Comédie noire militaire coécrite et réalisée par Stanley Kubrick, Docteur Folamour est un bon film. L'histoire se déroule en pleine guerre froide et nous fait suivre le général de l'Armée de l'air américain, Jack D. Ripper, qui, frappé de folie paranoïaque, décide seul, et alors qu'aucune menace ne le justifiait, d'envoyer quarante-deux bombardiers B-52 munis de bombes atomiques frapper l'URSS. C'est alors qu'au sein du Pentagone, le président des États-Unis, accompagné de son chef d'état-major et d'autres hauts gradés, commande une réunion d'urgence pour tenter d'éviter une guerre nucléaire. Ce scénario s'avère plaisant à visionner pendant toute sa durée d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue à l'enjeu majeur bien ficelé. À travers celle-ci, le récit dresse une satyre à l'encontre des appareils politiques et militaires afin d'interroger sur la question du nucléaire. Et cela fonctionne bien en montrant des situations absurdes et décalées alors que le risque d'apocalypse est élevé. Le ton se veut particulièrement amusant, sans pour autant être franchement drôle. Résultat, on sourit souvent devant la bêtise humaine, sans pour autant rire aux éclats. Tout le sel du métrage repose sur les débats enflammés entre les différentes parties afin de trouver une solution à cet énorme problème. En conséquence, il y a peu d'action. L'ensemble est porté par des personnages hauts en couleur. Des rôles bien interprétés, à commencer par le triple rôle joué par un Peter Sellers s'en donnant à cœur joie a incarner ces différents uniformes. Il est entouré par une distribution comprenant également George C. Scott, Sterling Hayden, Keenan Wynn, Slim Pickens, Peter Bull, Tracy Reed ou encore James Earl Jones. Tous ces individus entretiennent des rapports basés sur la communication pour mettre un terme à l'escalade. Des échanges soutenus par de nombreux dialogues bien fignolés et marrants. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain s'avère qualitative, bien que limitée. En effet, sa mise en scène est efficace mais loin d'être particulièrement élaborée vu qu'elle sert avant tout son propos. Elle n'est pas aidé par des lieux très clos entre les murs de la salle souterraine de commandement stratégique et l'intérieur des bombardiers, même si elle s'émancipe en filmant les avions militaires volants vers leurs objectifs. Ce visuel soigné est accompagné par une bande originale signée Laurie Johnson, dont les compositions aux airs militaires collent parfaitement aux images, sans pour autant être mémorables. Reste une fin satisfaisante venant mettre un terme à Docteur Folamour qui, en conclusion, est un long-métrage méritant d'être découvert.