Tirez sur le pianiste
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anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 3 octobre 2013
« Tirez sur le pianiste » est le troisième film que je vois de François Truffaut.
Le premier était « La mariée était en noir ». Jeanne Moreau, charismatique à souhait, campait une femme vénéneuse qui tuait les hommes qui ont prétendument assassinés son futur-mari lors de son mariage. Une interprétation sans fausse note de la part de la meilleure actrice du monde (selon Orson Welles) suivie par des seconds couteaux d’époque bien affûtés : Denner, Bouquet, Brialy et Lonsdale. L’ambiance, délétère à souhait (d’autant que je m’en souvienne), était maintenu d’une main de fer.
« La femme d’à côté » (vu en mars dernier sur Arte) est pour moi la deuxième rencontre avec François Truffaut. Il s’agit pour lui de son avant-dernier film. Toujours avec sa femme fatale (Fanny Ardant, sa femme à la ville qui jouera dans son dernier et non-moins connu « Vivement dimanche »), Truffaut imprègne son film en un huis-clos glacial en parvenant à ses fins : capter les personnages pour mieux encadrer son scénario. Ce film raconte la liaison dangereuse de deux anciens amants terribles aujourd’hui mariés. Dans le rôle de l’amant, Depardieu, note ogre de talent national. Le couple Gégé-Ardant est tellement réussi que la belle Fanny irradie l’écran comme jamais. Une belle réussite du réalisateur en somme.
Pour le 80ème anniversaire de sa naissance, Arte a diffusé les grands films de François Truffaut en mars dernier. J’en ai donc enregistré quelques uns pour pouvoir vous donner mon opinion. « Tirez sur le pianiste » est le premier. Suivront « Jules et Jim », « Le dernier métro » et « Vivement dimanche ».
« Tirez sur le pianiste ».
Sorti en 1960, il fait partie des films du mouvement appelé Nouvelle Vague. Ce terme est employé pour la première fois par Françoise Giroud en 1957 et sera repris l’année suivante par Pierre Billard. Le premier film à en être apparenté est « Le coup du berger » (court métrage de 1956) réalisé par Jacques Rivette. Le point d’orgue va en être « A bout de souffle » de Jean-Luc Godard sorti en 1960 (et dont l’idée originale était de François Truffaut !), tout juste après le drame familial « Les 400 coups », premier film réalisé par Truffaut. Avant de devenir réalisateur, il est recruté par André Bazin (l’un des fondateurs des Cahiers du cinéma) pour faire partie de ce groupe, et deviendra un des critiques les plus engagés. En font également partie (hormis Rivette, Truffaut et Godard) : Chabrol et Rohmer.
Mais revenons un peu plus sur « Tirez sur le pianiste » et parlons d’abord du scénario : un pianiste de bar retrouve son frère traqué par deux gangsters. Marié à la serveuse, il va voir ses démons ressurgir du passé… .
Pour sa deuxième mise en scène, François Truffaut, livre un film de gangsters comme une comédie. Il fait de « Tirez sur le pianiste » un hommage aux films noirs des années 1940. Avec Charles Aznavour (revu dans « Les fantômes du chapelier » (de Chabrol), « Le tambour » (de Schlöndorff)), pianiste, dans une composition magistrale, Truffaut noie le film de gangsters dans une comédie revigorante et rafraichissante grâce à la musique de Charles au piano, la romance et les palabres. Cette légèreté nous est transmise par des comédiennes sublimissible à souhait qui font le charme du film à elles-seules. Du très joli boulot les filles ! Vous parvenez ainsi à cacher le talent des acteurs de second plan. Super ! Les actrices se nomment Marie Dubois (découverte par Truffaut, elle jouera dans « Une femme est une femme » (de Godard), « Le monocle noir » (de Lautner), « La grande vadrouille »…), Michèle Mercier (la saga « Angélique ») et Nicole Berger (revue chez Julien Duvivier (« Chair de poule ») avant de décéder).
La légèreté du ton est aussi due à l’ambiance appréciable que Georges Delerue donne à l’ensemble. Auteur césarisée trois fois pour « Préparez vos mouchoirs » (de Blier fils), « L’amour en fuite » et « Le dernier métro » (tous deux de Truffaut !). Mais surtout, la pépite indéniable, c’est « Framboise » que chante Bobby Lapointe. Une braise rougeoyante !
De plus, Truffaut raconte son histoire en flashbacks (idée novatrice du cinéma des années 1960) et ajoute là-dessus une narration pas désagréable pour un sou (idée sans doute reprise par le renouveau du cinéma américain : Scorsese, Coppola and Co). De fait, on reste dans l’histoire, calqué sur un N&B des plus maîtrisés, qui va aboutir sur un final en apothéose (oui, la neige, ça fait glisser…).
François Truffaut fait ici coup double en signant d’abord un chef d’œuvre d’époque (l’artiste Truffaut dépeint une société affreusement notoire : le pianiste, la serveuse, l’amour pudique) et ensuite un film culte (car beaucoup de séquences sont osées comme la poitrine nue de Marie Dubois).
Le film est toujours un enchantement 53 ans après. Truffaut « tire sa révérence » au grand Charles. Dame(s) !
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 18 juillet 2012
Ce film est presque un film noir, le scénario fait pensé à certains film de Jules Dassin ou les premiers Jean-Pierre Melville. Assez bien mise en scène et dialogué, mais cela manque de vigueur pour être prenant.
Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 740 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 octobre 2025
Tirez sur le pianiste est pour moi, le film le moins bon de Truffaut. Un scénario assez farfelu. Et malgré son rythme lent, le film perd sa valeur vers la fin. Film surcôté. (Alors que j'adore François Truffaut)
Black-Night
Black-Night

221 abonnés 421 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 octobre 2014
Tirez Sur Le Pianiste est un bon film. Bien réalisé, bien écrit, avec différents thèmes incorporés au récit et le tout fonctionne à merveille. Mélangeant film noir, romance et drame, le tout emmené par de superbes acteurs tous très bons dans leurs rôles dont le couple Charles Aznavour / Marie Dubois fonctionne à merveille. Un film à voir. Ma note : 8/10 !
Jonathan M
Jonathan M

163 abonnés 1 528 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 juin 2016
Je retiendrais deux répliques : "Quand on en a vu une, on les a toutes vu." "Lorsque tu m'aimeras plus, tu me le diras?". Truffaut est déjà un grand sentimentale. Ces phrases font écho à un jeu amoureux compliqué. Il est déjà très fort, car son coeur saigne. L'envie, sur le papier, de construire un thriller ne se retrouve pas à l'écran. Tirez sur le pianiste, c'est autre chose. Le film de l'émancipation, encombré par les démons des 400 coups.
NicoMyers
NicoMyers

71 abonnés 302 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 mars 2009
Bien qu'inégalement réussi à cause de quelques temps morts, Tirez sur le pianiste est un très beau film de Truffaut. Le réalisateur nous parle encore et toujours des femmes, sous les traits d'un film noir. Aznavour est excellent, et la mise en scène de toute beauté.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 6 avril 2013
C'est indéniable, Truffaut sait raconter des histoires.
GéDéon
GéDéon

134 abonnés 711 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 10 avril 2023
Avec son deuxième long-métrage sorti en 1960, François Truffaut réalise une œuvre étonnante renforcée par la narration non linéaire de l’histoire. Si l’on s’intéresse à sa trame policière on peut être déçu tant le scénario est laborieux et comporte de grosses ficelles. Par contre, quelques messages sur la place de la femme dans la société de l’époque, le doute des hommes, les relations amoureuses sont distillés tout au long du film avec une certaine dose d’humour. Ajoutons à cela une prestation honnête de Charles Aznavour en tant que pianiste échoué et nous voici devant un cinéma représentatif de la Nouvelle Vague. Bref, une production certes secondaire du réalisateur mais non dénuée d’intérêt.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 16 août 2010
L'un des meilleurs films de Truffaut. Jubilatoire.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 13 octobre 2011
Tirez sur le pianiste est une pure merveille du cinéma français. Un polar tantôt illuminé par l'Amour et tantôt profondément assombri par ce même Amour. Au final, l'histoire policière est presque anodine dans ce film, quasi superflue, car elle est surtout prétexte à mettre en scène l'Amour au sens large, et ce, dans ses multiples formes, dans ce qu'il a de plus merveilleux et de plus d'infernal, dans ce qu'il a de plus jouissif et de plus tragique... bref il s'agit de ce sentiment qui nous a déjà tous animé d'une façon ou d'une autre ! Michèle Mercier (Clarisse) représentant le côté charnel et physique alors que Marie Dubois (Léna) mais aussi Nicole Berger (sa femme) représentent le côté romantique et véritablement sentimentale de ce même sentiment. L'un reste, l'autre disparait... Une histoire malheureusement triste mais néanmoins teintée d'une certaine forme d'humour. Je vais peut être passer pour un con mais moi ce film m'a fait fortement repensé à "Bande à Part" de J-L.Godard, j'y aie retrouvé cette même frivolité et cette même légèreté, tant sur le ton des dialogues, que sur les personnages ou encore sur la mise en scène plus généralement. Cette façon de jouer avec les codes et de mélanger les genres. Et alors que dire de cette musique quasiment ineffable tant elle est prenante. Elle colle parfaitement avec les diverses scènes, rien que l’interprétation de Boby Lapointe est purement jouissif, mais il faut aussi mentionner le travail remarquable de Georges Delerue qui est d'ailleurs devenu le compositeur quasi attitré de Mr. Truffaut. Un très bon film qui vaut largement le détour, foncez...
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 29 septembre 2006
MAIS TIREZ VITE, BON SANG !
Apôtre de la Nouvelle Vague, il n’avait pas le génie de Godard ni l’humour de Chabrol.
Porté au panthéon des grands cinéastes par l’ensemble de la critique française, il est principalement connu à l’étranger pour LES 400 COUPS et un fameux ouvrage d’entretiens avec Alfred Hitchcock. Auteur de sympathiques mais nunuches aventures de son alter ego – Antoine Doinel – Truffaut a également prétendu au thriller et au film noir. Or, il a eu tort.
L’art du suspense n’étant pas contagieux, le cinéaste s’est essayé à une discipline qui ne lui convenait pas. De fait, il fut peut-être le seul type à croire que l’on peut filmer une course chez l’épicier comme le final de LA MORT AUX TROUSSES. Et quand Truffaut se plante, il ne le fait pas avec n’importe qui ni avec n’importe quoi. David Goodis, c’est quasiment le Baudelaire du roman noir et « Shoot the piano player » un diamant du genre. Notre « vache sacrée » nationale a beau citer systématiquement Sir Alfred à tour de plans – ce qu’il a d’ailleurs toujours fait –, cela ne change rien à la tambouille. Goodis par Truffaut, c’est une assiette de nouilles en Cinémascope. Seul intérêt du film : la présence de Bobby Lapointe. Seul véritable intérêt du film : la présence fugitive des seins magnifiques de Michèle « Angélique » Mercier. Enfin...la présence entière de Mademoiselle Mercier. Ne soyons pas vulgaire ! Récapitulons : Chabrol + Hitchcock + épicier + vache + tambouille + nouille + fruits divins… Conclusion : un bon repas vaut mieux qu’un mauvais film.
Ykarpathakis157

6 192 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 14 juin 2021
Je comprends maintenant pourquoi Tirez sur le pianiste a été un échec au box-office et un échec critique lors de sa sortie en 1960. Pour moi il y a trop de points dans ce film où l'action est tout simplement fausse irréelle et non naturelle. Le fait que Charles Aznavour était censé être un pianiste de concert si célèbre dans le passé qu'il donnait des conférences de presse et que les dames dans la rue le reluquaient toutes et qu'ensuite Charles acquiert un parfait anonymat en changeant simplement de nom et en jouant de la musique dans un bar miteux de l'autre côté de Paris sans jamais être reconnu est tout simplement de la foutaise. Même si les clients du bar étaient d'une classe si basse qu'ils ne suivaient pas aller au bons concerts ou ne lisaient pas le journal ce qui est une proposition douteuse au mieux quelqu'un dans la rue l'aurait certainement reconnu et son concert dans le bar aurait été découvert. Pour atteindre le type d'anonymat que Charles a atteint après avoir été un pianiste de concert si célèbre il aurait dû déménager dans une autre ville. En bref le comportement des personnages de ce film est trop irréel et trop peu naturel pour que je puisse le considérer comme un exemple digne de l'art cinématographique...
Eldacar
Eldacar

64 abonnés 357 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 juillet 2010
Pour sa première incursion dans le film noir, Truffaut s'est plus que planté. Il n'avait pas encore assimilé les leçons du maître du genre, Alfred Hitchcock. D'une lenteur inimagineable, porté par un Charles Aznavour sans une once de charisme, le film ne vaut le détour que pour la réalisation de Truffaut, toujours exemplaire.
E.nigma
E.nigma

16 abonnés 183 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 octobre 2014
Réalisation parfaite, histoire envoûtante. Ce film presque méprisé par Truffaut est pourtant d'une efficacité remarquable. L'atmosphère des années 50, à la bonne franquette et aux chansonniers piliers de bar, permet vraiment d'installer une ambiance aussi chaleureuse que suffocante. Vivement la suite de la rétrospective François Truffaut sur la chaîne arte, c'est délicieux.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 octobre 2018
Tirez sur le pianiste est un geste manqué sans cesse répété, celui d’une main n’osant prendre la main de sa bienaimée, d’un adieu jamais prononcé aux trois beautés, d’un coup de feu tiré en vain, d’un coup de poignard dans le dos qui provoque une fuite inutile. Par son image au noir et blanc superbe, François Truffaut capte la grandeur du petit. Acteur du timide, Charles Aznavour parle avec son regard, ce miroir de l’âme qui ne laisse échapper qu’une expression de passivité teintée de mélancolie devant le burlesque tragique d’une existence ; son personnage intrigue et fascine à la manière de ce film unique qui saisit, non sans magie, le quotidien dans sa force extraordinaire pourtant banale.
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