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Patjob
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2,5
Publiée le 16 février 2021
Cette immersion dans une brigade de police antistupéfiants relève d’abord du documentaire. On suit son quotidien, sans qu’une « histoire » n’en constitue le fil conducteur. Le tableau est plutôt déprimant, tant dans la description de la police que dans celle des toxicomanes. La première est constituée majoritairement de « beaufs », plus préoccupés par l’apéro et les horaires que par leur mission de service public, aux méthodes contestable, encadrés par une hiérarchie qui soigne plus les apparences statistiques que les moyens mis à disposition des équipes, et qui s’accommode d’une lourdeur administrative aveugle. On s’interroge même sur la véracité de certains aspects de cette description, contestée par le ministre de l’intérieur de l’époque, mais n’était-il pas là dans la posture imposée par sa fonction ? La condition des toxicomanes est montrée d’une façon très crue, respirant une réalité sordide. Dans cet univers une place est faite aux interrogations personnelles de Lulu, le personnage principal, qui apparaît comme un idéaliste humaniste face à ses collègues, et qui perd pied (voir la dernière scène), rongé par le fonctionnement désastreux de son unité et le sort de la population à laquelle il est confronté. Le film ne manque pas d’intérêt, mais, trop long, il souffre d’une construction insuffisante pour retenir la pleine attention, et l’on passe d’une scène à l’autre sans lien apparent. On se demande pourquoi il a été nominé (mais non primé) au César du meilleur scénario). Le constat est accablant (souhaitons que les choses aient évolué depuis trente ans), et l’émotion n’affleure que dans une scène où l’amie toxicomane de Lulu exprime son besoin de tendresse.
On dirait un telefilm allemand sur France 3 , quand je regarde ce film j'ai l'impression que els flics sont des bofs,des ringards qui pensent qu'à picoler et s'inventer chez eux pour faire un bouffe c'est mal joué cest ridicule
Ce film, réalisé en 1992 par Bertrand Tavernier et très marqué par les années 80/90, relate la vie quotidienne d'une brigade des stups officiant dans un quartier populaire de Paris, dans un style quasi-documentaire. C'est globalement convaincant. Petit bémol : on a un peu de mal à croire au personnage principal du flic intello.
Excellente représentation du quotidien des forces de l'ordre, très loin du flashy des productions d'Olivier Marchal mais bien pus réaliste. A cent mille lieu des clichés du polar du genre, Tavernier dépeint un portrait sans concession des conditions de travail lamentable des policiers, de l'état d'esprit gangrené par la politique du chiffre de certains flic ainsi que l'univers sordide des trafiquants, tontons et prostitués. Il s'agit plus d'un drame social engagé qu'un véritable polar.
Immersif, comme on dit. Réaliste, documenté, pas édulcoré en tout cas... Le film, pour le peu qu'il soit scénarisé, se déroule en une succession de scènes de planques, d'intervention dans des squats glauques, d'interrogatoires...Etonnamment, ça fonctionne avec beaucoup de plans fixes et assez peu de caméras à l'épaule. Pour autant, j'ai bien quelques réserves : Lara Guirao en prostituée et Charlotte Kady en flicette, désolé j'y crois pas. Pas crédible. Et pourquoi cette tentative de mise en abyme avec le personnage de Didier Bezace qui filme un mariage avec une caméra ? Sinon, le personnage de Jean Paul Comart, avec son espèce d'accent belge, fait quasiment le lien avec "la Balance", sorti dix ans plus tôt et dans lequel il jouait, et qui avait aussi ce côté immersif mais en plus spectaculaire. Et c'est peut-être ce qui manque au film : une scène vraiment marquante.
L 627 est doté d'une rare force d'évocation mue par une incroyable galerie de personnages bien interprétés (Didier Bezace dans une son meilleur rôle, de même que Charlotte Kady et Jean Roger Milo émouvants et réalistes). L 627 est un film personnel, peut être le plus abouti de Tavernier qui a su, grâce à son scénariste et à son talent de metteur en scène, donner une oeuvre réaliste et riche en suspens et en émotion. Le film s’inspire à la fois de la narration du documentaire et de la fiction qui renvoie dans un élan naturaliste à Zola et à Kafka pour l'aspect absurdité des situations, l'équipe de flics se débattant malgré une incroyable pénurie de moyens. Les scènes de filature sont remarquablement menées et la violence, présente, bien contrôlée. L 627 a aussi beaucoup d'humour. Cela est dû aux situations très cocasses de l'équipe au travail. Tavernier, dans la façon de montrer les policiers est aussi sans concession. La sortie de Polisse, pourtant réussi, montre que le film de Tavernier est indémodable. A noter que Maiwenn semble s'être inspirée de L 627 surtout à travers la scène d'anthologie du gamin enlevé à sa mère (dans L 627, il s'agit d'une petite fille arrachée aux mains d'une black sans morale et sous ectasy). Malgré son côté désespéré, un film qui ne se laisse pas facilement oublier.
