Le Deuxième souffle
Note moyenne
4,1
1045 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

101 critiques spectateurs

5
26 critiques
4
47 critiques
3
15 critiques
2
10 critiques
1
2 critiques
0
1 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
PlouZ
PlouZ

1 abonné 93 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 mars 2012
Après son formidable Road-Movie "L'aîné des Ferchaux", Melville retourne au polar.
Si "Le doulos", qu'il avait déjà fait quelques années plus tôt, était très réussi dans un style classique, "Le deuxième souffle" marque un changement de ton et lorgne vers une polar plus sombre.
Changement plus que réussi ! Le film est un modèle du genre. Long pour un film de l'époque, le film ne tombe jamais dans la monotonie.
Servi par un casting excellent, on y retrouve avec plaisir l'excellent Lino Ventura dans un rôle qu'il endosse à la perfection et Paul Meurisse qui campe avec brio un commissaire doté de tirades qui font mouche. Les seconds rôles ne sont pas en reste non plus (Pierre Zimmer, Michel Constantin, Raymond Pellegrin, Marcel Bozuffi... Tous bons !).
Le code d'honneur et le professionnalisme des bandits de l'ancienne génération, thème assez récurrent dans les polars de Melville, sont de nouveau présents.
C'est le début d'un virage dans la carrière du réalisateur qui fera les classiques qu'on lui connaît ("Le samouraï", "Le cercle rouge", etc.)
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 15 août 2009
De nombreux cinéastes se sont essayés au polar, au début de leur carrière (Sautet, Costa-Gavras) ou de manière plus régulière (Verneuil, Corneau à qui on doit le remake du deuxième souffle) mais c'est Melville qui a porté le genre au sommet (Le samourai, le cercle rouge). Il sait tirer du roman de José Giovanni l'énergie brute et capter tous les ressorts dramatiques de l'histoire par une mise en scène implacable. Le cinéma de genre devient ici cinéma d'auteur.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 8 novembre 2012
Un bon polar noir à l’ancienne qui nous manque tant. Tout y est grand, l’ambiance, le réal (forcément), les acteurs (idem)...bref, un classique à voir au moins rien que pour le plan séquence où Paul Meurisse débarque dans un bar après une fusillade et donne sa vision des faits. Un régal !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 28 août 2008
Chef d'œuvre !! Du très grand Melville, un immense Ventura, un très bon Meurisse.... On ne parlera pas de la pale copie de ce film qui est sortie récemment... Quand on voit ce film, on ne peut que pleurer quand on pense au cinéma français contemporain.... A VOIR !!
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 30 mars 2020
"5 h 58, un condamné s’est échappé. Si « le deuxième souffle » a peu de thématiques communes avec l’adaptation cinématographique du récit autobiographique d’André Devigny, il cultive un sens du détail, une minutie qui évoque le film de Robert Bresson.

Au point de départ, l’évasion de trois prisonniers. Tels des ombres furtives, ces trois corps ne doivent faire qu’un pour déjouer les pièges tendus, pour rendre les sentinelles aveugles à tout mouvement suspect. La coopération est donc de mise, elle sera un des fils conducteur du film à venir. Pourtant, il ne faut pas totalement s’y fier. Une fois la liberté acquise, les destinées se séparent. Pendant que l’un peine à agripper l’autre pour monter dans le train de la liberté, le troisième choisit tout bonnement de tailler sa propre route. Il sera ici question de distinguer le petit truand de bas étage du véritable professionnel du crime. Sur les trois évadés, deux périront brièvement. Ces derniers appartiennent à la première catégorie, celle qui inclut également deux malfrats mandatés pour intimider l’héroïne du film, la sœur du rôle principal. Ces deux anonymes seront abattus comme des chiens à l’arrière d’un véhicule. Dans l’autre catégorie, il y a les pros, c’est Lino, et quelques autres…
Il s’agit d’une poignée d’hommes qui ne doutent de rien, qui ont toujours un temps d’avance.
Toutefois, dès le premier quart d’heure, une sentence est prononcée : « personne n’est irremplaçable ». Cela signifie qu’une épée de Damoclès sera toujours placée sur la tête de « celui qui a basculé ». C’est sur ce constat menaçant que débute réellement la trajectoire de Gu (Lino Ventura).

