Mon film préféré par dessus tout. Et de très loin. La capacité à faire de ce genre d'histoire une réalité audiovisuelle est un don rare et il faut tout simplement savourer l'aventure d'Ashitaka dans ces forêts et contrées perdues et magiques, cette rencontre unique et poétique avec la princesse dans un cadre tellement beau, une magie et aussi une tristesse latente, l'amour, l'écologie, la passion des anciennes cultures et des peuples disparus, des bêtes mystiques et mythiques, un combat de dieux entre humains, une révolution, la révolution! Il est d'ailleurs remarquable qu'on atteigne ce niveau incomparable au cinéma, le niveau de perfection absolument totale, aucun défaut, c'est le chef-d'oeuvre cinématographique depuis son invention.
Hayao Miyazaki visite donc avec son talent artistique grandiose toute l'universalité du thème de l'écologie dans une flamboyante étendue de beautés animées, allant des montagnes aux arbres, des humains aux animaux, jusqu'à l'esprit de la forêt!
Certains lieux représentés deviennent juste après la vision de ce film une légende, à laquelle on ne cessera de croire ou d'en imaginer ses formes jusqu'à sa prochaine vision. Les musiques de Joe Hisaishi sont de loin la complémentarité parfaite avec les images, démontrant le talent incommensurable de cet homme (encore une fois). Par la même occasion, on peut remercier Toshio Suzuki, producteur génial et coutumier des studios Ghibli, crachant une confiance aveugle au réalisateur des déjà autres chefs-d'oeuvres: Mon voisin Totoro, Nausicaä, Le château dans le ciel, Le château ambulant et le Voyage de Chihiro. Et plus récemment Ponyo sur la falaise. Si tous ces films sont en fait des oeuvres-musées, elles n'ont de super que la morale devenue aujourd'hui un exemple pour les générations à venir car il y en a une , voulues ou pas par Miyazaki, c'est un fait, le choix qu'il faut espérer (le dernier plan le montrant parfaitement, un sylvain renaît après le désastre), Il y a toujours de l'espoir. Hayao le disait lui-même, cherchant de par ses dessins animés à inspirer les plus jeunes pour que ça reste gravé en eux. La philosophie de ce système est responsable, adulte et pertinent, les sujets abordés sont tout aussi matures, allant de l'écologie, du respect de la nature aux questions de la guerre, des différences entre les hommes et les dieux, entre les hommes et les femmes, des questions sont posées et le réalisateur y répond de la plus belle des manières, on ne peut rêver mieux. On ne regrette d'ailleurs rien dans ces œuvres et on ne doit pas le blâmer pour tellement de beauté.
Pour en revenir à Princesse Mononoké, indubitablement le meilleur film d'animation sur Terre, la retranscription du Japon féodal est à la hauteur, l'aventure et la malédiction constituent un point de départ pour le héros principal, comme pour le spectateur de se figurer à la place de ce personnage masculin très, en quelque sorte, lissé pour facilement s'identifier à lui, de par ses dialogues très simples et à la fois intelligents, recélant d'une magnifique part d'humanité. L'apparition de nombreux personnages secondaires tels que Jiko (le personnage sans doute le plus mystérieux du film) Dame Eboshi, outrecuidante parfaite( la pseudo-méchante qui révèlera ses faiblesses à la fin) etc...
Quant à l'esprit de la forêt, impassible force de la nature, se dégageant de toute considération et intérêt humain, il impressionne de par sa puissance destructrice (notamment sous sa forme nocture surnommée "le faiseur de montagnes", une invention de miyazaki à montrer dans les écoles). Moro, la mère-louve est aussi un personnage secondaire de par sa carrure et son sens du sacrifice.
Magie quand tu nous tiens, vous assisterez si vous ne l'avez pas encore vu à l'immensité de l'art tant sonore que visuel, superbe et unique. A voir de toute urgence