Autant le dire tout net, le film n'est pas aimable et ne se laisse pas apprivoiser comme n'importe quel divertissement mainstream. Le symbolisme, la philosophie, la métaphore, la poésie visuelle, un refus des conventions classiques, tout cela fait que le film est assez compliqué à suivre, à aimer et à comprendre. Quoique la compréhension immédiate ne soit pas le but du film. En effet, à l'instar de Kubrick et son « 2001, l'odyssée de l'espace », le but est plutôt d'interpeller le spectateur, de balancer les questions métaphysiques et de laisser chacun y trouver sa propre explication. L'Homme remis au centre des enjeux. C'est bien normal pour un film ouvertement humaniste. Formellement, on est sans doute devant un film d'une rare beauté, filmé dans des décors comme on en avait alors jamais vu au cinéma, dans une espèce de no man's land rappelant vaguement une zone industrielle qui aurait mal tournée. La Nature a repris ses droits, l'Homme cherche des réponses et des solutions à ses problèmes quand bien même il les possède déjà, sans le savoir. Le rythme est lent, chaque action est exposée avec une lenteur qui pourrait décourager certains curieux mais pour ceux qui voudraient bien accepter le prix du voyage, la récompense pourrait être belle. Tarkovski y a mis toutes ses tripes, y laissant sa santé (c'est sur le tournage du film, à Tallinn en Estonie, au milieu de ce ramassis de relents toxiques, qu'il finira par développer le cancer qui mettra un terme trop prématuré à une carrière certes étalée sur trois décennies mais ne comptant que 8 longs métrages). Reste donc, pour l'éternité, un chef d'oeuvre qui n'aura jamais finit de questionner les voyageurs qui auront accepté cette main tendue du Stalker, qui les emmène dans cette Zone d'où on ne revient pas indemne. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com