Notre héros vient de s’échapper de prison et c’est déjà, de Marseille à Paris, tout un microcosme qui s’agite. Dans un bar, une tuerie a lieu, elle servira d’introduction à l’antagoniste du film, le commissaire Blot, incarné par Paul Meurisse. Ce dernier nous gratifie une nouvelle fois de son sens légendaire de la répartie, bien aidé par le cynisme des dialogues composés à son égard.
À Paris, tout réussi à Gu. Évidant, car il est bien entouré par sa sœur Manouche et par Alban, un homme de main des plus habiles. Nous retrouvons l’esprit de coopération de l’évasion, l’un sert de lanceur d’alerte, l’autre de chauffeur disponible à tout moment. Ainsi, Gu trouve facilement une planque, et n’est jamais inquiété par les forces de l’ordre lancées à sa poursuite.

Par la suite, ce ne sera plus tout à fait le cas. Car l’évadé Gu n’a plus de ressources financières. Il a donc besoin de « se refaire » avant de fuir à l’étranger et de couler des jours heureux. Pour cela, grâce à sa réputation dans le grand banditisme, il sera mêlé à un gros coup situé dans la région de Marseille. Ce casse, scène pivo du film, fait l’objet d’un préambule suffisamment conséquent pour être souligné. En effet, une longue attente inaugure le passage à l’acte. À l’instar de l’acteur qui s’isole avant de rentrer en scène, il s’agit pour le gangster d’un instant où le doute est encore permis, même pour celui dont la renommée n’a pas été entachée par quelques années de réclusion.
Désormais, c’est l’heure de vérité, car dégainer son arme dans le vide n’est pas pointer son arme sur une personne bien vivante. Le braquage est méticuleusement orchestré. Chacun est à sa place, tous battent la mesure sans aucune fausse note. La coopération est à son paroxysme. Le temps d’une séquence, je me surpris à y voir une répétition du fameux « Heat » de Michael Mann.
Mais si la difficulté résidait véritablement après cet exploit ?

Aussi professionnel soit-il, le gangster reste un homme, et cet homme là a des besoins. En effet, celui qui a passe huit années de sa vie en réclusion ne saurait rester quelques instants confiné. Le temps, d’une partie de pétanque, un anonyme l’aura repéré. Il ne faudra guère plus de temps pour une police avide de revanche pour préparer un stratagème. Et quel stratagème ! Ce dernier donne lieu à la scène la plus mémorable du film. Celle où la franchise du malfrat est confondue avec la duperie du représentant de la loi. En bordure de mer, un gangster arrêté, quelques voitures embourbées… Et cet instant vital où l’authenticité passe de l’autre côté. Le hors la loi dira la vérité pendant que le commissaire Fardiano, représentant de cette même loi fera du mensonge une opportunité. Il s’agit de cet instant charnière où le film de qualité devient film d’anthologie. Ce moment où la Morale peine à choisir son camp.

Pour le reste, notre héros aura le choix existentiel entre fuir malgré le statut honteux de revêtir le manteau « d’une balance » ou de payer, tel un Socrate moderne, le prix de la vérité. Notre Gu n’assumera pas une vie exilée couverte d’opprobre, mais se dirigera vers la réhabilitation, un temps bref qui passera à la postérité. Entre temps, un ponte a lui aussi été confondu. Ses frères et associés réclament leur dû. Cette suspicion généralisée au cœur d’un lieu clos n’est pas sans évoquer le « Reservoir dogs » de Quentin Tarantino, particulièrement lorsque l’on connaît l’admiration qu’éprouve l’ancien ouvreur de la boutique de location d’Hermosa Beach pour le cinéma de Melville.

Un carnage est annoncé, l’issue sera fatale pour notre héros en quête de réhabilitation. En ce monde où tout est noir, il reste malgré tout un soupçon de blanc. Il s’agit de l’instant où le commissaire Blot fait lui aussi le choix de publier, par l’entremise d’un journaliste, les aveux du commissaire Fardiano extirpé par un Gu maître de son destin. Au prix de l’authenticité, le commissaire Blot contribue à entacher sa profession, et à rendre le gangster idéaliste.
Ce Melville là est net et sans bavure."
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 14 juillet 2008
Avec Le deuxième souffle, Melville commence une grandiose trilogie policière sur le thème du truand, gangster ou tueur solitaire, Ventura donne à son personnage une authenticité profonde comme dans L'armée des ombres quelques années plus tard, le film est très dur, l'assassinat des motards, il veut donner l'image des gangsters d'une certaine époque, le rythme est lent, mais on savoure du début à la fin la marque du maitre Melville.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 20 septembre 2007
Un très bon polar mais ce film n'est pas le meilleur film de melville qui est encore considéré comme le maitre du polar.
Timon Houvrard
Timon Houvrard

