J’ai découvert À toute épreuve un peu tardivement, et pourtant quel choc. Dès les premières minutes, John Woo impose une mise en scène viscérale, presque opératique, où chaque fusillade devient une chorégraphie. On sent un cinéma excessif, sans retenue, mais toujours maîtrisé. C’est le genre de film qui ne cherche pas à être réaliste, mais sincère dans son déluge d’émotions et d’action, et ça fonctionne pleinement sur moi.
Chow Yun-fat est tout simplement iconique dans le rôle de Tequila. Son charisme, son flegme, sa mélancolie aussi, donnent une vraie épaisseur au personnage. Derrière les flingues et les explosions, il y a un homme fatigué, hanté par la violence qu’il pratique. C’est quelque chose que j’ai beaucoup apprécié : À toute épreuve n’est pas qu’un film d’action bourrin, il prend le temps de parler de loyauté, de sacrifice et de solitude.
La mise en scène est évidemment le cœur du film. Les gunfights sont parmi les plus marquants que j’ai vus, notamment l’incroyable final à l’hôpital, d’une inventivité et d’une intensité presque épuisantes. Les ralentis, les colombes, les cadrages stylisés : tout le cinéma de John Woo est là, parfois jusqu’à l’excès, mais avec une telle générosité qu’on ne peut que se laisser emporter.
Si je ne mets pas une meilleure note, c’est surtout à cause de certaines longueurs et d’un scénario qui reste assez classique dans ses grandes lignes. Quelques personnages secondaires auraient mérité plus de développement. Mais malgré ces petits défauts, À toute épreuve reste une œuvre majeure du cinéma d’action, un film sincère, spectaculaire et profondément humain. Un solide 4/5, sans hésitation.