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ElAurens
93 abonnés
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3,0
Publiée le 19 juillet 2010
Le deuxième souffle est trop inégale, on enchaine de très bonnes scènes avec d’autre trop molles. La lenteur ce fait trop ressentir, contrairement au cercle rouge ou au samouraï. Un bon film cependant mais sans surprise.
Un chef d'œuvre du film noir (ou gangster) à la Française réalisé par le grand metteur en scene qu'etait Jean-Pierre Melville en 1965 ! D'après un roman policier et co-ecrit sur le scénario par José Giovanni, on y suit un évadé de prison nommé Gu, qui trouve refuge grâce à sa petite amie Manouche et un ami fidèle Alban loin de la police avec un commissaire rusé et un certain humour, accepte un dernier coup à Marseille avec des truands contre un gros pactole mais à risque avec la police autour. Jean-Pierre Melville réussit avec une grande maîtrise "Le deuxième souffle" , d'abord en le filmant en noir et blanc cher au polar Américain qu'il admire qui donne une superbe dimension au visionnage, un scénario et une histoire qui captive, humanise le héros et même les personnages secondaires ont leurs places existantes dans l'intrigue. Puis les comédiens, Lino Ventura dans l'un de ses meilleurs rôles de sa carrière dans la peau du gangster repenti, Paul Meurisse remarquable en commissaire, dans les acteurs secondaires , on reconnaît Marcel Bozzufi ou Michel Constantin mais aussi deux doubleurs célèbres qui jouent ici des gangsters dont je ne sais pas les noms, l'un prêté sa voix à "Fantomas" chez André Hunebelle et un autre celui de Clint Eastwood dans la trilogie du "Dollars" chez Sergio Léone. "Le deuxième souffle" est pour moi un monument du polar dans le cinéma Français, un de plus chez Jean-Pierre Melville.
Film de gangster canonique, entre droites directes, mise en scène sobrement explicite, dialogues sans fioritures, rapports de virile quête de domination, cette intrigue s'amuse de l'opposition entre malfrat et policier incarnée habilement par la symétrie en miroir entre un inflexible Lino Ventura et un flegmatique Paul Meurisse, irrésistiblement ironique. Estampillé tragique, le récit illustre la vraisemblance du quotidien de ces criminels dont la mort est au centre de leurs vies. Imparable.
Melville à la baguette, Giovanni au scénario, Ventura et Meurisse devant la caméra, ce ne pouvait être qu’un grand moment de cinéma, et on n’est pas déçu. Bien sûr, c’est du noir et blanc, mais on l’oublie vite, et on oublie aussi les quelques invraisemblances. Tout est fignolé aux petits oignons, prise de vue, ambiance, et on a peine à croire que ce film a plus de 50 ans. En plus, il y a de l’humour (la tirade de Paul Meurisse en début de film est vraiment jubilatoire). Incontournable.
Un polar signé Melville pour se relaxer après une bonne journée, ca ne fait jamais de mal. Lino fait du Ventura, solitaire comme un caid fidèle à sa famille dans tous les sens du terme. Meurisse campe un commissaire rusé et fort soupconneux quant aux méthodes de ses collègues marseillais. Le noir et blanc sied bien à ce polar noir. Cadré au cordeau, l'essentiel y est, les années soixante un peu viellottes, certes on n'atteint pas le sublime du Samourai, mais on ne peut pas manger tous les jours de la langouste. TV 1 - novembre 2017
Ce polar de Jean-Pierre Melville marque très clairement une rupture avec le reste de sa filmographie. Abrupte dans son approche, refusant tout réalisme sans pour autant sombrer dans le cliché pittoresque du combat flic/gangster en prenant bien soin de dépeindre chaque camp sans compromission. Le récit ne fait pas de fioriture, l’ensemble est mené avec une solidité permanente autant dans la réalisation méticuleuse du cinéaste que dans son interprétation virile. Si l’entame est un peu longue avec une trame scénaristique mettant du temps à se mettre en place, la seconde partie du long-métrage est un modèle d’exécution jusqu’à son final.
Un polar sombre au rythme assez (un peu trop ?) lent qui rend hommage au code de l’honneur de certains truands. Des scènes d’anthologie (la scène du hold up) et une interprétation magistrale, notamment le commissaire joué par l’impérial Paul Meurisse et Gu alias Lino.
Le Deuxième Souffle est un film de gangster à la française de Jean-Pierre Melville, porté par un très bon Lino Ventura. Le principal reproche que l'on peut faire au film (hormis le fait qu'il ait inévitablement vieilli), c'est sa durée : 2h30. C'est un peu long et il y a quelques longueurs dont le film pouvait se passer. Surtout pour un plan de braquage certes assez réaliste mais au final très classique (si le film sortait aujourd'hui, il y aurait forcément un plan B ou un rebondissement dans la stratégie). D'ailleurs, le film semble finalement plus se focaliser sur l'après-braquage que sur le braquage en soi. Cette dernière partie est même plus intéressante que le reste. Lino Ventura est toujours aussi juste mais les seconds rôles ne sont pas en reste : Paul Meurisse, Christine Fabréga et Denis Manuel notamment. Sans être un classique du cinéma qu'il faut voir, ce film-ci mérite tout de même le coup d'oeil.