41 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 mars 2020
Une très bonne distribution menée par un tres bon réalisateur avec un très bon scénario!
J’ai beaucoup aimé.
Attention, j’étais proche de couper le film après 30 minutes : trop de personnages, l’intrigue complexe, les enjeux obscures... puis peu à peu, on cerne mieux ce qui se passe et on prend beaucoup de plaisir.
Du très bon vieux cinéma
Tometclo
Tometclo

10 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 mars 2020
Un polar de Melville avec des acteurs remarquables. Bandits et policiers jouant au chat et à la souris jusqu'au dernier souffle. L'ambiance des années 60 à Paris et Marseille, on ne s'en lasse pas. Et enfin de belles répliques... Le tout nous donne un chef d'œuvre à voir où à revoir.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 14 janvier 2023
« Le Deuxième Souffle » Jean-Pierre Melville


5 h 58, un condamné s’est échappé. Si « le Deuxième Souffle » a peu de thématiques communes avec l’adaptation cinématographique du récit autobiographique d’André Devigny, il cultive un sens du détail, une minutie qui évoque le film de Robert Bresson.

Au point de départ, l’évasion de trois prisonniers. Tels des ombres furtives, ces trois corps ne doivent faire qu’un pour déjouer les pièges tendus, pour rendre les sentinelles aveugles à tout mouvement suspect. La coopération est donc de mise, elle sera un des fils conducteur du film à venir. Pourtant, il ne faut pas totalement s’y fier. Une fois la liberté acquise, les destinées se séparent. Pendant que l’un peine à agripper l’autre pour monter dans le train de la liberté, le troisième choisit tout bonnement de tailler sa propre route. Il sera ici question de distinguer le petit truand de bas étage du véritable professionnel du crime. Sur les trois évadés, deux périront brièvement. Ces derniers appartiennent à la première catégorie, celle qui inclut également deux malfrats mandatés pour intimider l’héroïne du film, la sœur du rôle principal. Ces deux anonymes seront abattus comme des chiens à l’arrière d’un véhicule. Dans l’autre catégorie, il y a les pros, c’est Lino, et quelques autres…
Il s’agit d’une poignée d’hommes qui ne doutent de rien, qui ont toujours un temps d’avance.
Toutefois, dès le premier quart d’heure, une sentence est prononcée : « personne n’est irremplaçable ». Cela signifie qu’une épée de Damoclès sera toujours placée sur la tête de « celui qui a basculé ». C’est sur ce constat menaçant que débute réellement la trajectoire de Gu (Lino Ventura).

Notre héros vient de s’échapper de prison et c’est déjà, de Marseille à Paris, tout un microcosme qui s’agite. Dans un bar, une tuerie a lieu, elle servira d’introduction à l’antagoniste du film, le commissaire Blot, incarné par Paul Meurisse. Ce dernier nous gratifie une nouvelle fois de son sens légendaire de la répartie, bien aidé par le cynisme des dialogues composés à son égard.
À Paris, tout réussi à Gu. Évidant, car il est bien entouré par sa sœur Manouche et par Alban, un homme de main des plus habiles. Nous retrouvons l’esprit de coopération de l’évasion, l’un sert de lanceur d’alerte, l’autre de chauffeur disponible à tout moment. Ainsi, Gu trouve facilement une planque, et n’est jamais inquiété par les forces de l’ordre lancées à sa poursuite.

Par la suite, ce ne sera plus tout à fait le cas. Car l’évadé Gu n’a plus de ressources financières. Il a donc besoin de « se refaire » avant de fuir à l’étranger et de couler des jours heureux. Pour cela, grâce à sa réputation dans le grand banditisme, il sera mêlé à un gros coup situé dans la région de Marseille. Ce casse, scène pivo du film, fait l’objet d’un préambule suffisamment conséquent pour être souligné. En effet, une longue attente inaugure le passage à l’acte. À l’instar de l’acteur qui s’isole avant de rentrer en scène, il s’agit pour le gangster d’un instant où le doute est encore permis, même pour celui dont la renommée n’a pas été entachée par quelques années de réclusion.
Désormais, c’est l’heure de vérité, car dégainer son arme dans le vide n’est pas pointer son arme sur une personne bien vivante. Le braquage est méticuleusement orchestré. Chacun est à sa place, tous battent la mesure sans aucune fausse note. La coopération est à son paroxysme. Le temps d’une séquence, je me surpris à y voir une répétition du fameux « Heat » de Michael Mann.
Mais si la difficulté résidait véritablement après cet exploit ?

