Un vaudeville avec en toile de fond l'approche du débarquement allié en Normandie. C'est d'abord un film d'acteurs dans lequel Deneuve y est superbe (et le mot n'est point vain), le reste de la distribution est inégal, avec un Noiret impeccable et une Marie Marquet qui cabotine (mais elle le fait si bien) alors que Pierre Brasseur ne convainc pas et les deux amoureux de Deneuve encore moins. L'histoire est amusante mais trouve vite ses limites. Et puis à la fin le film perd toute la légèreté qui faisait son charme pour tomber comme un cheveu sur la soupe dans une espèce de sériosité défendant à la fois la vision d'une France unie dans la résistance (comme la Grande vadrouille sortie la même année) et la défense de la fidélité conjugale. Dommage car globalement, ce film reste sympathique.
Un château de Basse-Normandie en 1944. Marie, mariée à Jérôme, s'ennuie ferme. L'arrivée d'allemands occupant le château et celle d'un parachutiste particulièrement charmé par Marie vient mettre de l'ambiance. Si la toile de fond du film est grave, Jean-Paul Rappeneau s'empare de l'ensemble pour en faire un film au ton léger, empruntant ses codes au marivaudage. C'est non seulement osé mais c'est aussi extrêmement drôle et toujours traité avec une certaine classe, une certaine nonchalance. Pas toujours réussi dans ses péripéties, "La vie de château" est tout de même un sacré régal notamment parce que Catherine Deneuve y est tout à fait sublime...
Un film à plusieurs facettes : autour d’une noblesse qui se ruine, on entrevoie les préparatifs du débarquement sur la côte Normande en juin 44. Des quiproquos amoureux liés aux activités plus ou moins secrètes des uns et des autres s'en mêlent. Soit la grande guerre par le petit bout de la lorgnette pour une comédie joliment troussée avec des comédiens d’envergure à l’époque comme Pierre Brasseur, ou qui allaient le devenir comme Philippe Noiret. Catherine Deneuve n’était alors qu’une débutante, mais déjà avec classe et talent. Des interviews réalisées il y a plusieurs années permettent de resituer l’histoire de ce film pas vraiment commun. Quelques photos d’archives en prime, et un excellent documentaire autour de Rappeneau Pour en savoir plus
Une sympathique comédie sur fond d'occupation avec en prime le charme ravageur d'une Catherine Deneuve au summum de sa beauté .
Malgré tout les éloges que "Première" a pu lui fournir pour la venue de son édition Blu-Ray me semblent un peu excessifs sur plusieurs points, le "rythme et le dynamisme" du réalisateur si bien mis en valeur (que j'accorde volontiers retrouver dans "Le Sauvage" (1975) du même réalisateur) ne me semblent pas vraiment au rendez vous . L'ensemble patine entre mou et dynamique, on retrouve un Philippe Noiret secondaire et trop souvent en arrière plan ainsi qu'une histoire assez classique .
Les années auraient donc eu raison de cette comédie ou tout simplement le genre sur le thème de l'occupation a trop été épuisé et le voir aujourd'hui semble assez fade et deja vu ? Surement les deux mais ceci dit La vie de château est une très agréable comédie dans le plus grand style de ce que la France pouvait faire dans ces années là, de l'humour fin, des acteurs avec du charme et quelques situations bien trouvés .
Premier film de Rappeneau, La Vie de Château brille par l'éclat de sa mise en scène alerte au plus près de ses personnages. Le rythme, très maîtrisé, n'a rien à envier aux grandes comédies américaines. Les acteurs sont au diapason de cette esthétique de la vitesse et de la fulgurance et tout particulièrement Deneuve qui use des mots comme d'une mitraillette. La première comédie sur la Deuxième Guerre mondiale un peu avant La Grande Vadrouille. Deneuve, Noiret ainsi que tous les seconds rôles comme Pierre Brasseur sont tous merveilleux. L'une des meilleures comédies françaises : du très grand art !
La vie de château se veut être une version française des comédies américaines de Hawks ou de Wilder. Si certaines scènes sont loufoques Jean-Paul Rappeneau n'a absolument pas le sens du rythme nécessaire à ce genre de comédie. Le film se déroule presque totalement dans ce château,qui va devenir malgré lui une pièce stratégique au débarquement. Ce lieu dans lequel évolue les personnages enferme rapidement la créativité des scénaristes( Jean-Paul Rappeneau,Alain Cavalier,Claude Sautet) tout tourne rapidement en rond. Ils peinnent grandement à amener de nouveaux éléments et ceux-ci sont rarement drôle. Signalons aussi que la mise en scène de Jean-Paul Rappeneau et loin d’être du niveau de Wilder ou Hawks,et il est loin d'en avoir le charme.
