Que la bête meure
Note moyenne
4,0
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111 critiques spectateurs

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cbeaumont
cbeaumont

10 abonnés 215 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 octobre 2022
(Spoiler) super film mais il y a un truc incohérent : quand Jean Yann chute au bord de la mer, il se rend bien compte que duchaussoy est pas parti pour l’aider... or après, il ne lui en tient pas rigueur... et accepte même l’invitation sur le bateau...
ManoCornuta

359 abonnés 3 068 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 novembre 2014
Un Chabrol qui ne figure pas à mon sens parmi les plus mémorables, malgré la composition d'un Jean Yanne abject à souhait. Le film souffre de quelques longueurs et est assez convenu aussi bien dans ses personnages que dans le déroulement de l'histoire. Le sujet initial empêche sans doute Chabrol de faire montre du cynisme dont il est coutumier à l'égard des petits bourgeois. Le film aurait sans doute gagné à être raccourci pour plus de nervosité et de tension. Néanmoins le style demeure, et la finesse de certains dialogues est remarquable.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 20 juin 2008
"Que la bête meure" est sans nul doute mon œuvre préférée de Chabrol. L'histoire raconte la tragédie que vit Charles Thénier (incarné par Michel Duchaussoy) qui a perdu son fils, percuté par un chauffard. Il se jure alors de le retrouver et de le tuer, peu importe le temps et les conséquences. Le scénario prend peu à peu, l'apparence d'une tragédie homérique, Chabrol réactualisant le mythe d'Oedipe. Le film est éprouvant, noir mais c'est un chef d'œuvre de bout en bout. Lorsqu'au fil de ses pérégrinations, Charles Thénier retrouve par "hasard", le meurtrier de son fils, il s'attèle à bâtir sa stratégie de vengeance. Il avait peur de tomber sur une personne gentille pour lequel, il aurait eu des scrupules mais là il tombe sur un "salaud" de premier ordre, interprété par un Jean Yanne qui s'en donne à cœur joie. La scène où on le découvre est en cela symbolique, à peine rentrer dans la maison, on ne le voit pas mais on l'entend déjà vociférer ; puis il rentre enfin dans la pièce, et d'invectives en sarcasmes, il taille en pièces toute la famille rassemblée. C'est contre ce monstre, que Charles Thénier tient sa vengeance. Mais en le tuant, il deviendrait lui aussi une bête. A la fin du film, on entend cette phrase lourde de sens et qui résume cette dualité : « Il existe un chant sérieux de Brahms qui paraphrase l'Ecclésiaste : "Il faut que la bête meure ; mais l'homme aussi. L'un et l'autre doivent mourir." »
JoeyTai
JoeyTai

25 abonnés 485 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 octobre 2010
Le film m'a quelque peu déçu. Peut-être parce que j'ai trouvé le jeu des acteurs Michel Duchaussoy et Cellier assez fade. Ils ne parviennent qu'à incarner des personnages ternes. Duchaussoy est froid, impassible, très peu charismatique, on peine à s'apercevoir qu'il est bien à l'écran ! Jean Yanne, au contraire, apporte vitalité et intérêt à l'intrigue. Le film est ambitieux : il met en perspective la soif de vengeance dans ce qu'elle a de légitime, et l'aspect inhumain de la chose : indifférence aux autres, vus comme des pions, haine qui ronge l'âme... La mise en scène est correcte. Un film au final plutôt bon, mais qui date un peu.
jfharo
jfharo

68 abonnés 1 232 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 septembre 2011
Un chabrol en petite forme , mais qui malgré tout tire son épingle du jeu .
Shékiinä .
Shékiinä .

66 abonnés 678 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 septembre 2013
Un bon Chabrol si on ne compte pas le dénouement assez décevant, car attendu (j'ai connu de meilleurs fins venant de lui). Toutes les qualités du film sont donc la morale, le jeu des acteurs, la spoiler: fameuse rencontre entre les deux hommes
, les deux ou trois scènes captivantes ( spoiler: le dîner de famille où Paul se plaint de la viande mal cuite ; Charles et Paul en mer, ou encore le poste de police
) ainsi que les dialogues percutants, presque littéraires dit comme ça de la bouche des comédiens, – comme souvent chez Chabrol. Il peut ne rien se passer de particulier lors d'une scène qu'on restera les yeux rivés sur ce qui est en train de se dérouler car les acteurs sont bien dirigés, les dialogues percutants, et on ne peut se douter de la suite des événements ; il nous met constamment dans le doute (on l'a vu avec La Cérémonie). Dans Que la bête meure, au lieu de nous emmener vers un chemin qu'on croit tout tracé ( spoiler: Charles accomplissant enfin sa vengeance
), Chabrol renverse l'idée préconçue que l'on se fait et nous fait comprendre que la vengeance n'assouvie, en fin de compte, pas la haine en soi («Que la bête meure... et l'homme aussi»).
kray
kray

68 abonnés 1 266 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 septembre 2010
Du très grand jean yanne , du très grand chabrol , pour un très grand film. Chabrol dans toute sa splendeur.
Andrew Person
Andrew Person

4 abonnés 107 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 4 novembre 2022
Un film au récit intelligent, je dirais même au langage intelligent qui malheureusement se laisse porter par le langage littéraire plutôt que par le langage cinématographique. Chabrol, qui améliore de film en film son intérêt pour le suspense, le mystère et l'enquête, ne s'est pas assez préoccupé du médium qu'il avait dans les mains. Peut-être qu'il a manqué de temps, ou qu'il ne l'a pas pris..

C'est bien dommage. Tout expliquer nous fait perdre le goût des belles interventions, comme ce final sur le vier ernste Gesänge de Brahms, dont la dimension théologique est grandement signifiante, car le titre du film comme la pièce s'accordent sur un verset de l'ecclésiastique (3.19) qui éclaire tragiquement d'une lumière nouvelle tout le récit: l'homme et la bête sont indissociables, leur coexistence est une fatalité.

Chabrol n'a pas su être à la hauteur du scénario de Paul Gégauff, admirable scénariste, notamment de "plein soleil", chef d'oeuvre de René Clément.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 août 2017
Un film tendu et sec qui dévoile un aspect essentiel de l'homme: la culpabilité. C'est peut-être cela aussi qui fait agir le père : non pas d'avoir tué seulement mais de vivre encore en ayant tué. Le monstre est celui qui fait abstraction de son meurtre. C'est ce qui le rend plus abject alors que sa part d'humanité aurait les ronger de remords.
Froid et fort.
MaCultureGeek

1 161 abonnés 1 224 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 juillet 2016
"Que la bête meure" est un film simplement monstrueux. Intouchable parabole sur la vengeance et l'esprit de revanche, il attire autant le respect que les larmes. Triste à plus d'un titre, déchirant dans son ouverture comme dans sa conclusion, le film est une sorte de montée progressive vers la violence la plus animale, et le désir de tuer le méchant, interprété par un gigantesque Jean Yanne, devient rapidement obsessionnelle. L'aspect froid du film surprend, aux premiers abords; la mise en scène, épurée, est privée de toute musique, dans les moments les plus dramatiques; en témoigne la scène d'ouverture, glaçante de par ses jeux de silence, et franchement terrifiante, quand on y repense amplement. Un tel impact pour un film si vieux, c'est tout de même fascinant. La mise en scène de Claude Chabrol est elle-même un modèle du genre; froide, couillue, classe, elle nous livre des images marquantes, si ce n'est choquantes, faisant preuve d'un talent certain. Premier film de Chabrol que je vois, je n'ai guère été déçu par son travail de réalisateur. En même temps, comment l'être? Néanmoins, quelques maladresses restent à signaler ( notamment durant la scène où le héros frappe l'héroïne, qui, faut quand même le préciser, à pris un sacré coup de vieux; la fille ou la scène, je ne sais pas ... ), ainsi qu'un montage parfois trop brutal, pas assez fluide. Mais bon, même si le film n'est guère parfait, je ne pouvais lui mettre moins. Oui, je vais vous expliquer pourquoi, patience. Premièrement, et comme je l'ai précédemment avancé, les acteurs sont tous excellents; différents, mais excellents. Ainsi, Jean Yanne aura le rôle principal, celui du salaud de service, terrible prolétaire mauvais; c'est son idiotie, ainsi que sa rudesse d'esprit, qui terrifient tant, et amènent à sa brutalité si célèbre. Le type est un géant du cinéma, une figure inégalable, autant qu'inégalée. Face à lui, un excellent Michel Duchaussoy, acteur que je ne connaissais pas, et au talent si particulier. Tout aussi marquant que Jean Yanne, mais dans un autre registre, il confère une sorte de souffle glacial au film; tout autant que le travail de mise en scène de Chabrol, en fait. Sans pitié, sans compromis, il avance seul dans la nuit, savourant sa vengeance prochaine; ainsi est le résumé de la fin de l'innocence. Ensuite vient le thème principal du film : la vengeance. Traité avec un brio tout particulier, c'est avec classe que le film impose son style, et se démarque de tout ce qui a été fait, comme de tout ce qui se fera. Les "Punisher" ( 2004 ), les "Justiciers dans la ville" peuvent aller se rhabiller, car la France pèse lourd dans le game. Et c'est pas Jean Yanne qui viendra me dire que j'ai tord. Le pauvre en a déjà suffisamment subi les frais ...
this is my movies

823 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 mai 2016
J'ai toujours eu un peu de mal avec le cinéma de C. Chabrol mais quand j'ai entendu parler de ce film, je me suis dit que je tenais peut-être celui qui allait me réconcilier avec son cinéma. Et effectivement, ce drame adapté d'un roman US est une pure merveille, une authentique réussite porté par une mise en scène immersive et intelligente qui nous plonge dans différents univers. Quelques scènes comptent indéniablement parmi les plus réussies de la carrière du cinéaste comme le dîner de famille avec l'arrivée de Paul. Les acteurs sont, comme toujours chez Chabrol, en plein état de grâce, dominé par M. Duchaussoy, magistral, et un J. Yanne qui régale. En définitive, un film qui explore le thème de la vengeance avec un regard certes moralisateur mais qui s'avère indispensable et d'une belle acuité. Un ton acide, mordant et aiguisé qui fait du film un authentique classique qui mérite largement plusieurs visions. D'autres critiques sur
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 882 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 janvier 2026
Ce thriller de Chabrol est une petite merveille. Il mêle Duchaussoy, qui à l'époque a des ressemblances je trouve avec M. Ronet, c'est le gendre idéal, ou peut-être le dandy séducteur, et J. Yanne, qui marque de sa pâte son personnage de garagiste rentre-dedans, méchant et stupide. Comme d'habitude ou presque avec Chabrol, c'est direction la province et ici la Bretagne, celle de la pluie, de la boue et des fermes, mais aussi la mer qui n'est jamais loin, au début du film mais aussi à la fin. Côté féminin, c'est C. Cellier qui joue le rôle principal. C'est elle qui fait l'interméidiare entre les deux hommes, son amant d'un côté et son beau-frère de l'autre. Tout se joue en famille ou presque, surtout lorsque le jeune fils s'accuse du meurtre de son père. A (re)voir absolument.
Stephenballade

455 abonnés 1 241 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 juin 2020
Muni du scénario qu’il a co-écrit avec Paul Gégauff à partir du roman de Nicholas Blake, on devine par le titre (qui trouve son origine dans une inspiration tirée du chapitre 3 verset 19 de l’Eclésiaste) que Claude Chabrol ne va pas faire dans la dentelle. Du moins, on le soupçonne fortement. Avouez que le titre est fort, quand même ! "Que la bête meure"... Wouaouh ! Tout commence sur une belle alternance de séquences. D’un côté, un gamin en pleine partie de pêche et qui ne tarde pas à prendre le chemin du retour. De l’autre, une Mustang arpente sportivement les routes bretonnes (on reconnait la région par l’architecture typique des habitations). Par cette alternance, on sait que les chemins vont se croiser de façon tragique, et c’est effectivement le cas, dans un village étrangement sans âme qui vive apparente au moment du drame. Cela nous amène quand même à une parole qui cueille le spectateur à froid, encore sous le choc de ce qu’il vient de voir alors qu’il s’attendait à cet accident : « Je vais tuer un homme. Je ne connais ni son nom ni son adresse, mais je vais le trouver et le tuer ». Une réplique forte, n’est-ce pas ? Limite si elle ne donne pas le frisson, bien qu’elle ne se révèle pas en soi franchement surprenante compte tenu des circonstances. Mais comme elle fait écho au titre du film ! Ainsi les bases sont posées pour une chasse à l’homme. Après tout, qu’est-ce que ce père a à perdre ? Il a déjà tout perdu. Il ne lui reste plus rien. Y compris le sourire. Même les larmes se sont taries par une colère brûlante, ce feu ardent qu’il attise par le visionnage des souvenirs de famille tournés en super 8. Un peu comme s’il voulait réduire à néant les chances d’une éventuelle faiblesse quant à son possible futur double rôle de juge et bourreau. Un peu comme s’il voulait imprimer à jamais dans son ADN cette quête en intégrant la notion de patience éternelle. Après tout, la vengeance est un plat qui se mange froid, voire glacé. Car non seulement il expose en voix off la façon dont il s’y prendra, mais en plus il le consigne dans un carnet devenu précieux : il compte prendre son temps, animé par la volonté de faire plus mal encore qu’à lui-même. Evidemment, il parvient à retrouver la piste du criminel. Ben oui, sinon, il n’y aurait pas eu de film. Ou s’il y avait eu quand même, nul doute que le titre aurait été différent. C’est alors que Jean Yanne arrive sur le devant de la scène, pour finalement ne quasiment plus le quitter. Muni de sa gueule de type louche, il est parfait dans la peau de cet homme odieux. Pourtant il apparaît comme quelqu’un de jovial, d’avenant, prêt à vous accueillir dans sa famille. C’est souvent le lot des personnes inquiétantes, donnant ainsi raison au proverbe stipulant que l’habit ne fait pas le moine , ou encore qu'il ne faut pas se fier aux apparences. Ainsi, Jean Yanne, semble-t-il bien décidé à donner le meilleur de lui-même pour lancer définitivement une carrière de grandes interprétations démarrée sous la direction de Godard ("Week-end"), est tellement parfait en personnage odieux, en être abject, qu’il incarne le portrait craché de la parfaite caricature de l’homme parfaitement détestable. Autant le dire, il vole la vedette à Michel Duchaussoy, qui obtient là son second premier rôle. Aussi, quand on parle de "Que la bête meure », on retient plus de la performance de Jean Yanne que de celle de Michel Duchaussoy. Et ce n’est que justice tant sa prestation est des plus éblouissantes ! Mais le grand paradoxe est que cette justice entraîne une injustice. Il est anormal qu’on ne parle pas de Michel Duchaussoy à propos de ce long métrage. Simplement parce qu’il retranscrit parfaitement ce père meurtri jusqu’au plus profond ce son âme. Grâce à lui, et par la confrontation qu’il aura avec sa proie, naît une certaine réflexion morale sur la légitimité de la vengeance, établie sous un long et implacable processus de poursuite, de jugement , de condamnation et application de la peine. spoiler: Malgré la douleur, malgré la colère, l’homme parait froid. Précis. Méticuleux. Animé par une seule et unique obsession. On se surprend même à le soutenir, d’autant que l’autre est parfaitement détestable. Oui ! Que la bête meure !! On le soutient tellement qu’on râle après lui d’avoir laissé traîner des indices. C’est justement ce qui rend son plan plus machiavélique encore, rendant la définition de ce père plus précise encore par ce flic qui se révèle être un excellent profiler. Charles veut venger son fils mais pas n’importe comment. Il veut le faire au grand jour et veut le faire savoir. Et tant pis ce qu’il advient de lui. Après tout, il n’a plus rien à perdre. C’est ce qui rend une réplique plus puissante encore qu’elle ne l’est à la base. A propos du bateau, souvenez-vous : « vous risquez 10 fois plus en… en traversant la rue… ». Quand on connait la psychologie du personnage, elle est magnifique non ? Magnifique de menace qui pèse telle l’épée de Damoclès, magnifique dans cette volonté d’apeurer la bête immonde qu’est Paul.
Le face à face entre les deux hommes est certes complexe mais ne manque pas de férocité. Un modèle du genre, même cinquante ans après. Cependant ce très beau résultat n’est pas à mettre seulement au profit des deux acteurs. Non, Claude Chabrol a dirigé tout ça de main de maître, menant le sujet comme s’il connaissait parfaitement la psychologie humaine. Il en ressort une ambiance amplement maîtrisée, tendue à souhait. La musique de Pierre Jansen y est aussi pour quelque chose.
"Que la bête meure" est encore aujourd’hui l’une des œuvres majeures de Claude Chabrol, et le restera sans aucun doute à jamais, d'autant qu'il a su aménager des coups de théâtre en fin de film. Ça me fait bizarre de l’admettre, moi qui en général n’aime pas le cinéma de Chabrol.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 231 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 décembre 2023
Le film de Claude Chabrol raconte l'obstinée volonté d'un homme de retrouver et d'assassiner le chauffard qui a tué son fils.
Avant d'entrer dans le vif du sujet et d'illustrer la froide résolution de Charles Thénier, Chabrol évoque avec sensibilité son épreuve douloureuse et le raisonnement qui pousse cet homme intelligent et lucide à la vengeance. Et l'attitude du personnage joué par Michel Duchaussoy est d'autant plus convaincante qu'elle exclut totalement, de la part de Chabrol, l'idée d'auto-justice et les relents populistes qui l'accompagnent couramment. Car Thénier est tout sauf un beauf.
On ne peut pas en dire autant de l'homme qu'il traque que le hasard va enfin aider à identifier. L'apparition de Jean Yanne au milieu du film est d'ailleurs un grand moment. L'homme est immonde, d'une grossièreté et d'une brutalité inouïes, qui tyrannise son entourage et incarne, de surcroît, cette bourgeoisie de province que Chabrol ne manque jamais de railler. Dans l'antre de l'ignoble Decourt, Thénier attend son heure.
La force du récit de Chabrol est de ne pas tout sacrifier au suspens introduit par la situation (et en dépit qu'il ne fait pas mystère sur l'identité du chauffard). Le cinéaste renforce l'intérêt et la crédibilité en préservant la gravité initiale du sujet et en insérant des indices psychologiques grâce auxquels les personnages sont, plus que des figures typées de roman noir, les sujets d'un authentique drame humain. L'interprétation est superbe et la maîtrise, l'intelligence de la mise en scène sont évidentes.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 avril 2013
Un chauffard percute un enfant dans un village de Bretagne. Il continue tout de même sa route. Le père, après une période de deuil, se met en tête de réussir là où la police échoue : retrouver le criminel et se venger. Par un pur hasard, il finira par retrouver cet homme abject et haïe même des siens.
Souvent auréolé du titre de « Hitchcock français » ; Claude Chabrol a un malin plaisir à jouer avec les spectateurs. Fausses pistes, renversement de situations, personnalités complexes, suspenses : tous les ingrédients d’un bon polar où la psychologie des personnages est centrale. Le microcosme bourgeois de province que Chabrol a passé sa vie à dépeindre avec beaucoup de talent se révèle au premier abord très binaire. La bête, c’est le chauffard ; l’homme normal, le père de la jeune victime. Là, Chabrol démontre toute l’étendue de son talent en nous démontrant qu’il ne faut se fier aux apparences. Même derrière l’homme normal sommeille une bête. Autre chose excellente c’est le jeu de marionnette autour de l’odieux Jean Yanne. On se croirait dans les 10 petits nègres ; chaque membre de son entourage aurait une bonne raison de vouloir sa mort. La scène du repas de rencontre est ignoble avec la mère épouvantable, l’épouse humiliée, le fils martyr, la soubrette détroussée, la belle sœur amante et les amis serviles. Tous attendent autour de la table voire même désir la fin de cet être abject mais qui va les en débarrasser ? Même les spectateurs, à la fin, pourront avori des doutes.
Le final est époustouflant. Tout comme le début où l’on voie l‘enfant innocent qui joue sur la plage, un bolide vrombissant lui répondant ; on sent déjà que le combat est inégal.
Seul bémol à ce film est la manière dont Chabrol choisit de se défaire du fardeau de la vraisemblance. La quête du criminel est relancée par une coïncidence énorme mais assumée. D’où sort ce paysan, caricature absolue, qui permet de faire redémarrer l’intrigue et la quête du criminel ?
Un régal de revoir Jean Yanne…
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