« Tu crois que tu connais mieux les choses quand tu les filmes ?», « J'ai l'impression de mieux les comprendre ». Cet aveu du personnage de Lulu, policier mais aussi filmeur amateur, à sa femme, exprime parfaitement la démarche de Bertrand Tavernier. Cette volonté de sortir le plus possible des archétypes de la fiction ( d'ordinaire nécessaire pour construire un récit) pour coller au plus près de la réalité ( quitte donc à sacrifier la narration cinématographique classique) donne ici lieu à un vrai film coup de poing. Cette réalité permet de dénoncer avec pertinence ( sans arrogance et en collant au plus près des personnages ) le terrible manque de moyens dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, sa pourtant nécessité devant l'enfer de l'addiction à ces substances, le décalage entre théorie et pratique dans la formation des policiers, l'absence de compréhension des pouvoirs publics et l'hypocrisie des politiques avec notamment la dénonciation de la politique du chiffre et des statistiques ( qui est aujourd'hui encore dénoncé par les syndicats de policiers, preuve que les choses n'ont pas bougé 20ans après). Tout ceci apparaît dans le film de manière exhaustif, de manière dense, sans pour autant que le propos soit alourdit et écrasant. La longueur du film ( 2h20) est certes importante mais peut s'expliquer par la volonté de nous immerger complètement dans le quotidien du personnage de Lulu. Cela est réussit grâce à une réalisation subjective parfaitement adaptée. On n'échappe pas au traditionnel effet de sacrifice du personnage policier qui n'a pas le temps d'avoir une vraie vie privée etc mais cela est ici exposé sans les habituels lieux communs et avec beaucoup de sincérité. Le personnage de Lulu est très intéressant par son humanité tout en étant souvent sur la brèche et certaines scènes sont vraiment poignantes. Certains dialogues vont vraiment au fond des choses et font ressortir certains problèmes avec sincérité et sans invoquer pour autant de solutions magiques. Par ailleurs, il faut souligner que le film est aussi parfois drôle. En effet, dans sa volonté de filmer la réalité et exposer un constat un peu pessimiste ( ou du moins très lucide), Tavernier n'oublie pas pour autant la cocasserie de ces individus, tous autant qu'ils sont, qui n'en restent pas moins des humains et qui ont besoin de l'humour pour adoucir leur quotidien. Certains passages sont ainsi plus drôles et légers et l'ensemble trouve un bel équilibre entre les tons. Ce film est non seulement une immersion efficace dans la réalité qui permet de nous révéler les failles d'un système avec pertinence mais également une vraie expérience de cinéma basée sur les personnages et la mise en scène. Une jolie prouesse que parvenir à cette synthèse.
Assez bon film sur son thème. Il y a peut-être un peu trop de longueur (à mes yeux, le rythme n'est pas vraiment bon), mais ce film est à voir car il exploite bien son sujet : les policiers urbains. On suit des policiers dans leurs quotidiens, en comprenant que la difficulté de leur métier. 'L.627' est un polar noir à découvrir car sous son aspect documentaire, il dénonce une réalité très détaillée.
Enfin! Enfin un film policier français qui tient la route, et de quelle manière! Bertrand Tavernier a eu du flair de confier à Didier Bezace, brillant homme de l'ombre du cinéma, le premier rôle de cette réussite absolu: nul doute qu'avec un physique plus "de cinéma", Bezace aurait une filmographie à faire pâlir, tellement sa présence, son punch et son timbre (qui rappelle beaucoup celui de Jacques Thébault, entre autre la voix française de Robert Conrad) font passer comme une flèche les 2h25 (!) de L 627. Ce policier (enfin) réaliste, accrocheur et fichtrement lucide, ne méritait pas moins qu'une telle interprétation, très correctement secondé par quelques autres bons comédiens. De quoi reléguer au rang d'essais loupés, voire d'escroqueries pures et simples, quelques polars avec Delon ou Belmondo, pour ne citer que les plus connus.
La patte de l'ancien flic Michel Alexandre se fait sentir dans ce "documentaire" romancé de la vie de flic à Paris. Anti-clichés, L 627 se veut réaliste, humain, dérangeant. Une vision détestable mais réelle de l'Administration policière malgré ceux qui y croient toujours. Paris est sale, gangrainé, oriental, pourri. La vie et la vue d'un flic qui veut changer le monde, usant de sa personne et de son compte en banque. Ici aucune erreur, pas d'invraissemblance, un docu quoi. Tavernier signe un grand film français, applaudi par les syndicats de policiers. Je me répète : un docu quoi.
Le parcours d'un flic qui croit à son métier malgré tout... malgré surtout les conditions de travail catastrophiques. Le film met un peu de temps à se mettre en place avec le passage du flic dans deux services avant d'atterrir aux stups, ce qui a pour but de souligner certaines inepties administratives ainsi qu'un clientélisme, film militant donc. Ensuite le quotidien de cette équipe des stups pourvue de bonne volonté mais dépourvue de moyens, sans compter le manque de reconnaissance du travail effectué. Excellents comédiens, parti pris très clair mais intéressant qui a fait des vagues à la sortie du film car à la limite du documentaire. A part la mode vestimentaire, film qui a très bien vieillit et malheureusement toujours d'actualité.
L.627 est un polar audacieux, qui rompt avec les films du genre en y incorporant un coté social très important. Réaliste, cru, touchant et ponctué d'humour, L.627 est un très bon film.
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4,5
Publiée le 5 avril 2021
Un enquêteur de police se spécialise dans l'arrestation d'un maximum de trafiquants de stupéfiants mais outre le triste fait que la drogue semble avoir définitivement envahi la société ses efforts sincères sont souvent sapés par les supérieurs de son propre service. Ces deux aspects sont très bien mis en scène par Bertrand Tavernier. En outre il est confronté au problème d'une manière plus personnelle en raison de sa relation ambiguë avec une prostituée héroïnomane. À un moment donné son meilleur informateur de rue est démasqué par l'un des officiers de sa propre unité de police qui déclare que vous pouvez toujours en trouver un autre. En posant les bases en allant d'une planque à l'autre et d'un bidonville à l'autre le film est authentique et le personnage principal joué par Didier Bezace est un flic unique qui croit réellement a son travail et en ce qu'il fait...
film à l'aspect documentaire nous plongeant dans le quotidien d'une brigade de stups au coeur de Paris. film très détaillé, jamais dictatique, il est aussi plein d'humour et les acteurs sont excellents. Le film laisse une impression de désarroi mais pas de découragement.