Encore un excellent polar noir de Melville. Presque comme une série, l'intrigue est toujours la même : les truands au passé mauvais et obscure vont de nouveau sévir. Que vont-ils faire et comment s'y prendront-ils ? Quand on a vu l'essentiel de ses films sur le sujet (Un flic, le doulos, le cercle rouge, le samouraï), on sait malheureusement, tel Columbo, la façon dont ça va finir. C'est à peu près mon seul regret bien qu'il soit évident que l'on reste avant tout cerné par l'action, la manière d'agir. Et là, c'est toujours beau. Une préparation pointue, une mise en action pleine de tension, une poursuite éprouvante. Les personnages ont tous un important charisme, ne parlent jamais pour rien. Ils sont particulièrement durs, froids, et très violents. Pas de bons sentiments : torture, exécutions sans passer par quatre chemins. Melville commence alors à sérieusement épurer ses films. On observe ce qu'il se passe comme cachés derrière un buisson et c'est fascinant. Attention toutefois à la peur de se perdre dans l'identité des personnages, souvent cités sans que l'on soit toujours en mesure de bien savoir qui parle de qui.
Un pur plaisir de cinéma, avec une galerie de personnages hauts en couleurs, de multiples rebondissements, et une vision du monde aussi pessimiste que convaincante - si les truands tuent, ce n'est pas par appât du gain, c'est l'expression d'une pulsion de mort.
Classique de Melville..à voir et revoir...Lino Ventura en Gu est mythique !!! Le film n'a pas vieillit même au noir et blanc..et L'intrigue est magistrale..
Voilà un excellent polar teinté des années 60 et qui nous montre l'affrontement de deux mondes, celui des truands avec leur "code de l'honneur", et la police, avec parfois des méthodes peu orthodoxes mais surtout plein de roublardise. Le film vaut aussi par ces acteurs qui semblent tous habités par leur rôle. A voir absolument pour tenter de s'imaginer ce qu'était ce monde là. En effet, cela n'a beau être qu'un film, il retrace bien ces mondes, son époque. Revu en ce mois d'octobre 2025 : toujours aussi prenant!
Emblème incontournable du cinéma de Jean-Pierre Melville, Le Deuxième Souffle ne s'engage pas seulement dans un cinéma de gangster classique mais dans une sorte d'hybride entre le cinéma noir Américain et les obsessions de son auteur. Melville ralentit (un peu trop) volontairement l'acte, le silence pesant et ses mouvements de caméras lents et stricts lui permet de refléter le fonctionnement froid mais pourtant très ordonné monde des criminels dans lequel Lino Ventura est un membre renommé conscient de son code moral. Les personnages évoluant de l'autre côté de la loi forment tous une sorte d'organisation d'affranchis aux règles tacites qui lui permet d'entraider ses membres comme une grande famille. Même la police incarnée par Paul Meurisse fait partie de ce monde de truands dans son comportement mais agissant seulement pour une autre raison, dans les deux camps que ce soit policiers ou gangsters, trahir les préceptes éthiques, même entre ennemis, est un crime qui doit être puni. Melville les place tous sur un pied d'égalité sans faire de jugement moral. Le seul à être une figure de "protagoniste" n'est autre que Ventura, vieux de la vieille respectueux du code, par pour le maintien d'une bonne entente mais par règle de vie. Une plongée lente et riche dans un monde d'ombres, du grand polar.
Le Deuxième souffle est une œuvre de vengeance dont la finalité est de laver un honneur préalablement sali par les calomnies ; et sa grande originalité, sa grande force aussi, c’est qu’elle aborde la vengeance avec distance, sang-froid, calcul. Jean-Pierre Melville refuse de laisser libre cours au sentimentalisme ou aux explosions de violence : ses fusillades sont brèves et brutales, ses cavales mécaniques, à l’image de Gustave abandonnant son compagnon de fuite sans lui dire un mot avant de s’allumer une cigarette, l’air de rien, assis dans le wagon de marchandise d’un train en marche. Les personnages sont avant tout des gueules, des fortes têtes qu’on ne trompe pas comme ça, qui en ont déjà vu, et des pires. Le film s’achemine peu à peu vers l’abstraction qui constituera l’évolution esthétique de la carrière à venir du cinéaste ; nous assistons à un règlement de comptes qui prend l’aspect d’une transition, d’une mise en suspens du temps avant un renouveau. « On aborde un sacré tournant », entend-on au comptoir du bar. Le titre laisse entendre un écho au chef-d’œuvre de Jean-Luc Godard, sorti six ans plus tôt ; mais il n’indique plus l’agonie et la mort à venir, non au contraire c’est la renaissance symbolique d’un genre dont il est question, une renaissance abstraite dont Melville se fera le héraut. Malgré quelques longueurs, Le Deuxième souffle reste une œuvre passionnante et mise en scène avec brio, s’appuyant sur des acteurs au sommet de leur art.