du film.
Grand plaisir de revoir des anciens classiques en version restaurée. Le son reste parfois lointain mais le travail des images est exemplaire. Une narration emphatique et un jeu parfois théâtral qui peut surprendre le spectateur d'aujourd'hui... ce film va bientôt avoir 90 ans.
Perso, je trouve le film trop vieux aujourd'hui. Mais il y a quelques scènes marquantes et c'est un bonheur d'entendre des chants de soldats à plusieurs endroits du film et dont certains sont clairement improvisés, réalistes et déprimants. Egalement, les chants de batailles sont réalistes et heureusement que le film est en noir et blanc car il y a des scènes d'horreurs où l'on ne parvient pas à distinguer les bouts de chairs des bouts de bois. Le film est extrêmement bien réalisé pour l'époque et les acteurs-soldats sont totalement dans leur élément, surtout lors des marches et des défilés militaires. Les tenues ne font pas trop propres comme dans les films actuels et l'on distingue clairement la boue sur les uniformes et ce à tous moments, même lors du retour chez soi. On sent que les soldats revenus vivants du front en ont bavé et seront marqués à vie.
Sans aucun doute le film le plus réaliste sur la guerre de 14/18. La mise en scène et la lumière est superbe, malgré sa sortie en 1932, les scènes de guerre sont d’un réalisme qui n’a rien à envier aux films d’aujourd’hui, en plus tous les acteurs ont vraiment fait cette guerre. La narration nous emmène a travers La camaraderie et la solidarité entre soldats jusqu’à la scène de l’attaque au milieu du film, longue, magnifique et dérangeante de par son réalisme qui nous fait prendre conscience de l’horreur de cette guerre. Malgré une masterisation 4k plutôt bonne, la première partie du film est un peu dure au niveau du son. Une film référent !