Quelque part entre le marivaudage survolté et le film de guerre à la campagne,"La vie de château"(1965) laisse une bonne impression,car Jean-Paul Rappeneau mise presque tout sur son rythme endiablé,des gags qui seront repris plus tard par les classiques et des acteurs en pleine recréation. Catherine Deneuve,qui peut laisser libre cours à son débit de mitraillette semble s'amuser follement. En épouse morose,réveillée par l'arrivée d'un parachutiste allié,et d'un général allemand faussement avenant,elle s'amuse à faire tourner en bourrique les hommes,qui se font aussi la guerre sentimentale! On a connu Philippe Noiret plus inspiré qu'en bon Français velléitaire. Rappeneau ne s'en cache pas: il s'est inspiré du tempo des screwball comedy d'Howard Hawks. Il aurait pu y ajouter un soupçon au niveau de l'interaction du quatuor principal,et une conclusion plus attrayante. Cependant,l'énergie cartoonesque du film,sa bonne utilisation du décor du château et ses gags impromptus le rendent immédiatement sympathique,et avec le recul,assez avant-gardiste.
C'est tellement léger qu'on se laisse porter par ce tourbillon. Deneuve est sublime, Noiret et Garcin sont des miroirs parfaits pour elle. Elle porte le film sur ses graciles épaules. On en vient à croire que la guerre fut charmante et l'époque aussi....... contrairement à maintenant.......... seul bémol, quand le film se prend au sérieux vers la fin.
Premier long-métrage de Jean-Paul Rappeneau, "La Vie de château" est un marivaudage placé dans le contexte on ne peut plus sérieux de la Seconde Guerre Mondiale (et plus particulièrement le débarquement en Normandie). Un ton plein de légèreté domine, ce qui donne lieu à de bonnes surprises. Il faut voir Philippe Noiret rentrer chez lui et trouver les soldats allemands jardinant sous la férule de Mme sa mère tandis qu'un officier allemand et un résistant poussent en chœur son épouse sur une balançoire ! Comme dans tout bon marivaudage, ce sont les passions humaines qui mènent le monde. Et plus particulièrement les sentiments amoureux d'un mari passif, d'un résistant et d'un officier allemand pour Marie, interprétée par la superbe et pétillante Catherine Deneuve. Elle est le centre du film, dans un rôle plus survolté que d'habitude. Le rythme du film semble même calé sur le débit vocal de l'actrice qui, comme tout le monde le sait, est très rapide. Pas de temps-morts dans le récit mais pas de fous rires pour autant. Plutôt un sentiment d'amusement diffus, pas mémorable mais divertissant.
Une comédie de qualité. Des situations et des comédiens parfaits. Pas mal de rythme surtout dans la seconde moitié, jamais d'hilarité mais on sourit de bout en bout.
Le début est une merveille, tout en mouvements fluides et tourbillonnants. La caméra suit Marie (Catherine Deneuve), princesse insatisfaite, impulsive, capricieuse, menteuse... "Elle sort, elle rentre, c'est la liberté, c'est un oiseau", commente son époux (Philippe Noiret). Les dialogues sont au diapason des images, coulant à flots et très bien écrits. Ce sont les prémices d'un divertissement virevoltant mais très orchestré, une comédie qui ose le pari de faire rire dans un contexte d'occupation allemande (ce qui surprit à l'époque de la sortie du film). Pour sa première réalisation, Rappeneau mêle ainsi, avec brio et sans faute de goût, événements historiques et marivaudage un peu fou. Il s'appuie sur une pléiade d'acteurs en grande forme : Catherine Deneuve en tête à claque, Philippe Noiret en châtelain flegmatique, Henri Garcin en séducteur dépassé, Pierre Brasseur en résistant barbu et bourru, Mary Marquet en vieille aristo gueularde. On regretterait presque que la drôlerie s'estompe sur la fin pour laisser place à l'Histoire.
Comédie sur l’Occupation presque aussi démagogique que la moyenne du genre mais moins caricaturale que celles jouées plus tard par les comiques vedettes patentés (De Funès, Bourvil, etc…). Le comique est plus fin, le cotée sentimental est réussi, avec la légèreté des airs de Michel Legrand. Ça se regarde avec plaisir.
Une des premières comédies françaises à traiter de la Seconde Guerre Mondiale. On peut d'ailleurs s'amuser à retrouver ça et là des scènes souvent imitées dans les années 70 et 80... Si le premier film de Rappeneau est prévisible et consensuel, il n'en demeure pas moins qu'il présente beaucoup de qualités comiques, auxquelles s'ajoute le talent de comédiens illustres (Noiret, Deneuve, Brasseur père). Un film sympathique, dont la copie gagnerait tout de même à être rénovée.
Légère, enjouée, portée par la grâce d'une Catherine Deneuve plus capricieuse que jamais, cette première oeuvre de Rappeneau est un pur délice. On ne s'ennuie pas et on s'amuse aux aventures intrépides de cette jeune mariée délurée. Charmant.
Subtil ce film : un comédie à la française comme on les aimait dans l'ancien temps, acerbe, évidemment drôle, inversant les valeurs de manière tout à fait cynique. Un film comme on aimerait en ravoir sur les écrans plutôt que ces comédies lourdingues qui en arrivent presque à ne plus faire rire.