Aussi professionnel soit-il, le gangster reste un homme, et cet homme là a des besoins. En effet, celui qui a passe huit années de sa vie en réclusion ne saurait rester quelques instants confiné. Le temps, d’une partie de pétanque, un anonyme l’aura repéré. Il ne faudra guère plus de temps pour une police avide de revanche pour préparer un stratagème. Et quel stratagème ! Ce dernier donne lieu à la scène la plus mémorable du film. Celle où la franchise du malfrat est confondue avec la duperie du représentant de la loi. En bordure de mer, un gangster arrêté, quelques voitures embourbées… Et cet instant vital où l’authenticité passe de l’autre côté. Le hors la loi dira la vérité pendant que le commissaire Fardiano, représentant de cette même loi fera du mensonge une opportunité. Il s’agit de cet instant charnière où le film de qualité devient film d’anthologie. Ce moment où la Morale peine à choisir son camp.

Pour le reste, notre héros aura le choix existentiel entre fuir malgré le statut honteux de revêtir le manteau « d’une balance » ou de payer, tel un Socrate moderne, le prix de la vérité. Notre Gu n’assumera pas une vie exilée couverte d’opprobre, mais se dirigera vers la réhabilitation, un temps bref qui passera à la postérité. Entre temps, un ponte a lui aussi été confondu. Ses frères et associés réclament leur dû. Cette suspicion généralisée au cœur d’un lieu clos n’est pas sans évoquer le « Reservoir dogs » de Quentin Tarantino, particulièrement lorsque l’on connaît l’admiration qu’éprouve l’ancien ouvreur de la boutique de location d’Hermosa Beach pour le cinéma de Melville.

Un carnage est annoncé, l’issue sera fatale pour notre héros en quête de réhabilitation. En ce monde où tout est noir, il reste malgré tout un soupçon de blanc. Il s’agit de l’instant où le commissaire Blot fait lui aussi le choix de publier, par l’entremise d’un journaliste, les aveux du commissaire Fardiano extirpé par un Gu maître de son destin. Au prix de l’authenticité, le commissaire Blot contribue à entacher sa profession, et à rendre le gangster idéaliste.
Ce Melville là est net et sans bavure.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 231 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 avril 2026
Le film raconte la clandestinité de Gustave Minda, dit Gu, évadé de prison en cavale de Paris à Marseille.
Jean-Pierre Melville réalise un polar magistral. "Le deuxième souffle" est la quintessence du film de gangsters made in France. La sobriété des dialogues et des personnages, pas tentés par le folklore, l'intention parodique ou l'éclat de voix, et la direction d'acteurs d'une précision rare dans le registre policier se combinent pour donner à ces truands et flics de cinéma l'apparence du vrai. Cette minutie de tous les instants, qui n'est pas faite pour surprendre de la part de Melville, on la retrouvera à mi-parcours appliquée à la scène d'action emblématique du film, dans la montagne provençale.
D'emblée, l'entrée en lice de Paul Meurisse sur une scène de crime introduit une séquence extraordinaire de justesse où la causticité du commissaire Blot et l'attention de l'auditoire sont parfaitement jouées. Les comportements apparaissent immédiatement cohérents -contrairement à la plupart des polars où les gangsters et les policiers sont fantasmés ou volontiers cabots- et le cinéaste réussira à garder ce cap tout au long de 2h23 de suspense et d'intensité dramatique.
Lino Ventura compose un personnage tragique, traqué et féroce, dont la production affirme -comme il est dit dans un exergue imposé peut-être par la censure- ne pas faire sienne la "morale". D'autant que le supposé et contestable sens de l'honneur du truand, thème récurrent et cher à l'auteur et ancien criminel José Giovanni, occupe toute la dernière partie film et pourrait faire de Gu un héros qu'il n'est pas.
Quoiqu'il en soit, le film brille par une mise en scène complètement maitrisée du début à la fin et par l'intégrité de ses personnages.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse