Robocop constitue un des traumatismes fondateurs de tous les enfants des années 80, un film que beaucoup ont regardé parce que le gros flic-robot avait l’air cool et se sont ensuite retrouvés à devoir gérer mentalement l’exécution brutale d’Alex Murphy ou la mort d’un des séides du gang Boddiker tombé dans une cuve d’acide. Vers la même époque, je crois me souvenir d’un dessin-animé, considérablement édulcoré, dans lequel Robocop était plutôt devenu l’ami des petits, et sauvait des chats coincés dans des arbres. ‘Robocop 3’ est vraisemblablement l’adaptation de ce dessin-animé, voilà. Ce troisième volet est très marqué par son appartenance aux années 90, sa manière très générique de dépeindre les zones urbaines délabrées, ses images de synthèse balbutiantes (le jetpack de Robocop, clou du spectacle). Il tente même de reprendre à son compte la satire médiatique permanente du premier épisode, sans jamais convaincre. Plutôt mou, cheap (l’armure fait plastoc, la musique est ronflante au possible) et sans séquences vraiment mémorables, comme beaucoup de films d'action de la première moitié des années 90, ‘Robocop 3’ souffre surtout de la présence de “l’enfant”. Quand il y a un enfant dans un film, même quand la mission n’est pas de le sauver ou qu’il n’incarne pas une quelconque prophétie, il est de tous les plans, il dit des trucs inutiles de sa petite voix crispante et oblige un peu tout le monde à surveiller son vocabulaire et à ne pas tuer trop de gens. Or, Robocop, c’était ça à la base : un Détroit de cauchemar, des bandes urbaines assoiffées de sang, un robot-flic à cheval sur les règles mais impitoyable, zéro espoir, zéro câlins sur les genoux, zéro main cybernétique passée dans les cheveux. ‘Robocop 3’ est du niveau de ‘Superman 4’, avec un gap de ton encore plus prononcé avec les films précédents et constitue une preuve à charge de plus que dans ce domaine, une grosse partie des années 90, sont désormais bien plus ringardes que les années 80