"Bullitt" n'est pas tant un film policier qu'une icône, une capsule temporelle du "cool" de la fin des années 60, qui doit son statut de classique à son acteur principal, son ambiance unique et une scène d'action entrée dans la légende.
La force du film, c'est avant tout son atmosphère. La mise en scène, élégante et efficace, de Peter Yates capture un San Francisco brut et authentique. Le tout est baigné dans une ambiance brute et un style indémodable, magnifié par la célèbre bande-son jazzy de Lalo Schifrin. Et au milieu de tout ça, il y a le charisme imperturbable de Steve McQueen. Il ne joue pas Bullitt, il est Bullitt. Sa sobriété, sa présence et son calme olympien définissent à eux seuls le film.
Et puis, il y a LA scène : la course-poursuite automobile mythique. Elle fut en grande partie responsable de l'immense succès du film à l'époque, et reste une leçon de mise en scène. Mais il faut reconnaître que depuis, on a fait plus spectaculaire et plus haletant. Cette séquence d'anthologie est au service d'un scénario finalement assez simple et linéaire qui n'offre que peu de rebondissements. Mais ce scénario est bien écrit, crédible, et sert de toile de fond solide à l'enquête.
Le film fait le choix d'un rythme volontairement mesuré en dehors de ses éclats d'action. Il prend le temps de construire son ambiance, en privilégiant les silences et l'observation, ce qui est une part essentielle de son style si particulier.
Au final, "Bullitt" est un classique qui doit son statut à son style, à son acteur légendaire et à une course-poursuite qui a marqué l'histoire. Un film policier d'ambiance, élégant et stylé, dont la mécanique narrative et le rythme mesuré font toute la singularité.